FESTIVAL du CINEMA des PAYS du PACIFIQUE SUD – 29 mai – 1er juin 2009 à Rochefort (17)

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FESTIVAL du CINEMA des PAYS du PACIFIQUE SUD

29 mai – 1er juin 2009, Rochefort (17).

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Crée en 2007, le Festival du Cinéma des pays du Pacifique sud, est un évènement unique en France, fenêtre sur le Pacifique apportant un regard loin des clichés exotiques.  Abordant l’histoire et la réalité quotidienne de ces peuples avec l’œil objectif de la caméra, répondant au foisonnement culturel de l’aire océanienne, le festival est aujourd’hui reconnu par le milieu culturel, scientifique et politique au plan national tout comme dans le Pacifique sud. Programmation et intervenants de qualité mais aussi chaleur et convivialité ont fidélisé le public de ces rencontres. Cette année encore, les acteurs et les observateurs du Pacifique Sud s’y sont donné rendez-vous.

Un évènement, une ville.

Le festival s’est tout naturellement établi à Rochefort, en Charente Maritime. Cette cité maritime d’où sont parties bon nombre d’expéditions scientifiques du 18éme siècle, regorge de témoignages rapportés par les explorateurs. Liée aux horizons lointains et particulièrement au Pacifique, Rochefort mène actuellement une politique culturelle d’ouverture vers les ailleurs. Une collaboration permettant au festival de vivre à travers la ville et d’enrichir sa programmation d’expositions grâce au Musée Hèbre de St Clément ou aux collections du Musée de la Marine. Dans sa volonté d’accessibilité au plus grand nombre, le Festival du Cinéma des pays du pacifique sud est une manifestation entièrement gratuite et ouverte à tous.

Talents reconnus et première toile.

En programmant conjointement les films de réalisateurs référents et ceux de jeunes talents, le festival veut offrir un tremplin de qualité aux réalisateurs émergents, du Pacifique ou d’ailleurs. Illustration cette année avec le film « Le cauchemar de Goro », d’Elie Peu, jeune réalisateur calédonien.

La collaboration avec le festival FIFO (festival international du film documentaire en Océanie) de Papeete et le festival du Cinéma des Antipodes de Saint-Tropez, à déjà permis de nombreuses découvertes et échanges de talents naissants.

Recevoir et échanger.

Les projections sont suivies de débats et tables rondes, alimentant les thématiques du festival. Y participent, réalisateurs, acteurs de la vie culturelle et politique, scientifiques et membres de la diaspora Pacifique en Europe. Cette édition, marquée par une actualité dense dans l’aire du Pacifique Sud, nous permettra de braquer les projecteurs sur le monde Maori, en particulier la culture Marquisienne, et la Nouvelle-Calédonie.

A cette occasion, un hommage sera rendu aux « hommes racines » que sont Lucien KIMITETE, ardent défenseur de la culture Marquisienne, disparu le 23 mai 2002, et Jean-Marie TJIBAOU, leader de la lutte pour la liberté et la reconnaissance du peuple Kanak, payant de se vie son engagement le 4 mai 1989.

Pour sa troisième édition, le festival présentera 16 films documentaires et de fiction, dont en exclusivité : « Louise Michel », de Solveig Anspach et « Oceanie » de Charles Belmont. Parallèlement, une exposition d’art contemporain polynésien, des contes Rapa Nui et Maori, un repas festif autour d’un « Ahima’a » (four polynésien) et le départ de pirogues marquisiennes sur la Charente viendront parfaire la découverte. Le festival est non seulement reconnu pour la qualité de sa programmation mais aussi pour son accueil convivial et chaleureux, vous transportant, l’espace de quelques jours, sur les rivages d’un autre bout du monde.

En amont du festival, le CNRS organise les journées d’études au thème « Images et pouvoirs en Pacifique Sud », les 27 et 28 mai au Forum des Marais à Rochefort.

A cette occasion, un montage d’extraits de 10 films par Sonia Faessel, professeur à l’Université de pacifique de Nouméa, sur la représentation du Pacifique par Hollywood, sera projeté au Forum des Marais.

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PROGRAMMATION : 29 mai – 1ER juin 2009.

PROJECTIONS

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Toutes les projections sont gratuites et auront lieu à la salle de l’auditorium du Palais des Congrès et seront suivies de débats avec la participation des réalisateurs et des intervenants du festival.

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Marquisien mon frère. Prix du public FIFO 2009.

53mn- Polynésie Fr – 2008

Version française /s-titres anglais.

Réalisation : Jacques Navarro-Rovira
Production : Bleu Lagon Productions & Grand Angle Productions

Présence de Pascal Ehrel, protagoniste du film

C’est l’histoire de deux frères marquisiens de l’île d’Ua Pou. Pascal, l’aîné et Jean-Philippe. Le premier adopté par la famille du gendarme d’Ua Pou part pour la Bretagne à l’âge de deux ans. Il fait toutes ses études en France. Après avoir travaillé pour le Ministère de la Défense, il revient définitivement sur son île, 25 ans plus tard, et retrouve sa famille biologique ; le second souffre d’une phobie pathologique de la mer et des bateaux, est pourtant aujourd’hui capitaine de goélette : deux destinées qui se sont croisées.

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Molière aux Marquises

52 mn – Nuku Hiva – 2007

Réalisation : Dominique Agniel

Production : Gédéon Programmes

Présence de la réalisatrice

C’est la fin de l’année au collège : le professeur de français répète le spectacle de fin d’année :   

« L’avare » de Molière qui sera joué devant les parents. Parallèlement, les mêmes jeunes répètent les danses traditionnelles maories le soir sur la place du village. Avant de retourner sur leurs îles respectives par le bateau de ramassage scolaire qui dépose les enfants dans chacune des six îles marquises, les jeunes inscrits en classe de sculptures passent leur examen : la création d’un Tiki de bois, représentation tutélaire d’un dieu marquisien. Plus loin, dans la cour de récréation face à la mer, les élèves de la classe de seconde disent à leur professeur leur inquiétude de devoir quitter les Marquises et leur famille pour aller poursuivre leurs études à Papeete, à 1 500 km de chez eux. Beaucoup veulent revenir plus tard pour essayer de développer leur petit archipel.

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Louise Michel (Exclusivité)

Fiction, première diffusion.

86 mn- Nouvelle Calédonie – 2009

Réalisation : Solveig Anspach

Production : France2/ Jacques Kirsner.

Présence de la réalisatrice.

En 1871, la révoltée et communarde Louise Michel est condamnée pour avoir porté les armes contre les troupes de Bismarck puis celles de Versailles. Elle est incarcérée dans la forteresse de Rochefort puis déportée, comme des milliers d’autre révolutionnaires, sur la lointaine Nouvelle-Calédonie. Pendant ce temps, à Paris, le jeune parlementaire Georges Clémenceau, infatigable mais isolé, se bat pour arracher l’amnistie des communards. Institutrice et proche de Victor Hugo, Louise Michel se révèle être une incroyable animatrice, résistante exemplaire que tous les hommes admirent. Se liant aux habitants de l’île, les Kanak, elle leur enseigne le français et découvre leur culture, leur identité et se lie à eux lors des révoltes contre l’ordre colonial. Son anarchie est un véritable comportement moral, un refus obstiné de l’injustice et de la discrimination. Elle terminera sa détention en enseignant dans une classe rassemblant enfants kanak et enfants de colons.

