taha pe oko : lieu dangereux

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     Les panneaux de signalisation sont rares aux Marquises mais depuis peu, un village qui se donne des airs de capitale organise le désordre dans les habitudes de ses automobilistes en plaçant le premier stop au coin de la rue.

     Pour les sens interdits, certains propriétaires de la voirie – privée sur une bonne partie du réseau – ont conservé une nette préférence pour la coutume. Une nuit, un jour, un énorme caillou placé au milieu de la piste vous barre la route, vous empêche de rentrer chez vous ou d’en sortir… tant que vous ne vous tracerez pas vous-même une autre voie en quelques heures avec un de ces gros engins de terrassement qui transforment en moins de deux un paysage et les relations de voisinage.

     Pas la peine de jeter un pavé dans la mare, pas la peine de tomber dans le panneau… là dans cette baie appelée Madre de Dios par les Espagnols en 1595, vous avez vu le panneau mais pourquoi donc un panneau DANGER, je vous le demande ?

     Les Marquisiens acceptent tous les risques de la vie sans broncher, et même avec enthousiasme et défi car ces risques sont le sel de leur existence. Que serait un quotidien sans danger pour un peuple fort et fier ?

     Les enfants de Vaitahu continuent leurs jeux au pied du panonceau, entre les cailloux de la rivière et le sable de la plage, sans pelle ni seau et personne n’y trouve rien à redire. La nuit venue, des adolescents les remplacent et restent assis des heures sur le muret qui limite la vague de ses assauts, et grillent des clopes d’herbe séchée sans que personne n’y trouve rien à redire.

     Alors ? Le panneau ? Est-ce pour rappeler aux Enata, les dangers venus de la mer il y a plus de quatre siècles?

Les tamanu centenaires de Hapatoni : chronique d’une mort annoncée

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     Tout le long de l’allée « de la Reine » au centre du village de Hapatoni, l’ombre des dizaines de vieux et énormes troncs de tamanu de plus de 80 cm de diamètre déborde sur l’océan.

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     La voie royale pavée fut aménagée sur la digue construite sur les ordres de la reine Vaekehu II au XIXième siècle.

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     Cet alignement, planté par les anciens il y a plusieurs plus d’un siècle, offre une protection certaine du village contre les assauts de l’océan et lui donne un charme romantique qui est loin de déplaire au passant.

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     Cet alignement a été gravement endommagé en 2003 lors de la construction de la route en arrière du village et du quai. Des remblais plus ou moins chargés de sel ayant été entreposés à la base des arbres ainsi que toutes sortes matériaux de construction nocifs pour cet environnement (bidons de gasoil, sacs de ciment…) ont très probablement et du fait de leur poids et de leur toxicité, tout simplement asphyxié les racines. Plusieurs arbres, parmi ceux situés à proximité du quai, sont aujourd’hui morts ou en très mauvais état de santé. 

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     Au-delà de la tristesse de voir cette beauté à jamais détruite par l’insouciance des hommes, le sort de ces arbres est paradoxalement d’une ironique déconcertante quand l’intitulé  des travaux est ce que chacun peut lire inscrit au chapitre 2  de la DELIBERATION N° 2000-118 APF DU 12 OCTOBRE 2000 portant approbation du contrat de développement 2000-2003 : « Aménager le territoire en préservant l’environnement et en mettant en valeur les ressources naturelles (…préservation et la mise en valeur du patrimoine naturel…) » : 8.3.4 Créations et aménagements d’unités portuaires – Quai de Hapatoni 90 MFCP

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Municipales : Tahuata

Population totale de Tahuata : 671 habitants

Mode de scrutin : Majoritaire à deux tours

Nombre de sièges à pourvoir : 15

Résultats du 1er tour

Nombre d’inscrits : 529

Nombre d’absentions : 83 (15,69% des inscrits)

Nombre de votants : 446 (84,31% des inscrits)

Nombre de votes blancs : 0 (0,00% des inscrits, 0,00% des votants)

Nombre de votes nuls : 3 (0,57% des inscrits, 0,67% des votants)

Nombre de votes nuls et blancs : 3 (0,57% des inscrits, 0,67% des votants)

Nombre de votes exprimés : 443 (83,74% des inscrits, 99,33% des votants)

Elus :  

M. HUTAOUOHO WILLIAM – 266 voix

Mme TETAHIOTUPA EPSE ANIAMIOI SABINE – 266 voix

M. KOKAUANI JEAN BAPTISTE – 266 voix

Mme AHIEFITU EPSE MAHAA CELINE – 266 voix

M. TIMAU LOUIS JOSEPH – 266 voix

M. VAKI AUGUSTIN – 266 voix

M. KOKAUANI FRANCOIS – 266 voix

Mme TOHUHUTOHETIA EP BANGELIN DIANE – 266 voix

M. BARSINAS FELIX TEAIKI – 266 voix

Mme KAHUPOTU EPSE TAATA MARIE ANTOINETTE – 266 voix

M. TIMAU NORBERT – 266 voix (60,05% des voix exprimées)

Mme BONNO EPSE TIMAU MIRELLA – 266 voix (60,05% des voix exprimées)

