Renaissance culturelle

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La première terre marquisienne que l’Aranui 3 a abordée ce matin, nimbée de nuages lourds, paraissait bien mystérieuse. De temps à autre, l’un ou l’autre de ses nombreux et spectaculaires pics de basalte arrivait quand même à émerger du ciel laiteux.

À peine le navire a-t-il accosté au quai de Hakahau que les manoeuvres de débarquement du fret commencent. À terre, les commerçants sont venus prendre livraison des commandes qu’apporte l’Aranui 3.

Les passagers descendent à leur guise, pressés pour la plupart d’aller découvrir ce côté de l’île. Un chemin mène, au terme d’une quarantaine de minutes de marche, au sommet de la butte qui domine le port, la baie et le village.

La vue est saisissante, surtout lorsque l’un des pics qui émergent de la montagne sur ce côté de l’île se dégage des nuages.

Hakahau…
La centaine de passagers s’égaient le long de la plage où les artisans sont venus exposer leurs créations sous une grande paillote: bois sculpté, bijoux de nacre, os sculptés, colliers de graines multicolores.

L’église catholique renferme une massive chaire sculptée dans un bloc aux formes d’étrave de bateau de pêche au pied duquel s’étale un filet rempli de poissons.

Au bureau de poste, le système Internet est en panne. Le marchand d’appareils électroniques qui offre également ce service n’est pas décidé à ouvrir tout de suite, ayant encore des commandes à aller chercher au bateau, nous précise-t-il.

En fin de matinée, à l’ombre d’un arbre à pain, une troupe de musiciens et de danseurs a vite convaincu les spectateurs que ce qu’ils interprètent n’est pas du folklore à bon marché. Chanter et danser sur les rythmes ancestraux fait ici à nouveau partie de la vie quotidienne.

À midi, le repas est servi Chez Tata Rosalie, une vénérable Marquisienne dont la famille a préparé diverses spécialités de l’île, soit de la pieuvre, du poisson cru mariné, de la viande de porc accompagnée de deux sortes de bananes, de fruits de l’arbre à pain et de riz, et enfin un dessert au lait de coco. C’est un véritable et authentique festin marquisien.

… et Hakahetau
Le navire a largué les amarres en début d’après-midi pour mouiller l’ancre une heure plus tard dans la baie de Hakahetau. Dans ce petit hameau, quelques artisans sont également présents au rendezvous pour présenter leurs produits.

Adrien et Nadia – qui vont sans doute se marier en juillet prochain – font griller des brochettes. Sur une table, du jus de noni est proposé à la dégustation.

Ce produit aurait toutes les vertus, croient les gens de l’île qui cultivent ce fruit. C’est également ce que croient les Américains qui achètent la production de noni à travers toute la Polynésie.

Paul Simier – Journal de Montréal
psimier@journalmtl.com

Le rêve d’un parc patrimonial

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Depuis quelques années, la mobilisation des habitants de Ua Pou est très forte. Le retour aux sources se traduit par un projet de parc patrimonial visant à recenser et à faire valoir tous les aspects de la culture marquisienne, autant ce qui a trait à la flore, la faune et la géologie que ce qui touche aux traditions.

Un musée consacré à l’arbre à pain, dont on a recensé une vingtaine de variétés différentes sur l’île, va être créé.

Une équipe de dix travailleurs s’occupe à plein temps de sentiers de randonnée qui totalisent quelque 150 kilomètres. Des guides, dûment formés, ont obtenu leur certification.

Hakahetau, de plus, est organisé en village d’accueil permettant aux visiteurs de vivre, en logeant chez l’habitant, un contact étroit avec la population.

Tous les gens que j’ai rencontrés le temps de cette courte escale – qui ont en commun l’amabilité et la simplicité -m’ont donné rendez-vous pour la semaine du 16 décembre, alors que Ua Pou accueillera le 20e Festival des arts marquisiens.

Non seulement les habitants des cinq autres îles des Marquises participent activement à cette fête, mais des « cousins  » viennent aussi des autres archipels du Pacifique Sud qui partagent avec les Polynésiens la même culture océanienne.

L’objectif ultime des gens de Ua Pou est d’arriver à faire figurer (en 2009 ou 2010) tout l’archipel des Marquises au Patrimoine mondial de l’humanité, tant du point de vue naturel que sur le plan culturel.

Paul Simier – Journal de Montréal
psimier@journalmtl.com