Convention de collaboration signée entre le Pays et la C.O.D.I.M & Premier séminaire de la Communauté de Communes des Marquises

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Le vice-président, Edouard Fritch, en charge du développement des collectivités, et le président de la Communauté de communes des îles Marquises (Co.d.i.m), Joseph Kaiha, ont signé jeudi 24 février 2011 une convention de collaboration liant la Polynésie française au nouvel établissement public de coopération intercommunale, en présence de nombreux élus marquisiens et de la chef de la subdivision administrative d’Etat, Annie Pietri.

 

A l’initiative de la vice-présidence, un séminaire a réuni les élus des six conseils municipaux des îles Marquises jeudi 24 février 2010, dans la grande salle du conseil de gouvernement, afin de déterminer avec eux, et un groupe de travail constitué d’agents de l’administration, les principaux axes d’un projet de développement économique de l’archipel.

 

L’engagement fort du Pays pour la mise en œuvre progressive d’un projet de développement économique de l’archipel s’est également traduit par l’installation officielle d’un comité de suivi co-présidé par les deux signataires.

«Nous entrons de plain-pied dans la mise en route concrète et effective de la démarche souhaitée par les six conseils municipaux des Marquises», s’est félicité le vice-président, avant de revenir en détail sur les motivations et les différentes étapes qui ont conduit à la création de la Co.d.i.m qui, rappelons-le, constitue une première en Polynésie française.

Ce partenariat prévoit, d’une part, la mise à disposition gratuite des rapports et des documents d’études détenus par la PF relatifs aux secteurs concernés (tourisme, agriculture, pêche, artisanat, culture, industrie, commerce) pour l’élaboration par la Co.d.i.m d’un projet de développement économique de l’archipel et, d’autre part, la mobilisation d’un groupe de travail interministériel chargé d’assister la Communauté dans la rédaction des termes de référence d’une mission d’analyse de cette documentation, qu’elle commanditera en vue de la définition dudit projet.

Compte tenu des délais impartis – la Co.d.i.m dispose en effet de dix-huit mois à compter du 9 décembre 2010 pour produire son rapport et fixer ses orientations – le vice-président a fixé le cap : «Il faut que l’on arrête de parler et d’écrire ; il est temps de passer à l’action».

Et de confier au passage sa façon de voir les choses : «Vous devez réfléchir Fatu Hiva, vous devez réfléchir Hiva Oa mais il faut surtout concevoir Marquises !» Quant au degré d’implication du groupe de travail constitué d’agents de l’administration, Edouard Fritch a été très clair : «Ne comptez pas trop sur les techniciens, c’est vous les véritables acteurs ! En revanche, il s’agira pour eux de vous dire en toute franchise et respect les éléments de conditionnalité qui, à leurs yeux, permettent la faisabilité réelle des options de développement économique que vous retiendrez».

A l’issue de la signature, les élus marquisiens et les référents ministériels ont tenu un séminaire durant toute le reste de la journée pour dégager en commun, sous la responsabilité de la déléguée au développement des communes, dans chacun des secteurs concernés (tourisme, agriculture, pêche, artisanat, culture, industrie, commerce), les axes de développement qui devraient structurer le futur projet de développement des Marquises.

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Pour lire l’allocution dans son intégralité, cliquer ici ou intervention_seminaire_codim.1299537105.pdf

Source : http://www.vice-presidence.gov.pf/9298-Convention-de-collaboration-signée-entre-le-Pays-et-la-Co.d.i.m.html

 

Le message de Teiki Huukena pour les Marquises

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Radio RFO vous indique la date et les horaires de la diffusion du message  en marquisien de Teiki Huukena sur la situation de la conservation du Patrimoine polynésien et la sauvegarde de la Culture marquisienne .
Ecoutez sur RFO le 18 janvier 2011 à 4h45 et à 19h20 (heure de Tahiti) le message de Teiki Huukena :

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Marquises : « L’image du vandalisme du Tiki de UPEKE à TAAOA résume notre comportement désorienté. Te ata ote hana pe ía te Tiki o UPEKE i TAÁOA e hakaíte maiá to tatou hakatu painu » écrit Teíkitevaámanihií HUUKENA

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     Le 5 décembre 2010, Jean S… découvre un acte de vandalisme porté sur le tiki de Upeke à Taaoa (Hiva Oa). Le tiki (voir photo de droite) a été massacré, la spirale de l’oreille détruite au couteau. Les morceaux cassés étaient encore au pied du tiki.

Cette nouvelle atteinte au patrimoine a ému la communauté scientifique. Des plaintes ont été déposées successivement par la propriétaire du site, le Maire de Atuona, le Ministre de la Culture…

     Teiki Huukena partage sa douleur avec les Marquisiens choqués par les destructions des éléments du Patrimoine qui s’opèrent dans les îles, ici et là  impunément, et espère  par cette lettre ci-jointe qu’il adresse à son peuple, toucher le cœur de chaque Marquisien resté jusqu’à ce jour  indifférent ou  dans l’ignorance de la valeur de sa Culture.

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Kaohanui ia ótou te mataéinaá no HIVA-OA atií mete Huaá Énana paotu…

Bonjour à vous, gens de HIVA-OA et peuple de la Terre des Hommes…

Toú ikoa o Teíkitevaámanihií HUUKENA, toú tumukeé miohe ati mai o Naíki mi HIVA-OA

Je m’appelle Teíkitevaámanihií HUUKENA, mes aïeuls viennent des Naíki de HIVA-OA

te taha o toú pakahio o Kuáheau VAATETE (te vehine a Atoni HUUKENA).

par ma grand-mère Kuáheau VAATETE (épouse de Atoni HUUKENA).

Ua hanau au mete keí i NUKU-HIVA.

Je suis né et ai grandi à NUKU-HIVA.

E heé mai nei au mai óto tenei keéé e tuku atu toú mamae…

Je viens par ce message vous adresser ma tristesse…

Te ata ote hana pe ía te Tiki o UPEKE i TAÁOA e hakaíte maiá to tatou hakatu painu.

L’image du vandalisme du Tiki de UPEKE à TAAOA résume notre comportement désorienté.

te hana hauhauía te tau paepae kakiu mea kanea te vaánui, e taui te taheía vai ote kaávai

La destruction de certains vestiges pour construire des routes, changer le lit les rivières,

aóéá, e hakatu pu te tau haé hou mete maákau koé, mea nui tena tau hana e heéana haá hauhau 

ou mettre des constructions « modernes » sans réflexion, beaucoup de tout cela met en danger

to tatou kuhane énana

 notre esprit marquisien.

