38ème édition du salon des Îles Marquises

Du 16 novembre au 1er décembre 2013, les îles Marquises ouvrent leurs portes salle Aorai Tini Hau à Pirae à l’occasion de la 38e édition du salon des artisans.

Soutenue dans cette démarche par le ministère en charge de l’artisanat et le service de l’artisanat traditionnel, la fédération artisanale « Te Tuhuka o te Henua Enana », organisatrice de cet événement, arrive sur Tahiti avec une délégation de 128 artisans.

Qu’ils soient de Fatu-Hiva, Hiva-Oa, Tahuata, Nuku-Hiva, Ua Pou ou Ua-Huka, ces artisans ont su préserver le savoir-faire de leurs aînés tout en s’imprégnant de leur quotidien pour créer avec raffinement et originalité des objets d’art.

Ainsi, les œuvres exposées témoigneront de l’habilité de ces hommes et de ces femmes à travailler et à maîtriser les matières premières pour la fabrication d’une sculpture en bois ou en pierre, d’un tapa en écorce de uru (arbre à pain) ou d’une parure en os ou en graines. Des créations contemporaines garniront tout autant les stands à l’instar d’animaux sculptés, de plateaux de fruits aux lignes épurées ou d’accessoires de bureau.

Cette manifestation artisanale, autant attendue par les artisans qui profitent de ce salon pour dévoiler leurs nouvelles créations, que par la clientèle locale et étrangère à la recherche de produits exceptionnels, accueillera 62 stands tout aussi attrayants les uns que les autres.

Aussi, les artisans auront le plaisir de partager leur culture à travers les démonstrations mises en place quotidiennement avec la réalisation d’objets sculptés, la fabrication et la teinture de tapa ainsi que la confection de colliers en graines. N’oublions pas non plus le fameux kumu hei, appelé également « bouquet d’amour » en raison des senteurs aphrodisiaques qu’il dégage et qui parfume merveilleusement la chevelure des Marquisiennes.

L’inauguration officielle aura lieu le samedi 16 novembre 2013 à 10 h, à la salle Aorai Tini Hau de Pirae.

Deux dates sont d’ores et déjà à retenir, les samedis 23 et 30 novembre à partir de 10h00, journées qui reprennent toutes les démonstrations faites au cours de la semaine et qui sont aussi consacrées à la préparation et à la dégustation de plats typiques des îles Marquises. Les prestations de danses marquisiennes seront assurées par le groupe « Kaipeka ».

 

Les heures d’ouverture au public sont de 8 h à 19 h.

Copyright :  Service de l’Artisanat traditionnel

Programme Programme Marquises

 

Marquises : Les « filles de Saint Joseph » et la terre des hommes (Patrick Chastel)

La congrégation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny fêtera son 200ème anniversaire le 12 mai 2007. Deux cents ans donc qu’Anne-Marie Javouhey, dont le nom, au travers des différents établissements scolaires, est devenu indissociable de l’histoire du territoire, fondait la première communauté avec trois de ses sœurs et cinq compagnes.

Ce bicentenaire sera commémoré partout dans le monde tellement l’œuvre missionnaire de la congrégation aura été importante au cours de ces deux derniers siècles.

De nombreuses manifestations sont prévues en Polynésie, elles s’achèveront par une messe d’action de grâces célébrée par Monseigneur Hubert Coppenrath en l’église Maria no te Hau.

 

Patrick Chastel, qui a enseigné pendant quinze ans l’histoire et la géographie au collège Sainte Anne d’Atuona à Hiva Oa, nous retrace ici l’historique de l’implantation des Sœurs de Saint Joseph de Cluny aux îles Marquises.

 

En mai 1842, l’amiral Abel Dupetit-Thouars, après avoir obtenu la signature des chefs des principales vallées, prend possession, au nom du roi de France Louis-Philippe, des six îles habitées de l’archipel des Marquises. La terre des hommes, te fenua enata, devient ainsi la toute première colonie française du Pacifique.

La Reine-Blanche, le navire de Dupetit-Thouars poursuit ensuite sa route jusqu’à Tahiti où la reine Pomare IV accepte le 9 septembre 1842 de placer son île sous le protectorat de la France.

 

Dès l’année suivante, en 1843, l’amiral Roussin, ministre d’Etat de la Marine et des Colonies, se permet de contacter directement Mère Anne-Marie Javouhey afin que les îles Marquises puissent profiter de l’action des Sœurs de la congrégation de Saint Joseph de Cluny.

Cette congrégation a été créée le 12 mai 1807 par Anne Javouhey, âgée seulement de 28 ans. L’œuvre missionnaire n’a réellement débuté qu’en 1817 avec le départ de quatre Sœurs pour l’île de la Réunion puis ce sera le Sénégal où les Sœurs s’occupent à la fois de l’école et de l’hôpital avant que des communautés religieuses s’installent progressivement aux Antilles, en Guyane et jusqu’en Inde. Le travail des Sœurs de Cluny, leurs actions et leurs bienfaits, sont unanimement reconnus, c’est pourquoi le ministre n’hésite pas à leur demander de rallier maintenant le Pacifique et ces îles qui viennent tout juste de devenir françaises.

