» Fêtes et renouveau culturel  » par Marie-Noëlle Ottino-Garanger (JSO 113 – 2001)

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Danseurs de Tahuta lors du festival des arts à Ua Pou 2007

Les territoires excentrés de pays en pleine modernisation voient leur population diminuer, leur tradition petit à petit abandonnée ; les plus jeunes ne portent plus de respect à la culture de leurs aînés ou, dans le meilleur des cas, se sentent très peu concernés par elle. À moins qu’elle ne retrouve un sens, qu’on lui porte attention, de l’extérieur en particulier, et que cette valeur redécouverte apporte de la vie, des ressources, de la fierté… C’est un des enjeux et des résultats du renouveau culturel qui passe par les grandes réjouissances que sont les festivals.

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Remote areas of developing countries suffer loss of population and of local tradition; the younger generation shows lack of respect or at best indifference to the culture of the elders. But traditional culture may find new meaning, stimulated perhaps by the interest of outsiders, leading its bearers to invest it with new life, resources, and pride. Such a revival has been an early result of the periodic Marquesan festivities, called festivals, over the past twenty years.

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Référence électronique : Marie-Noëlle Ottino-Garanger, « Fêtes et renouveau culturel », Le Journal de la Société des Océanistes, 113 | Année 2001-2, [En ligne], mis en ligne le 27 mai 2008.

URL : http://jso.revues.org/index1610.html    

Le drapeau de l’archipel des Marquises ; Flag of the Marquesas

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Le drapeau des Marquises, de ratio 2:3, est divisé horizontalement jaune-rouge (1:1) avec un triangle blanc placé sur le pont élévateur et s’étendant sur  la moitié de la longueur du pavillon. Un tiki noir est placé dans le triangle. Les couleurs prescrites sont le rouge Pantone 185C, le jaune Pantone 111C, le noir Pantone 8C.

Les trois couleurs et la tête d’un « tiki » représentent ce à quoi sont attachés les Marquisiens. Le blanc est le symbole de la paix et le tiki avec les yeux ouverts est caractéristique de la culture des Marquises. Le jaune fait référence directement à la teinte du « Eka », dont les hommes et les femmes de l’archipel s’enduisaient le corps, lors des cérémonies festives. Le rouge était réservé aux symboles de la royauté marquisienne

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Le drapeau  des îles Marquises a été soulevée pour la première fois le  14 Décembre 1980, à l’ouverture de l’aéroport de Nuku Hiva, et a été régulièrement utilisé depuis 1994. Une version simplifiée, sans le dessin du tiki, est parfois utilisé.

Le décret du 4 Décembre 1985 du gouvernement territorial, portant règlement de l’affichage du drapeau de la Polynésie française prévoit que les drapeaux des archipels et des îles de la Polynésie française peuvent flotter  avec le drapeau  territorial et le drapeau national.

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Flag of the Marquesas

The flag of the Marquesas Islands was first raised on December 14, 1980, upon the opening of the airport on Nuku Hiva, and has been regularly used since 1994. A simplified version, without the tiki design, is sometimes flown. The Territorial Government decree of 4 December 1985 governing the display of the flag of French Polynesia stipulates that the flags of the archipelagos and islands of French Polynesia may be flown next to the Territorial and National flags.

The flag of the Marquesas, of ratio 2:3, is horizontally divided yellow-red (1:1) with a white triangle placed along the hoist and stretching over the half of the flag length. A black tiki is placed in the triangle. The colours are prescribed as red Pantone 185c and yellow Pantone 111c.

White represents peace and the tiki with open eyes is characteristic of the culture of the Marquesas. Yellow recalls the eka dye used by the inhabitants of the archipelago to coat their body during traditional festivals. Red was the symbol of the kings of the Marquesas.

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1958 : La visite du Gouverneur Sicot aux Marquises

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En 1958, le gouverneur Sicot, nouvellement muté en Polynésie française, embarque à bord d’un voilier et navigue jusqu’aux îles des Marquises.

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Cette visite, très officielle, est un évènement majeur pour les habitants de l’archipel.

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Tahiti.TV présente sur le web un  excellent film documentaire restauré (101,29 Mo) que vous pouvez visionner en cliquant ICI

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Source : Tahiti.tv 

Les musées de Metz Métropole présentent du 16 janvier au 30 mars 2009 une exposition intitulée : « La massue des Marquises »

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La massue des Marquises

    Premier opus du nouveau cycle « Inventaire à la Prévert », cette exposition est organisée autour d’une très belle et énigmatique massue en bois provenant des îles Marquises en Polynésie. À la fois arme véritable et symbole de pouvoir, l’objet comporte d’étonnants motifs sculptés caractéristiques de l’art marquisien. Conservée dans les réserves des musées de Metz Métropole, cette arme est présentée pour la première fois.                                                      

la-massue-des-marquises-musee-metz.1232957652.jpgDes dessins, des gravures, des livres et des cartes anciennes, datant essentiellement des 18ème et 19ème siècles, expliquent la provenance, la fonction et le contexte de cet objet très éloigné de nos propres références culturelles et esthétiques. Complétant la présentation, deux exceptionnelles statuettes en bois d’une divinité marquisienne sont mises en relation avec la massue. Quelques textes introductifs permettent de faire le lien entre les documents présentés et la massue placée au centre de l’exposition.

    Cette exposition a aussi pour objectif d’évoquer les « terres lointaines » et les grands voyages qui ont mis aux Européens en contact avec ces territoires et ces populations aux traditions si différentes.

    Cette exposition bénéficie des prêts consentis par quatre institutions détenant des œuvres majeures permettant d’éclairer l’histoire et le parcours de la massue de Metz. Il s’agit de cartes anciennes et d’ouvrages de James Cook conservés à la médiathèque du Pontiffroy, à Metz ; de statuettes prêtées par le musée de la Castre, à Cannes ; de dessins originaux et de gravures provenant du musée des Beaux-Arts de Chartres ; de photographies anciennes et de dessins originaux prêtés par le département Marine du service historique de la Défense, à Vincennes.