Note haá metaí hakaúa to tatou pohué mea kanahau te toó te hakatu hou,

Pour mieux vivre il faut bien évidemment intégrer la technologie,

meaá e hana hoí tatou mai óto te koekoe meitaí.

mais il faut le faire avec sagesse.

E hakatu toitoi mete tau memau i óto o to tatou koekoe.

C’est comme en nous.

Ena mete memau  ua kanea ía tatou, mea haá kaúoó ia tatou mete heé i mua.

 Il y a ce en quoi on est fait, dont on a besoin pour grandir et avancer.

Tenei taha kakiu i óto o tatou, na ia e hakaítemai te tau memau a tiíaápu: te tai, te patuata, te haátiki…

Ce morceau de passé en nous fait que l’on sait déjà d’avance pas mal de choses : la mer, dessiner, la sculpture…

Aé teveé to tatou vivini: ena i óto o tatou… te kakiu i óto to tatou kiko! E titahi ena mete memau hou…

On comprend vite : c’est en nous… c’est l’ancien en nous ! Et puis il y a le nouveau…

Na tatou e vae, na tatou e makimaki, na tatou e kohoá…

On le choisit, on le veut, on en a envie…

Meaá umoí tatou e haá hauhau te memau i óto o tatou, no tena tau makimaki ía.

Mais il ne faut pas  détruire en nous quelque chose pour cela.

Haá taetae tatou te hakatu kanahau ó to tatou kuhane énana.

Prenons soins des bonnes choses de notre âme marquisienne.

Noteaha e haá hauhau te tau memau ne te hakako te haákoi te pereóó?…

Pourquoi détruire cela pour savoir conduire une voiture ?…

Noteaha e haámate te ihorave, tahu te paepae mete ahi, te tau tumu ákau

Pourquoi tuer le cheval, de brûler les paepae, les arbres

atií mete tau tuaivi mai óto te teka mea hana te vahiía éhi, notemea aí kanea ía meitaí te vahi hana,

et la montagne par accident pour le coprah parce qu’on a pas fait le nécessaire pour sécuriser l’espace de travail,

vavahi te tumu meí atií mete paepae note kanea te haéhou i kaokao

de casser l’arbre à pain ou le paepae pour se faire une belle maison moderne à coté ?…

tena tau haé kakiu na tatou, aóé e íteía ite vahike íte ao maámanei, mea nui te memau taú i íte me taú

Ce sont nos maisons et en on en voit nulle part ailleurs dans le monde et j’en ai vu des choses avec

hana kape…

l’armée…

Notemea ia haà koéía te tau úpe o to tatou kakiu, te tau tumu i nanu ía te tau tupuna aóéá havaiía e

Parce que détruire les constructions de nos ancêtres, les arbres que les anciens ont planté ou laissé

átou haá tupu pu

grandir

mea haika, mea kaikai, mea haá maú, aóéá notemea mea kakaá anaiho…

 pour soigner, nourrir, faire de l’ombre, ou parce que cela sentait bon…

Hakatu toitoi mehemea e tioá ótou to ótou tau kokoóua mete tau papakahio atií me toótou tau tumukeé !

C’est comme si vous envoyez tout « paître » de nos grands parents et de nos arrières grands parents !

Pautu, mehe mea mahaoti átou!  Éiaá ena mete tau ava hauhau,  ua pohué totatou tau tupuna i óto

Tout, comme si ils  ne servaient à rien ! Pourtant à  certains moments les anciens ont eu à traverser

Te tau po óumati oko, ua pororonui te henua, hakatu me teà toua « purutia HITLER » !

de très longues sécheresses comme pendant la 2ème guerre mondiale !

U koána ia átou te kaituto no haá katahi te pohuéía!

Ils ont su réfléchir et s’organiser ensemble  pour survivre !

Ua tekao mai ía e toú koóua iau te mea ahemea hakaúa te i hepe e kave mai te kaikai…

Mon grand-père m’a témoigné cette période où il n’y avait plus de ravitaillement…

nate tau kokoóua i haá pohué ia átou, e hano te kaikai miote épo tupuna..

Ce sont les anciens qui les ont sauvé en allant chercher ce que la terre de nos ancêtres pouvaient leur donner

Mehe mea aóé átou e íte te tau tumu taetae, e koàna ia kai ia hoiha anaé átou

comme s’ils ne savaient pas que certaines plantes sont importantes pour se nourrir quand il y a des problèmes

mete tau ihepe, aóéá mea haika me titahipito tau memau hakaúa! Ua mamae átou note haá pohué ia átou

 avec les bateaux ou soigner et tant d’autres choses ! Alors qu’ils ont bien souffert pour pouvoir survivre

note tukumai to tatou pohué e titahi e tukumai titahi memau hakaúa…

et nous donner vie et nous donner quelque chose en plus…

tenei tau íte aóé tatou i haápaó… te íte te pohué ma úka ote tai, te íte te ávaika, to tatou íí, to tatou kaíé…

ce savoir dont on ne se rend même pas compte… se débrouiller en mer, savoir pêcher, notre force, notre fierté…

Maákau tatou e áva totatou maáma hakatu me totatou tupuna  note pohué

Pensez-nous avoir  l’intelligence de nos ancêtres pour  survivre

ia koé te kavemaiía te kaikai o tetau ihepe o TAPORO me ARANUI atií mete tau manu? Haá toitoimai ?

si les ravitaillements s’arrêtaient des goélettes TAPORO et ARANUI ainsi que les avions? Honnêtement ?

Mitemea ahemea átou aóé tatou e pohué tenei á ínei. Noatu aé tatou e vivini oko eahahoí tatou…

Sans eux nous ne serions pas ici aujourd’hui. Même si on ne comprend pas toujours ce que l’on est…

maiámaiá e vivininei hoa tatou… meaá ia vavahiía ané nomua te vivini…

On le comprend petit à petit… et si on a cassé avant d’avoir compris…

ua pao, aé e koána hakaúa u kaónui!

C’est trop tard, il sera perdu à jamais !

Ia tatou te kaituto mete koekoe meitaí eahahoí ta tatou e makimaki e haávai no to tatou tau toíki !

Nous devons réfléchir sagement à ce que nous voulons laisser à nos enfants !

E tihe te á, e kaó tatou titahi ; o tatou te mea i koána mai e TUPUNA no to tatou tau pona !

Un jour nous ne serons plus là, non plus ; nous deviendrons à notre tour des TUPUNA pour nos descendants !