 

Le 4 août 1843, le navire La Charte, commandé par le capitaine Charles Penaud, appareille de Brest. A son bord, se trouvent les Sœurs Régis Flechel, Bruno de Monlas, Ignace Chamleau et Joséphine Moureau.

Le voyage, avec la traversée de l’Atlantique, la navigation le long des côtes argentines avant d’affronter le terrible passage du Cap Horn, va durer six mois. Après les îles Gambier, le navire fera escale dans la baie de Vaitahu sur l’île de Tahuata avant de se rendre à Taiohae, la vallée principale de Nuku Hiva. Mais le capitaine refuse de laisser les Sœurs comme cela, pour ainsi dire à l’abandon dans un endroit qu’il juge hostile, et décide de poursuivre sa route jusqu’à Tahiti afin qu’elles puissent rencontrer le gouverneur Bruat, le seul pouvant prendre des décisions concernant les Marquises.

Ces toutes premières « filles de saint Joseph » en Polynésie resteront en fait à Tahiti où, installées dans ce qui deviendra plus tard l’hôpital Vaiami, elles s’occuperont essentiellement de soigner des malades.

 

En juin 1847, deux sœurs, les sœurs Boyer, Sœur Marcelline et Sœur Sophronie, quittent Tahiti en direction des îles Marquises. Elles ouvrent une école à Vaitahu, la plus grande vallée de l’île de Tahuata. Malheureusement cette première tentative échouera car, un an plus tard, en septembre 1848, elles sont contraintes d’évacuer l’île en urgence suite à une guerre avec les tribus de Hiva Oa. Elles embarquent, en compagnie de Monseigneur Baudichon, sur le Cincinatti, un navire baleinier de passage dans l’archipel.

 

Il faut attendre ensuite l’année 1863 pour que le Commandant Commissaire Impérial de la Richerie approuve la décision d’ouvrir une école des Sœurs à Taiohae ainsi qu’une école de garçons tenue par les Frères de Ploërmel.

En mars 1864, les Sœurs Mélanie Jarrier, Lazarine Villemain, Félicité Soulier et Anne-Marie Vigroux s’installent à Taiohae. Elles vont rapidement compter quatre-vingt élèves dans l’école et continueront à dispenser leur enseignement durant de nombreuses années.

 

En 1880, l’amiral Bergasse Dupetit-Thouars, neveu de celui qui avait pris possession de l’archipel, écrivait en parlant des Sœurs de Cluny : « Je n’ai pu encore recevoir de réponse … à la demande que j’ai faite à ces dames pour monter une école à Hiva Oa … je la renouvellerai avec insistance. »

C’est ainsi que le jour de Noël 1885, les Sœurs Saint-Prix de Moindrot, Sainte Aldegone Jeanjean, Françoise Payot et Apolline-Marie Artus débarquent d’un vapeur en escale à Atuona. Elles arrivent de Californie après avoir effectué la traversée Le Havre – New York en bateau et celle des Etats-Unis en train.

On imagine les péripéties rencontrées au cours d’un tel voyage à une époque où les guerres indiennes ne sont pas terminées, elles ne le seront en effet qu’en 1890 après le massacre des Sioux par l’armée américaine à Wounded Knee.

 

Dès leur arrivée, les quatre Sœurs se mettent au travail et l’école Sainte Anne ouvre presque immédiatement. Rapidement on enregistre l’inscription de 60 élèves.

Les effectifs vont ensuite augmenter régulièrement. On note 113 élèves en 1886, 124 en 1887, 153 en 1888, 226 en 1889, 210 en 1893.

 

Mais les lois sur la laïcisation et la séparation de l’Eglise et de l’Etat n’épargneront pas les îles Marquises et provoqueront la fermeture des écoles de la  Mission au tout début de l’année 1905.

Commence alors l’une des périodes les plus dramatiques de l’histoire de l’archipel au cours de laquelle on va frôler l’extinction de la race marquisienne.

Les premiers navigateurs estimèrent la population à environ 50 000 habitants, le  recensement de 1842 ne fait plus état que de 20 200 personnes, ce chiffre ne cessera de baisser pour arriver à 6 011 habitants en 1874, 4 279 en 1897, 3 317 en 1902. Le creux de la vague se situera en 1921 où il ne restera que 2094 personnes sur les six îles de l’archipel.

 

Dans le même temps, la fermeture des écoles catholiques entraîne une autre catastrophe. L’inspecteur des Colonies Revel écrit en 1914 : « Tout est à refaire en matière d’instruction », … « il n’y a plus d’écoles aux Marquises ». En 1920, l’inspecteur Henri est, quant à lui, catégorique : « L’enseignement peut être considéré aux Marquises comme inexistant ».

 

Il faudra attendre mai 1923 pour qu’un contrat soit enfin signé entre le gouverneur Rivet et Monseigneur Le Cadre, contrat qui donnera l’autorisation pour l’ouverture d’un « internat-préventorium » à Atuona prévoyant que « la durée de l’enseignement est fixée au minimum à 15 heures par semaine pour l’enseignement proprement dit et à 5 heures pour l’enseignement ménager. ».