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Renzo Piano, le chemin kanak

52mn – Nouvelle-Calédonie – 2008

Réalisateur : Gilles Dagneau

Producteur : aaa Productions

Renzo Piano, l’architecte du Centre Georges Pompidou, est au sommet de son art lorsqu’il décide en 1990 de se lancer dans une aventure inhabituelle : la construction d’un Centre à Nouméa. La Nouvelle-Calédonie vient de vivre les heures les plus sombres de son histoire avec la disparition de Jean-Marie Tjibaou, leader charismatique du peuple kanak. Renzo Piano devra emprunter « le chemin kanak » pour s’imprégner de cette culture du Pacifique qui lui est étrangère mais qui l’attire.

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Le Salaire du Poète.

Prix Bartok du festival Jean Rouch 2009.

59mn – Vanuatu – 2008

Réalisateur : Eric Wittersheim
Producteur : Eric Wittersheim
Version : française sous-titrée en anglais

Présence du réalisateur.

Pour la première fois depuis des années, sur la petite île de Motalava, tout au nord du Vanuatu un nouveau chant sera écrit dans la langue des ancêtres – la langue du dieu Quat – et entrera dans la coutume. Mais plus surprenant, ce nouveau chant traditionnel est écrit en l’honneur d’un Blanc, un jeune Français que tout le monde là-bas appelle « Alex ».

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Nauru, l’île perdue

52mn – Nauru – 2007Réalisation : Laurent Cibien et Pascal Carcanade
Production : Beta Prod

C’était avant la découverte de ce qui est devenu sa richesse et la cause de son effondrement : le phosphate. Exploitée par les hommes, Nauru est désormais dévastée, désolée. Et désolante. Nauru a tellement honte de son destin qu’elle se cache aux regards des autres : depuis plus de quatre ans, aucun journaliste n’a pu obtenir de visa pour s’y rendre. car l’île a de nombreux secrets à cacher : des réfugiés du monde entier qu’elle garde contre de l’argent, des banques fictives qui blanchissent l’argent de la Mafia Russe, de la corruption. elle se cache aux regards des autres : depuis plus de quatre ans, aucun journaliste n’a pu obtenir de visa pour s’y rendre. car l’île a de nombreux secrets à cacher : des réfugiés du monde entier qu’elle garde contre de l’argent, des banques fictives qui blanchissent l’argent de la Mafia Russe, de la corruption.

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Océanie (Exclusivité)

87mn – Nouméa – 2001

Auteur-Réalisateur : Belmont (Charles) 

Production / Diffusion : Key Light productions, RFO

Présence du réalisateur.

« Les Océaniens » est un film qui montre au travers des spectacles vivants de 26 peuples lors du VIIIe festival des Arts du Pacifique de Nouméa l’attachement des cultures fortes qui tentent d’exister entre les mots d’hier et les paroles d’aujourd’hui. Ainsi, le thème était posé et les artistes se sont exprimés par la danse, la musique et le théâtre.. Les regards croisés d’Ariane Mnouchkine invitée par Marie-Claude Tjibaou enrichissent et appuient les propos des artistes. Les deux femmes se rencontrent, se découvrent, elles discutent avec les chorégraphes, les danseurs, Ariane Mnouchkine entend la force des chants et des gestes sur les terres d’un drame encore très présent dans les mémoires. Le film transporte avec finesse l’aspect politique de la démarche artistique de chacun. Elles commentent, nous racontent ce besoin fondamental d’identité et de reconnaissance auxquels ces peuples aspirent. Ils sont nombreux, mais ne font qu’un, comme le précise un chef de village pendant la coutume. Le film évoque avec brio la quête de chacun dans une parfaite résonance du désir de tous.  

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Le cauchemar de Goro. TREMPLIN.

               

31mn – Nouvelle-Calédonie – 2006

Production : Elie Peu Ngony
Réalisation : Elie Peu Ngony

Présence du réalisateur

Malgré l’opposition de la population, Inco a prévu de construire une usine hydro métallurgique à Goro dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie. Des actions sont menées sur le terrain par le Comité Rheebu Nuu qui veut connaître l’étendue du projet et son impact sur la vie de la région. Parallèlement se pose le problème du droit des peuples autochtones à disposer de leurs richesses.

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La Promesse tenue

52mn – Nouvelle-Calédonie.

Réalisateurs : l’équipe de Cinead composée de Marie-Noelle Lopez, Satu Von Hellens et Lydia Ait-Maama et le commentaire de Gilbert Assawa.  

« La promesse tenue » raconte le parcours atypique d’un enfant, Nha, a qui le Koniambo enleva son père, connu sous le matricule 10 206, et qui fut recueilli à Nouméa dans une famille de compatriotes, loin de sa mère Thi Binh, matricule A 649 envoyée à Chagrin. Cette histoire c’est celle d’un jeune homme qui aurait pu être chacun d’entre nous, d’un jeune homme de rien et de nulle part qui eut la chance de rencontrer des mentors de génie, et qui par le plus grand des hasards, se trouva confronté à tenir une promesse. Cette parole donnée par André Dang à Jean-Marie Tjibaou est devenue celle des hommes et de femmes qui partagent avec eux un attachement viscéral pour cette terre de Calédonie et qui comme eux n’ont ménagé ni la sueur, ni les larmes pour que cette promesse se partage et devienne une vision.

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Sevrapeck City.

Prix special du jury FIFO 2009.

51min – 2008 – Vanuatu
Réalisateur : Emmanuel Broto & Fabienne Tzerikiantz
Producteur : Emmanuel Broto & Fabienne Tzerikiantz
Version : française sous-titrée en anglais.

Présence des réalisateurs.

En novembre 2006, les membres de l’expédition « Santo 2006 » sont venus inventorier la biodiversité de l’île de Santo au Vanuatu. Pour accueillir ces scientifiques, un camp de base a été construit par la population locale, au cœur de la forêt, et à quelques kilomètres du petit village de Penaoru. Quelques mois plus tard, les villageois relatent leur implication dans cette mission et nous livrent leurs sentiments contrastés sur cet événement sans précédent.

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Khaninikula

52mn – PNG – 2009

Réalisation : Cyrille Benhamou

Production : Digamé Production

Présence du réalisateur.

Un film qui témoigne de l’identité d’un village reculé des îles Trobriand, au large de la côte est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, dont les traces du passé et la réalité du présent se conjuguent dans la pratique d’un jeu de ficelle.  www.myspace.com/kaninikula  

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Le chemin parcouru

52mn – Nouvelle-Calédonie – 2008.

Réalisation : Jacques-Oliviers Trompas, Henri Lepot

Production : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Documentaire sur l’histoire calédonienne récente à l’initiative du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Il a été présenté la première fois le 26 juin 2008, pour le vingtième anniversaire des accords de Matignon-Oudinot et les dix ans de l’accord de Nouméa. Film remarquable avec les commentaires d’Henri Lepot, journaliste aux Nouvelles Calédoniennes.

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Mon Ile Marquises    

52mn – Nuku-Hiva –     

Réalisation : Téaki Cochard-Teikivaeoho,

Présence de la réalisatrice

En réalisant « Mon île Marquises », la réalisatrice retrace sa lignée familiale marquisienne de son ancêtre Pakoko, chef illustre de Nuku-Hiva fusillé par les militaires français en 1845, à aujourd’hui.
Comment les marquisiens ont-ils survécu à la mort de leur chef ? Qu’en est-il de la culture marquisienne ancienne et traditionnelle ? Comment la culture marquisienne a-t-elle survécu à l’arrivée des nouveaux découvreurs du XIXe siècle, à l’évangélisation chrétienne du XXe siècle et aux soubresauts des essais nucléaires ? http://www.teaki.net/

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La dernière danse de Lucien ROO Kimitete

26 mn – Polynésie Fr – 2003

Réalisation : Erick Monod

Production : RFO Polynésie.