    Ainsi inauguré, le cycle de petites expositions intitulé «Inventaire à la Prévert» sera prioritairement consacré à la présentation d’œuvres conservées dans les réserves du musée. Il s’agit d’objets méconnus, souvent singuliers et rares. Ces objets n’ont jamais été montrés ou ne l’ont pas été depuis très longtemps. Le choix des œuvres sera volontairement éclectique et, essentiellement, hors des grands domaines patrimoniaux pour lequel le musée est principalement connu. Ainsi les collections ne faisant pas l’objet de présentations permanentes seront-elles privilégiées : ethnologie, histoire naturelle, souvenirs historiques …

    Cette manifestation est accompagnée d’un petit journal présentant l’objet en détail et fournissant des éléments d’explication, textes et images, sur son contexte culturel, historique et les circonstances de son arrivée à Metz.  

    L’iconographie contenue dans ce petit journal, pour partie différente de celle de l’exposition, est un complément et un prolongement de la visite.

    Deux Visites Passion sous la conduite du commissaire de l’exposition auront lieu le dimanche 25 janvier à 15h00 et à 16h00 (réservation obligatoire).

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Source http://musees.ca2m.fr/site/medias/Ressources_presse/DP-marquises.pdf  & http://musees.ca2m.fr/site/element_111.php

Marquises : Code Dordillon, Règlement du 20 mars 1863, sur la conduite des indigènes de l’île Nuka-Hiva.

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Le Commandant des îles Marquises et autres Établissements français de l’Océanie, Commissaire Impérial aux îles de la Société, aux îles Marquises,

PAROLE pour rendre meilleure la terre de Nuka-Hiva.

TITRE PRELIMINAIRE.

1° Le grand chef de l’île Nuka-Hiva commande à toute la population indigène.

2° Les chefs de district commandent dans leurs districts.

3° II y aura dans chaque district un chef, un juge, un chef mutoi et deux conseillers. Ces trois fonctionnaires seront nommés par le Directeur des affaires indigènes.

CHAPITRE I. Du grand-chef.

4° Au grand-chef de l’île Nuka-Hiva appartient de diriger le peuple. C’est à lui de faire exécuter les lois pour le bien du pays.

5° C’est au grand-chef qu’il appartient de régler les querelles de district à district.

6° C’est au grand-chef qu’appartient la direction des fusils, de la poudre et autres munitions de guerre.

7° C’est au grand-chef qu’il appartient de juger les fautes commises par les chefs, ou par les personnes notables, et les fautes graves des habitants.

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CHAPITRE II. Des chefs de districts.

8° Les chefs veilleront dans leurs districts respectif à l’exécution des lois et soutiendront de leur autorité les juges et les mutois.

9° Les chefs feront connaître au peuple les lois du Gouvernement.

10° Les chefs feront connaître au grand-chef tout ce qui se passe d’important dans leurs districts.

11° Ils enverront chaque mois un messager pour informer le grand-chef de ce qui se passe dans leurs districts.

CHAPITRE III. Des juges de districts.

12° Les juges sont chargés de juger les infractions aux lois. Ils doivent sans s’occuper des personnes n’avoir égard qu’à la justice et ne recevoir aucun présent de la part des parties.

13° Les juges feront connaître au chef le jugement qu’ils ont porté.

14° Les jugements n’auront lieu ni le dimanche ni les jours de fêtes.

CHAPITRE IV. Des chefs mutois et des mutois.

15° Les mutois sont chargés de la police de l’île chacun dans leur district.

16° Ils feront connaître au chefs de leurs districts les noms de ceux qui auront commis quelqu’infraction au lois ou qui auront troublé la tranquillité publique, ils les conduiront chez le chef ou chez le juge.

17° Les mutois n’emprisonneront personne sans sujet. Ils s’acquitteront fidèlement de leur charge ; sans quoi ils seront punis eux-mêmes.  

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CHAPITRE V. Du mariage.

18° II est expressément défendu à une femme d’avoir plusieurs maris et à un homme d’avoir plusieurs femmes, sous peine d’emprisonnement et de travaux publics.

19° Lorsqu’un homme et une femme auront été validement unis par le mariage, leur union sera indissoluble.

20° Lorsque la femme légitime viendra à mourir, alors seulement le mari pourra prendre une autre femme. Il en sera de même pour la femme à la mort de son mari.

21° Que le mari et la femme ne se séparent pas sans sujet. Le mari qui, sans sujet, quittera sa femme, ou la femme qui, sans sujet, quittera son mari, sera condamné à cinq jours au moins d’un travail public, et à un mois au plus, et de plus à se réunir.

22° C’est au mari à choisir le lieu d’habitation pour la femme. C’est au mari à gouverner, c’est au mari à fournir à sa femme la nourriture, les vêtements et tout ce qui lui est nécessaire. Qu’ils s’aiment mutuellement, qu’ils vivent en paix. Que personne ne prenne la femme de son prochain.

23° Celui qui aura abusé de la femme d’un autre, sera condamné un travail public de dix jours au moins, et de quarante jours au plus et à autant de jours de prison.

24° Que les femmes ou les filles n’aillent point à bord des navires ; c’est expressément défendu. La femme ou la fille qui ira à bord d’un navire, sans permission, sera emprisonnée et condamnée à un travail public de dix jours au moins et de vingt jours au plus.

25° Que les garçons et les filles aillent à l’école dans toutes les vallées. Les parents qui n’enverront pas leurs enfants à l’école seront condamnés à un travail public de un jour, et de cinq jours au plus pour chaque jour d’absence de leur enfant.

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CHAPITRE VI. De la propriété.

26° Les propriétaires conservent leurs droits sur leurs propriétés comme par le passé.

27° C’est au propriétaire de la terre à régler les droits de l’usufruitier.

28° C’est au propriétaire de la terre à régler les droits de celui auquel il a été accordé l’usage des fruits de sa terre.

29° L’usufruitier n’est qu’usufruitier.

30° Celui auquel le propriétaire n’accorde que l’usage des fruits, n’aura pas d’autre droit.

31° Que l’usufruitier n’abatte pas les arbres à pain, ni les cocotiers, les mio, les tamanu, ni les autres grands arbres sans la permission du propriétaire.