L’article suivant précise : « Les vacances à l’extérieur de l’internat sont supprimées pour les filles ayant plus de 10 ans. ».

L’internat de l’école Sainte Anne va donc, par cette mesure, participer grandement au renouveau de la population marquisienne en protégeant et en éduquant les adolescentes, « enfermées » pour leur bien dans le « papua virikine », l’enclos des Sœurs, comme on l’appelait à cette époque. Une appellation qui est depuis passée dans le langage courant.

 

Ainsi, dans son rapport de 1929, l’inspecteur des Colonies Moretti n’hésite pas à affirmer que le pensionnat de jeunes filles d’Atuona contribue « au sauvetage et à la conservation de la race en préservant les fillettes qui ne sont rendues à leurs familles qu’à l’âge où l’on peut les marier ». Il précise même : « depuis l’ouverture de l’internat, 38 jeunes filles en sont sorties, qui avaient dépassé l’âge de 15 ans, 14 se sont mariées légitimement, 6 autres vivent maritalement ; ces 20 jeunes femmes ont eu 20 enfants dont 18 sont encore vivants ».

Déjà, en 1903, l’inspecteur général Salles louait, dans son rapport, le travail effectué par les Sœurs de Saint Joseph de Cluny ainsi que l’importance de l’internat pour la sauvegarde morale et matérielle des jeunes Marquisiennes.

 

L’école Sainte Anne va donc officiellement rouvrir ses portes le 24 août 1923, avec à sa tête Sœur Eléonore.

Dès 1924, une soixantaine de filles vivront à l’internat de l’école Sainte Anne, un chiffre qui au fur et à mesure des années dépassera la centaine.

Les premières diplômées marquisiennes vont faire leur apparition. Entre 1932 et 1940, vingt filles obtiennent le Certificat d’Etudes local et deux autres le Certificat d’Etudes métropolitain.

En 1947, arrive par la goélette Vaitere une toute jeune directrice, Sœur Rose n’a en effet que 22 ans, elle prend la tête de l’école qui compte 3 classes tandis que l’internat loge 78 pensionnaires. Soixante ans plus tard, Sœur Rose est toujours à Atuona et continue de s’occuper des élèves lors des études du soir.

Durant l’année scolaire 1963-1964, sous la direction de Sœur Emmanuel, le collège Sainte Anne voit officiellement le jour avec l’ouverture d’une classe de sixième.

En 1968, les meilleurs élèves obtiennent le BEPC puis, un an plus tard, le Brevet Elémentaire, diplôme aujourd’hui disparu, et deviennent les premiers instituteurs et institutrices de l’archipel.

A l’époque, les épreuves du BEPC se déroulaient à Taiohae sur l’île de Nuku Hiva en présence d’une Commission d’Examen composée de professeurs du lycée Paul Gauguin venus tout spécialement de Tahiti.

 

L’internat des Sœurs, le papua virikine, ouvert il y a maintenant 120 ans, tout comme l’école et le collège Sainte Anne sont devenus de véritables institutions aux îles Marquises ce qui explique que les jeunes filles internes continuent d’être originaires des six îles de l’archipel. Après les mamau, ce sont les mamans qui ont été élevées par les Sœurs et elles souhaitent que leurs enfants reçoivent la même éducation.

 

Sources :

« Marquises », ouvrage collectif, CRDP, Tahiti, 1996

« Les îles Marquises, archipel de mémoire », ouvrage collectif, Éditions Autrement, Paris, 1999

« Les îles Marquises », Michel Bailleul, Ministère de la  Culture, Tahiti, 2001

« Te fenua enata, la terre des hommes. Chroniques des îles Marquises », Patrick Chastel, Éditions Au Vent des Iles, Tahiti, 2004

copyright :

http://www.des.pf/itereva/pedagogie/index.php/ressources/370-ressources-locales/2307-les-surs-de-la-congregation-st-joseph-aux-marquises-1843

Inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO : les Marquises organisent leur séminaire des experts du 5 au 13 octobre 2012 Communiqué du MCA

La candidature des îles Marquises au patrimoine mondial de l’UNESCO, initiée en 1996 est du plus grand intérêt pour la Polynésie française. Un classement au patrimoine mondiale de l’humanité des sites de l’archipel apportera au pays la reconnaissance de leur valeur patrimoniale, une gestion des sites culturels et naturels encadrée par une charte de gestion et une renommée internationale bénéfique pour le tourisme et l’ensemble des activités induites.

 

Une fédération culturelle a été choisie en 2009 pour suivre la candidature et animer les comités de gestion. En 2010, la candidature est inscrite sur la liste indicative de la France par la Délégation permanente de la France auprès de l’UNESCO. Aujourd’hui, la candidature sera entre les mains des experts. Dans l’obligation de réaliser des travaux préparatoires d’experts afin identifier et sélectionner les sites du patrimoine culturel et naturel des îles Marquises éligibles au classement, la Polynésie française, via le Ministère de la culture et la fédération Motu haka, va mettre en place du 5 au 13 octobre prochain, un séminaire des experts.