Film en souvenir de Lucien Kimitete, élu marquisien, fervent défenseur de sa culture, disparu dans un accident d’avion en mai 2002.

Suivi du  Débat : « Lucien Kimitete, une culture en héritage. »

Intervenants : Aumiti Kimitete, fille de Lucien Kimitete et réalisatice ( sous réserve) , Pascal Ehrel, guide au parc patrimonial des Marquises, Dinah Desjardin critique d’art Polynésien ( sous réserve) , Dominique Agniel, journaliste, réalisatrice et écrivain.

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TABLES RONDES

« Objets d’art ou restes humains ? « , sur la restitution des têtes maories aux chefferies coutumières Néo-Zélandaises.

Ancienne école de médecine navale.

Intervenants : Sébastien Minchin, conservateur du musée de Rouen, Roger Boulay, ethnologue, Denis Rolland, attaché de conservation du patrimoine au musée national de la Marine, Claude Stéfani, conservateur du musée Hèbre de St Clément, Elise Patole-Edumba, ethnologue, Bernard Grasset, ancien président de la commission du Pacifique Sud. Le débat sera animé par Lorenzo Brutti, ethnologue au CNRS, centre de recherches et de documentation sur l’Océanie de Marseille (C.R.E.D.O.).

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«De Mélanésia 2000 au centre culturel Tjibaou : le combat d’un homme pour sa culture»

Salle de l’Auditorium.

Suivi de la projection de « Témoignages 1989-1990 » de Bernard Baissat, film d’archives de 8mn.

Intervenants : Walles Kotra, directeur de France ô, Michel Levallois, ancien préfet, Philippe Missotte, sociologue, Jean-François Merle, conseiller    d’Etat, Basile Citré, maire de Maré. Le débat sera animé par Bernard Baissat, cinéaste et journaliste.

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THEMATIQUE

Environnement et développement durable, actualité riche en Nouvelle-Calédonie, qui a vu son lagon classé au patrimoine mondial de l’humanité en 2008 mais qui a tout récemment fait face à des accidents écologiques.

Ce thèmes sera abordé en débat et illustré par les films : « Le cauchemard de Goro » et « Nauru, île perdue ».

Intervenant : Jean-François Merle, conseiller d’état.

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EXPOSITION

Andreas Dettloff,

Plasticien germano-polynésien, exposera ses œuvres au Musée Hebre de St Clément, à partir du 26 juin 2009.

Plus d’informations : http://www.dettloff.org/

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AHIMA’A : four polynésien

Illustration de saveurs et moment festif autour d’un plat cuit au four traditionnel polynésien : ahima’a. Repas exceptionnel, concocté par l’association  » Tïaré Taïna » de Rochefort, dans le cadre de la Corderie Royale!

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Samedi 30 mai 2009  à 15 h  à la médiathèque  :

Contes Rapa-Nui, par Céline Ripoll  « voyageuse-rapporteur de contes ».

http://www.globe-conteur.com/

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Les 27-29 mai  2009 : journées d’études du CNRS :

« Images et pouvoir en Pacifique » au forum des Marais. Illustré par le réseau Asie-Imasie. « L’image permet de comprendre une société, d’en offrir de nouvelles lectures en révélant des non-dits et elle permet de saisir ses tensions et les enjeux de domination. Comment les images appréhendent-elles le pouvoir ?…. »    Plus d’informations :  http://www.reseau-asie.com/ rubrique agenda.

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Mercredi 27 mai  2009 à 18h30 :

Départ de pirogues de courses polynésiennes sur la Charente, du ponton de la Corderie Royale, avec l’association Heke Moana Chatel qui proposera une initiation.

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Jusqu’au 28 mai : TAI KAHANO, pirogue des îles Marquises. Exposition unique en Europe au Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle. http://www.museum-larochelle.fr/

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Annexe programmation 

Eric Wittersheim

Docteur en anthropologie, Eric Wittersheim s’intéresse aux sociétés du Pacifique Sud depuis la fin des années 80 et a publié plusieurs ouvrages sur la politique en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu. Son film Grassroots, ceux qui votent, sur les élections au Vanuatu a obtenu le prix du Jury au Festival du film océanien de Tahiti en 2004 (présenté au festival de Rochefort en 2006) Eric Wittersheim vient d’obtenir le prix Bartok au 28e festival Jean Rouch en 2009 pour son film le salaire du poète (programmé au festival de Rochefort en 2009) Eric Wittersheim vit actuellement à Honolulu où il est chercheur à l’East-West Center (Pacific Islands Development Program).

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Charles Belmont

Charles Belmont a été acteur pendant six ans avant de passer à la réalisation. Il écrit ses scénarios seul ou en collaboration. Océanie ( documentaire musical) Les Médiateurs du Pacifique Pour Clémence avec Jean Crubelier Eva Darlan Histoires d’A ( documentaire) co-réalisé avec Marielle Issartel RAK Avec Sami Frey Lila Kedrova Maurice Garrel L’Écume des Jours Avec Jacques Perrin Marie-France Pisier Sami Frey Le Fratricide court-métrage d’après une nouvelle de Kafka avec Jean Babilée  2006 Charles Belmont Qui de nous deux, il dirige Clément Sibony, Tewfik Jallab et Salomé Blechmans

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Gilles DAGNEAU

Gilles Dagneau a débuté comme rédacteur à La Revue du Cinéma et aux Fiches de Monsieur Cinéma.
Il est l’auteur de deux biographies : Dustin Hoffman et Ava Gardner, belle, sauvage et innocente, publiée chez Gremese et parue aux Etats-Unis en 2003.
Chef monteur pour la télévision depuis 2001, Gilles Dagneau a séjourné dix ans en Nouvelle-Calédonie et trois ans en Polynésie qui lui a inspiré une série de photos : Scènes de scooters à Tahiti.
Principales réalisations :
– TJIBAOU, LE PARDON (Docu.aaa-RFO-ADCK.Beta num.2006)
L’histoire, à travers archives et témoignages inédits, de la réconciliation des familles Tjibaou et Wea, depuis l’assassinat de J-M Tjibaou.
Sélectionné au FIPA 2007 Hors compétition
Prix Spécial du Jury au FIFO 2007
Diffusion : FRANCE ô et RFO
-TIANÔ, LA PAROLE DÉCHIRÉE (Fiction. aaa-RFO. 35′. 2003). Avec Earl Song et Sammy Whaap.
Diffusion RFO Sat.
Selectionné au Festival du film insulaire de Groix et au Festival du film « Ma Région » de Gruissan.

-LA VALLEE DU TIR (Doc. aaa-RFO. 52′.2000).
Un quartier de la ville de Nouméa à la veille de sa réhabilitation.
Diffusion RFO.

-JEAN-MARIE TJIBAOU, LA PAROLE ASSASSINÉE (Doc. aaa-ADCK-RFO-INA. 52′. 1997).
Portait du leader indépendantiste assassiné à Ouvéa en 1989.
Diffusion France 3. Chaine Histoire.
(Sélectionné au FIPA – 1998, Prix du Public au FIFO – 2003).

-REMEMBER NEW CALEDONIA (Doc. Archives. RFO. 42′. 1996). La présence américaine en Nouvelle-Calédonie vue à travers le journal d’un soldat. Diffusion RFO SAT.

-LEVÉE DE DEUIL À TIAOUÉ (Doc. RFO-ADCK. 18′. 1995).
Cérémonie de levée de deuil d’un haut dignitaire kanak. Diffusion France 3.