32° Que celui qui habite sur une terre dont la propriété ne lui a pas été contestée jusqu’alors, soit regardé comme en étant le propriétaire véritable.

33° S’il s’élève quelque contestation au sujet d’un terrain, on prendra des arbitres qui décideront en dernier ressort et sans qu’aucun des contendants puisse se plaindre de la décision. Que personne n’abatte les arbres d’un autre sans sa permission.

34° Celui qui aura abattu les grands arbres qui ne lui appartiennent pas, sera condamné à deux jours au moins d’un travail public et à vingt jours au plus et de plus à payer les arbres.

35° Que personne ne cueille, sans permission, les fruits à pain d’un autre. Celui qui cueillera sans permission, les fruits à pain d’un autre, sera condamné à deux jours au moins d’un travail public et à cinq jours au plus.

36° Que personne ne cueille les cocos d’un autre sans sa permission. Celui qui cueillera sans permission les cocos d’un autre, sera condamné à un travail public de deux jours au moins et de dix jours au plus.

37° Que personne ne coupe les feuilles de cocotier d’un autre sans sa permission. Celui qui coupera sans permission les feuilles de cocotier d’un autre, sera condamné à un travail public de cinq jours au moins et de vingt jours au plus.

38° II est expressément défendu de cueillir sans permission les fruits à pain ou les cocos d’un autre qui se trouvent auprès de l’habitation, mais on peut cueillir à la montagne des fruits à pain ou des cocos, si l’on a faim ou soif, mais on ne peut pas en emporter sans permission.

39° II n’y a point de cochons sauvages. Les cochons errants dans la vallée appartiennent au chef de la vallée. Il en est de même des poules et autres animaux dits sauvages. Celui qui aura tué ou volé le cochon d’un autre, sera condamné à le payer et de plus à un travail public de deux jours au moins et de cinq jours au plus.

40° Les animaux qui portent la marque d’un propriétaire appartiennent à ce propriétaire.

41° On ne chassera pas sans permission, les cochons et les poules dits sauvages. Lorsque le propriétaire des cochons voudra aller à la recherche de ses cochons errants dans la vallée, il en préviendra auparavant le chef, et, s’il y consent, il pourra alors les chasser, et s’il parvient à prendre un cochon, il le fera voir au chef et ne l’emportera pas auparavant. Il en sera de même des poules et autres animaux.

42° Lorsque l’usufruitier abandonnera la terre sur laquelle il avait permission de rester, il pourra emporter ses cochons et ses poules, mais s’il les laisse ils appartiendront au propriétaire de la terre et il ne pourra plus les réclamer. Il en sera de même pour celui qui n’a que la permission de se nourrir des fruits de la terre.

43° Que personne ne s’empare de la terre d’un autre.

44° Que personne ne prenne injustement les richesses d’un autre. Celui qui aura volé les richesses d’un autre, sera condamné à le payer et de plus à un travail public de dix jours au moins et de quarante jours au plus. S’il y a eu des circonstances aggravantes, comme par exemple l’effraction, il pourra être condamné à une peine proportionnée à la gravité de la faute.

45° Les richesses appartiennent à leur propriétaire, comme par le passé, il peut en faire ce que bon lui semble.

46° Les cochons appartiennent à leur propriétaire, comme par le passé, il peut en faire ce que bon lui semble.

47° La case ou la maison appartient à son propriétaire, comme par le passé, il peut en faire ce que bon lui semble.

48° Les bœufs du Gouvernement restent la propriété du Gouvernement. Il est défendu de les tuer, et il sera donné une récompense à ceux qui prendront soin de ces animaux et qui les conduiront à Taio-Hae.

49° Les baleinières, les pirogues appartiennent à leurs propriétaires, comme par le passé, ils peuvent en faire ce que bon leur semble, ils en ont seuls la jouissance.

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CHAPITRE VII. Défenses diverses.

50° Qu’on ne fasse plus dessécher les morts, qu’on les enterre le lendemain du décès. Celui qui fera dessécher un mort, sera condamné à vingt jours de prison au moins et à quarante au plus, et de plus il travaillera autant de jours sur la voie publique.

51° Qu’on ne fasse plus d’eau-de-vie de coco, qu’on n’achète pas d’eau-de-vie des étrangers et qu’on n’en donne pas aux autres. Celui qui fera de l’eau-de-vie de coco, qui achètera de l’eau-de-vie des étrangers ou qui en donnera aux autres, sera condamné à un jour de travail public au moins et dix jours au plus.

52° II est défendu de battre le tambour à la manière païenne. Celui qui battra le tambour à la manière païenne sera condamné à un travail public de cinq jours au moins et de vingt au plus.

53° Les chants païens et indécents sont défendus. Celui qui chantera des chants païens ou lascifs, des Uta, des Mumu, etc., sera condamné à un travail public de un jour au moins et de dix au plus.

54° II est défendu de s’oindre d’Eka ou d’huile de coco, de porter des colliers de fruits de pandanus et des habits couverts d’odeurs. Celui ou celle qui se couvrira d’Eka, qui portera des colliers de fruits de pandanus ou qui portera des habits couverts d’odeurs et d’huile de coco sera condamné à un travail public de cinq jours au moins et de vingt jours au plus.

55° Le tatouage est défendu. Le tatoueur et celui qui se fera tatouer, l’un et l’autre seront condamnés à dix jours de prison et à un travail public pendant deux mois au moins et trois mois au plus.

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56° II est défendu d’aller nu, de se baigner nu, soit sur le bord de la mer soit dans les ruisseaux. Celui qui ira nu sur la voie publique, qui se baignera nu dans les ruisseaux ou sur le bord de la mer sera condamné à un travail public de un jour au moins et de dix jours au plus.

57° Les Mau ou repas pour les morts à la manière païenne sont défendus. Celui qui donnera un Mau à la manière païenne sera condamné à un travail public de dix jours au moins et de vingt jours au plus et de plus à la prison pendant le même temps.