Un séminaire technique pour le montage du dossier technique

Ce séminaire s’inscrit pleinement dans le cadre du montage du dossier technique de la candidature UNESCO du site, afin :

– d’optimiser le volet scientifique et la qualité technique du dossier

– de favoriser les échanges entre la communauté locale et la communauté scientifique autour des sites retenus ou envisagés pour les îles Marquises

– de sensibiliser la communauté locale aux enjeux d’une candidature UNESCO, notamment sur l’appropriation des concepts UNESCO et l’ébauche des plans de gestion

– de favoriser la coopération régionale sur le plan scientifique et universitaire

Le budget de l’opération s’élève à 16 600 000FCFP, soit 7 000 000FCFP en frais d’avion (billets internationaux et domestiques) et en frais d’hébergement transit et 9 600 000FCFP concernant les transports terrestres et maritimes des experts et des officiels, l’hébergement, ainsi que la logistique sur place. L’ensemble des experts reconnus au niveau national et international viendront de Tahiti, de l’archipel des Marquises, de France métropolitaine, de Hawaii et des Etats-Unis. Le caractère mixte (nature et culture) et sériel (classement en série) de la candidature UNESCO des îles Marquises implique la participation d’experts géographiquement éloignés.

Un rapport de restitution des travaux menés par les experts au sein des ateliers du séminaire sera transmis au Ministère de la culture

Copyright : http://www.mca.gov.pf/?q=node/278

Marquises : Le représentant à l’Assemblée de Polynésie française, Benoit Kautai, président du parti marquisien Te Henua Enata a Tu, a fait savoir, lundi, dans un communiqué, qu’il n’était pas opposé « à la réinscription de la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser ».

benaoit-kautai.1300790476.jpg

Communiqué de presse de  Benoît KAUTAI

Président de TE HENUA ENATA A TU

(Peuple marquisien levons-nous)

PARTI POLITIQUE DES MARQUISES

 *

Doit-on signer la réinscription de la Polynésie Française sur la liste des pays à décoloniser ?

 

Cette question qui fait actuellement débat à Tahiti présente-t-elle un intérêt pour le peuple Marquisien ? Assurément non si cette réinscription doit conduire la Polynésie à être indépendante.

En effet, dans une telle hypothèse, les Marquises ne suivront pas cette voie et poursuivront l’expérience de l’autonomie, avec la France, dans une collectivité séparée qui regroupera notre archipel. Cette évolution, qui à toujours été le leitmotiv de notre parti « TE HENUA ENATA A TU », n’est pas un simple vœu : elle est possible et prévue par la Constitution française.

Toutefois, une telle évolution n’est pas à craindre même si certaines formations politiques prônent cette solution pour parvenir à la pleine souveraineté et donc l’indépendance vis-à-vis de la France. En effet, l’inscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser, conduit d’abord et surtout à développer l’autonomie du territoire qui fait l’objet de cette inscription sur cette liste gérée par l’ONU. Elle ne conduit nullement à l’indépendance. Cette accession à la pleine souveraineté n’est que l’une des options offertes aux pays figurant sur la liste. Parmi les territoires figurant sur cette liste, certains ont exprimés leur refus d’accéder à l’indépendance, d’autres ont demandés à être rattachés à un nouvel Etat, d’autres à accéder au statut d’Etat librement associé avec l’ancienne Métropole.

Pour toutes ces raisons, il n’y a rien à craindre à demander la réinscription de la Polynésie française  sur la liste des pays à décoloniser. Au contraire même, il peut être utile de « revoir » le partenariat existant entre la Polynésie et la France : il s’agit d’échanges réguliers entre « partenaires » en présence d’observateurs de l’ONU.

Nos anciens Haka iki ont travaillé pour que la population des Marquises ne soit pas oubliée, ils ont lutté pour que survive notre archipel, qu’il ait la place qui lui revient de droit. Nous sommes profondément attachés à la France, mais cela ne veut pas dire que les Marquises, la Polynésie française, l’Etat et l’ONU ne peuvent pas se mettre autour d’une table afin de déterminer et de mettre en œuvre de nouvelles relations profitables à chacun des participants.

Dans notre archipel, nous devons nous battre tous les jours pour faire avancer des dossiers importants pour notre population. Cette partie à trois (les Marquises, la PF et la France) est bien souvent faussée et notre voie est malheureusement bien faible. L’ONU pourrait sûrement être un arbitre impartiale. Cela doit aboutir non plus à une autonomie imposée mais bien à une autonomie consenti, réfléchi et consensuel.

Nous voulons pour le peuple marquisien un véritable projet de société à long terme. Alors arrêtons de diaboliser l’inscription de la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser et restons pragmatique.