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Dominique Agniel

Dominique Agniel fut professeur de français à Beyrouth et à Montréal, journaliste pour la presse écrite puis à Radio France, Réalisatrice de films pour France 2 et TF1, elle participa à la création du magazine « Transit », sur ARTE avant de larguer les amarres pour un tour du monde en voilier avec ses trois enfants (dont un bébé de 18 mois).

Arrivée aux Iles Marquises en 1995 après deux ans de navigation sur la route des alizés, elle s’y installe en famille et crée une radio locale en marquisien : Radio Marquises.

De retour en métropole, Axel, son fils, souffre de « phobie scolaire ». Pendant dix ans, il fréquente psys, orthophonistes et thérapeutes sans succès. Lorsqu’il atteint l’âge de 13 ans, sa mère décide alors de faire une pause, de le sortir du système scolaire pour aller voir ailleurs comment vivent les hommes. À l’école de Jules Ferry, Dominique Agniel substitue l’appel du grand large comme une thérapie contre l’échec.

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Solveig Anspach

De père américain et de mère islandaise, Solveig Anspach est diplômée de la FEMIS en 1989. Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages documentaires, elle passe à la fiction avec Vizir et vizirette en 1993. Son premier long, Haut les coeurs ! (1999), connaîtra un franc succès et vaudra à Karin Viard d’obtenir le César 2000 de la meilleure actrice. 

Par la suite, Solveig Anspach continue de faire des allers et retours entre documentaire (Made in the USA, film sur la peine de mort en 2001), et fiction (Stormy Weather, avec Elodie Bouchez, en 2003).

Filmographie : Back Soon (2008) réal. ; Louise Michel (TV) (2008) réal. ; Les Européens (TV) (2005) réal. :Stormy weather (2003) réal. ; Made in USA (2001).

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Jacques Navarro-Rovira

Le réalisateur Jacques Navarro-Rovira est l’un des fondateurs de la société de production Les Films du Sabre. Au cours de son service militaire, il découvre Tahiti, qu’il va apprendre à connaître, à travers l’objectif de sa caméra. Son documentaire de 26 min Hora’a, sur la troupe de danse polynésienne Te Maeva, est le premier film à avoir reçu un appui financier de l’APAC (aide à la production audiovisuelle et cinématographique), instituée en 2007 en Polynésie française.

Né en 1950, il est sensibilisé très tôt à la photographie et au cinématographe grâce à un grand-père d’origines lyonnaise photographe et cinéaste, intime des frères Lumière.
Au cours de ses études supérieures à l’E.S.S.E.C (Ecole Supérieures des Sciences Economiques et Commerciales), Jacques Navarro-Rovira fait des rencontres déterminantes. Il tourne plusieurs courts-métrages avec ceux qui seront ses futurs associés dans « Les Films du Sabre », société de production qu’il crée avec eux en 1973.
Pour son service militaire, il part pour Tahiti pendant 16 mois comme V.A.T (Volontaire à l’Aide Technique), au cours duquel il se forge sa « part » polynésienne.

Vers le milieu des années 80 l’appel du large viendra de… Tahiti ! Il reçoit en effet la proposition de développer le tout nouvel Institut de la Communication Audiovisuelle de Polynésie française (ICA). Ce sera pour lui l’occasion de connaître ce pays en profondeur grâce à de très nombreux tournages documentaires qu’il effectuera dans tous les archipels : îles de la Sociétés, Marquises, Australes, Tuamotu, Gambier. Il découvrira aussi d’autres cultures polynésiennes, micronésiennes et mélanésiennes lors du 4ème Festival des Arts du Pacifique en 1985, qui se déroule à Tahiti et au cours duquel il tournera plus de 70 heures de rushes qui donneront le film officiel de la cérémonie, ainsi qu’une collection documentaire sur la musique et les danses du Pacifique. La plupart de ses films seront diffusés sur RFO Télé Polynésie.
Depuis lors, il conçoit, produit et réalise plusieurs émissions pour ces diffuseurs, notamment « Motamo » une quotidienne pour enfants autour du vocabulaire, « Aïto Kultur » un magazine mensuel « branché jeune », « Anapa » un hebdomadaire sur la gestuelle dans les domaines de la danse, de l’artisanat et du tatouage, sur RFO ou Knews, ainsi qu’un magazine d’actualité hebdomadaire sur TNTV.
Disposant de son propre matériel professionnel de tournage et de montage, il produit également des documentaires de création « Ia Orana Gauguin, photographies d’un retour », « Parry – Papeete 1932 », ainsi que des courts métrages de fiction « Antirock »  avec des élèves du Lycée Gauguin, « Maohi Touch ». Il intervient également comme producteur exécutif et réalisateur auprès d’autres producteurs ou diffuseurs de la place.
En 2007 il co-réalise et co-produit avec Karl Reguron un film100 % polynésienne « Hora’a » (le don). Ce film de 26 minutes est un portrait très touchant de la troupe de danse tahitienne Te Maeva que l’on découvre au travers notamment du regard de  Coco Hotahota co-fondateur de la troupe avec la regrettée Pauline Dexter. « Horo’a » sera le grand vainqueur du FIFO (festival International du film documentaire Océanien) à Papeete en 2008.

En 2009, il obtient le prix spécial du Jury FIFO pour Marquisien mon frère.

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Jean-Marie Tjibaou

Né en 1936 à Tiendanite, un petit village de la montagne à l’extrême nord du territoire, cet enfant du pays est resté toute sa vie durant attaché aux valeurs culturelles de sa terre. Résolu à arracher la liberté de son peuple, son engagement politique a été comparable à un sacerdoce qu’il a assumé jusqu’au bout.Très tôt, il fut influencé par la forte personnalité de ses parents. Ty Vencelas, son père, était l’un des premiers instituteurs kanaks dans les années 1940-1945. Dya, sa mère, fille de grand chef, était une personnalité respectée de la région. Adolescent, il comprend que la culture constitue un pilier fondamental sur lequel doit reposer le combat politique du peuple kanak.

La vocation de prêtre humaniste

Le jeune Jean-Marie reçoit son premier apprentissage de l’école primaire catholique de Ouaré à Hienghène. Son éducation se poursuit ensuite à Canala puis à Païta. Son destin semble tout tracé : il sera prêtre. Il est, alors, loin de s’imaginer qu’il accordera son dévouement à une autre mission. En 1949, il entre au petit séminaire de Païta, avant de rejoindre une école de l’île des Pins, où il fait son noviciat. L’année 1965 est celle de son ordination comme prêtre à Hienghène. Deux ans plus tard, en 1967, c’est dans la cathédrale de Nouméa qu’il exerce son ministère comme second vicaire.

Études françaises

Attiré par les sciences humaines, Jean-Marie Tjibaou profite d’une bourse pour entreprendre des études à l’Institut de sociologie de la Faculté catholique de Lyon. Il s’inscrit ensuite, en 1970, en section ethnologie à l’Ecole pratique des hautes études, à Paris. Constamment préoccupé par l’identité kanak et ses moyens d’épanouissement, il commence une thèse sur le thème de l’identité culturelle qui restera inachevée. A cette époque, la tension monte en Nouvelle-Calédonie et Jean-Marie Tjibaou entend participer aux changements qui sont espérés par les Kanak. Il rentre chez lui pour faire lui aussi entendre sa voix.

