Catégorie : Carnet de notes
E tekatekao, la conversation
Nuku Hiva, survol des forêts de pins des Caraïbes
Des forêts plantées d’immenses pinèdes non entretenues… des arbres chétifs et dorénavant sans finalité commerciale… un énorme gaspillage économique mais peut-être aussi une absence de bon sens écologique.
La fiscalité multiplie les taxes d’un archipel à l’autre, tellement qu’il est nettement moins onéreux d’importer du bois traité de Nouvelle-Zélande, plutôt que d’acheter toutes les machines et les produits pour produire et traiter le bois local. Cependant le Conseil Economique Social et Culturel de la Polynésie Française est d’un tout autre avis :
« L’archipel des Marquises couvre 2000 ha de plantations de pins des Caraïbes, ce qui représente 35 % de la surface polynésienne cultivée. Sur l’ensemble de la Polynésie française, c’est donc aux îles Marquises que ce pin a été le plus planté. Les plantations exploitables se trouvent essentiellement à Nuku Hiva (1462 ha) et Hiva Oa (556 ha).
L’exploitation des pins des Caraïbes (plus précisément ceux plantés au cours de la période 1977-1985) sur le plateau de Toovii avait été retenue parmi les activités à développer aux Marquises, dans une première étude de TRANSTEC. Mais une seconde analyse a conclu finalement que « la proportion d’arbres de bonne qualité est trop faible pour assurer la rentabilité de l’exploitation de cette ressource ».
A ces conclusions contradictoires, on peut ajouter les éléments de réflexion suivants. D’une part, il faut préciser que cette étude a été réalisée dans l’hypothèse d’une exploitation à échelle industrielle. D’autre part, il semblerait que l’échantillon de bois sur lequel les tests ont été effectués était très réduit.
Par ailleurs, depuis quelques années, une petite scierie familiale située à Papenoo exploite les bois de pins des Caraïbes plantés à Tahiti, dans des conditions de qualité et de rentabilité qui s’avèrent satisfaisantes. Des bois de pin de qualité (pour parquet notamment) sont donc commercialisés à des prix compétitifs par rapport aux bois importés de Nouvelle-Zélande. L’abattage et le traitement du bois sont réalisés par le service du développement rural de Papara qui assure également l’acheminement des grumes jusqu’à la scierie. Le prix de cession des bois fixé à l’origine a dû être considérablement abaissé, mais le traitement est facturé en totalité à l’entreprise.
Il convient de préciser que cette entreprise n’a pas bénéficié de subventions du territoire pour démarrer son activité et réaliser ses investissements. Elle a obtenu par contre une aide financière de l’Etat (MAFIC) en 2004. Sur la base de ces constats, le CESC :
– estime que la filière « pins des caraïbes » constitue bien une activité à développer au regard de la ressource disponible aujourd’hui et de l’importance du marché local alimenté jusqu’à présent essentiellement par l’importation ;
– préconise un suivi plus rigoureux dans l’entretien des plantations de pins afin de garantir la production de bois de qualité et soutient le projet de création d’un office forestier qui aurait notamment une mission de planification à long terme des programmes, pour permettre une répartition géographique optimale des différentes catégories de plantations à développer dans l’ensemble de l’archipel ;
– recommande de prévoir des moyens de formation spécifiques aux métiers nécessaires au développement de l’ensemble de la filière bois : abattage, manutention, transports, etc ;
– souhaite en tout état de cause, que le pays favorise la création d’une ou plusieurs scieries locales par le biais de diverses mesures : participation publique dans le cadre d’une SAEM (société anonyme d’économie mixte), exonération fiscale pour l’importation des machines, abaissement du coût du fret maritime, fixation d’un prix de vente de la matière première suffisamment bas pour garantir une rentabilité optimale de l’exploitation, etc.
En effet, la ressource actuellement disponible permettant une exploitation durant 30 ans pour trois scieries, la création de deux autres unités de sciage, dont une aux Marquises, contribuerait à créer des emplois (même s’ils sont en nombre limité) et à satisfaire une partie des besoins locaux en bois courant (charpente, bois d’oeuvre,…).
De plus, il s’agira d’une véritable activité de production à partir de nos ressources naturelles, ce qui présente l’avantage d’alléger la facture de nos importations. Dans l’hypothèse de l’ouverture d’une scierie aux Marquises, celle-ci permettra de satisfaire en grande partie la demande locale et l’exportation du surplus vers Tahiti ne devrait pas soulever de difficultés dans la mesure où le coût du fret pourrait être négocié à la baisse, ce qui, compte tenu du volume plus important de fret à transporter, favoriserait en conséquence un meilleur équilibre des comptes des compagnies maritimes ». in « Le développement des îles Marquises » CESC PF N°137 – 2005
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Le PGA de la commune de Ua Pou rendu exécutoire
ATP – Le conseil des ministres du mercredi 30 mai 2007 a rendu exécutoire le plan général d’aménagement (PGA) de la commune de Ua Pou. Initié par l’ancien maire, René Kohumoetini, ordonné en 1997 puis relancé en 2003, ce P.G.A. est le fruit d’une concertation sur plusieurs années entre les partenaires de la vie économique des Marquises et les pouvoirs publics.
Le P.G.A. de la commune de Ua Pou s’inscrit dans une double démarche : d’une part, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles ; d’autre part, la mise en valeur des espaces à vocation agricole et touristique dans un archipel où culture et tradition marquent de leur empreinte la vie quotidienne des habitants. Les grandes orientations du plan d’aménagement sont les suivantes :
– la protection des ressources en eau de l’île qui a connu ces dernières années de grandes périodes de sécheresse.
– la protection de la zone littorale des « 50 pas du roi » et de l’extrémité sud de l’île en raison de la qualité des paysages, des richesses naturelles.
– la mise en valeur des zones à potentiel agricole pour développer le secteur primaire.
– la préservation de la couverture forestière du centre de l’île aujourd’hui en voie de désertification.
– la gestion des zones d’habitat en fonction des capacités d’alimentation en eau potable.
– la prise en compte des futurs équipements et infrastructures nécessaires au développement de l’île tels la base de pêche et la piste d’atterrissage pouvant accueillir les appareils ATR.
– la mise en valeur des espaces à vocation touristique ou de loisirs telles les zones littorales, les sites naturels particuliers et les accès aux principales plages de l’île. Enfin, le Plan de prévention des risques (PPR), en cours d’étude, complétera le PGA en précisant les zones soumises aux risques naturels de tsunamis, de fortes houles, d’inondation et de glissements de terrain et indiquera les contraintes induites en terme d’aménagement. http://www.tahitipresse.pf/index.cfm?snav=see&presse=20219



