Iles de Beauté, Alain Gerbault

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« Le long de la côte ouest de Tahuata les baies jumelles d’Iva iva nui et de Iva iva iti me séduisirent avec leur sable blanc et leur végétation verte. C’est une des rares fois où j’eus le désir de posséder de la terre. J’aimerais certes vivre là si je n’avais choisi de vivre sur les mers. » in Iles de beauté – Alain Gerbault – NRF Gallimard, Paris : 1941.

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Jojo, l’avion de Jacques Brel

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« JOJO » est un Beechcraft Twin-Bonanza modèle D50 construit en 1956 dans les ateliers de Wichita Kansas et portant le numéro de série DH5. Motorisé de deux six cylindres Lycoming GO 480 de 295 CV chacun, équipés de réducteurs et de compresseurs qui, à la vitesse de croisière de 160 kts IAS, consomment 27 gallons/heure, l’avion peut emporter 180 gallons et accueillir cinq passagers. Les carburateurs sont équipés de capsules barométriques qui règlent automatiquement la richesse du mélange en fonction de l’altitude. Le Twin Bonanza a été importé des USA en octobre 1975 par la Société TATS, Tahiti Air Tour Service, appartenant à Mr Michel BRUN , pour le compte d’un jeune pilote privé Mr Béné Richmond. L’avion lui servira à ravitailler le marché de Papeete en produits frais depuis l’exploitation d’une entreprise familiale de pêche et d’agriculture. Le 30 novembre 1976, la compagne de Jacques BREL, Madly BAMY, achète l’avion que Brel baptisera « JOJO » en hommage à son meilleur ami Georges PASQUIER décédé. Après de nombreuses difficultés techniques sur l’appareil, Brel obtiendra enfin les autorisations de vols. Il utilisera son avion jusqu’à son départ en juillet 1978, pour ses déplacements personnels mais surtout pour de nombreux passages à caractère humanitaire, les évacuations sanitaires. Il avait fait aménager l’appareil pour cela, c’est pourquoi le « JOJO » disposait d’un gyrophare rouge. Quel que soit le temps, dans la plus pure tradition de l’Aéropostale, il s’envolera, indifférent aux brusques et violentes tempêtes du Pacifique. Même lorsque la météo est au beau fixe, il prend des risques pour se poser dans l’île de UA POU, car la piste est excessivement dangereuse… Il s’agit d’un terrain improvisé, sans balisage, avec la montagne devant et sur les côtés ! De plus le terrain est en pente et légèrement courbé en bout ! Si on rate la manoeuvre, il est impossible de se représenter. « Je me flanque la trouille !» dit-il, en décollant et en atterrissant à UA-POU. Les habitants prendront vite l’habitude de cette merveilleuse chance que représente la liaison hebdomadaire que fait Jacques Brel. Car le « JOJO » apporte le courrier, les médicaments, les livres, en plus il prend gratuitement quelques passagers à chaque voyage. La navigation océanique Marquises-Tahiti exigeait un report au moins toutes les 30 minutes et par les latitudes 14°13° 12° S. Le niveau de vol utilisé était le 90 ou le 100. Les alizés dominent, soufflant du 060 à 080° 10-15kt. Les Marquises en direct de Papeete ce sont 4H45 de vol en moyenne. Un peu plus long à l’aller vers le Nord, Jacques Brel se posait alors à Rangiroa pour reprendre du carburant. Le 07 juillet 1978 Jacques quitte les Marquises pour Paris, l’avion sera rapatrié sur Tahiti par le pilote Jean François LEJEUNE Le 06 novembre 1978, peu de temps après le décès de Jacques Brel, Madly revend l’avion à la Société Tahiti Perles de Mr Robert WAN. Celui-ci fera repeindre l’avion aux couleurs française bleu blanc rouge. Après un peu plus de trois ans d’exploitation Mr WAN revendra l’avion le 18 janvier 1982 à Mr Yves Tchen Pan, qui le fera voler pour le compte de la Société Tuamotu Perles à Hikueru. Puis Mr Tchen Pan créera la Société Air Océania, dernière société – disparue depuis- dans laquelle le Twin Bonanza terminera sa carrière. Après son dernier vol le 25 octobre 1988, il sera parqué dans des hangars, puis en extérieur sur l’aéroport de Tahiti-Faaa Fin 1992, l’avion est destiné à un exercice incendie pour les pompiers de l’aéroport de Tahiti Faaa. Un appel téléphonique, permettra de lancer l’opération de sauvetage de l’avion. Serge Lecordier étant alors président du Comité du Tourisme d’Atuona, est intervenu pour sauver le « JOJO » de l’incendie et sera entendu par Mr Mottard, Commandant de l’aérodrome,qui fera le premier pas… ensuite ce sera une grande chaîne de solidarité d’inconditionnels de Jacques BREL qui fera le reste… jusqu’au 03 octobre 2003. JOJO sera rapatrié en début d’année 1995 et sera exposé en extérieur, dans le village, près du petit musée et du centre artisanal. Il y restera huit ans, exposé aux intempéries, jusqu’au jour où la rencontre fortuite de deux hommes permettra sa totale restauration et son exposition sous un hangar. Pour conclure, quand Jacques Brel avait fait acheter l’avion par Madly, celui-ci était aux couleurs françaises. Brel le fera repeindre aux couleurs belges : jaune, rouge, noir. C’est de cette couleur qu’il a été repeint en septembre 2003, pour son dernier vol ad vitam à six pieds sur terre. D’après le texte original de Serge Lecordier (Atuona). Pour plus de renseignements ; et trouvez nouveau site ici