« On ne peut servir deux maîtres à la fois »

Le prêtre de Henghiène a bien compris qu’« on ne peut servir deux maîtres à la fois ». Aussitôt revenu sur le Territoire, il demande sa réduction à l’état laïc. Il se marie avec Marie-Claude Wetta et dès lors se consacre entièrement à la défense de la culture kanak. En 1974, il concrétise sa vision politique en étant à l’origine de la conception et de l’organisation du festival « Mélanésia 2000 » avec Jacques Iekawé. Pour la première fois en Nouvelle Calédonie, la culture kanak est à l’honneur. La presqu’île de Tina qui accueille le festival en 1975, sera 20 ans plus tard le lieu d’édification du Centre culturel Jean-Marie Tjibaou.

Une impressionnante détermination politique

Si la Culture demeure le fer de lance de son discours, Jean-Marie Tjibaou ne perd pas de vue pour autant son objectif final : l’indépendance pour son pays natal. Pour ce faire, il acquiert peu à peu une légitimité auprès de la population, qui n’hésite pas, à plusieurs reprises, à lui accorder sa confiance. Jean-Marie Tjibaou à la tête du « Front de libération nationale kanak et socialiste » avec Yeiwéné Yeiwéné (à gauche)

L’année 1977 marque le début de sa carrière politique : il se porte candidat aux élections municipales de Hienghène et est élu. La même année se déroule le 8ème congrès de l’Union calédonienne, principal parti indépendantiste de la Nouvelle-Calédonie. Nommé vice-président de ce parti, il fait appel à des jeunes comme Yeiwene Yeiwene et Eloi Machoro qu’il juge capables de le seconder dans ce combat pour l’indépendance.

Le Front indépendantiste

Deux ans plus tard, le Front indépendantiste est créé et Jean-Marie Tjibaou sera son chef de file à l’Assemblée territoriale. Le leader charismatique qu’il devient peu à peu reste conscient de la nécessité de négocier l’émancipation avec le pouvoir central, sans toutefois oublier que seule la solidité de l’engagement est porteuse de résultats. En juin 1982, au terme d’un renversement d’alliances, il est élu vice-président du Conseil de gouvernement de Nouvelle-Calédonie. Il occupera cette place jusqu’au boycott actif des élections territoriales par les indépendantistes le 18 novembre 1984. En juillet 1983, il participe, au nom du Front indépendantiste, à la « table ronde de Nainville-Les-Roches » qui reconnaît aux Kanaks « un droit inné et actif à l’indépendance ». L’année qui suit voit la création du Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS), à la tête duquel Jean-Marie Tjibaou est nommé.

Président de la région Nord

Ce cumul de responsabilités politiques, qui fait de lui le porte-parole incontestable du peuple kanak, le propulse à la présidence du Gouvernement provisoire de « Kanaky » en novembre 1984. Pour la période 1985-1986, il est élu président de la région Nord issue du statut Fabius-Pisani.

La négociation des accords de Matignon

Le 26 avril 1988, quelque temps après le drame d’Ouvéa, il participe à Paris à des négociations aboutissant à la signature des accords de Matignon avec le Premier ministre français de l’époque, Michel Rocard, et Jacques Lafleur, président du RPCR, principal parti loyaliste en Nouvelle-Calédonie.

Sa détermination dans la lutte pour l’indépendance n’ayant d’égale que sa volonté d’empêcher la montée des haines raciales, il accepte ces accords qui prévoient une décolonisation graduelle sur une période de dix ans. Cet acte lui coûtera la vie. Un an plus tard, le 4 mai 1989, Jean-Marie Tjibaou est assassiné avec Yeiwene Yeiwene par un opposant indépendantiste.


 

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Lucien Kimitete

Disparu dans un tragique accident d’avion, le 23 mai 2002, dans l’archipel des Tuamotu, ardent militant de la cause marquisienne et grand défenseur de cette spécificité culturelle, Lucien Kimitete restera dans les mémoires. Dès son jeune âge, il fut inspiré par un milieu familial très conscient de l’admiration que le monde extérieur porte pour la civilisation marquisienne .Son oncle Joseph Kimitete, sculpteur marquisien reconnu mondialement, exposa à Paris et décora de nombreux grands hôtels à Hawaii. Lucien portait donc en lui l’extrême fierté d’être un des héritiers de cette culture et se forgea une vision, celle de devenir protecteur et promoteur de la civilisation de son archipel. Homme à la forte et très agréable personnalité, intelligent et bon orateur, il était aussi un des rares politiciens locaux à avoir une conception internationale de la place de la Polynésie, compréhension acquise lors de ses fréquents voyages dans le Pacifique et notamment à Hawaii où une partie de la famille Kimitete est installée depuis deux générations.

Homme international

C’est sur la scène internationale, et grâce à la manière de faire que les anglophones appellent le « Pacific way » que Lucien Kimitete dépassait d’une tête tous les autres politiciens du cru. Il était connu et apprécié de tous les leaders, surtout ceux des minorités indigènes. Très populaire et respecté à Nouméa, en France et à Hawaii grâce à son humilité et à son contact facile, Lucien était d’une amabilité égale envers le petit comme le puissant. Un geste que peu de gens connaissent à Tahiti est révélateur de la générosité et de la « dimension Pacifique » de Lucien : lors du Festival des Arts de Nouméa en octobre 2000, il tint une « coutume » avec les chefs des tribus kanak lors de laquelle, dans un discours, il demanda leur pardon pour tous les torts ou peines que des Marquisiens émigrés en Nouvelle-Calédonie auraient pu créer, accidentellement ou volontairement.

 

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Lucien Kimitete tient une « coutume » avec les chefs des tribus kanak lors de laquelle, dans un discours, il demanda leur pardon pour tous les torts ou peines que des Marquisiens émigrés en Nouvelle-Calédonie auraient pu créer. (ph. Patrick Brai)

Les éléments biographiques ci-dessus de la vie de Lucien Kimite sont extraits d’un article de Alex W. du Prel (Tahiti-Pacifique août 2002 numéro 136)

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PROGRAMME.

Festival du cinéma de pays du Pacifique sud 2009.

Toutes les projections ont lieu à la salle de l’auditorium du palais des Congrès.

Préambule :

Mercredi 27 et jeudi 28 mai 2009 :

« Images et pouvoir en Pacifique ». Journées d’études du CNRS. Forum des Marais.

Mercredi 27 mai.  

18h30 : Départ de pirogues de courses polynésiennes sur la Charente, du ponton de la Corderie Royale avec l’association Heke Moana Chatel.

Vendredi 29 mai  2009 :

9h : Projection au Forum des Marais du montage de 10 extraits de films, par Sonia Faessel, professeur à l’université du Pacifique à Nouméa, sur la représentation du Pacifique par Hollywood. En collaboration avec le CNRS et dans le cadre des journées d’études du Réseau Asie-Imasie. Chaque extrait sera commenté par l’intervenante.

11h : Ouverture du Festival et clôture des journées du CNRS, salle Pierre Loti au Palais des Congrès en présence de Bernard Grasset, maire de Rochefort, Jean-Marc Regnault, chercheur associé à l’Université de la Polynésie Française, Viviane Fayaud du réseau Asie-Imasie du CNRS, chef du projet Océanie, Jean-Marc Regnault, chercheur associé à l’Université de la Polynésie Française et Michel Degorce-Dumas, Cinéma des Ailleurs, Commissaire du festival.

11h30 : Pot de bienvenue salle La Fayette.

14h : Table ronde à l’ancienne école de médecine navale.

 « Objets d’art ou restes humains » sur la restitution des têtes maories aux chefferies coutumières néo-zélandaises.

16h15 : ProjectionLa dernière danse de Lucien Roo Kimitete   d’Erick Monod.