Éiaá ia tatou te haá íó ia tatou no íoí, e  TUPUNA mete koekoe meitaí mete maákau maáma kanahau.

Alors méritons d’être de futurs ancêtres sages et réfléchis.

to tatou hakatu ua kavohiía, ena mete énana mete haoé. te pohué o tenei tau…!

Notre culture est métissée, marquisienne et occidental . C’est la vie d’aujourd’hui… !

A toó tatou tenei mau vaevae

Utilisons ces deux pieds

note  heé i mua i kaokao o to tatou tau motua me to tatou tau tumukeé

pour avancer à côté de celle de nos parents et nos aïeuls.

E memau meitaí, note mea ua pohué tatou tenei tau e titahi, mea kanahau note heé i mua.

C’est une bonne chose, parce qu’on vit aujourd’hui et nous en avons besoin pour avancer.

Titahi, ua peáu te épikopo Le CLEAC’H: « nate toia tau aka e haá hua te tumu ákau! »

Mais, l’évêque Le CLEAC’H dit aussi : « Un arbre a besoin de ses racines pour grandir ! »

Mitemea e vetevete tatou to tatou aka, pehea hoí tatou note heé i mua ?

Si nous arrachons, nous-même, nos propres racines, comment allons nous faire pour aller de l’avant ?

Pehea te haá kaíé to tatou ati Énana ?

Comment être fier de notre peuple  marquisien ?

To tatou tau tupuna e énana oko átou, ua koána ia átou te haá vaé te Moananui mete haá tahi me ia.

Nos ancêtres étaient des gens valeureux, qui ont su dompter le grand océan et ne faire qu’un avec lui.

Note haá peipei te kouteé mamao, te moéhu, mea oko to átou maákau, to átou maáma,

Pour entreprendre ces grandes expéditions, pour s’exiler, il fallait du courage, de l’intelligence,

te kaituto note tatau te kuhane ote henua. Íte te tatau te tau hetu, te tau metaki, te tau ao…

de la méthode pour lire la nature. Connaître les étoiles, les vents, les courants…

Aóé e koána pu ia te tau poí e hana teá hana, meá o átou oia ua hanaía e átou !

Cela n’est pas donné à tout le monde, et  eux l’ont fait !

Tenei haápakaihi tatou ia átou; na tatou te toitoi ía e haá hua atu ia átou !

Alors respectons les ; nous leur devons au moins ça !

E kohoá tatou i óto to tatou koekoe te haápakaihi ia átou, hakatu mehe mea haátaetae

Nous en avons besoin, comme nous avons besoin d’aimer

tatou to tatou tau motua,

nos parents,

to tatou tau kokoóua mete tau papakhio i haá taetae mai ia tatou.

nos grands parents qui nous ont chéri.

Hakatu me átou te haá taetae ía to átou tatou motua, hakatu ma hope mai tihe io to tatou tau tupuna…

Comme eux ont eu besoin d’aimer les leurs et ainsi de suite jusqu’à nos ancêtres…

Te tau éteni mete kai énana ua koé, e titahi aóé átou i hana ananu tena tau hana éteni!

Le temps de l’anthropophage est révolu et ce n’était pas tout le temps non plus !

Aóé tatou e huamai hakaúa i tena peu, e tekao tiátohu tenei! Ua Ite tatou tena!

Nous ne reviendrons plus sur cette pratique, c’est certain ! Et nous le savons!

Te tihe ía te tau tupuna i tena vahi, notemea mea veve oko te henua hauhau oko te pohué…

Quand ils en étaient là, c’est parce que cela allait très mal…

Ia peáu anaé te hakaíki a heé te toua, ua heé hoa te tau toa!

Les chefs avaient décidé de se faire la guerre et on y allait !

Meaá mea nui aé te tau ava ua kanea ía te tau mea kanahau, ke te ava toua!

Mais ces anciens ont passé bien plus de temps à construire, qu’à se battre !

A tióhiatu aé ótou te tau manavai !

Regardez les vallées !

Toitoiía ta átou hana e haá kanahau te pohué i óto te manavai! Ia átou te haá poeka tahe ía vai,

Il fallait rendre la vie possible dans les vallées ! Il fallait nettoyer les rivières,

kanea te tau tohua mahe kaokao et nanu te tau memau, te tumu meika, haá taetae te tau tumu meí

faire des terrasses sur les bords et y cultiver, planter les bananiers, entretenir les arbre à pain

aóéá e heé mahe tai, haátiki te niho paáoa, e patutiki e haá peipei te koíka titahi, te tau úta, te haka,

ou aller en mer, sculpter des dents de cachalot, se tatouer et organiser des fêtes aussi, des chants, des danses,

te tau haákakai… Mea meitaí to átou koekoe!  Ena mete hanoía úta, te keu vaeáke,   

des histoires fantastiques… Et ils  étaient bon ! Il y avait des concours de chants, de combats d’échasse,

te mahi, te tau avapoto e haá vivini ía te tau poí hou te tatau te tau hetu nate tau tuhuka, te tau úta

de la lutte, des moments où les jeunes apprenaient les étoiles avec les anciens,  les chants,

aóéá pehea te kouteé

 ou naviguer…

Mea nui to átou íte, meitaí aé, aóé te toua anaiho. Note kanea anaiho te toki keá me óa

Ils savaient faire tant de choses, heureusement, pas que la guerre . Cela prend du temps pour faire des toki keá

aóéá e keí te vaka me tena haína…

ou creuser les pirogues avec…

Tenei a katahi tatou note toó te uki o to tatou VAKA, tama ote henua énana, a kave tatou

Maintenant reprenons ensemble le gouvernail de notre VAKA, descendants de la terre des hommes et menons la

mai óto te meitaí !

avec sagesse !

A kaituto aé tatou note haávivini to tatou KAKIU, a kave tatou to tatou hakatu énana,

Essayons de comprendre un peu plus nos KAKIU et dirigeons notre culture,

Hakatu me titahi VAKA, i vaveka te tau kaútai meitaí mete hahau, mete tau kiu me tene tau hou…

 comme une autre vaka, à travers les bonnes et mauvaises vagues, avec du passé et du présent…

Aáma tatou te kaíé o to tatou tau tupuna, tenei tau hana kaneaía e átou me totatou kaíé énana

Protégeons  ce qui a été la fierté de nos anciens, ces vestiges avec notre fierté à nous

no to tatou tau tupuna, ia kanahau e ia meitaí no to tatou tau toíki.

 pour nos ancêtres et que ce soit beau et bon pour nos enfants.