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Discovering the Marquesas Islands with Uschi Ringleb, Ua Pou

August 24, 2005 Nothing prepares you for the breathtaking sight of this Marquesan Island. You can read about it, look at photos, see a documentary, listen to Jaques Brel’s famous song, or dream to the music of Rataro, native of this island ; when your eyes see it first, you will be breathless. In the early morning, shortly after sunrise, the Aranui approached the cliffs and rocky shores of this high island. Low clouds still hugged the top of spires and peaks, shooting like pillars into the sky. What magnificent and unique landscape. Fascinated I watched from the ship as we slowly approached the little harbor of HAKAHAU, situated in a little bay which lies sheltered from the otherwise uninterrupted waves. There are no reefs around the Marquesas, due to the cooler Humbolt Current, which does not allow for corals to grow. During breakfast the ship was secured with ropes to the pier and the gangway was lowered. And for the first time I engines stopped ! This morning, I had a calculated breakfast, if you so will. Not too much coffee, no pommelo slices, no plate full of juicy papaya splashed with lime juice as usual, because who knows where the next restroom was on this island. This was first drop-off stop for a package of New York photos to Toti, (one of the friends I had met in New York ) president of the Academy Marquisienne. Several pretty ladies in beautiful dresses sat by the entrance of our restaurant when I wanted to leave. And since they had come aboard already, I asked if anyone knew where Toti was to be found (as he had told me: just ask anyone ). The pretty lady told me : » I’m his wife », and happily I handed my package over to her. We talked a bit of what was going on and that she would be singing and playing the drum during the welcome ceremony, shortly before lunch time at the PaePae, a ceremonial platform of big stones. We were free until that time, but courageous ones could climb up to a cross, situated on top of a hill, overlooking the bay. I looked at the cross above us. A 40 min. walk , we were told. So I climbed down the gangway and with my backpack loaded with water bottle, camera and whatever else it was that added weight, I followed the slowest people up the street and turning off to the left onto a path that would lead you up to the look-out point. It was getting hotter by the minute. The path wound its way like serpentines around the mountain, stretching the distance longer and longer. I started to crave the first swallow of water just around the next bend. I couldn’t see the cross above me because of the shrubs and trees on either side of the narrow road. I fell behind talking all the time with people. And eventually I thought it was only me and one gentleman that were trying to hang in there, everyone in front of us out of sight. I didn’t contemplate that there were those marathon runners on the boat. I just knew one thing : I must get up there, even if I don’t come back in time for lunch ! And those that didn’t dare to do the climb were anyways still down in the village. Having a cool Hinano, perhaps ! Bend after bend opened the road to yet another long stretch of slowly rising path. The man with me stopped talking, so did I, instead we just rested once in a while under a tree that throw a little shadow, I let him drink from my bottle, and again we continued on our slow climb. Where was the cross ? Sweat dripped down my forehead. My heart started to pound, my lungs seemed to be shocked by the hot air ! But : eventually we made it to an open area with a fantastic look out over the bay and into the higher mountains of the interior, which now were cloudless , clear and magnificent; a rare sight as we were told. The cross was still above us ! But the gentleman shook his head. People were coming down and I went up alone, asking for someone to remain on the open area, just to make sure I wouldn’t remain up and under the cross by myself. I prayed those last 50 meters of steep climbing. I could hear the blood rush in my ears and there was a strange sensation in my chest. But, step by step I made the summit, set my camera on self timer at the base of the cross and pressed the button! I did it! The reward was spectacular. I rested for a while and felt sorry for the man, having come that far and not getting here. But that he perhaps was much wiser than me, dawned on me later. The walk down was just as tough. The heat still hadn’t reached its maximum by now ? Like a tired donkey I automatically set one foot in front of one wobbly foot. My left heel started to act up. And mercifully I finally dropped to my place in the shade at the PaePae to watch the unbelievable performance of Marquesan Haka dances, Bird Dance, singing and drumming, performed for us by those beautiful people during the « Mave » welcome ceremony. UA POU, I’m in love with you and your people, your songs, your mountains and scents ! And like a lover, it got me that exhausted too, on my first encounter !

