Coucher de soleil sur Omoa

Le soir à chaque fois qu’il a plu dans la journée, que les nuages sont clairs, que le ciel est légèrement couvert, le coucher de soleil est un vrai bonheur. Elle le regarde développer toutes ses nuances feux ocres et rouges, violine, en volutes, en longs fuseaux aériens dans le ciel, la mer est plate, la marée est faible, l’eau est une fusion d’or traversée par l’ombre des pirogues, une nappe d’encre noire enveloppe l’île, l’horizon s’embrase de mille éclats de lumière, elle admire et écoute la prière crépusculaire du soleil. La lumière revient quelques instants à l’horizon. Nous plongeons dans la nuit, accrochés aux derniers feux. Elle devait à chaque fois conjuguer la solitude et l’amour avec les vertiges de l’absence de la lumière incandescente de l’astre de feu qui s’échappe des nuées, à l’horizon dans l’or d’un océan de désirs tumultueux qui se heurtent aux récifs en une gerbe de poissons aux écailles zébrées transparentes et fluorescentes et portent dans les plaines et les vallées et à la cime des jets de lave des anciens volcans les cris de son cœur et l’ondée de son corps ensemble envoyés. 

Gifford PINCHOT « To the South seas », publié en 1930, page 240 écrivait :

Au fil des jours, j’étais de plus en plus impressionné par le cours régulier que semblent suivre les couchers de soleil dans le Pacifique. D’abord, d’énormes traînées de lumière traversent le ciel occidental alors que le soleil s’enfonce derrière de grands bancs de nuages. Puis, à mesure qu’il s’approche de l’horizon, des ouvertures apparaissent dans ces nuages, à travers lesquelles la surface jaune du soleil brille comme un œil maléfique et ardent. Ensuite, au lieu d’une gloire dorée, une grisaille s’étend sur tout l’horizon, à la grande déception du spectateur, qui se sent blessé que le coucher de soleil si prometteur au début se soit éteint de manière si peu concluante.

Mais ce n’est pas encore la fin. Dix minutes plus tard, la lueur du crépuscule commence à jaillir à l’ouest. Le ciel prend l’aspect d’un gaz lumineux. Les nuages se fondent en masses plus sombres, mais toujours remplies de lumière, et un rayonnement chaud et cordial envahit le monde. C’est le véritable coucher de soleil. Il est magnifique, mais d’une beauté calme et reposante, qui contraste délicieusement avec le soleil intense de la longue journée. Il s’écoula environ trois quarts d’heure entre le moment où le disque solaire disparut dans l’océan et l’arrivée de l’obscurité. Puis les étoiles ont commencé à scintiller et la nuit s’est abattue sur nous, avec sa phosphorescence ardente tout autour du navire.

Fatu Hiva : Une île entre puissance primitive et luxuriance végétale

De loin, Fatu Hiva se profile comme une masse sombre et mystérieuse à l’horizon, austère et intimidante ; et même en s’approchant, les contours sinistres de la côte ne s’adoucissent pas. D’imposantes masses de basalte, usées, sillonnées et déchirées par mille tempêtes, s’élèvent à pic depuis les profondeurs de l’océan. Ci et là, un bois de fer noueux et tordu a enfoncé ses racines ténues dans la face balafrée de la falaise, son feuillage clairsemé, balayé par le vent, est blanc du sel incrusté par la mer agitée. En dessous, dans les bouches noires des cavernes obscures, les vagues incessantes lancent leurs bataillons à crêtes blanches avec un rugissement monotone, pour projeter à nouveau et encore des gerbes d’écume et d’embruns.

Au loin, ses pics déchiquetés, perçant les nuages, sans aucun arbre ni arbuste, s’élèvent comme le bord brisé d’un grand cratère, se dressant aujourd’hui, comme ils se sont dressés au fil des siècles, tel un monument aux feux volcaniques qui ont propulsé cette masse en fusion au-dessus de la mer mugissante, pour refroidir et se fissurer en un fantastique enchevêtrement de crêtes dentelées, de précipices imposants et de gorges infranchissables.

On comprend aisément l’émerveillement et la joie de Mendaña lorsque son navire passa devant les imposantes falaises noires gardant l’entrée de Hanavave. La baie étroite fut formée par l’effondrement d’une partie de la paroi du cratère, et à travers cette ouverture, encadrée par des piliers gigantesques et grotesques et des dômes de roche noire s’élevant à des centaines de mètres dans le ciel, on aperçoit directement le grand creux de la montagne dont le bord nu et brisé était visible depuis la côte.

Mais quel contraste ! Là où autrefois brûlaient les feux telluriques, la végétation luxuriante des tropiques envahit désormais l’immense amphithéâtre dans une profusion exubérante. C’est comme si la nature, dans un élan de repentir, déversait ses dons sans retenue pour couvrir les cicatrices et la désolation causées par la fureur volcanique.

Arbres et lianes, fleurs et arbustes recouvrent les flancs abrupts, presque verticaux, du grand bassin et grimpent jusqu’au sommet des crêtes tranchantes comme des couteaux. Ils étouffent les ravins et les vallées profondes avec leur masse prolifique de fleurs et de feuillage, et, rampant en abondance presque jusqu’au bord de l’eau, escaladent les falaises de basalte noir qui dominent la baie, cherchant ainsi à adoucir leurs contours abrupts et déchiquetés sous une végétation luxuriante de lianes et de mousses.

De grandes cascades, jaillissant du haut de la roche vivante sur le flanc de la montagne, bondissent par-dessus de puissants précipices, scintillant comme des fils d’argent à la lumière du soleil, pour se perdre dans les profondeurs mystérieuses des gorges sombres loin en contrebas. Ces eaux serpentent à travers des ravins humides et tortueux et forment le torrent qui dévale rapidement entre les collines sinueuses jusqu’à la vallée escarpée de Hanavave, où il se précipite sur son lit rocheux pour se jeter dans les eaux bleues de la baie tranquille.Traduction d’un extrait du texte de John W. Church paru dans le National Geographic en octobre 1919

Le massage marquisien par Sarah Vaki de Fatu Hiva


On nous demande souvent s’il est possible de masser bébé avec du Monoï de Tahiti. Voyez simplement cette vidéo réalisée lors de la Semaine du Monoï à Tahiti en 2014, où nous étions. Sarah Vaki, de Fatu Hiva aux Marquises, prend en « main » un bébé d’à peine 3 semaines, pour un massage relaxant au Monoï traditionnel Santal. Il a l’air de franchement apprécié ce moment de détente ! La Maman et la Papa nous ont confié que leur nouveau-né avait eu, dès sa naissance, le chikungunya, une fatalité terrible, raison de ce massage permettant d’aider l’enfant à se porter mieux au sortir de l’hôpital. Toutes les Mamans massent leur enfant à la naissance, le soir, pour une nuit douce et parfumée.

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