M. TAMATAI REMI – 266 voix (60,05% des voix exprimées)

M. TEIEFITU TEPEATOHETIA EMILE – 265 voix

M. TEIKIPUPUNI ROBERT – 263 voix

Messe du dimanche à Vaitahu

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ILE DE TAHUATA, archipel des Marquises. Ce dimanche, la première baleinière est réservée aux passagers désireux d’assister à la messe en l’église de Vaitahu. L’escale sera courte, l’Aranui 3 doit mettre ensuite le cap sur le village de Hapatoni, situé dans une baie distante d’une heure.

À l’entrée du village, trois adolescentes me demandent de les prendre en photo et de leur envoyer des épreuves. Entendant cela, la mère de l’une d’entre elles s’interpose et rabroue vertement les filles, affirmant : « On n’est pas des mendiants ; cela ne se fait pas.  »

Dans aucune des six îles des Marquises, durant cette croisière, je n’ai vu quelqu’un (enfant ou adulte) solliciter les visiteurs pour demander de l’argent ou des cadeaux, ni même pour tenter de vendre des objets.

Les marchandes de souvenirs et les sculpteurs se montrent quant à eux très réservés, laissant les touristes regarder, toucher, sans jamais pousser à la vente. Quand on adresse des remerciements aux hôtes pour leur accueil, à leur tour ils vous remercient, affirmant que votre seule visite représente pour eux une grande joie.

À la messe à Vaitahu
L’église catholique (un petit temple protestant se dresse également non loin de là) est pleine grâce aux renforts fournis par les passagers du bateau. Les gens du village – des femmes, des enfants, des hommes – ont revêtu leurs habits de fête pour l’office.

Pour l’étranger, le charme de la messe réside dans les cantiques en langue marquisienne interprétés par la chorale et rythmés par un orgue électrique et un tambour. Tous les textes sacrés sont lus en marquisien, ce dimanche, à l’exception d’un seul. Comme l’office s’étire, les tout jeunes enfants s’impatientent.

Les femmes de Hapatoni se chargent de l’accueil des visiteurs.

Ce sont alors leurs grands frères ou leurs grandes soeurs qui se chargent d’eux, les sortant quelques instants sur le parvis, où des touristes, ayant décidé de ne pas franchir le pas de la porte, filment et photographient la messe, sans aucun respect, comme si c’était un spectacle.

Sur la petite place du village, quelques sculpteurs présentent leurs créations: sculptures sur bois ainsi que sur os, de mammifères terrestres surtout. La haute qualité du travail de sculpture est une constante d’une île à l’autre. Les motifs font toujours référence aux croyances anciennes et à la culture marquisienne.
Une plaque commémorative rappelle qu’est passé par là, en 1595, Mendaña, le navigateur espagnol qui baptisa les Marquises en l’honneur du vice-roi du Pérou, mais qu’en réalité le véritable nom de l’archipel en langue marquisienne est Fenua Enata, ce qui signifie « Terre des hommes ».

L’accueil de Hapatoni
Au village de Hapatoni, également situé sur la côte ouest de l’île de Tahuata (682 habitants), l’accueil réservé aux passagers de l’Aranui 3 est exceptionnel. Un groupe de femmes attend sur le quai pour fleurir les visiteurs et leur souhaiter la bienvenue.

Les sculptures et les objets d’artisanat, principale source de revenus avec le coprah (noix de coco séchée) et le noni (fruit dont on extrait le jus), sont présentés sur des tables dressées le long de la mer.

Dans la salle commune sont dressés des plats contenant des spécialités que les femmes du village tiennent à faire goûter aux visiteurs. Le buffet proprement dit comprend des salades et des grillades débarquées du bateau.

Sur l’aire voisine ombragée par un grand arbre, deux femmes battent les grands tambours, d’autres femmes ont sorti guitares et ukélés. Une troupe composée de jeunes garçons et filles entre en scène, sous la gouverne de l’une des femmes.

Les filles interprètent la danse de l’oiseau, puis les garçons des figures martiales, sur le thème de la danse du cochon. Dans la culture marquisienne, les animaux tiennent souvent lieu de symboles.

Avant de rembarquer, les plus vaillants des croisiéristes effectuent une randonnée jusqu’à un point offrant un point de vue sur la baie de Hapatoni et sur la nature de l’île. Le point culminant de Tahuata se trouve à 1 050 m d’altitude.

Les six îles habitées des Marquises sont montagneuses et d’origine volcanique. Le point culminant de l’archipel, à 1252 m d’altitude, se situe sur l’île de Ua Pou.

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