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After this powerful, and for me very emotional « Mave « (= welcome Marquesan style) at the Paepae in Hakehau, Island of Ua Pou, in front of a magnificent mountain back-drop, dancers and musicians mingled with the tourists for a while, exchanging more welcome words or those of gratitude and taking photos. I talked with the beautiful lady from the boat, who had been singing and hitting the rhythm on the huge drum, and then was busy making some new little friends : children just need an assuring, friendly word, some sugarless chewing gum, get to see their photo in a digital camera, and the exchange of our names and they cling to me. I emptied all my pockets of the coin-money.

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But by then all Aranui tourists were thinking of Hinanos, food and a restroom, not necessary in that order. I saw Mr. Australia and brother « Rainman » : « Wonderful day, isn’t it? » strolling out of one alley, direction « Tata Rosalie’s  » restaurant. I followed the good smell in the air and arrived at Rosalie’s. Most people had found seats already and tables filled with glasses and bottles. It was a hot day and I sat down on the first single chair I could find, at the table with New Zealanders. They filled my glass before I ordered. There was a big Polynesian buffet spread out for the hungry tourists. I drank 2 Hinanos and plenty of water just to make up for the lost liquid. From the buffet table I chose a little bit of my favorites, sea food always on top of my list ; but I love banana po’e with coconut milk as well. With full bellies and in slow motion all arrived back on board by 2pm, and the Aranui 3 ‘s ropes were pulled in to sail to Hakahetau, another bay of Ua Pou. After a cool shower in a shower stall where you can’t fall down, (don’t drop your soap either) I just went on deck to observe the island’s shore-line passing in front of me. Rocks, caves and slopes, the little airport’s runway, built like a ski-slope ramp in the Alpes, took our interest. Then the beautiful bay of Hakahetau.

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From the crane’s ropes the whaleboats were lowered into the ocean, 3 sailors already aboard ! By now we felt like pros, getting up and down this narrow gangway to the heaving sea-level. Some even got carried away, going barefoot or in flip flops. The rocks to either side of this bay were most amazing. I thought I could make out faces in the steep washed-out walls. Who’s hand had been carving here ? And God’s spires crown this bay like one gigantic mountain cathedral ! I’m at a loss for words ! I tried to capture it as good I could and regret very much, that it all went by so fast. I walked through the little village, refusing to climb to any further look-out point of an old copra drying place. I found a telephone booth instead, made some quick phone calls to surprised friends in different countries, then I visited the church with it’s wooden sculptures. Artisans, in their little place, waited for the Aranui tourists and I bought a black & red seed necklace, 2 seed bracelets and a flower stone, a dark stone that is sprinkled with little orange-brown stars , resembling flowers. I ventured by myself over the bridge of an almost dried out riverbed, saw a huge pig in the bushes, went past the road to the right and came to a place high above the river, finding a perfect spot between some trees to take a picture of the Aranui out there in the bay, a little mirror like lake in front. I got closer to the banks of the river. The best spot for a picture would be just a little step forward. There were 2 big rocks in front of me. I stepped onto the first one. What a sight. But more perfect would be if I stepped onto the second rock. It was about 3 feet away, I didn’t pay attention to the gap in between. Well, one foot out would be enough, I thought and planted my right foot onto the farthest rock. My weight shifted now to the « in between ». I set my camera. I didn’t want to mess up this pic. When I was satisfied I wanted to step back and be happy. But I was standing, legs almost 3 feet apart above a gap that didn’t look so good. My backpack all of a sudden bothered me. I threw it to the ground I thought I could so easily reach again. I’m stuck, it went through my head. How do I shift my weight and jump onto this one rock on my left side, then reach the safe embankment ?I tried to rotate my body to the left. Just one chance, my friend, and you can’t mess it up. The ship won’t wait after the third blast of its horn. The pig will find me in the river ! That did it! I jumped, rotating with all the effort I could muster. How lucky I was ! What kind of silly stones ! Why was this so difficult? I collected my back pack and found my way back through the village. The pig was still there, munching away and not interested in me . Near the pier I sat exhausted on a pole, quenching my thirst with the water of a cool coconut. It was all a bit overwhelming for me until I was lifted into the whaleboat by one of the friendly strong Marquesan sailors . As we arrived on the side of my ship, I waited for the « ok » signal of the sailor on the 2×2 ‘ platform , then stepped through the air to be guided onto same and safely gripping the railing, I climbed up to the boat. Ahhhhhhhhhh, UA POU ! No picture was taken this evening, the girls in the Aranui Restaurant didn’t have to bring out the boom box to remind our table of the time. I vaguely remember downloading my photos, taking a book under the light behind the curtain of my bunk bed. The little lamp was still on by morning. I had fallen asleep right away.