Voila pourquoi, nous ne sommes pas opposé à la réinscription de la Polynésie française sur la liste

Benoît KAUTAI

Président de TE HENUA EN ATA A

 

Le message de Teiki Huukena pour les Marquises

sculpture-mairie-ua-pou.1295266696.JPG

Radio RFO vous indique la date et les horaires de la diffusion du message  en marquisien de Teiki Huukena sur la situation de la conservation du Patrimoine polynésien et la sauvegarde de la Culture marquisienne .
Ecoutez sur RFO le 18 janvier 2011 à 4h45 et à 19h20 (heure de Tahiti) le message de Teiki Huukena :

message.1295263418.mp3 
 

Marquises : « L’image du vandalisme du Tiki de UPEKE à TAAOA résume notre comportement désorienté. Te ata ote hana pe ía te Tiki o UPEKE i TAÁOA e hakaíte maiá to tatou hakatu painu » écrit Teíkitevaámanihií HUUKENA

 tiki-upeke-taaoa_.1293386868.jpg 

     Le 5 décembre 2010, Jean S… découvre un acte de vandalisme porté sur le tiki de Upeke à Taaoa (Hiva Oa). Le tiki (voir photo de droite) a été massacré, la spirale de l’oreille détruite au couteau. Les morceaux cassés étaient encore au pied du tiki.

Cette nouvelle atteinte au patrimoine a ému la communauté scientifique. Des plaintes ont été déposées successivement par la propriétaire du site, le Maire de Atuona, le Ministre de la Culture…

     Teiki Huukena partage sa douleur avec les Marquisiens choqués par les destructions des éléments du Patrimoine qui s’opèrent dans les îles, ici et là  impunément, et espère  par cette lettre ci-jointe qu’il adresse à son peuple, toucher le cœur de chaque Marquisien resté jusqu’à ce jour  indifférent ou  dans l’ignorance de la valeur de sa Culture.

oreilletiki-massacre.1293386975.jpg

Kaohanui ia ótou te mataéinaá no HIVA-OA atií mete Huaá Énana paotu…

Bonjour à vous, gens de HIVA-OA et peuple de la Terre des Hommes…

Toú ikoa o Teíkitevaámanihií HUUKENA, toú tumukeé miohe ati mai o Naíki mi HIVA-OA

Je m’appelle Teíkitevaámanihií HUUKENA, mes aïeuls viennent des Naíki de HIVA-OA

te taha o toú pakahio o Kuáheau VAATETE (te vehine a Atoni HUUKENA).

par ma grand-mère Kuáheau VAATETE (épouse de Atoni HUUKENA).

Ua hanau au mete keí i NUKU-HIVA.

Je suis né et ai grandi à NUKU-HIVA.

E heé mai nei au mai óto tenei keéé e tuku atu toú mamae…

Je viens par ce message vous adresser ma tristesse…

Te ata ote hana pe ía te Tiki o UPEKE i TAÁOA e hakaíte maiá to tatou hakatu painu.

L’image du vandalisme du Tiki de UPEKE à TAAOA résume notre comportement désorienté.

te hana hauhauía te tau paepae kakiu mea kanea te vaánui, e taui te taheía vai ote kaávai

La destruction de certains vestiges pour construire des routes, changer le lit les rivières,

aóéá, e hakatu pu te tau haé hou mete maákau koé, mea nui tena tau hana e heéana haá hauhau 

ou mettre des constructions « modernes » sans réflexion, beaucoup de tout cela met en danger

to tatou kuhane énana

 notre esprit marquisien.

Note haá metaí hakaúa to tatou pohué mea kanahau te toó te hakatu hou,

Pour mieux vivre il faut bien évidemment intégrer la technologie,

meaá e hana hoí tatou mai óto te koekoe meitaí.

mais il faut le faire avec sagesse.

E hakatu toitoi mete tau memau i óto o to tatou koekoe.

C’est comme en nous.

Ena mete memau  ua kanea ía tatou, mea haá kaúoó ia tatou mete heé i mua.

 Il y a ce en quoi on est fait, dont on a besoin pour grandir et avancer.

Tenei taha kakiu i óto o tatou, na ia e hakaítemai te tau memau a tiíaápu: te tai, te patuata, te haátiki…

Ce morceau de passé en nous fait que l’on sait déjà d’avance pas mal de choses : la mer, dessiner, la sculpture…

Aé teveé to tatou vivini: ena i óto o tatou… te kakiu i óto to tatou kiko! E titahi ena mete memau hou…

On comprend vite : c’est en nous… c’est l’ancien en nous ! Et puis il y a le nouveau…

Na tatou e vae, na tatou e makimaki, na tatou e kohoá…

On le choisit, on le veut, on en a envie…

Meaá umoí tatou e haá hauhau te memau i óto o tatou, no tena tau makimaki ía.

Mais il ne faut pas  détruire en nous quelque chose pour cela.

Haá taetae tatou te hakatu kanahau ó to tatou kuhane énana.

Prenons soins des bonnes choses de notre âme marquisienne.