Te tau poí e hana no tena maákau, mi io tatou  aóéá mi vahomai, mete to átou ikoa énana aóéá mi io

Ceux que l’on voit se battre pour cela, de chez nous ou d’ailleurs, qui ont des noms du pays

te henua ke, tena tau énana i toko mai, haáhei i óto to tatou tau motu,

ou d’ailleurs, ces gens qui nous aident, qui s’organisent dans nos îles,

e hano aá hoi temea u moí hoí e kaónui paotu te tau memau,

qui cherchent à ce que tout ne disparaissent pas,

to tatou tau paepae, te tau vaánui, te tau tumu…

de nos paepae , des chemins, des plantes…

Tenei tau énana i heémai i kaokao o Yvone KATUPA, te huaá OTTINO, Edgar TETAHIOTUPA,

ceux qui nous accompagnent comme Yvonne KATUPA, la famille OTTINO, Edgar TETAHIOTUPA

 me titahipito tau énana o tatou note hana mai te hana no tatou, to tatou tau toíki, te tau kokoóua…

et d’autres personnes pour faire des choses pour nous, les enfants, les anciens…

kanino tatou, a tuku tatou ia átou titahi íma…

regardons et puis pourquoi pas allons les aider…

a katahi tatou mea hoe to tatou VAKA

Rassemblons nous pour ramer ensemble notre pirogue

e kanea tatou to tatou vaka ma úka ote henua note haá heóheó nomua te toó te tai note heé mamao…

elle se construit sur terre notre vaka pour qu’elle soit solide avant d’aller loin sur la mer..

E timata ómua ma úka to tatou henua i óto to tatou kaávai

Cela commence sur notre terrain et notre vallée…

te tau memau mahe kaokao o tatou…e aha hoi ta tatou hana me tena tau mea ?

Ce qui nous entoure… Qu’en faisons nous ?

To tatou tau tumu ákau, to tatou kaávai, te tau vahi e au nei tatou e heé kaukau..

Nos arbres, notre rivière, les endroits où l’ont aimait aller se baigner…

te tau tumu ákau e pikinei tatou me keu, hano te mako, te tau vi,  atií  me titahipito tau memau…

Les arbres dans lesquels ont allait grimper pour jouer, cueillir les mangues, les vi et le reste…

Te tau tumu i tukumai te vahi maú

Ceux qui nous donnaient de l’ombre…

Mea mamae á! E titahi e tihe mai te peke, notemea  te maákau note haá taetae

C’est quand même triste! et donne de la colère que l’idée de les protéger

aí áva te oko mi óto to tautou koekoe énana, e titahi  haá totahi atu tatou te haá hananui !

ne vienne pas assez de nous, et qu’en plus parfois on en rajoute pour tout compliquer !

A peáu hoí tatou te tau hana kanahau note tau i ómua, no tenei tau, a tekao hoí haá nui, haá íí,

Au moins le dire ce qui est bon aussi d’avant, pour aujourd’hui, dire plus,

a peáu hoí a toko mai no tenei hana !

dire aussi qu’il faut qu’on nous aide à le faire !

mi te mea aóé tatou e peáu… aóé e tihe pu toótahi! a peáu hoí tatou haá íí.

Si on ne le dit pas… ils ne vont pas s’y mettre tout seul ! Il faut le dire fort.

Titahi e na tatou i totatou keke e maákau e aha ta tatou e makimaki…

 Et puis il faut aussi essayer de notre côté de savoir ce que l’on veut…

Na tatou te toó te toko note aáma to tatou hakatu tumu énana, hakatu me to tatou haé !!!

C’est à nous que revient cette responsabilité de protéger notre culture, comme notre maison !!!

A HAKAEA TATOU TE PAINU!

Et arrêtons de nous perdre !

A ÓHO TE ÍÍ ! E TAMA ÉNANA!

Allons ayons du  courage! Enfants de la terre des hommes !

Éia nei te haá paoía to tatou Himene énana

voici les dernière phrases de notre hymne

to te henua énana a tu

lève-toi Terre des Hommes

no te utaí í te tau tupuna

pour faire comme les anciens

Óia te éá no te kave kaíé

il est le chemin glorieux

Na átou e ááhi, na átou e toko

ils nous guident, ils nous soutiennent

te pohué kanahau no na a kotoa

vers un avenir meilleur pour tous

Nate tama énana i tenei tau, i pepena te tekao i óto to tatou  Himene…

Ce sont les descendants marquisiens de notre époque qui ont composé notre hymne…

maha hoí ia patu mete himene tenei úta, mite mea aóé tatou e hana te mea i patu ía ?

Pourquoi composer et chanter cette chanson, si nous ne faisons pas ce qui est écrit ?

Création de la communauté de communes des Marquises

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Une première

Pour la première fois au sein d’une collectivité territoriale française, est créée par arrêté du Haut-Commissaire n° 867 /DIPAC du 29 novembre 2010 une communauté de communes insulaire dénommée « Communauté de communes des Iles Marquises » (CODIM). Il s’agit d’une démarche pionnière qui a démarré, il y a de cela presque 2 ans, à l’initiative des élus de l’archipel des Marquises regroupant les communes de Fatu Hiva, Hiva Oa, Nuku Hiva, Tahuata, Ua Huka, Ua Pou.

Un espace de solidarité et d’aménagement de l’espace

La communauté de communes des Iles Marquise a pour objet d’associer les communes membres au sein d’un espace de solidarité en vue de l’élaboration d’un projet commun de développement et d’aménagement de l’espace, de favoriser le développement économique de son territoire, de mettre en oeuvre de façon coordonnée les infrastructures et les équipements collectifs jugés nécessaires et de gérer les services communs qui s’avèreraient utiles à l’exercice de leur ses compétences.

Parmi les compétences obligatoires, la communauté de communes des Iles Marquise pourra entreprendre des actions telles que :

  • l’élaboration d’un schéma de développement touristique (mise en valeur des ressources touristiques, localisation et restauration des sites historiques), la création et l’aménagement des chemins de randonnée d’intérêt communautaire… ;

  • l’organisation et la promotion des filières économiques dans les domaines de l’agriculture, du bois, de la pêche et de l’artisanat, l’identification de zones d’activités, la gestion d’équipements structurants tels que ateliers-relais, marchés communaux.

Elle exercera des compétences optionnelles en matière :

  • environnementale et de services publics : promotion d’une agriculture durable, mise en oeuvre du service du traitement de déchets et de l’assainissement des eaux usées ; politique de protection des ressources en eau potable… ;

  • culturelle : projet de classement des Marquises à l’UNESCO,
  • de transport : participation à la réalisation d’un schéma de transport maritime entre les îles de la communauté.