58° Que tous les lieux sacrés des païens soient rendus profanes. Que toute œuvre servile cesse les jours de dimanche et de fête. Celui qui travaillera les jours de dimanche et de fête sera condamné à un travail public de deux jours au moins et de dix jours au plus.

59° Que personne ne maltraite son prochain, ne le frappe ou ne le tue. Celui qui aura frappé ou maltraité de coups son prochain sera puni d’un jour de prison au moins et de dix jours au plus et de plus condamné à un travail public de un jour au moins et de deux mois au plus.

60° Celui qui aura tué un autre sera emprisonné jusqu’au jugement et sera condamné à mort, mais la sentence ne sera mise à exécution qu’après confirmation du jugement par l’autorité supérieure.

61° Que les fusils et la poudre soient réunis dans une case indiquée par le grand-chef. Il est défendu d’acheter des fusils et de la poudre sans permission. Celui qui, sans permission, aura acheté des fusils et de la poudre, sera condamné à deux jours de travail public et les fusils et la poudre seront confisqués et déposés chez le grand-chef.

62° II est défendu au propriétaires des embarcations et des navires de transporter sans permission les indigènes dans une autre terre pour y habiter, sous peine de prison et d’un travail public de dix jours au moins et de vingt jours au plus.

63° II est défendu de s’en aller à bord des navires sans la permission du grand-chef.

64° Celui qui sans permission se fera embarquer à bord d’un navire sera à son retour condamné à dix jours au moins et vingt jours au plus de travaux publics.

65° II est défendu d’exciter à la guerre. Celui qui excitera à la guerre sera condamné à deux jours au moins et à vingt jours au plus de travaux publics.

66° II est défendu de répandre de faux bruits de guerre. Celui qui répandra de faux bruits de guerre sera condamné cinq jours au moins et à vingt jours au plus de travaux publics.

67° II est défendu de menacer et de faire semblant de vouloir tuer quelqu’un, soit avec un fusil, soit avec une hache, sous peine de deux jours de travaux publics au moins et de dix jours au plus.

68° II est défendu de mettre le feu aux broussailles de la vallée, sans en avoir demandé l’autorisation au chef, sous peine de cinq jours au moins de travaux publics et de vingt jours au plus.

69° II n’appartient qu’au propriétaire de mettre le feu aux broussailles de sa propriété, après en avoir obtenu la permission du chef, afin d’éviter tout accident.

CHAPITRE VIII. Des routes.

70° Les routes ou chemins publics sont destinés à faciliter les communications de district à district, afin de maintenir la bonne harmonie parmi les populations.

71° Tout habitant condamné à des journées de travail, sera tenu de travailler aux routes.

72° Les journées de travail pourront cependant être rachetées au prix de un franc par journée et au profit du district sur le territoire duquel se trouve le chemin.

73° Le Directeur des affaires indigènes est spécialement chargé de surveiller les travaux ci-dessus spécifiés et du tracé des chemins.

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CHAPITRE IX. Dispositions générales.

74° Qu’on aille et qu’on vienne dans toute l’île, soit par terre, soit par mer, de vallée en vallée et de baie en baie, sans que personne soit maltraité.

75° Que tous soient unis et s’aiment mutuellement.

76° Les juges, afin de réprimer les infractions au présent règlement, pourront appliquer de un à dix jours de prison et trente journées de travail public. Les infractions méritant une punition plus sévère que celles laissées à l’appréciation des juges sont déférées au grand-chef de Taio-Hae.

77° Le Directeur des affaires indigènes des Marquises est chargé de la publication en langue marquésane des dispositions précédentes dans le Messager de Nuka-Hiva.

78° Le Secrétaire Général est chargé de l’exécution du présent règlement, qui sera enregistré au premier bureau du secrétariat général.

Fait à Papeete, le 20 mars 1863

Signé : E. G. De La RICHERIE.

Par le Commandant Commissaire Impérial :

Le Secrétaire Général pre, Signé : HUBERT.

 

Marquises : Ua Pou, géographie physique, description du relief

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Située à 1 347 km au Nord-est de Tahiti, l’île d’Ua Pou appartient au groupe Nord de l’archipel des Marquises composé des deux autres îles habités, Nuku Hiva et Ua Huka, dont elle est distante respectivement de 43 et de 65 km. Ua Pou se trouve située exactement entre 9°20′ et 9°30′ de latitude Sud, entre 140° et 140°9′ de longitude Ouest ; cette position lui confère, ainsi qu’à l’ensemble de l’archipel, trente minutes de décalage horaire avec Tahiti.

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UA POU est la sixième plus grande île de Polynésie Française. L’île s’étend sur environ 15 km et une largeur maximale de 10 km, pour une superficie de 105,3 km2. A l’inverse des autres îles des Marquises, il existe une ride centrale subrectiligne et non une crête arquée comme dans les autres cas. Cette ride, qui traverse l’île du nord au sud et divise l’île en deux parties, possède dans sa partie centrale, les trois pics les plus élevés : Poutetainui ou pain de sucre : 979 m ; Oave : 1203 m ; et Matahenua : 1028 m. De chaque côté de cette arête partent des rides secondaires et toutes ont un profil d’arêtes à sommets très aigus d’où se précipitent des falaises aux parois vertigineuses. Au-dessus de la crête principale et des crêtes secondaires surgissent 12 pinacles qui font d’Ua Pou une sorte de « cathédrale » unique en Polynésie. Certaines de ces aiguilles, comme le Poutetainui, ont des parois verticales qui atteignent 600 m.