17h15 : Débat : « Lucien Kimitete, une culture en héritage» Intervenants : Aumiti Kimitete fille de Lucien Kimitete et réalisatrice ( sous réserves), Pascal Ehrel, guide au parc patrimonial des Marquises, Dinah Desjardin, critique d’art Polynésien( sous réserves), Dominique Agniel, journaliste, réalisatrice et écrivain.

Samedi 30 mai 2009 :

10h : Projection : « 1988-2008, le chemin parcouru » de Jacques-Olivier Trompas : en 20 ans la Nlle-Calédonie est passée d’une situation insurrectionnelle à une stabilité politique et une forte croissance économique.  

11h : Débat avec Jean-François Merle, conseiller d’Etat.

11h30 : Projection  « Renzo Piano, le chemin Kanak » de Gilles Dagneau,

la quête de la culture kanak par l’architecte du centre culturel Tjibaou de Nouméa.

12h30 : Débat avec Wallès Kotra

Samedi 30 mai  2009 (suite) :

14h30 :Table ronde salle de l’Auditorum :

« De Mélanésia 2000 au centre culturel Tjibaou : le combat d’un homme pour sa culture».

15h : Conte polynésien à la médiathèque par Céline Ripoll (vente dédicace de son livre)

16h : Projection salle de l’auditorium du court-métrage de Bernard Baissat « après les accords Matignon et  Oudinot 1988-1989 témoignages » (8 mn).

16h30 : Projection, salle de l’auditorium, de « Marquisien, mon frère » de Jacques Navarro-Rovira.  

17h30 : Débat avec Pascal Ehrel (sous réserves), protagoniste du film et Dominique Agniel, journaliste, réalisatrice et écrivain.

18h : Projection : « Sevrapek City » d’Emmanuel Broto et Fabienne Tzerikiantz.

19h : Débat avec Emmanuel Broto, réalisateur et Fabienne Tzerikiantz, réalisatrice et ethnologue au C.R.E.D.O Marseille.

21h : AVANT-PREMIÈRE : «Louise Michel» de Solveig Anspach avec Sylvie Testud, suivi d’un débat avec la réalisatrice.

Séance sur invitation, à retirer à l’accueil du festival, dans la limite des places disponibles.

Dimanche 31 mai 2009  :

10h : Projection : « La promesse tenue » de Marie-Noëlle Lopez, Satu Von Hellens et Lydia Ait-Maama : l’histoire de la SMSP, la société minière de la Province Nord de la Nlle Calédonie.

11h : Projection : « Le cauchemar de Goro », d’Elie Peu N’Gony.

11h30 : Débat sur le thème « Développement et environnement », avec Jean-François Merle, conseillé d’Etat et Elie Peu N’Gony, réalisateur.

14h30 : Projection salle de l’auditorium de « Le salaire du poète » d’Eric Wittersheim.

15h30 : Débat avec Eric Wittersheim, anthropologue et réalisateur

16h : Projection : «Khaninikula» de Cyrille Benhamou.

17h30 : Débat avec Cyrille Benhamou, anthropologue et réalisateur 

18h : Projection : « Molière aux Marquises » de Dominique Agniel.

19h : Débat avec Dominique Agniel, réalisatrice, journaliste et écrivain.

20h30 Repas : four polynésien« Ahima’a »organisé par« Tiaré Taïna ». Devant l’Hermione –  Sur réservation.

Lundi 1er juin  2009 :

10h : Projection : « Mon Ile Marquises » de Téaki Cochard-Teikivaeoho.

11h : Débat avec Téaki Cochard-Teikivaeoho , réalisatrice.

11h30 : Projection : « Nauru, île perdue » de Laurent Cibien et Pascal Carcanade.

 12h30 : Débat avec Jean-François Merle, conseiller d’Etat.

14h30 : EXCLUSIVITE, projection d’ « Océanie » de Charles Belmont, avec Ariane Mnouchkine et Marie-Claude Tjibaou. Séance sur invitation, à retirer à l’accueil du festival, dans la limite des places disponibles.

16h : Débat avec le réalisateur Charles Belmont.  Clôture du festival.

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Web site: cinemadesailleurs17.weebly.com

Comité de coordination du festival

Commissaire du festival : Michel Degorce-Dumas

Contact : 05 46 87 37 59 / 06 69 52 82 23

Mél : vernet-degorce@wanadoo.fr

Relation avec la presse et les médias : Anaïs Goasdoué

Contact : 05 47 99 00 06 / 06 79 19 99 13

Mél : a.goasdoue@gmail.com

Communication : Sandra Moisdon, Mélodie Dufresne
Site internet : Isabelle Guinut
Programmation : Anne-Marie Vernet, Emélie Hweillia
Financement : Marie-Christine Babin
Partenariat : Sandra Moisdon, Emélie Hweillia, Anne Ségouat
Secrétariat : Patricia Rini
Logistique : Marie-Christine Babin, Sandrine Zobel

Bureau : 60 rue Thiers, 17300, Rochefort.

Tel: 05 46 87 37 59

Web site: cinemadesailleurs17.weebly.com

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Source  : Dossier de presse Cinéma des Ailleurs

Programme à télécharger : cliquez ici

Marquises : Mystérieux naufrage du voilier américain « Emily Pearl » sur la côte ouest de Nuku Hiva – le skipper Billy Landers porté disparu.

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     Est-il possible aujourd’hui 8 mai, cinq jours après le naufrage, que le skipper soit en mer à bord d’un canot Pudgy Portland vert comme celui-ci ?

     Dans la nuit du 03 au 04 mai, le voilier américain « Emily Pearl » a fait mystérieusement naufrage sur la côte ouest de Nuku Hiva. Le skipper Billy Landers 63 ans, est porté disparu.

     Le 3 mai, le dernier contact radio du skipper avec un autre navigateur, en début de soirée, ne laissait apparaître aucune situation alarmante. Selon nos informations, il devait rejoindre dimanche des amis américains à Ua Pou. C’est un pêcheur marquisien qui a donné l’alerte après avoir vu des objets flottant à la surface de l’eau : une bassine, une guitare, un petit ventilateur vissé sur un morceau de bois verni, des bouteilles de gaz sanglées sur une grande planche.

     L’épave est posée par plusieurs mètres de fond entre Matateteiko et la Baie marquisienne, la quille et le gouvernail arrachés, la coque déchirée des deux côtés, irrécupérable, sans de radeau de survie.

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Cliquez pour agrandir

     Les recherches à terre et en mer et aux abords d’une côte très difficile d’accès ont été menées par la gendarmerie, les sapeurs pompiers, les pêcheurs et plongeurs bénévoles, par le patrouilleur « Jasmin » de la gendarmerie maritime, par le Gardian qui a effectué des vols de recherche mardi et mercredi. Ces recherches n’ont pas permis de retrouver le skipper, ni de l’annexe du voilier.

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     Radio Marquises diffuse heure par heure des messages d’information auprès de la population (pêcheurs, chasseurs, guides…et Radio Mahina (Tahiti) en direction de navigateurs actuellement dans les eaux de l’archipel … au cas où quelqu’un verrait quelque chose.

     Billy Landers, militaire de l’armée américaine, navigue en solitaire depuis de nombreuses années. Il avait quitté le Mexique il y a quelques mois dans le cadre du rallye « Pacific Puddle Jump ».

     Les recherches sur le terrain et en mer se poursuivent à la recherche du canot de sauvetage ou d’autres indices, dans le sillage des vents et des courants.

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Le bateau de Bill Landers  de Port Angeles était un Islander 36

*

Tahitipresse – Naufrage aux Marquises : le skipper porté disparu

Recherches activées pour retrouver Billy 

Où est le skipper du voilier coulé ?