Dans les compétences complémentaires la communauté de communes des Iles Marquise a opté pour la gestion du parc informatique et bureautique ainsi que le conseil juridique et l’appui administratif aux communes.

Une procédure réglementée

La création de cette communauté de communes a été rendue possible dès lors que les maires des communes en ont exprimé la volonté au représentant de l’Etat.

Au bout d’un délai de 2 mois à compter de la réception de la 1ère délibération transmise par une des communes concernées, le Haut-Commissaire a pris le 27 mai 2010 un arrêté fixant le périmètre géographique de la communauté de communes.

Ensuite, les communes disposaient d’un délai de 3 mois pour se prononcer et pour adopter les statuts de la communauté. Dans le même temps, elles ont saisi le Pays pour demander le transfert des compétences souhaitées, transfert qui s’est concrétisé par deux arrêtés pris enconseil des ministres les 9 et 23 novembre 2010.

L’arrêté de création du Haut-Commissaire du 29 novembre 2010 approuvant les statuts de la communauté est l’aboutissement de la procédure.

La création d’une communauté de communes permet à la structure constituée de bénéficier d’une dotation globale de fonctionnement (DGF) versée par l’Etat et qui est bonifiée dans le cas de communes dispersées, comme celles des îles Marquises.

Copyright : Infopresse Haut-Commissariat de la République en Polynésie Française

KAOHA NUI – CARNET DE VOYAGE AUX ÎLES MARQUISES – SÉBASTIEN LEBÈGUE

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     Grandioses, majestueuses, secrètes et fascinantes… les qualificatifs ne manquent pas pour décrire les îles Marquises, cet archipel du bout du monde, la Terre des Hommes…

     C’est à bien davantage, à une plongée au sein même de la vie marquisienne que nous invite Sébastien Lebègue  – globe-trotter, dessinateur, écrivain, photographe  –  à travers ce carnet de voyage, témoignages intensément vécus, au gré de ses pérégrinations, des randonnées et chevauchées ; au hasard des rencontres nombreuses et chaleureuses, vraies toujours, des moments de contemplation, des rêveries aussi…

     Nous vivons l’accueil marquisien et partageons des moments avec les familles ; nous vibrons au rythme du ukulele et des pahu lors des répétitions du grand festival de danse ; nous sentons le poisson grillé à même les pierres nous chatouiller les narines ; nous ressentons l’effort retenu du sculpteur incisant la pièce de bois de sa gouge minutieuse, et celui des chevaux crapahutant dans les rochers à la recherche de traces du passé…

     Ka’oha nui, ce livre est avant tout une aventure humaine, intense ; une découverte culturelle, riche ; et un ouvrage… à feuilleter, doucement ; à déguster, avec gourmandise ; pour partager, à petits pas, le vécu marquisien et les émotions du voyageur…

     L’écriture, précise, descriptive, soutenue par des dessins bien documentés et des aquarelles étalées sur le vif qui s’offrent en de larges doubles pages, nous emmène à croquer chacun de ces instants.

     L’auteur, Sébastien Lebègue, plasticien, photographe et enseignant en arts appliqués a vécu à Tahiti de 2003 à 2007. Il est actuellement installé au Japon. Son travail personnel l’oriente vers une recherche d’une image mémoire que l’on pourrait comparer à la matrice de nos souvenirs. Il tente de quérir un moyen de toucher le moment et de présenter sur un support ses rencontres et partages, ses découvertes culturelles, les moments de vie simple où les sens sont en éveil, où la nature montre sa grandeur. Cela, il le traduit sous diverses formes : des carnets dessinés et annotés, reportages graphiques et photographiques, qu’il propose en lecture ou en espace lors de ces expositions.

    Il révèle ainsi aux spectateurs ses sensations ou visions impalpables du moment, pour les emmener vers une lecture personnelle et vers l’éloignement de l’oubli.

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Première édition 17/10/2010 Format  228 x 223 mm – 366 pages – Couverture cartonnée reliée cousue ISBN  9782915654615

Si vous souhaitez trouver ce livre chez un libraire près de chez vous, cliquez ici

En septembre, Sébastien Lebègue expose à Sapporo (Japon) ses photographies et carnets de voyage « au cœur des Marquises ».

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     L’Alliance Française de Sapporo – Japon – présente, du 4 au 25 septembre 2010, l’exposition « AU CŒUR DES MARQUISES » : carnets de voyage et installations photographiques de Sébastien Lebègue. Le jeudi 9 septembre de 14h à 16h, l’artiste proposera un cours de cuisine polynésienne suivi d’une dégustation. Le vendredi 10 septembre de 18h30 à 20h30, il tiendra une conférence sur la vie polynésienne et marquisienne, en première partie d’une grande soirée polynésienne avec buffet, danses, et projection de photos et dessins. 

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     Sur son site web, Sébastien Lebègue écrit :

     « Lors mon séjour aux Marquises en octobre et novembre 2007, parallèlement aux écrits et aux dessins, je photographie le quotidien. »

 

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     « Les photographies ci-dessous se présentent sous la forme d’un carnet de voyage. Chacune des compositions illustre un moment, un environnement qui souvent s’ouvre à 360°, et bien entendu des rencontres avec les Marquisiens de tout âges qui m’ont fait partager leurs moments de vie, leur nature, et fait vivre à mon tour, les Marquises. »

 

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     « Je propose une lecture de ces histoires comme je les ai moi-même vécu. J’ai essayé de recréer l’atmosphère ambiante générale du moment. Il est lié à la géométrie, à la lumière, et à la couleur des lieux ; les acteurs se placent selon l’intensité des échanges et des ancrages dans ma mémoire ; le temps est fixe, bref ou prolongé, et est ponctué d’instants. »

 

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     « Les moments que l’on peut vivre dans le quotidien sont marqués par ces instants plus fort, plus beau. On peut parler alors d’instant photographique unique. Mais pour moi, l’événement d’une rencontre est une suite de ces instants. De chacun émerge une expression, un regard, une lumière ou une action particulière, qui juxtaposés, traduisent l’atmosphère générale du vécu. »

 

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Vous pouvez consulter le site de Sébastien Lebègue  ici

Source :

http://www.sebastienlebegue.com/B09b-Carnet-de-voyage-MARQUISES.htm

Copyright  : http://www.sebastienlebegue.com – Copyright © 1998/2010 – tous droits réservés. Publié avec l’aimable autorisation de l’artiste

Te ùmuhei : le bouquet odoriférant des Marquises

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     Les éditions des Mers Australes publient un ouvrage consacré à l’une des plus anciennes traditions de l’archipel des Marquises : «  Te ùmuhei, le bouquet odoriférant ». Depuis des générations, cette tradition  se perpétue de mère en fille, particulièrement sur l’île de Fatu Iva.