Noteaha e haá hauhau te tau memau ne te hakako te haákoi te pereóó?…

Pourquoi détruire cela pour savoir conduire une voiture ?…

Noteaha e haámate te ihorave, tahu te paepae mete ahi, te tau tumu ákau

Pourquoi tuer le cheval, de brûler les paepae, les arbres

atií mete tau tuaivi mai óto te teka mea hana te vahiía éhi, notemea aí kanea ía meitaí te vahi hana,

et la montagne par accident pour le coprah parce qu’on a pas fait le nécessaire pour sécuriser l’espace de travail,

vavahi te tumu meí atií mete paepae note kanea te haéhou i kaokao

de casser l’arbre à pain ou le paepae pour se faire une belle maison moderne à coté ?…

tena tau haé kakiu na tatou, aóé e íteía ite vahike íte ao maámanei, mea nui te memau taú i íte me taú

Ce sont nos maisons et en on en voit nulle part ailleurs dans le monde et j’en ai vu des choses avec

hana kape…

l’armée…

Notemea ia haà koéía te tau úpe o to tatou kakiu, te tau tumu i nanu ía te tau tupuna aóéá havaiía e

Parce que détruire les constructions de nos ancêtres, les arbres que les anciens ont planté ou laissé

átou haá tupu pu

grandir

mea haika, mea kaikai, mea haá maú, aóéá notemea mea kakaá anaiho…

 pour soigner, nourrir, faire de l’ombre, ou parce que cela sentait bon…

Hakatu toitoi mehemea e tioá ótou to ótou tau kokoóua mete tau papakahio atií me toótou tau tumukeé !

C’est comme si vous envoyez tout « paître » de nos grands parents et de nos arrières grands parents !

Pautu, mehe mea mahaoti átou!  Éiaá ena mete tau ava hauhau,  ua pohué totatou tau tupuna i óto

Tout, comme si ils  ne servaient à rien ! Pourtant à  certains moments les anciens ont eu à traverser

Te tau po óumati oko, ua pororonui te henua, hakatu me teà toua « purutia HITLER » !

de très longues sécheresses comme pendant la 2ème guerre mondiale !

U koána ia átou te kaituto no haá katahi te pohuéía!

Ils ont su réfléchir et s’organiser ensemble  pour survivre !

Ua tekao mai ía e toú koóua iau te mea ahemea hakaúa te i hepe e kave mai te kaikai…

Mon grand-père m’a témoigné cette période où il n’y avait plus de ravitaillement…

nate tau kokoóua i haá pohué ia átou, e hano te kaikai miote épo tupuna..

Ce sont les anciens qui les ont sauvé en allant chercher ce que la terre de nos ancêtres pouvaient leur donner

Mehe mea aóé átou e íte te tau tumu taetae, e koàna ia kai ia hoiha anaé átou

comme s’ils ne savaient pas que certaines plantes sont importantes pour se nourrir quand il y a des problèmes

mete tau ihepe, aóéá mea haika me titahipito tau memau hakaúa! Ua mamae átou note haá pohué ia átou

 avec les bateaux ou soigner et tant d’autres choses ! Alors qu’ils ont bien souffert pour pouvoir survivre

note tukumai to tatou pohué e titahi e tukumai titahi memau hakaúa…

et nous donner vie et nous donner quelque chose en plus…

tenei tau íte aóé tatou i haápaó… te íte te pohué ma úka ote tai, te íte te ávaika, to tatou íí, to tatou kaíé…

ce savoir dont on ne se rend même pas compte… se débrouiller en mer, savoir pêcher, notre force, notre fierté…

Maákau tatou e áva totatou maáma hakatu me totatou tupuna  note pohué

Pensez-nous avoir  l’intelligence de nos ancêtres pour  survivre

ia koé te kavemaiía te kaikai o tetau ihepe o TAPORO me ARANUI atií mete tau manu? Haá toitoimai ?

si les ravitaillements s’arrêtaient des goélettes TAPORO et ARANUI ainsi que les avions? Honnêtement ?

Mitemea ahemea átou aóé tatou e pohué tenei á ínei. Noatu aé tatou e vivini oko eahahoí tatou…

Sans eux nous ne serions pas ici aujourd’hui. Même si on ne comprend pas toujours ce que l’on est…

maiámaiá e vivininei hoa tatou… meaá ia vavahiía ané nomua te vivini…

On le comprend petit à petit… et si on a cassé avant d’avoir compris…

ua pao, aé e koána hakaúa u kaónui!

C’est trop tard, il sera perdu à jamais !

Ia tatou te kaituto mete koekoe meitaí eahahoí ta tatou e makimaki e haávai no to tatou tau toíki !

Nous devons réfléchir sagement à ce que nous voulons laisser à nos enfants !

E tihe te á, e kaó tatou titahi ; o tatou te mea i koána mai e TUPUNA no to tatou tau pona !

Un jour nous ne serons plus là, non plus ; nous deviendrons à notre tour des TUPUNA pour nos descendants !

Éiaá ia tatou te haá íó ia tatou no íoí, e  TUPUNA mete koekoe meitaí mete maákau maáma kanahau.

Alors méritons d’être de futurs ancêtres sages et réfléchis.

to tatou hakatu ua kavohiía, ena mete énana mete haoé. te pohué o tenei tau…!

Notre culture est métissée, marquisienne et occidental . C’est la vie d’aujourd’hui… !

A toó tatou tenei mau vaevae

Utilisons ces deux pieds

note  heé i mua i kaokao o to tatou tau motua me to tatou tau tumukeé

pour avancer à côté de celle de nos parents et nos aïeuls.

E memau meitaí, note mea ua pohué tatou tenei tau e titahi, mea kanahau note heé i mua.

C’est une bonne chose, parce qu’on vit aujourd’hui et nous en avons besoin pour avancer.