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L’altitude de l’île est très élevée, comparativement à sa surface. Son altitude (1203 m) est comparable à celle des deux autres îles de l’archipel les plus hautes, Nuku-Hiva (1227 m) et Hiva Oa (1276 m), mais ces deux îles demeurent 3 fois plus grandes. Les deux divisions de l’île, résultant de sa morphologie, sont relativement homogènes : – Sa partie Est, offerte à la houle et aux vents, possède des vallées en grandes majorités larges et des baies profondes et ouvertes. – Sa partie Ouest, protégée des vents et de la houle, possède au contraire des vallées souvent étroites, parfois même encaissées et des baies restreintes et peu profondes. La végétation et les précipitations ne correspondent pourtant pas à cette division. Comme sur la plupart des îles des Marquises, la partie nord-ouest est désertique et en partie profondément ravinée (nommé communément le « plateau aux ânes »), mais n’occupe qu’une superficie infime de la surface totale de l’île comparativement à Nuku Hiva (Nuku Atahaa) et Hiva Oa (le plateau d’Hanamenou). Autour d’elle deux vallées sèches englobent cette partie désertique, circoncise dans la partie nord-nord-ouest : Hakahau et Anéou. La végétation au-dessous de 200 m est dominée par une végétation basse, acacia et landes principalement. Si cette zone nettement définie représente une entité homogène, ce n’est plus le cas du reste de l’île. Sur sa partie sud-Est l’île offre des espaces de transition (Hakamoui) entre la région sèche et les vallées plus arrosée (Pauméa, Hohoi), alors que sur sa partie ouest le contraste est brutal entre la région sèche et la première vallée la jouxtant (Hakahetau) pour s’atténuer progressivement vers le sud (Haakuti, Hakamaii, Hakatao). Le littoral est très découpé ; la côte orientale notamment, rocheuse et accidentée, est jalonnée d’îlots et de rochers qui rendent son accès difficile. La côte occidentale est bordée de falaises escarpées qui plongent dans la mer.

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Les plages de sable, au nombre de quatre, sont localisées dans la partie septentrionale de l’île : Hakahau (sable gris), Aneou, Hakanahi, Anahoa (sable blanc). Les autres plages sont constituées de galets, celle de Hohoi est particulièrement célèbre pour ses cailloux fleuris. Les baies, forts nombreuses, constituent souvent de médiocres mouillages ; seul le côté à l’écart des alizés et de la houle offre quelques bons abris avec les baies de Hakahetau et de Vaiehu. La baie du village principal, Hakahau, est sans cesse battue par la houle, mais paradoxalement elle offre le meilleur mouillage des 3 grandes îles les plus peuplés des Marquises du fait de sa digue, bien que la superficie protégée soit relativement réduite.

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Les plaines côtières sont d’une faible superficie, presque inexistantes à part dans la vallée d’Hakahau (58.6 ha) où elle demeure prononcée et dans une moindre mesure, les vallées d’Hakamoui (18.3 ha), Pauméa (7.4 ha) et Hakahetau (7.4 ha). Les « plaines » côtières sont calculées jusqu’à la côte 25 m, lorsque celles-ci sont suffisamment enchâssées dans leurs vallées respectives, afin de rester cohérent avec la morphologie des sites qui le justifie. En effet, c’est effectivement à partir de la côte des 25 m, que le relief se relève dans les vallées d’Hakahau, Hakamoui, Pauméa, Hakahetau, Hikeu (7.5 ha) Hapateki (4.9 ha) et Hakatao (4.6 ha). Pour Hohoi (2.3 ha) et Anéou (6.4 ha) c’est la côte des 10 m qui est retenue vu la minceur de la bande côtière appuyée directement contre le relief. Les vallées habitées de Haakuti et Hakamaii n’ont pas de « plaine » littorale. C’est sur ces « plaines » côtière que l’habitat ce concentre, quand il existe. Les « plaines » côtières de l’ensemble de l’île ne représentent que 1.1 % des terres émergés, soit 117 hectares environ.

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Les vallées _ calculées à partir de la limite de la plaine côtière jusqu’à rencontrer un front de pente d’au moins 50% (non inclus) qui définit la limite de la montagne _ correspondent à une bande utile continue. Corroborant les différences marquées du relief entre les moitiés Est et Ouest de l’île, les vallées suivent ce même clivage. Vallée, étroites et resserrée se « faufilant » en de minces filets entre les reliefs, sur la partie Ouest : Hakatao (145 ha) Hapateki (118 ha) Haakuti-Vaiehu (113 ha) Anéou (113 ha) Hakahetau (107 ha) Hikeu (98 ha) Hakamaii (51 ha) ; vallées larges, ouvertes et amples sur la partie Est : Hakahau (344 ha) Hakamoui (257 ha) Hohoi-Hakaoka (242 ha) Pauméa (210 ha). La surface utile des vallées représente 1953 hectares environ, soit 18.6% des terres émergées. Ces vallées représentent les seules vallées réellement habitables de l’île, c’est-à-dire celles qui satisfont deux conditions : un minimum de superficie utilisable et un minimum de ressources en eau.

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La montagne occupe 78.8% des terres émergées, soit 8297 hectares environ. Le centre de l’île est totalement inexploitable (au-dessus de 600 m) alors que les flancs des vallées, globalement, le sont parcimonieusement jusqu’à 400 m. Les plateaux sont pratiquement inexistants à l’inverse de la plupart des autres îles des Marquises. Ils occupent 1.5% des terres émergées soient 162 hectares environ. La plus vaste zone, de plateau, significative sur l’île est située dans la zone désertique, au nord-ouest. Les plateaux arides ou pourvus de lande représentent au total sur cette zone 52 hectares environ. La deuxième zone sur l’île, est située dans la vallée d’Hohoi, au-dessus de la baie, dans sa partie nord et représente 17 hectares environ. Le dernier plus grand des plateaux reste constitué par la majeure partie d’un motu : Motu Oa, 38 hectares environ, situé à l’extrême sud de l’île. Les autres petits plateaux ne dépassent guère 8 hectares, mis à part un plateau légèrement incliné, au relief de planèze, de 23 hectares environ entre Hakahetau et Aneou.

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Muséum d’histoire naturelle de La Rochelle : « Le voyage de Tai Kahano, pirogue des îles Marquises », grande exposition du samedi 10 janvier au 28 juin 2009

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Publié avec l’aurorisation de ubacto.com  :

Une exposition unique en France métropolitaine, des années de recherche sur les savoirs ancestraux et la volonté de porter à la connaissance du monde toute la richesse de la culture des îles Marquises.

La chanson de Jacques Brel, les tableaux de Gauguin, les paysages des catalogues touristiques… Les îles Marquises sont au-delà de la part de rêve un territoire riche d’une culture exceptionnelle. La grande exposition temporaire, première du Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle depuis sa réouverture l’an dernier lui rend hommage avec talent, rigueur et poésie.