     Ce livre – réalisé grâce à l’initiative de  l’Académie marquisienne qui a collecté le savoir-faire des Mama de l’association Te Heikuà O Te Vehine – présente en photos les différentes plantes entrant dans la composition de ces bouquets, ainsi que la façon de les réaliser.

     Cet ouvrage est accompagné d’un disque audio sur lequel sont enregistrés le texte intégral du livre en langue marquisienne et les chansons exécutées lors de la fabrication des bouquets. Les textes sont en français, avec en petits caractères, le texte original marquisien correspondant à la version enregistrée.

     Ce livre existe aussi uniquement en langue marquisienne : « Un don pour les générations futures, afin qu’elles puissent garder en mémoire toutes les richesses de nos traditions transmises par nos anciens depuis la nuit des temps »  précise Toti Teikiehuupoko, le Président de Te Pu Tuhuna Eo Enata, l’Académie marquisienne  co-éditrice de l’ouvrage.

ISBN 9782905808332 Reliure cousue, couverture cartonnée, 74 pages, 210x150mm, 2010

Cliquez ici pour feuilleter le livre

Origines de la défaillance persistante des moyens attribués à l’Hôpital de Taiohae, aux infirmeries des îles Marquises…

hopital-nuku-hiva.1277158299.jpg     Hôpital de Taiohae

Parmi les observations arrêtées au 16 juin 2004 par la Chambre Territoriale des Comptes sur la gestion de la Direction de la Santé Publique à partir de l’exercice 1991, un certain nombre d’entre elles éclaire d’un manière significative les causes des difficultés matérielles et humaines récurrentes rencontrées par les équipes médicales des îles Marquises.

Extraits du rapport :  

Parmi tous les domaines d’intervention des administrations territoriales, le secteur de la Santé est sans doute celui qui impose les plus grandes contraintes au service public. La contrainte la plus évidente est celle de la géographie : quoique plus de la moitié de la population totale de la Polynésie française réside sur l’île de Tahiti, l’importance des distances et la dispersion des usagers potentiels des services de santé ne peuvent qu’avoir de profondes conséquences sur l’organisation et le coût de l’offre de soins, d’autant que celle-ci, du fait des changements d’habitudes de vie et du vieillissement de la population, doit inéluctablement évoluer et prendre en compte de nouvelles spécialités et de nouvelles techniques médicales.

Dans le souci de répondre au mieux aux attentes en matière de santé publique, voire de les anticiper, le territoire a choisi dès 1995 de mener une réflexion stratégique, utilisant pour cela les instruments que sont les plans quinquennaux de santé et, plus récemment, le schéma territorial d’organisation sanitaire (STOS). Outre l’amélioration de la qualité des structures d’accueil et des soins qu’elles offrent, il a été décidé de développer la prévention et ainsi de rechercher une maîtrise de l’évolution des dépenses.

Les origines de la direction de la santé entraînent d’autres contraintes.

En effet, directement héritée du système militaire en place en Polynésie au début du vingtième siècle et modifiée ensuite au hasard des conditions créées par les choix opérés en matière de défense nationale, son organisation a été maintenue lorsque la responsabilité en a été confiée au Territoire.

Tirant les conséquences des dysfonctionnements constatés, et dans le souci de rationaliser au mieux l’emploi des crédits affectés à ce secteur, les autorités territoriales ont chargé dès 2000 la directrice de la Santé nouvellement nommée de proposer et de mettre en ouvre une organisation plus opérationnelle, accompagnant ainsi la restructuration de l’offre de soins décidée par le STOS.

Il convient  de rappeler que la direction de la Santé n’a parfois pas la maîtrise des crédits qui figurent sur les lignes budgétaires qui lui sont attribuées.

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Administration territoriale dépourvue de personnalité juridique, la Direction de la Santé ne dispose pas d’un budget en propre et les autorisations de programme ou les crédits de paiement affectés au secteur de la santé sont très largement supérieurs à ceux dont la direction a réellement la maîtrise.

Ainsi, pour 2001, sur les 33 milliards de Fcp que représentent les autorisations de programme ouvertes, plus de 28 concernent des opérations dont la réalisation est confiée au ministère de l’Equipement, et pour lesquelles la DSP voire le ministère en charge de la Santé n’ont au mieux qu’un rôle consultatif.

La juridiction financière avait cru devoir souligner les conséquences financières de cette pratique :

« Laissant le territoire décider à sa place des gros investissements, le CHT perd la maîtrise de sa politique à moyen et long terme. De plus, les équipements financés par un tiers et mis à sa disposition ne sont pas pris en compte dans le calcul des amortissements, ce qui entraîne une double conséquence :

* la minoration des charges réelles de fonctionnement, d’où une sous-évaluation des recettes correspondantes, en particulier de la dotation globale.

* l’absence de possibilité de renouveler sur ses fonds propres des équipements atteints d’obsolescence : en s’engageant sur cette voie, le CHT s’oblige par avance à faire de nouveau appel à des financements extérieurs ou à financer la totalité du renouvellement des équipements par l’emprunt.»

Quel que soit le périmètre financier réel de la direction en matière d’investissements, force est de constater qu’au cours de la période sous revue, de nombreuses opérations ont été initiées sans que leur faisabilité, les conditions de leur réalisation ou leur évaluation prévisionnelle n’aient été suffisamment étudiées. Ainsi en est-il des opérations dont la durée d’exécution apparaît comme exagérément longue, de celles pour lesquelles le montant des dépenses réelles est très éloigné de l’estimation d’origine, enfin de celles qui ont dû faire l’objet d’une annulation.

