Pu toka, conque marine

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Shell trumpet. Marquesas Islands. Late eighteenth/early nineteenth centuries. Triton shell, human hair, bone, coir, gum. L 37.5 cm. Cambridge, CUMAA: 1922.1166. Donated 1922 by Louis C.G. Clarke; possibly from the Widdicombe House collection (also acquired by Clarke in 1922), and of Cook second-voyage provenance. This side-blown triton-shell trumpet (pu toka) is in exceptional condition, missing only the wood mouthpiece which was formerly gummed to the circular aperture. A bone toggle (po’o ivi) secures a large bunch of human-hair tassels. The hair may have functioned as a muffle, as well as a sacrificial memorial to a deceased relative – hair being cut off as a sign of mourning. Trumpets were used to summon, to signal and to mark specific ritual time periods. Pacific Encounters Art & Divinity in Polynesia 1760 – 1860 Steven Hooper THE BRITISH MUSEUM PRESS 2006

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Kauana interprété par Rataro

    Rataro Ohotoua est le troisième garçon d’une famille de treize enfants. Sa famille vivait au jour le jour de l’agriculture et de la pêche. Il a commencé l’école à l’âge de 6 ans et s’est très vite intéressé au chant et à la danse. Il acquiert par ailleurs le goût de la musique à l’église. En 1978, âgé de 12 ans, il arrive à Tahiti avec une chanson dans ses bagages, une chanson qu’il avait lui-même composé. Le hasard fait qu’il s’installe avec sa famille dans la commune de Faa’a, dans le même quartier où réside déjà le célèbre chanteur John Gabilou. Il étudie alors près de Papeete, au lycée du Taaone. Le temps passe et Rataro rencontre alors toutes les vedettes de la chanson polynésienne comme John Gabilou ou Bobby Holcomb. Finissant par vaincre sa timidité, Rataro ose un jour proposer ses textes à Gabilou. Après avoir entendu ses mélodies sur des maquettes enregistrées aux Marquises, Gabilou lui passe commande d’une série de chansons pour son prochain disque. Rataro se consacre à l’écriture, Gabilou chante, le tandem fonctionne très bien ainsi. C’est le début de dix années d’une fructueuse collaboration. Parallèlement, le jeune marquisien termine ses études d’infirmier et, ce faisant, rencontre celle qui allait devenir son épouse. Rataro participe également à plusieurs concours en tant qu’auteur et compositeur. En 1982, il commence à écrire pour d’autres chanteurs comme André Hart, Bobby Holcomb, Patrick Noble. Il participe à un concours nommé « Le grand prix de la chanson d’outre-mer » à Tahiti, uoncours organisé par RFO. Rataro passe au total dix ans à écrire pour les chanteurs polynésiens. John Gabilou fait appel à lui pour chanter avec lui en tournée, mais Rataro ne se sent pas prêt et Gabilou le pousse alors à aller étudier pendant trois ans au Conservatoire Artistique Territorial. Il y prend des cours de chant et de solfège. Il sort avec son diplôme et écrit de nouveau des tubes pour Gabilou, comme « Hianau » une chanson qui sera récompensée plusieurs fois aux Oscars de la musique polynésienne. Il enregistre ensuite ses premiers albums avec Océane production. Il marie la base culturelle marquisienne avec les rythmes traditionnels tahitiens. Ce mariage a donné l’identité et l’originalité de Rataro en tant qu’artiste et musicien sur le territoire. En 1995, toujours inspiré par sa culture, Rataro chante en Marquisien. La gracieuse danse de l’oiseau envoûte le public tahitien. Sa quête musicale le pousse à marier le hula tahitien avec les rythmes marquisiens. En 1995, il écrit son premier album, «Mélodies des îles Marquises », en trois mois. C’est le déclic. Il sort un album chaque année et devient l’ambassadeur des Marquises. En 1999, il forme une troupe et donne des spectacles dans son île natale, puis en métropole, au Palais des congrès et aux îles Hawaii. En 2001, il rencontre des producteurs de la chaîne de télévision américaine CBS. Il signe un contrat avec eux à Los Angeles pour écrire la bande originale de l’émission « Survivor ». Il sort ensuite l’album « Aronga » (bonjour). En 2002, Il fait une prestation remarquée avec sa troupe à New York, à Central Park, devant 80 000 spectateurs. En mai 2003, il écrit en marquisien les paroles de la chanson «Maveana », interprétée par un jeune chanteur nommé Marama Kaua. Cette chanson remporte le premier prix au concours du Himene patitifa polynésien, un concours qui rassemble les auteurs, les compositeurs et les interprètes du territoire. http://www.tahitijukebox.com Ecoutez Rataro

Pahu, trois jeunes tambours

Tambours

     Aux Marquises, les tambours, étaient fabriqués par un spécialiste, le « tuhuka aaka pahu » Pahu_les_attaches Voir le pahu vanana au Musée Vivenel de Compiègne

     Retrouver les techniques des anciens en examinant de près les pahu, les tambours anciens conservés dans les musées, intéressent quelques passionnés, les nouveaux « tuhuka aaka pahu ». « C’est l’ensemble du choix des matériaux qui caractérise un bon pahu…et le rendra unique ». Fabriquer un bon tambour comme autrefois exige un savoir-faire. Il faut respecter les proportions. « Tu as l’impression que le volume est le même de haut en bas, voire plus grand en haut, mais en réalité il est beaucoup plus fin en haut qu’en bas ! » déclare Tuarai Peterano, le sculpteur de Hiva Oa. « Il faut ne jamais fendre en deux le bois du tronc dans lequel on va creuser la caisse ». Le tumu me’i, l’arbre à pain, est le meilleur bois pour une bonne sonorisation du pahu. Mais le temanu, le tou, le miro… peuvent aussi donner de bons tambours. Si on utilise aujourd’hui la peau de bœuf ou de chèvre, la peau de requin présente de meilleures qualités sonores et d’usure. Mais il faut alors trouver la peau et celui qui saura la préparer, tresser les liens avec de la fibre de bourre de coco. Il faut tout étudier, pour obtenir la meilleure sonorité : le système des attaches, caller le nombre de trou dans la peau, la répartition pour que cette peau tendue fasse corps avec les points d’ancrage sur le bois. C’est un travail long, de plusieurs mois pour un grand pahu.

Chants d’antan en 78 tours

Annes_1920_1930_3      Si vous cherchez des enregistrements sonores – datant du début du siècle dernier – de musiques traditionnelles folkloriques des Marquises , le Musée Náprstek – en République tchèque – a fait en 1981 l’acquisition d’une collection de 462 disques de phonographe, dont la grande majorité contiennent des enregistrements authentiques – et d’un grand intérêt sur le plan documentaire, ethnographique et musicologique – de musiques traditionnelles et folkloriques d’Europe, et plus particulièrement d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Océanie. Il s’agit de pièces enregistrées sur place dans les années 20 et 30 par des musiciens locaux de premier plan. Dans la plupart des cas, seul un petit nombre de disques est parvenu jusqu’en Europe, de sorte que ces enregistrements sont aujourd’hui pratiquement introuvables dans les centres d’études musicologiques. Leur valeur unique est encore accrue par le fait que, en l’espace d’une période relativement courte, de nombreux disques "pères" ont été perdus ou détruits. Fruit d’un travail systématique et érudit, la collection de disques de l’écrivain tchèque Karel Čapek constitue aujourd’hui un trésor irremplaçable pour l’étude historique de la musique vivante et des traditions musicales du monde entier.