Fruit d’une étroite collaboration entre une ethno-archéologue et un artiste sculpteur marquisien, l’exposition « Le voyage de Tai Kahano, pirogue des îles Marquises » se fait ambassadrice de la culture marquisienne.

Conçue autour de la maquette au 1/7ème d’une pirogue marquisienne, l’exposition vous invite à découvrir bien plus que les techniques de navigation d’un lointain archipel de la Polynésie française, berceau de la civilisation polynésienne orientale.

Le parcours vous permet d’explorer les multiples facettes de la culture des îles Marquises ; histoire, pratiques artistiques ou connaissances techniques mais aussi conception du monde etc. Avec Tai Kahano, vous embarquez à la découverte de la culture marquisienne.

Hélène Guiot, ethno-archéologue réputée est à l’initiative de ce projet et commissaire de cette exposition conçue et réalisée avec l’équipe du muséum ainsi qu’un sculpteur marquisien qui a réalisé la pièce maîtresse de cette installation « Tai Kahano ».

Au mois de décembre 2008, en prélude à ce voyage marquisien, l’artiste « continental » Phil Totem a présenté des sculptures dans la cour du Muséum. Il a aussi créé, en résidence sur le site un totem inspiré par l’art des Marquises dans un immense tronc d’arbre. Cette œuvre, actuellement couchée dans la cour sera relevée et installée dans le jardin du musée dès l’inauguration.

L’exposition du Muséum de La Rochelle est présentée en avant-première dans la cité rochelaise qui l’a vue naître avant de partir en tournée dans de grands musées français. En 2011 « Le voyage de Tai Kahano » mettra le cap sur Nuku Hiva, l’île organisatrice du prochain Festival des Arts des îles Marquises… en décembre 2011.

Source : http://ubacto.com/photos-la-rochelle/-102548.shtml

Site du Muséum de la Rochelle ici

Cabri, Kabris ; body trade…

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J. B. Kabri le Tatoué Dessin publié dans le livre de Von Langsdorff

Joseph KABRIS, était né à Bordeaux. – Sachant qu’on n’est pas prophète dans son pays, il se fait matelot et part. Ayant été capturé, on le jette dans les prisons d’Angleterre. Il obtient la faveur de monter à bord d’un bâtiment  baleinier qui se dirigeait vers la mer du sud. Ce bâtiment fait naufrage, va se briser sur les côtes de Noukahiva, (îles Marquises) dans le Grand Océan, et notre bordelais tombe dans les mains des anthropophages. Le feu est allumé, la broche va tourner, le casse-tête est levé sur Kabris, quand la jeune Valmaïca fille du roi des sauvages,  belle comme on l’est aux îles Marquises, pousse un cri de grâce : le pauvre Joseph est sauvé, il se précipite dans le bras de sa libératrice qui, sans plus de façon l’accepte pour époux.

Le roi de Noukahiva quoique mangeur d’hommes, était bon prince ; il prend son gendre en affection, lui fait cadeau d’un riche manteau royal d’écorce d’arbre doublé de fine mousse, et, avec air de bonté qui le caractérise, le tatoue lui-même sur la figure, sur le corps et partout, puis il le nomme grand juge de tout le pays.

Kabris s’acquittent admirablement de ses fonctions : il fait garrotter et battre les uns, griller les autres, ceux-ci sont jetés à la mer, ceux-là écorchés vifs, enfin jamais justice ne fut mieux faite ; le brigandage diminue, les mœurs s’adoucissent, Kabris est au comble de la gloire et du bonheur ; Valmaïca apprivoisée l’adore, et cinq ou six bambins tatoués s’élèvent autour de lui.

Un jour qu’il s’était endormi dans une de ses forêts et qu’il y rêvait délicieusement, le chevalier Krunsenstern, capitaine russe  en expédition dans ces parages, et à la recherche des objets curieux, l’aperçoit, le fait garrotter, conduire à coups de knout dans son vaisseau et l’emmène à St-Pétersbourg. La fille du roi se tordit les bras, pleura longtemps et pleure peut-être encore.

A St-Pétersbourg, Kabris à qui l’on n’avait pas permis comme cela se fait quelque fois, de vendre ses domaines en partant, devint simplement professeur de natation. Encore s’il avait pu avoir un seul instant seulement, le capitaine Krusenstern pour élève !  Il lui eut bientôt appris à plonger dans les eaux du Styx ; mais il n’éprouva pas cette douce satisfaction.

En 1817, à l’époque où quelques prisonniers français, tristes débris de nos formidables armées, quittèrent les déserts de la Russie pour revoir leur patrie, Kabris profita de l’occasion pour revenir en France. A Paris, ce genre de monarque  anthropophage faisant quelque rapprochement entre sa grandeur déchue et la restauration des Tuileries, et croyant peut-être que le roi était un peu son cousin, chercha et parvînt à voir Louis XVIII qui se contenta de lui faire donner quelque argent. Ayant eu ensuite accès près du roi de Prusse, il n’en obtint aussi qu’un léger secours. Revenu de sa méprise, désirant se rendre à Bordeaux pour delà, s’il le pouvait un jour, aller reprendre sa femme et ses dignités à Noukahiva, il mit, pour se faire un fond, la curiosité publique à  contribution. Il se fit voir à Paris, au Cabinet des illusions. Le pauvre diable ne pouvait mieux choisir, ce n’était plus que là qu’il devait en trouver.

Jusqu’à présent ces faits ne touchent pas à nos contrées, mais voici : Kabris continuant le cours de ses infortunes et ne gagnant que ce qu’il fallait pour vivre, tomba de ville en ville à Valenciennes.  Il y vint en septembre 1822 pour s’y montrer à l’époque de la foire. Ce membre d’une famille royale, dont les malheurs et les étranges destinées n’étaient pas assez connus, attirait peu de monde ; tandis qu’on se rendait en foule aux baraques de la ménagerie, de la jeune fille pesant 400 livres et du veau à trois têtes, ses voisins.