Titahi, ua peáu te épikopo Le CLEAC’H: « nate toia tau aka e haá hua te tumu ákau! »

Mais, l’évêque Le CLEAC’H dit aussi : « Un arbre a besoin de ses racines pour grandir ! »

Mitemea e vetevete tatou to tatou aka, pehea hoí tatou note heé i mua ?

Si nous arrachons, nous-même, nos propres racines, comment allons nous faire pour aller de l’avant ?

Pehea te haá kaíé to tatou ati Énana ?

Comment être fier de notre peuple  marquisien ?

To tatou tau tupuna e énana oko átou, ua koána ia átou te haá vaé te Moananui mete haá tahi me ia.

Nos ancêtres étaient des gens valeureux, qui ont su dompter le grand océan et ne faire qu’un avec lui.

Note haá peipei te kouteé mamao, te moéhu, mea oko to átou maákau, to átou maáma,

Pour entreprendre ces grandes expéditions, pour s’exiler, il fallait du courage, de l’intelligence,

te kaituto note tatau te kuhane ote henua. Íte te tatau te tau hetu, te tau metaki, te tau ao…

de la méthode pour lire la nature. Connaître les étoiles, les vents, les courants…

Aóé e koána pu ia te tau poí e hana teá hana, meá o átou oia ua hanaía e átou !

Cela n’est pas donné à tout le monde, et  eux l’ont fait !

Tenei haápakaihi tatou ia átou; na tatou te toitoi ía e haá hua atu ia átou !

Alors respectons les ; nous leur devons au moins ça !

E kohoá tatou i óto to tatou koekoe te haápakaihi ia átou, hakatu mehe mea haátaetae

Nous en avons besoin, comme nous avons besoin d’aimer

tatou to tatou tau motua,

nos parents,

to tatou tau kokoóua mete tau papakhio i haá taetae mai ia tatou.

nos grands parents qui nous ont chéri.

Hakatu me átou te haá taetae ía to átou tatou motua, hakatu ma hope mai tihe io to tatou tau tupuna…

Comme eux ont eu besoin d’aimer les leurs et ainsi de suite jusqu’à nos ancêtres…

Te tau éteni mete kai énana ua koé, e titahi aóé átou i hana ananu tena tau hana éteni!

Le temps de l’anthropophage est révolu et ce n’était pas tout le temps non plus !

Aóé tatou e huamai hakaúa i tena peu, e tekao tiátohu tenei! Ua Ite tatou tena!

Nous ne reviendrons plus sur cette pratique, c’est certain ! Et nous le savons!

Te tihe ía te tau tupuna i tena vahi, notemea mea veve oko te henua hauhau oko te pohué…

Quand ils en étaient là, c’est parce que cela allait très mal…

Ia peáu anaé te hakaíki a heé te toua, ua heé hoa te tau toa!

Les chefs avaient décidé de se faire la guerre et on y allait !

Meaá mea nui aé te tau ava ua kanea ía te tau mea kanahau, ke te ava toua!

Mais ces anciens ont passé bien plus de temps à construire, qu’à se battre !

A tióhiatu aé ótou te tau manavai !

Regardez les vallées !

Toitoiía ta átou hana e haá kanahau te pohué i óto te manavai! Ia átou te haá poeka tahe ía vai,

Il fallait rendre la vie possible dans les vallées ! Il fallait nettoyer les rivières,

kanea te tau tohua mahe kaokao et nanu te tau memau, te tumu meika, haá taetae te tau tumu meí

faire des terrasses sur les bords et y cultiver, planter les bananiers, entretenir les arbre à pain

aóéá e heé mahe tai, haátiki te niho paáoa, e patutiki e haá peipei te koíka titahi, te tau úta, te haka,

ou aller en mer, sculpter des dents de cachalot, se tatouer et organiser des fêtes aussi, des chants, des danses,

te tau haákakai… Mea meitaí to átou koekoe!  Ena mete hanoía úta, te keu vaeáke,   

des histoires fantastiques… Et ils  étaient bon ! Il y avait des concours de chants, de combats d’échasse,

te mahi, te tau avapoto e haá vivini ía te tau poí hou te tatau te tau hetu nate tau tuhuka, te tau úta

de la lutte, des moments où les jeunes apprenaient les étoiles avec les anciens,  les chants,

aóéá pehea te kouteé

 ou naviguer…

Mea nui to átou íte, meitaí aé, aóé te toua anaiho. Note kanea anaiho te toki keá me óa

Ils savaient faire tant de choses, heureusement, pas que la guerre . Cela prend du temps pour faire des toki keá

aóéá e keí te vaka me tena haína…

ou creuser les pirogues avec…

Tenei a katahi tatou note toó te uki o to tatou VAKA, tama ote henua énana, a kave tatou

Maintenant reprenons ensemble le gouvernail de notre VAKA, descendants de la terre des hommes et menons la

mai óto te meitaí !

avec sagesse !