Paul-Emile MIOT, l’Astrée et les Marquises

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Le 30 juin 2006, à l’hôtel Drouot, 45 tirages albumi­nés de Paul-Emile Miot de 1869-1870 ont été vendus 12, 5 mil­lions FCFP,  soit 2300 euros la photo ! Les 45 vues de l’album de Paul-Emile Miot sont d’un grand intérêt pour l’histoire des îles Marquises et de Tahiti avec ces images anciennes de paysages, de Marquisiens  et de person­nages importants des dysnasties régnantes.

Paul-Emile réalise tous ces cli­chés durant la campagne de l’Astrée dans le Pacifique Sud en 1869-1870. Les vues des Marquises sont poi­gnantes de vérité.  Elles nous mon­trent des portraits d’une grande qualité. Le photographe a laissé s’expri­mer la personnalité et les sentiments d’un peuple digne en pleine épreuve de survie culturelle et hu­maine. Ci-dessus une lithographie de Jean André Rixens (1846-1924) d’après un cliché de P-E MIOT .

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Paul-Emile Miot vers 1865. Portrait de Nadar, issu de l’album de Georges-Charles Cloué.
Collection Paul Chagnoux

On présente aujourd’hui P.-E. Miot comme un hydrographe et photographe ; ce fut aussi et surtout un officier de Marine, né le 11 février 1827, à la Trinidad (colonie anglaise des Antilles où son père possédait d’importantes plantations de cannes à sucre ).

Extrait de Nos marins d’Étienne Tréfeu (1888) : Il fut mis, très jeune encore, dans une pension en Irlande et y apprit la langue anglaise,  qu’il parle aussi bien que sa langue maternelle. Il vint ensuite à Paris pour se préparer à l’école navale, où il fut reçu en 1843.  Aspirant : 1er août 1845 ; Enseigne de vaisseau : 1er septembre 1849 ; Lieutenant de vaisseau : 30 juillet 1857 ; Capitaine de frégate : 9 mars 1867 ; Capitaine de vaisseau : 3 août 1875 ; Contre-amiral : 25 août 1881.  Légion d’honneur. Chevalier : 31 décembre 1853 ; Officier : 15 août 1865 ; Commandeur : 2 mai 1881.  Officier de l’lnstruction publique : 1881.  Médaille de la Baltique : 1855 ; Médaille de Crimée : 1856. Médaille du Mexique : 1866. Médaille de Madagascar : 1886.  Sa première campagne eut lieu sur la Sibylle, à bord de laquelle il prit part au blocus du Rio de la Plata; puis il passe aux Antilles, où le contre-amiral Vaillant, gouverneur de la Martinique, le prit comme officier d’ordonnance.  Plus tard, étant embarqué sur la Proserpine, il reçut l’ordre de prendre le commandement d’un navire de commerce français, appelé la Cérès et de le ramener à Bordeaux. Ce bâtiment avait eu son équipage décimé par la fièvre jaune et n’avait plus, au moment où M. Miot monta à bord, que le maître d’équipage et quelques hommes qui fussent valides.  Cette traversée, exécutée dans des conditions vraiment extraordinaires, valut à M. Miot la croix de chevalier de la Légion d’honneur.  L’année suivante, celui-ci partit pour la mer Baltique à bord de l’Asmodée; il vit prendre Bomarsund et bombarder Sweaborg, puis il passa sur l’Uranie, gagna la mer Noire et fut embarqué, par ordre de l’amiral commandant en chef, sur la corvette le Laplace. 