Search Underway for Shipwrecked Puddle Jumper

Singlehander Still Missing

Cruisers Hopeful About Landers’ Survival

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Iles Marquises :  » dossier Unesco, le fiasco  » un article de Marc Tarrats

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     L’archipel des Marquises classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, on en parle beaucoup depuis 2006, mais ce qui semblait un projet prometteur se transforme chaque jour un peu plus en un fiasco magnifique. Ou comment les responsables politiques sabotent leur propre demande…

     A force d’entendre dans les médias que l’archipel des Marquises sera bientôt classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, on finit par y croire. Et pourtant, c’est sans compter sur le pouvoir destructeur des politiciens à se tirer une balle dans le pied.

     En janvier 2006, le ministre Louis Frébault, de passage à Paris au siège de l’UNESCO, apprend que son archipel natal est déjà inscrit sur la liste indicative de la France, celle qui recense les biens de valeur universelle exceptionnelle susceptibles d’être proposés au classement du patrimoine mondial au cours des cinq à dix années à venir… Et que cette inscription date de… septembre 1996, notamment à l’initiative de Lucien Kimitete, le maire de Nuku Hiva disparu en avion au-dessus des Tuamotu, et de Dominique Cadilhac, administrateur d’Etat de l’archipel à l’époque.

     Treize ans plus tard, le dossier marquisien est toujours en lice pour une entrée future sur la liste du patrimoine mondial, mais les embûches sont nombreuses et les élus et responsables marquisiens aiment à s’en rajouter.

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     Le premier nœud de l’affaire était de savoir qui devait se prévaloir d’être le maître d’œuvre du projet. En effet, seuls les États-parties de l’UNESCO peuvent présenter une candidature au classement du patrimoine mondial. La France est un Etat-partie de l’UNESCO. La Polynésie française ne l’est pas. C’est donc bien la France, et en son nom, qui proposera le dossier marquisien, soutenu par différents partenaires comme les autorités locales (les communes) et régionales (le Territoire), des associations, des gestionnaires de sites, etc.

     Dès 2006, plusieurs personnes éminentes des comités UNESCO créés aux Marquises avaient suggéré à ce que ce soient les six maires de l’archipel, dans le cadre d’une association mise en place à cette fin, qui soient les porteurs du projet. Il s’agissait là de ne pas fragiliser la concrétisation de ce dernier par les soubresauts politiques du Territoire. L’État, le Pays et tout autre partenaire privé auraient accompagné le dossier en fonction des besoins.

     Mais voilà, la vanité du pouvoir et le sentiment d’éternité des ministres ont conduit les responsables marquisiens à confier le « bébé » au Pays. C’est Louis Frébault, « découvreur » de l’inscription de l’archipel sur la liste française, qui ouvrira le bal en prenant la direction du projet, profitant de son statut de ministre du gouvernement de la Polynésie française. En bon courtisan, il proposera à Oscar Temaru de devenir « naturellement » président du projet et se fera nommer très officiellement chef de projet.

     La stratégie était claire : flatter l’ego du président, récupérer des subventions territoriales et être sous les feux des projecteurs des médias sur un dossier à l’image plus que positive.

     Louis Frébault aura toutefois le mérite de mettre en place rapidement une équipe de travail qui, en sept mois, réalisera la première pierre du dossier : la rédaction des mémoires de Nuku Hiva et de Hiva Oa, ceux des autres îles devant suivre dans le courant de l’année 2007. Louis Frébault est d’ailleurs le seul à avoir amené le dossier aussi loin.

     Malheureusement, le projet ne pouvait s’accommoder de l’assaisonnement politique du ministre marquisien. Le mélange des compétences et des objectifs était flagrant : d’un côté, une association (pour recevoir des fonds territoriaux) sera constituée depuis Papeete avec des prête-noms à Hiva Oa pour composer le bureau ; d’un autre côté, l’expert-consultant, ancien directeur d’un service important de l’UNESCO, rétribué sur un contrat présidence, mais travaillant au ministère des PME ; enfin, un secrétaire général du projet, ancien colonel en retraite de l’armée de l’air, rémunéré, quant à lui, par le ministère des PME dans un premier temps, avant que l’association ne prenne la relève.

     Cette dernière nomination n’était pas le fruit du hasard. Elle coïncidait à l’époque avec la volonté de Louis Frébault de « voler », au profit de Hiva Oa, le projet d’aéroport international des Marquises à Nuku Hiva. Ainsi, le ministre des PME tenait de grandes réunions publiques aux Marquises où l’ex-colonel de l’armée de l’air, sous couvert de son implication à la candidature UNESCO, devenait la caution technique de la faisabilité d’un aéroport international à Hiva Oa.

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     C’est notamment ce mélange des genres qui conduisit l’équipe de travail aux Marquises à démissionner petit à petit. Dès lors, le projet s’en trouvera stoppé une première fois. Paradoxalement, lors des élections territoriales et municipales de 2008, nombre de candidats des Marquises se servirent du projet comme d’un thème de campagne.

     Par exemple, le nouveau maire de Hiva Oa, Etienne Tehaamoana, s’était engagé dans sa profession de foi à « œuvrer pour que l’élaboration de ce dossier soit placée sous la totale responsabilité des maires marquisiens ». Un mois plus tard, une partie de l’ancienne équipe de travail du dossier le prend aux mots et lui propose d’organiser une table ronde avec les cinq autres maires des Marquises. Non seulement le conseil municipal freina des deux pieds l’idée d’une candidature à l’UNESCO, mais en plus le premier magistrat de Hiva Oa préféra s’en remettre au Pays… contrairement à sa promesse !

     Le dossier avait cependant une seconde chance avec la nomination du maire de Ua Pou, Joseph Kaiha, au poste de ministre de la Culture du gouvernement Tong Sang. C’est malheureusement un second enterre­ment auquel il eut droit. Comme le dit le proverbe, on n’est jamais trahi que par les siens…

     Après de long mois à n’en rien faire, le ministre de la Culture échafauda une nouvelle structure de travail digne d’une usine à gaz. Là encore, courtisanerie et sentiment d’éternité le conduisirent à faire du président du Pays le réfèrent du dossier à l’échelon national. Joseph Kaiha, lui, devenait coordonateur du projet, avec sous son aile un comité de pilotage comprenant le président du Pays, 5 ministres, les six maires des Marquises, le président d’une fédération culturelle marquisienne, un représentant de l’Etat, un représentant de l’Assemblée et « des experts et des techniciens ». Pas moins de 17 personnes pour plus de simplicité et… d’efficacité ! Ce comité de pilotage chapeautant la fédération culturelle qui chapeaute elle-même un comité scientifique et un comité technique (à chaque fois une quinzaine de personnes).