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A – Les opérations dont la réalisation s’est étalée sur une longue durée

Les programmes de travaux concernant les Marquises ont donné lieu à quatre ouvertures d’autorisations de programmes distinctes pour l’hôpital de Taiohae, et une cinquième concernant l’ensemble des infirmeries des Marquises.

a – Réfection du bloc opératoire de l’hôpital de Taiohae 

– Ouverture des AP sur l’exercice 1988 pour un montant de 518 248 000 Fcp  

– Premier paiement en 1989, solde réglé en 1996 soit une réalisation étalée sur 7 ans

– Montant total des paiements : 495 322 735 Fcp. Il s’agit des travaux réalisés à l’hôpital de Taiohae, destinés à encadrer la remise aux normes techniques du bloc opératoire. Ce programme s’est ultérieurement poursuivi.

b – Equipement du bloc de l’hôpital de Taiohae 

– Ouverture des AP sur l’exercice 1989 pour un montant de 45 000 000 Fcp

– Premier paiement en 1993, solde réglé en 2002 soit une réalisation étalée sur 10 ans

– Montant total des paiements : 42 074 326 Fcp

c Equipement du bloc de l’hôpital de Taiohae et équipements techniques formation

– Ouverture des AP sur l’exercice 1993 pour un montant prévisionnel de 43 330 000 Fcp  

– Premier paiement en 1994, solde réglé en 2001 soit une réalisation étalée sur 8 ans  

– Montant total des paiements : 21 971 788 Fcp soit 50,71% des prévisions

d Reconstruction de l’hôpital de Taiohae – 2ème tranche  

– Ouverture des AP sur l’exercice 1998 pour un montant prévisionnel de 360 000 000 Fcp  

– Premier paiement en 2000

– Montant total des paiements au 31/12/2001 : 25 033 246 Fcp. Des renseignements obtenus de la DSP, il ressort que la fixation d’un montant d’autorisations de programme a été prématurée, la présentation définitive du projet n’ayant été faite qu’en juin 2002, soit 4 ans après. Les travaux de gros œuvre n’ont d’ailleurs réellement commencé qu’en mars 2003. A ce jour, l’état de cette opération est le suivant :

– Montant des AP porté à 453 173 996 Fcp

– Montant total des paiements au 31/12/2003 : 281 548 443 Fcp

e – Reconstruction des infirmeries des Marquises

– Ouverture des AP sur l’exercice 1995 pour un montant prévisionnel de 122 000 000 Fcp  

– Premier paiement en 1995 ; opération en cours

– Montant total des paiements au 31/12/2001 : 84 589 443 Fcp.

Sept ans après le démarrage des travaux, cette opération (qui concerne 3 infirmeries) n’est réalisée qu’à hauteur de 70%. Il est d’ailleurs à craindre qu’il ne s’agisse là d’une situation définitive, le montant des AP ayant depuis été réduit à 90 000 000 Fcp tandis que le montant total des paiements demeurait inchangé au 31/12/2003.

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B – Les opérations soldées ou durablement interrompues pour des montants très inférieurs aux estimations

Matériel et mobilier hôpital de Taiohae

– AP ouvertes en 1992 pour un montant de 40 000 000 Fcp  

– Montant total des paiements : 17 514 359 Fcp, soit un taux de réalisation de 43,79% par rapport à l’estimation prévisionnelle.

A noter que, programmée en 1992, cette opération n’a connu de début d’exécution qu’en 1997. Sa réalisation partielle s’est de plus étalée sur 4 ans.

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C – Les opérations annulées

Un grand nombre d’opérations ont été purement et simplement annulées au cours de la période sous revue. Il s’agit notamment de :

1 – Rénovation de l’infirmerie de Puamau

– Montant des AP votées en 1989 : 25 000 000 Fcp.

– Annulation en 1992 (aucun CP consommé). En fait, l’opération a été reprise en 1995 et réalisée.

2 – Rénovation de l’infirmerie de Hane

– Montant des AP votées en 1990 : 10 000 000 Fcp.

– Annulation en 1992 (aucun CP consommé). En fait, l’opération a été reprise en 1995 et réalisée.

Qu’il s’agisse des opérations exécutées sur une période beaucoup trop longue ou de celles dont tout ou partie de la réalisation a été abandonnée, ces quelques exemples montrent l’impréparation des choix ayant entraîné l’ouverture des autorisations de programme et parfois le versement de l’aide financière de l’Etat, et le manque de suivi des décisions prises.

Sans méconnaître de possibles difficultés liées à la rareté, dans certaines îles, des entreprises susceptibles de se voir confiée la réalisation des équipements prévus, la Chambre constate que cette observation concerne en priorité des programmes destinés aux archipels les plus éloignés (Marquises, Australes…), ce qui amène à mettre en cause l’organisation centralisée de la Direction de la Santé publique.

Elle note donc avec intérêt le remplacement des huit circonscriptions médicales par cinq subdivisions dans le cadre de la réorganisation de la DSP et ne peut que souhaiter que cette réforme s’accompagne d’une véritable déconcentration des moyens et des compétences.

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L’amélioration  des prises en charge médicale dans les archipels éloignés : ce n’est pas pour demain.

Dans son dernier rapport (2001/2008), la CTC énonce les dérives du CHT : des données d’activité incomplètes, des chiffres faussés ou donnés sans commentaire d’où l’incapacité pour le centre hospitalier de la Polynésie française de prévoir son activité, des règles budgétaires et financières impropres à assurer la maîtrise de la dépense, des difficultés de recouvrement persistantes, quantification et  suivi des effectifs quasiment inexistants jusqu’en 2008, traitement des déchets hospitaliers toujours non résolue et un nouvel hôpital loin d’être au point….

Les charges de personnel (1 600 agents) représentent plus de 60% des charges de fonctionnement du CHPF. La gestion des ressources humaines (la direction des ressources humaines n’a aucune existence juridique) est rythmée par des conflits sociaux souvent longs dont découlent des conventions qui, la plupart du temps, maintiennent le statu quo sur plusieurs points sensibles en matière de recrutement, de rémunération et d’organisation du travail. Les accords sont parfois signés dans le non-respect de la compétence du conseil d’administration de l’établissement. Tout laisse à penser que les ingrédients d’un nouveau conflit peuvent être réunis à tout moment.

L’évolution erratique du nombre de postes nécessaires à l’hôpital entre 2005 et 2008 traduit une absence totale de gestion prévisionnelle des ressources humaines. La gestion des remplacements aboutit actuellement, faute d’une connaissance précise des besoins, à un écart d’environ 20% entre l’effectif autorisé et l’effectif rémunéré.