Ce fut alors, le 22 septembre, que je vis Kabris. Il était bien triste. Il parlait avec intérêt de sa femme, de ses enfants, même du beau-père ; il n’avait pas encore perdu tout espoir de les revoir, j’aurais désiré obtenir de lui de longs détails ; mais il était fort malade, et souffrait tant qu’il ne pouvait parler qu’avec beaucoup de peine : circonstance contrariante, car Kabris, et ce n’était pas le premier gascon à qui pareille chose soit arrivée, s’exprimait avec un air de vérité qui inspirait la confiance.

Le soir même de ce jour se sentant plus mal, il fit appeler un médecin. La mort n’en continua pas moins à aiguiser sa faux ; Valmaïca n’était plus là pour détourner le casse-tête, et le grand juge de Noukahiva rendit l’âme à Valenciennes, le 23 septembre 1822 à 5 heures du matin, âgé de 42 ans.

Ces détails ne sont pas oiseux ; ils pourraient devenir précieux pour l’épouse et les enfants de Kabris, si cette notice tombait entre leurs mains ; or il n’est pas impossible que les Archives aient un jour des abonnés aux îles Marquises.

Cette réflexion nous conduit à dire un mot de la sépulture de Kabris. Un amateur de choses rares avait fait quelques démarches pour avoir la peau de ce personnage, afin de le faire empailler. L’autorité informée de cette fantaisie, craignant qu’on exhumât clandestinement l’ex-ministre pour l’écorcher, prit ses mesures. On venait d’enterrer un vieillard de l’hospice de Valenciennes, Kabris fut mis au-dessus de lui, et sur Kabris on plaça le cadavre d’un autre vieillard du même hospice1. Ces renseignements deviendraient bien intéressants si les illustres descendants de Kabris, demandaient un jour sa cendre à l’Europe. A. L.

In « Les hommes et les choses du nord de la France et du midi de la Belgique publiés à Valenciennes au bureau des Archives du Nord N°9  – 1829 » ;


 1 Promenade au cimetière de Valenciennes, par Aimé Leroy, page 75

 

The case of the French sailor Joseph Kabris (1779?-1822) is less well known and reveals another side of the European fascination with the exotic. His adventures are narrated in a booklet of about fifteen pages, Précis historique et véritable du séjour e Jh. Kabris, natif de Bordeaux, dans les îles de Mendoça, situées dans l’Océan Pacifique. The misfortunes of Kabris began at the age of fifteen, when he was ship­wrecked off the coast of France. Taken prisoner by the English, he was held in a prison hulk at Portsmouth for fifteen months. In May 1795 he embarked on a whaleboat, and was shipwrecked for a sec­ond time near Santa Cristina (Tahuata) in the Marquesas Islands. He was a strong swimmer, and managed to save himself as well as an English companion named Robarts, who would later become his frère ennemi or ‘brother enemy’. The pair was found by a group of Marquesans who took them to Nuka Hiva, where they were condemned to death. They escaped the death sentence thanks to the daughter of the chief, with whom Kabris married and had children.

As son-in-law he received his first tattoo, a blackening of the skin around his left eye, a design called mata epo or ‘shitty eye. This tat­too is represented in Langsdorf’s portrait of Kabris. The next markings he received were suns on the upper and lower eyelids of the right eye, ‘that the people call mehama and which give me the title of judge’. In one version of his account Kabris spécifies that it was the chief himself who executed the first markings, the designs then being completed by a tattoo artist. In another version of the text he writes that they were not welcomed by the people until they had met the chief. He took them as friends, and after four months organised a tattooing ceremony, after which they could marry.

Having been integrated into the Marquesan tribe, Kabris fought for them in their battles with other groups. In one skirmish, he skilfully wounded an enemy chief with his sling and thereafter received a tattoo on his breast, becoming, according to his own account, ‘Chief of the guard and viceroy of the tribe’. He wrote that he lived happily m his royal family, enjoying the friendship of everyone. Kabris never mentioned Robarts. He was also tattooed, but lived on the opposite side of the island, in Tiahoe Bay.

On the 7 May 1804 a Russian ship arrived in Tiahoe Bay. Robarts offered his services to von Krusenstern, the captain of the vessel, and told him that he had been abandoned on the island by his former crew members for refusing to participate in a plot. He added that the French should not be trusted. The hatred evident between Kabris and Robarts, two Europeans so far from home, drove von Krusenstern to reflect upon the hostility of nations towards one another. The captain then met Kabris, whose good relations with the Marquesans proved useful. Langsdorf, a member of the crew, remarked that the Frenchman had a better knowledge of the island than his English cohabitant. The evening before the ship’s departure, Kabris was invited on board for dinner alone. Drunk on the liquor served to him by the captain, he fell asleep, and later awoke to find that the ship had set sail, and was now in the middle of the ocean. Whether it was to rid Robarts of his enemy, or because, as von Krusenstern later claimed, a sudden wind obliged him to leave, Kabris found himself removed from his adopted homeland. ‘The captain employed ail the ways to quiet me’, he wrote, ‘he told me that I was kidnapped to be presented to the Tsar Alexander as valuable object to stimulate his curiosity and to prove to him he had visited the people of remote islands’.

Kabris disembarked at Kamchatka at the end of 1804 (although this is not mentioned by von Krusenstern in his account) and travelled to St Petersburg to be presented at the Court of the Tzar. Alexander admired his tattoos and compensated him for the ‘inconvenience’ he had suffered. Although Kabris expressed a desire to visit his parents in Bordeaux, he was still in Russia m 1817, employed as a swimming instructor in the Naval School at Kronshtadt. In the same year he was received at the court of the French king Louis XVIII, who gave him some money intended to pay for a return voyage to the Marquesas.