A kaituto aé tatou note haávivini to tatou KAKIU, a kave tatou to tatou hakatu énana,

Essayons de comprendre un peu plus nos KAKIU et dirigeons notre culture,

Hakatu me titahi VAKA, i vaveka te tau kaútai meitaí mete hahau, mete tau kiu me tene tau hou…

 comme une autre vaka, à travers les bonnes et mauvaises vagues, avec du passé et du présent…

Aáma tatou te kaíé o to tatou tau tupuna, tenei tau hana kaneaía e átou me totatou kaíé énana

Protégeons  ce qui a été la fierté de nos anciens, ces vestiges avec notre fierté à nous

no to tatou tau tupuna, ia kanahau e ia meitaí no to tatou tau toíki.

 pour nos ancêtres et que ce soit beau et bon pour nos enfants.

Te tau poí e hana no tena maákau, mi io tatou  aóéá mi vahomai, mete to átou ikoa énana aóéá mi io

Ceux que l’on voit se battre pour cela, de chez nous ou d’ailleurs, qui ont des noms du pays

te henua ke, tena tau énana i toko mai, haáhei i óto to tatou tau motu,

ou d’ailleurs, ces gens qui nous aident, qui s’organisent dans nos îles,

e hano aá hoi temea u moí hoí e kaónui paotu te tau memau,

qui cherchent à ce que tout ne disparaissent pas,

to tatou tau paepae, te tau vaánui, te tau tumu…

de nos paepae , des chemins, des plantes…

Tenei tau énana i heémai i kaokao o Yvone KATUPA, te huaá OTTINO, Edgar TETAHIOTUPA,

ceux qui nous accompagnent comme Yvonne KATUPA, la famille OTTINO, Edgar TETAHIOTUPA

 me titahipito tau énana o tatou note hana mai te hana no tatou, to tatou tau toíki, te tau kokoóua…

et d’autres personnes pour faire des choses pour nous, les enfants, les anciens…

kanino tatou, a tuku tatou ia átou titahi íma…

regardons et puis pourquoi pas allons les aider…

a katahi tatou mea hoe to tatou VAKA

Rassemblons nous pour ramer ensemble notre pirogue

e kanea tatou to tatou vaka ma úka ote henua note haá heóheó nomua te toó te tai note heé mamao…

elle se construit sur terre notre vaka pour qu’elle soit solide avant d’aller loin sur la mer..

E timata ómua ma úka to tatou henua i óto to tatou kaávai

Cela commence sur notre terrain et notre vallée…

te tau memau mahe kaokao o tatou…e aha hoi ta tatou hana me tena tau mea ?

Ce qui nous entoure… Qu’en faisons nous ?

To tatou tau tumu ákau, to tatou kaávai, te tau vahi e au nei tatou e heé kaukau..

Nos arbres, notre rivière, les endroits où l’ont aimait aller se baigner…

te tau tumu ákau e pikinei tatou me keu, hano te mako, te tau vi,  atií  me titahipito tau memau…

Les arbres dans lesquels ont allait grimper pour jouer, cueillir les mangues, les vi et le reste…

Te tau tumu i tukumai te vahi maú

Ceux qui nous donnaient de l’ombre…

Mea mamae á! E titahi e tihe mai te peke, notemea  te maákau note haá taetae

C’est quand même triste! et donne de la colère que l’idée de les protéger

aí áva te oko mi óto to tautou koekoe énana, e titahi  haá totahi atu tatou te haá hananui !

ne vienne pas assez de nous, et qu’en plus parfois on en rajoute pour tout compliquer !

A peáu hoí tatou te tau hana kanahau note tau i ómua, no tenei tau, a tekao hoí haá nui, haá íí,

Au moins le dire ce qui est bon aussi d’avant, pour aujourd’hui, dire plus,

a peáu hoí a toko mai no tenei hana !

dire aussi qu’il faut qu’on nous aide à le faire !

mi te mea aóé tatou e peáu… aóé e tihe pu toótahi! a peáu hoí tatou haá íí.

Si on ne le dit pas… ils ne vont pas s’y mettre tout seul ! Il faut le dire fort.

Titahi e na tatou i totatou keke e maákau e aha ta tatou e makimaki…

 Et puis il faut aussi essayer de notre côté de savoir ce que l’on veut…

Na tatou te toó te toko note aáma to tatou hakatu tumu énana, hakatu me to tatou haé !!!

C’est à nous que revient cette responsabilité de protéger notre culture, comme notre maison !!!

A HAKAEA TATOU TE PAINU!

Et arrêtons de nous perdre !

A ÓHO TE ÍÍ ! E TAMA ÉNANA!

Allons ayons du  courage! Enfants de la terre des hommes !

Éia nei te haá paoía to tatou Himene énana

voici les dernière phrases de notre hymne

to te henua énana a tu

lève-toi Terre des Hommes

no te utaí í te tau tupuna

pour faire comme les anciens

Óia te éá no te kave kaíé

il est le chemin glorieux

Na átou e ááhi, na átou e toko

ils nous guident, ils nous soutiennent

te pohué kanahau no na a kotoa

vers un avenir meilleur pour tous

Nate tama énana i tenei tau, i pepena te tekao i óto to tatou  Himene…

Ce sont les descendants marquisiens de notre époque qui ont composé notre hymne…

maha hoí ia patu mete himene tenei úta, mite mea aóé tatou e hana te mea i patu ía ?

Pourquoi composer et chanter cette chanson, si nous ne faisons pas ce qui est écrit ?