De 1857 à 1862, M. Miot fit cinq campagnes à Terre-Neuve, avec l’Ardent, le Sésostris ou le Milan (il fut second de ce dernier) et exécuta, sous la direction du capitaine de vaisseau Cloué, commandant la division navale, une série de travaux hydrographiques qui lui valurent des éloges. Paul-Emile Miot se­ra son fidèle et in­dispensable collabo­rateur pendant quator­ze ans. Dessinateur-hydro­graphe (il envoie depuis 1851 des dessins de reportage à “L’Illustra­tion”) mais également photo­graphe, Miot est le premier à se servir de cette technique pour la description des approches des côtes, méthode qu’il expérimente àTerre-Neuve en 1857. A ces photos de topographie, s’ajoutent celles de repor­tage sur les pêcheries réalisées au cours des étés 1857 et 1858.  

Il reçut ensuite le commandement de l’aviso l’Adonis, désigné pour faire partie de la station navale du golfe du Mexique et se retrouva ainsi sous les ordres de M. Cloué.  Sa conduite pendant la campagne le fit remarquer du commandant en chef, qui lui envoyait, le 15 août 1865, la rosette de la Légion d’honneur, en l’accompagnant de cette mention : « A pris part, de la manière la plus brillante et la plus utile, à toutes les opérations de la division navale du Mexique. »  Il passa, au mois de janvier suivant, sur la frégate le Magellan, où il se signala encore par deux ou trois faits de guerre, à la suite desquels il reçut le grade de capitaine de frégate.  Au lieu de rentrer en France, lorsque l’expédition fut terminée, le commandant Miot suivit l’amiral Cloué sur l’Astrée, comme chef  d’état-major de la division navale de l’Océan Pacifique.  Il revint à Paris au moment où la Commune allait éclater, suivit le ministre à Versailles et fut adjoint au directeur du personnel de la marine jusqu’au 1er octobre 1873, époque à laquelle on lui donna le commandement du Renard, cet aviso qui se perdit au mois de juin 1885, pendant la traversée d’Aden à Obock.  Le Renard faisait partie de l’escadre d’évolutions et l’amiral Touchard, qui la commandait en chef, réclama à plusieurs reprises le grade de capitaine de vaisseau pour M. Miot.  M. Touchard obtint gain de cause l’année suivante et le commandant Miot, quelque temps après sa promotion au grade supérieur, fut envoyé à la Réunion comme commissaire du Gouvernement, chargé de faire, conjointement avec un officier de la marine anglaise, M. Goldschmitt, une enquête sur la condition des travailleurs indous envoyés dans la colonie.  Ce fut en arrivant à Paris, où il venait rendre compte de la mission qui lui avait été confiée, que M. Miot reçut le commandement de la corvette le Sané, de la division du Levant, commandement qu’il échangea, au bout de quelques mois, contre celui du cuirassé l’Alma.  Avec ce dernier bâtiment il prit part à la guerre de Tunisie. L’occupation de Bizerte, dont il fut gouverneur pendant quelques semaines, lui fit donner la croix de commandeur et sa conduite à la prise de Sfax, où il conduisait une partie des colonnes d’assaut, détermina sa promotion au grade de contre-amiral.  On l’envoya alors à Cherbourg, pour y remplir les fonctions de major général et, lorsque l’amiral Galiber fut rappelé en France, l’amiral Miot lui succéda au commandement en chef de la division navale de la mer des Indes.  La campagne fut dure pendant les deux ans qu’il passe à Madagascar et il lui fallut faire des prodiges pour garder, avec un nombre d’hommes aussi restreint que celui dont il disposait, tous les points que nous possédions alors sur la côte et conserver en même temps assez de forces disponibles pour pouvoir prendre l’offensive.  A l’exception de la reconnaissance de Farafatte, qui ne fut pas très heureuse et dont on  peut attribuer l’insuccès à différentes causes indépendantes de la volonté du commandant en chef, il n’eut pas lieu de se signaler par un fait de guerre un peu important et préféra avec raison rester sur la défensive, plutôt que de bombarder un peu partout sans résultat, comme on l’avait fait avant lui.  L’amiral Miot a eu au moins la satisfaction de terminer une guerre qui menaçait de s’éterniser, sans profit bien net pour la France, et avec le grade de vice-amiral qui lui fut donné en 1888,  il rejoint Cloué au faîte des honneurs comme membre titulaire du Conseil de l’Amirauté. Paul-Emile Miot prend sa retraite en 1891, deux ans après la mort de Cloué. Dans les der­nières années de sa vie, il devint en 1893 Conservateur du musée de la Marine, jusqu’à sa mort à Paris le 6 octobre 1900. Biographie extraite de « Nos marins » Étienne Tréfeu (Paris: Berger-Levrault, 1888, 375-80).