The royal gift was insufficient, however, and Kabris began to exhibit his tattoos in the Cabinet of Illusions in Bordeaux and in other fairs around France in order to earn money for his passage. As an accompaniment to his exhibition, he sold a booklet printed in Paris and Rouen of which only four known examples survived. Three are in the National Library in Paris, and one in Geneva (there may be a further copy in Grenoble, but research in the two libraries of this town failed to uncover it). In addition, portraits of Kabris exist with his tattoos rendered in more or less exact detail. According to Picot-Mallet, who annotated the Geneva booklet, he was ‘a good sized man, very well built, with an agreeable physiognomy, a bit blackened by the climate, who intelligently answers any question which one asks him’. Kabris died on 23 September 1822 in Valenciennes, after a rapid decline into sickness and misery. Aimé Leroy, a local journalist who interviewed him just before his death, wrote : ‘This member of a royal family, whose misfortunes and strange fate were not well known, attracted few people, while the crowd flocked to the menagerie to see the 400 pound girl and the three-headed calf’. Leroy also recounts that when Kabris died an amateur collector of curiosities attempted to obtain his skin in order to stuff and mount it for display. His corpse was buried between two old men to protect it from such attentions. Leroy wrote : ‘This infor­mation could become very interesting if the illustrious descendants of Kabris one day demanded the return of his ashes to Europe’. The narrative of the skin-man merits some remarks. If his sad and romantic story can inspire an novel or a film, we can also see it as the intricate layering of different levels of captivity, symptoms of the occidental approach to the exotic body. Tattooed skin, engravings and narrative form an image in which illusion, theatre and power over the foreign body of an other are revealed.

Ahutoru and Omai were taken as strange bodies, bodies ‘wrapped in images’ (in reference to Alfred Gell). With unintelligible signs inscribed upon their skin, the image of their bodies was easily manipulated, enabling the creation of a ‘mediatic’ illusion, useful to a representation, to a fashion of tattooing (the word ‘tattoo’ originated from this time). The fascination Europeans had for tattoos could be read as symptomatic of the medium of the tattoo itself. Juliet Fleming says :

Caused by the introduction of a foreign body under the skin, the tattoo marks the self as foreign. It consequently stands as a ready figure for the border skirmishing that defines conceptual relations not only between the inside and the outside of the body, but also between the inside and the outside of social groups.

Kabris was a sailor, travelling the océans for a living. He did not leave France in search of an exotic dream. When he returned to Europe his Marquesan identity was a novelty in Russia, which had only recently ventured into the Pacific, a fact which may explain the motive for his capture. When he arrived in France, however, the myth of the Noble Savage had ceased to fire the imagination – it was later revived by the painter Gauguin. Kabris turned the myth inside out. Unlike the Tahitians, he could not be seen as an incar­nation of the myth and, paradoxically, his tattooed skin laid it bare. In contrast to Reynold’s portrait of Omai, in which the Tahitian is pictured in antique draperies, Kabris, a Marquesan, appears as not more than a veneer of wonder and delight. His tattoos define him as somewhere between the low-class disreputable sailor and the savage. In Bordeaux’s Cabinet of Illusions and in the fairs, he was a protagonist with and without costume, incongruous.

To be captive is to forfeit one’s power. Kabris claimed that he was a member of the Marquesan nobility, as indicated in the engravings.

His use of titles should be considered in the context of France at the time of the Restoration. Unfortunately ail his powers were compromised. The armour of his tattoos stripped him of his authority. The imprimatur of his Marquesan identity marked him as a stranger, his biographical trophies relegated to the status of a stuffed trophy for an amateur collector of the bizarre. He was covered and trapped by his own skin, by unreadable patterns. His honourable disfigurement was the mark only of the high status of a Marquesan chief. He had become a monster in his own society and ended up with the monsters in a menagerie of anatomical and morbid curiosities.

It seems that the only power available to him lay in his own nar­rative. Inspired by the myth of a Pacific paradise, he modestly describes his experience as a life of happiness, also recounting tales of cannibalism (a practice in which, he makes clear, he did not participate).

In addition, his narrative includes interesting descriptions of Marquesan art and life. Even if the facts of his departure from Nuka Hiva conflict in the different versions of his story, it caused a literary stir. A sentimental poem, ‘Le départ de Joseph Kabris de l’île de Nouka Hiva’, signed M. C., is attached to the copy of his booklet in the Geneva library. Aimé Leroy described the capture thus :

One day, while he was sleeping in the forest and dreaming of delicious things, Krusenstern, a Russian captain who was exploring this country and researching curiosities, saw him, took him prisoner, and conducted him to his ship, whipping him along the way and sent him to Saint Petersburg. The daughter of the king wrung her hands, and cried for so long that she is perhaps still crying.

The life of Kabris was not unique. One can find a number of examples of Europeans who lived – willingly or unwillingly – among  different oceanic peoples during the early contact period, such as that of William Mariner in Tonga, and Barnet Burns in New Zealand.

In Body Trade: Captivity, Cannibalism and Colonialism in the Pacific de Barbara Creed, Jeanette Hoorn

Publié par Pluto Press Australia, 2001 ISBN 1864031840, 9781864031843 – 296 pages

http://books.google.fr/books?id=Y2G69AgxqxQC&dq=KABRIS+ROUEN&source=gbs_summary_s&cad=0

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Body Trade explores the history of the South Pacific traffic in human bodies from the eighteenth century to the present. Scholars from art history, cultural studies, anthropology, literature, and film examine the ‘captive body’ as it is represented in a range of media – from Captain Cook’s Journals and Melville’s novels to contemporary painting, popular culture, and such movies as Jedda, Meet Me In St Louis and The Murmuring. Revisiting Europe’s colonial project in the Pacific, Body Trade exposes myths surrounding the trade in heads, cannibalism, captive white women, the display of indigenous people in fairs and circuses, the stolen generations, the ‘comfort’ women and the making of the exotic/erotic body. This is a lively and intriguing contribution to the study of the postcolonial body.

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From Marquesas Islands ; being letters written by Mrs. M.I. Stevenson during 1887-88, to her sister

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Télécharger ce livre : From Saranac to the Marquesas and beyond; being letters written by Mrs. M.I. Stevenson during 1887-88, to her sister, Jane Whyte Balfour, with a short introd. by George W. Balfour. Edited and arr. by Marie Clothilde Balfour (1903).

Lire les lettres écrites pendant le séjour aux Marquises : m-i-stevenson-lettres-des-marquises.1215771761.doc

Serveur : Canadian Libraries