Marquises : Fouilles archéologiques à Hane (île de Ua Huka) sous la direction du professeur Eric Conte

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(Tahitipresse) – Trouver l’une des clés du peuplement de la Polynésie orientale est l’objectif des archéologues du CIRAP (Centre international de recherche archéologique sur la Polynésie) dirigés par le professeur Éric Conte. Avec la collaboration des chercheurs des universités de Bordeaux et de Paris-1, ils vont explorer du 2 au 31 janvier, l’un des sites les plus importants de la Polynésie française : Hane, situé sur l’île de Ua Huka aux Marquises.

Ce site se trouve sur une dune, en bordure du rivage de la baie de Hane, l’une des trois vallées habitées de Ua Huka. Là, en 1964 et 1965, Y. Sinoto et M. Kellum ont fouillé ce site, considéré comme le plus riche des Marquises et l’un des plus importants de toute la Polynésie orientale. 3 400 objets ont été découverts lors de ces fouilles dans les années soixante. On y trouva entre autres, des tessons de poterie… « Ce site n’a jamais été étudié et publié à la hauteur de son importance », précise le professeur Éric Conte (UPF, Univ Paris-1), directeur du CIRAP. Les archéologues manquent dramatiquement d’informations au sujet du passé des Marquisiens et des Polynésiens en général.

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L’âge du site

Depuis le début des années soixante, de réels progrès ont été faits, autant dans les connaissances que dans les techniques de fouille ou de datation. « L’idée est de fouiller une partie du site non touché par les anciennes fouilles, afin de recueillir une information la plus complète possible sur, par exemple, l’âge de ce site et la chronologie de son occupation », explique le professeur Éric Conte qui dirigera la mission du 2 au 31 janvier 2009. Pour lui et son équipe, ce site est l’une des clés du peuplement de la Polynésie orientale. Ils espèrent y trouver des éléments qui permettront de mieux connaître l’évolution culturelle des Polynésiens.

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L’action de l’homme

L’analyse technologique et typologique du matériel (notamment des hameçons et des herminettes) permettra d’effectuer des comparaisons avec le matériel découvert lors d’autres fouilles dans la même île (notamment sur le site de Manihina) et dans d’autres îles des Marquises (site de Haatuatua de Nuku Hiva, site de Ana Pua à Ua Pou notamment). Les scientifiques qui bénéficient cette fois-ci de matériel d’analyse moderne, tenteront de comprendre aussi l’évolution de la biodiversité et de son exploitation par l’homme. Les réseaux d’échanges qui existaient entre les différentes vallées et îles de l’archipel et, éventuellement, avec d’autres archipels, fera également partie des missions des chercheurs.

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Ua Huka qui es-tu ?

A 50 km à l’est de Nuku Hiva, Ua Huka est sans doute l’île la plus dépaysante du groupe Nord des Marquises. La végétation moins luxuriante que celle de ses voisines, laisse souvent place à de vastes étendues qui sont le domaine des chèvres et des chevaux sauvages. Les habitants sont regroupés sur la côte sud, dans les villages de Vaipaee, Hane et Hokatu. Les premiers travaux archéologiques scientifiquement menés aux Marquises datent de 1956 avec l’expédition de H.L. Shapiro, suivis par l’étude de RC Suggs en 1957-58. Celui-ci a cantonné son étude à Nuku Hiva, où il a relevé 49 sites et en a étudié 15 en détail. La datation la plus ancienne enregistrée lors de cette étude remontait à 150 av. J.-C. et remettait en cause les estimations d’alors en reculant de près de mille ans la préhistoire des Marquises (datation controversée).
De plus la découverte de restes de poteries dans les niveaux les plus anciens, alors que celle-ci était inconnue en Polynésie orientale, contribue à consolider l’hypothèse selon laquelle l’origine des Marquisiens serait occidentale, et qu’un étroit rapport aurait existé avec les Samoa-Tonga où l’on trouve ce type de poterie. Les travaux de RC Suggs ont été beaucoup critiqués, bien que ses résultats ont été en partie confirmés depuis par d’autres recherches. Notamment celles de l’archéologue Pierre Ottino dans un abri sous roche de l’île de Ua Pou, où les datations remontent à la même époque.

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Beaucoup reste à faire

La quantité de sites archéologiques facilement exploitables est considérable aux Marquises, et les moyens mis en oeuvre jusqu’à maintenant sont encore marginaux. Il reste encore beaucoup à faire. Plus de 250 sites ont déjà été cités ou partiellement décrits.
Plusieurs d’entre eux possèdent encore des tikis plus ou moins bien conservés et de nombreux pétroglyphes. Le passé de l’archéologie, aux Marquises comme dans bien d’autres endroits, a malheureusement laissé aux Marquisiens trop de souvenirs déplaisants : pillages, et manque de retenue devant des endroits sacrés liés au culte des morts, pratique que l’étude scientifique ne saurait excuser. Les travaux conduits ces dernières années ont permis de réconcilier une partie de la population avec cette science.

Cette mission est conduite par le Centre International de Recherche archéologique sur la Polynésie (CIRAP) placé sous la direction du professeur Éric Conte (UPF, Univ Paris-1), directeur du CIRAP. Celui-ci a reçu la précieuse collaboration du Pr. Pascal Murail (Université de Bordeaux) et de cinq étudiants de doctorat et de master de l’Université Paris-1 et de l’Université de Polynésie française. Les recherches ont obtenu le soutien de l’Agence française de Développement (AFD) ainsi que d’Air Tahiti Nui et d’Air Tahiti.

2 commentaires sur “Marquises : Fouilles archéologiques à Hane (île de Ua Huka) sous la direction du professeur Eric Conte

  1. « http://halte-au-pillage.org/bulletin.html »

    (« halte aux pillages archéologiques et historiques » regroupement d’archéologues professionnels luttant contre les pillages archéologiques commis notamment, à l’aide de détecteurs de métaux terrestre et subaquatiques sans autorisations légales càd préfectorale/ ou du haut-commissaire de la République en PF)

    « http://culture.gouv.fr »

    (voir la DRASSM: direction de l’archéologie nationale subaquatique et sous-marine)

    « http://www.douane.gouv.fr/page.asp?id/=3489 »

    (« un réseau de pilleurs d’épaves archéologiques demantellé -DRASSM, Gendarmerie maritime et SNDJ »)

    « http://portal.unesco.org/culture/fr/ »

    (« Patrimoine culturel subaquatique »)

    J’aime

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