     Il fallait faire plaisir à beaucoup de monde, et c’était chose faite. Il ne manque que ceux qui travailleront concrètement à la rédaction des projets et à la coordination des décisions à prendre au niveau local et régional (le Pays). Ces personnes n’apparaissent pas dans l’organigramme, mais elles sont dans le budget prévisionnel : 14 millions de francs (117 320 €) en 2009 pour les prestataires de services. Qui seront-ils ? A ce jour, ni les deux coordonnateurs initiaux du projet (à Nuku Hiva et à Hiva Oa) ni les comités de bénévoles (1) sur ces mêmes îles n’ont été recontactés… A moins que le Comité de pilotage ne souhaite faire appel à des cabinets d’études extérieurs à l’archipel. Mais attention à ne pas sauter une marche indispensable à la réussite du projet. Les recommandations de l’UNESCO sont explicites : « Les propositions d’inscriptions doivent être le fruit d’une participation d’une large gamme d’acteurs des sites, y compris les gestionnaires et les communautés locales ». Car préalablement au classement, des enquêteurs internationaux, mandatés par le Comité du Patrimoine mondial en charge d’évaluer les candidatures en dernier ressort, seront appelés à se rendre dans l’archipel pour ensuite témoigner. Que risquent-ils de voir alors ? Une population totalement indifférente à ce classement…

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     En effet, la seconde faiblesse de ce dossier, à ce jour, est d’avoir mis la charrue avant les bœufs. La population locale et les élus locaux ne sont pas préparés à assumer leur patrimoine selon l’idée de l’UNESCO. Hiva Oa est ainsi le porte-drapeau de l’oriflamme du désintérêt populaire pour la sauvegarde du patrimoine.

     Fin 2008, le maire de Hiva Oa avait demandé aux fonctionnaires de la direction de l’Environnement en mission de présenter à la population les plantes classées pestes végétales. Ils avaient alors souligné au premier élu que sa mairie et d’autres bâtiments communaux étaient fleuris de lantana (lantana camara), classées envahissantes (arrêtés n° 244 CM du 12 février 1998 et n°65 CM du 23 janvier 2006)… Quatre mois plus tard, la mairie est toujours fleurie de ces « bombes à retardement qu’il conviendrait d’éliminer rapidement avant leur possible expansion » selon les termes mêmes de la direction de l’Environnement. Les exemples du peu de considération pour le patrimoine naturel ou culturel ne manquent pas à Hiva Oa. Ainsi, le maire, encore lui, n’a toujours pas mis en place de représentants locaux au comité de gestion des îlots Mohotani et Fatu Uku où subsistent des plantes et des animaux endémiques, alors que la Direction de l’environnement l’a invité à le faire depuis plusieurs mois. Et que dire d’une conseillère municipale qui découvre un tiki en tuf rouge (2) de belle taille sur un de ses terrains et qui le ramène incognito chez elle pour en faire un nain de jardin ? Ou encore du service de l’Equipement qui verse des tonnes de terre sur un site archéologique situé sur un terrain communal sans que le maire s’en émeuve…

     Dans le même temps, le seul expert archéologique des sites marquisiens, Pierre Ottino, chercheur à l’IRD stationné à Nuku Hiva, est expédié dans d’autres contrées car le Territoire n’a même pas demandé à le maintenir à disposition dans l’archipel. C’est là une perte incommensurable pour la mise en valeur du patrimoine lithique de la Terre des Hommes, au regard de l’expérience accumulée par ce profession­nel éclairé (il a notamment un savoir-faire unique pour reconstituer pierre après pierre un paepae (3) tombé en ruine)…

     Seules les écoles semblent aujourd’hui se battre localement pour la défense du patrimoine. Citons le collège de Nuku Hiva, devenu en 2007 école associée au réseau UNESCO ou encore le collège Sainte Anne, qui a monté des « ateliers UNES­CO » à la rentrée 2008.

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     Ironie de l’histoire, la vanité des ministres et la passivité des maires de la « Terre des Hommes » va à l’encontre de leurs ambitions politiques. Durant toute la campagne des territoriales, les candidats de Te Henua Enana A Tu (Benoît Kautai, Joëlle Frébault et Joseph Kaiha), liste gagnante au premier tour avec presque 54% des suffrages, revendiquaient principalement une collectivité d’Outre-mer à part entière pour l’archipel. Ils ont donc réussi l’exploit de plomber ce qui pouvait être un atout dans leurs revendications séparatistes (à l’égard de « Tahiti Nui »). Que les six maires des Marquises aient été porteurs du projet d’inscription pouvait donner des ailes à leur justification identitaire, de l’espace sur la scène internationale pour convaincre de leurs différences avec Tahiti Nui et de leur capacité à se gérer.

     D’autre part, les élus marquisiens ont également péché par orgueil, convaincus que leur candidature s’imposait à la Polynésie française. Du jour où le dossier marquisien est sorti des cartons, les appétits d’autres archipels se sont ouverts.

     Ce fut un temps la volonté gouvernementale de mettre en place une grande candidature qui pourrait rassembler plusieurs sites : ceux des Marquises, Makatea (site historique industriel), Rangiroa (sa passe), etc. Puis ce fut au tour du site de Taputapuatea (Raiatea) de sortir du chapeau. Soutenu par la Jeune Chambre économique, ce dossier était lancé notamment par un certain Richard Tuheiava… aujourd’hui devenu sénateur. Et c’est là où l’orgueil marquisien risque bien de jouer des tours au dossier de la « Terre des Hommes ».

     Aussi bien ficelé soit-il, le dossier de Taputapuatea n’a aucune chance de gagner sa place sur la liste indicative de la France tant que le dossier marquisien y est. Richard Tuheiava le sait bien et n’a eu de cesse depuis trois ans de tenter un rapprochement des deux candidatures.

     En effet, vu la (mauvaise) avancée du dossier marquisien, le renommer en candidature de Polynésie française au titre des biens en série (c’est-à-dire de sites dispersés) pourrait être de moins en moins compliqué. La Commission nationale à Paris n’apprécie pas beaucoup les dossiers qui traînent en longueur (13 années pour les Marquises…) et qui privent d’autres sites d’une place enviée. Déjà, en début d’année, la Commission avait évoqué l’éventualité de supprimer les Marquises de la liste, sauvées de justesse par la représentante française de l’UICN (4)  qui insista pour son maintien.

     Alors débaptiser la candidature « Marquises » pour la renommer « Tahiti Nui » pourrait faire plaisir à de nombreuses personnes, localement mais aussi à Paris pour punir l’incompétence marquisienne. Et quand on est jeune sénateur, adoubé par le nouveau président de la Polynésie française et porteur du projet Taputapuatea, le pas à franchir pour ce changement d’étiquette semble désormais moins compliqué à obtenir…

     Les maires des îles Marquises seront-ils capables d’un dernier sursaut d’orgueil salutaire ? Si le dossier marquisien venait à couler en partie, l’indifférence serait assez grande dans l’archipel. Mais s’il survivait à ces turbulences, les élus locaux devront véritablement apprendre à gérer leur patrimoine naturel et culturel, particulièrement à Hiva Oa.

Marc Tarrats

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(1) Des comités UNESCO composés de bénévoles ont travaillé de mai 2006 à juin 2007 à recenser le patrimoine exceptionnel des Marquises. Plusieurs commissions les composaient : histoire, géographie, traditions et culture, faune, flore et archéologie.

 (2) Roche volcanique meuble, formée par accumulation  des cendres de lapilli et de blocs lors d’une éruption.  Une exposition à l’eau de pluie favorise l’installation d’agents biologiques qui conduisent à la dégradation, souvent rapide, des matériaux.

(3) Plate-forme de pierre rectangulaire surélevée.

(4) Union internationale pour la conservation de la nature

Article publié la première fois Version originale in TAHITI-PACIFIQUE MAGAZINE – Mars 2009 n° 215

Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur

Jacques Brel, légende de l’aviation aux Marquises

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Clic droit sur l’image pour l’agrandir

Le timbre et la voie, le timbre de la voix, la voie des airs, Brel légende de l’aviation aux Marquises…

Brel c’était une voix que les Marquisiens découvraient, c’était la voie postale qu’entre Hiva Oa et Ua Pou,  Brel ouvrait.

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Sur un site genevois, on peut s’imaginer naviguer à bord de Jojo, c’est virtuellement ici.