La gestion des mouvements de personnels et des éléments variables de la rémunération n’est pas transparente et engendre des dérives importantes ou des risques juridiques. L’examen des procédures de recrutement et de rémunération des médecins révèle quelques anomalies

Le montant des indemnisations des heures supplémentaires progresse, les effectifs employés progressent dans le même temps. Il est aussi remarquable que cette hausse continue des heures indemnisées s’effectue dans le cadre d’une durée légale du travail hebdomadaire de 39 heures. En fonction de l’indice de rémunération, certains agents peuvent percevoir jusqu’à 1,5 million de Fcfp d’heures supplémentaires par an. Les déclarations de 20 heures supplémentaires par semaine et chaque semaine ne sont pas exceptionnelles. Il ressort de cette première approche que dans un certain nombre de cas, les heures supplémentaires sont versées systématiquement et constituent un complément de rémunération forfaitisé. S’agissant du régime indemnitaire, ce ne sont pas moins de 32 primes, indemnités et avantages en nature différents versés aux agents, selon leur statut et leurs fonctions.

Au travers des primes (mais également des heures supplémentaires), il s’agit de rattraper les problèmes de disparités statutaires et de compléter ces statuts par des accessoires à la rémunération. D’une façon générale, les motivations qui président à ces versements ne sont pas suffisamment explicites et spécifiques. Il arrive également que ces attributions soient versées sans support légal.

À quelques mois de l’ouverture du nouveau centre hospitalier, aucune vue d’ensemble des surfaces complémentaires indispensables au fonctionnement et de leur coût n’est disponible. Malgré un bâti  surdimensionné excédant les normes admises, des constructions supplémentaires (de  6 000 à 7 000 m2) sont nécessaires pour satisfaire les besoins non pourvus du CHPF. Construit sans programme identifié, nécessitant des modifications importantes en cours de chantier, le nouvel hôpital de Taaone ne tient aucun compte de la nécessaire maîtrise des surfaces et des surcoûts d’exploitation qui découleront de cette absence de maîtrise.

L’exploitation technique suppose des changements radicaux. Les hypothèses du coût d’exploitation et de la maintenance en 2008 évaluaient un surcoût de 800 millions de Fcfp. L’ouvrage et ses installations, les équipements, y compris mobiliers offrent un niveau de technicité élevé. La planification de la maintenance, la variété des technologies mises en œuvre supposent un niveau et une variété de compétences dont l’hôpital ne dispose pas.

D’autre part, l’incidence des surcoûts liés à l’amortissement, à l’entretien et au renouvellement des biens n’est pas neutre et selon les hypothèses retenues pèsera soit sur l’hôpital et donc par ricochet sur la CPS, soit sur le budget de la Polynésie française. La question de la prise en charge par le CHPF des amortissements du nouvel hôpital, qui n’a pas été tranchée, ne peut toutefois pas être ignorée. Les surcoûts engendrés par l’installation prochaine du CHPF dans le bâtiment du Taaone peuvent donc être résumés comme suit : maintenance : 800 à 900 millions de Fcfp ; personnels : 450 millions de Fcfp ; dépenses médicales : 300 millions de Fcfp ; amortissements des seuls équipements : 1,4 milliard de Fcfp, soit un total de 2,9 à 3 milliards.

  

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Notre conclusion :

Tant que  durera cette gestion politico-administrative  héritée de l’ère postcoloniale, source de gaspillage et d’ inefficacité, les charges financières du nouveau CHT pèseront dorénavant et pour longtemps sur le budget de la Santé ne laissant guère entrevoir une amélioration rapide des prises en charge médicale dans les archipels éloignés.

Face à l’urgence, aux Marquises, quelques-uns  avec humour vous répondront : «  C’est urgent ? Ok, on verra ça hier ! »

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Cliquez sur ce lien pour accéder à la version complète et définitive des observations arrêtées le 16 juin 2004 par la Chambre territoriale des comptes sur la gestion de la Direction de la Santé Publique à partir de l’exercice 1991

Source : rapport_ctc-2004_dsp.1277159610.pdf

ctc_cht_2010.1277302468.pdf

CTC Rapport d’observations définitives/ Centre hospitalier de la Polynésie française/2001-2008

Liens :

Les urgences aux Marquises : une urgence à traiter (03/2008)

Appel aux secours auprès des reponsables politiques (01/2010)

Mouvement de grève à l’hôpital de Taiohae (06/2010)

L’hôpital de Taiohe

Grève générale en Polynésie française : grève suivie aux Marquises

greve_aux_marquises.1289670982.jpg   Photo TahitiPresse-DR

     Les structures de santé sont défaillantes aux îles Marquises. Une aggravation, depuis plusieurs années, des sous-effectifs de personnel devenus chroniques est le principal motif de la grève du corps médical de Nuku Hiva. Malgré de nombreux signaux de détresse lancés auprès des ministres de la santé des gouvernements successifs de la Polynésie française, les responsables de l’hôpital de Taiohae n’ont jamais jusqu’à aujourd’hui obtenu les moyens humains nécessaires et suffisant à la bonne marche des services de soins. Le tableau de bord des mois à venir laisse planer sur la population des îles Marquises des risques sanitaires absolument inouïes :

      – Aucun médecin généraliste à Nuku Hiva et Ua Pou dès fin juin et un seul médecin aux Marquises Sud à partir d’août.

     – Au bloc opératoire : deux infirmiers sur quatre dès fin juin 2010, un infirmier sur quatre à la mi-juillet et il n’y aura plus aucun infirmier fin juillet.

     – En hospitalisation : un infirmier sur deux. Fermeture partielle des lits de l’hospitalisation depuis décembre 2009.

Conséquences d’ici moins d’un mois, si rien n’est fait et rien n’est fait actuellement :

             – Fermeture de l’hôpital de Taiohae (plus de médecin, fermeture du bloc opératoire et donc aussi de la maternité). Seulement une infirmerie maintenue.

             – Fermeture du centre médical de Hakahau : maintien de l’infirmerie.

     – Budget de fonctionnement et d’investissement insuffisant et inadapté par rapport au minimum nécessaire.

Il faut savoir aussi que l’archipel des Marquises ne dispose plus depuis juin 2007, des navettes de l’hélicoptère (contrat non renouvelé) qui permettaient de sauver des vies (rapidité des « évasan »  en direction de Taiohae avant transfert éventuel vers Papeete et/ou la métropole; 133 évasans intra-Marquises en 2006).

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NB –  Les transferts financiers de la métropole en 2006 vers la Polynésie française correspondaient, selon la cour des comptes, à 590 millions d’euros  pour 260 000 habitants. 

Liens :

Un appel au secours auprès des responsables politiques de la Santé  – Lettre ouverte du personnel de santé (janvier 2010)

Les urgences aux Marquises : une urgence à traiter (03/2008)

L’hôpital de Taiohe

Origines des défaillances en moyens à l’hôpital de Taiohae

Situation identique à Moorea

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