Itinéraire historique et littéraire : Sur les pas de Max Radiguet dans la vallée de Hakaui à Nuku Hiva

hakaui_1.1212390563.jpg

     Dans l’ouest de Nuku Hiva, au fond de la vallée d’Acauï(1), deux murailles basaltiques, qu’on dirait sillon­nées, déchirées par les puissantes tarières et les pics de mineurs plutoniens, s’élèvent hardiment à une hauteur énorme, et forment un étroit défilé. Rien de sinistre comme cette gorge aride et solitaire. À la base des grises falaises, dont la mince lame azurée du ciel sé­pare à peine les fronts sourcilleux, le sentier rocheux se tord vague­ment, éclairé par un jour terne. Dès qu’on pénètre dans ce défilé, le bruit des pas résonne d’une façon lugubre comme dans une crypte funèbre, et, lorsqu’on s’arrête, on entend un mugissement pareil à celui qui sort d’un gros coquillage appliqué à l’oreille.

hakaui_6.1212392513.jpg

A la ra­dieuse verdure qui réjouissait la vue succède la sombre et morne couleur bleuâtre de ces escarpements ignés : la chaleur accablante qui accompagne l’ascension fait brusquement place à des courants d’air, et l’on se sent pris de ce frisson glacial qu’une énergique ex­pression populaire qualifie de souffle de la mort. On n’est plus dès lors sous l’équateur, mais dans une gorge abrupte des contrées sep­tentrionales ; on éprouve une indicible envie de revoir le soleil : par­tout le roc surplombe, immense, inaccessible, et le regard inquiet monte en se heurtant aux parois resserrées jusqu’à l’étroite bande bleue du firmament.

hakaui_3.1212391189.jpg

On avance encore, une eau verte comme l’ab­sinthe coule silencieusement jusqu’au point où, rencontrant des ob­stacles, elle se brise avec fracas, rejaillit en éclaboussures sonores et continue sa course écumante (2).

 hakaui_10.1212392096.jpg   

     Je parcourais seul ce paysage, ayant devancé mon compagnon de promenade, que retardait je ne sais quel hasard de la chasse, et je m’assis au pied des gigantesques murailles. J’attendais en proie à cette vague tristesse que fait d’ordinaire entrer au cœur le sévère et imposant aspect des sites sauvages et solitaires.

hakaui_2.1212391361.jpg

On avance encore, une eau verte comme l’ab­sinthe coule silencieusement

Soudain deux phaétons sortis je ne sais d’où jetèrent sur ma tête leur cri plaintif ; un coup de feu tiré par mon compagnon retentit à quelques pas, et l’un des oiseaux tomba à mes pieds les ailes ouvertes. Une nuée d’oiseaux de mer effarouchés tourbillonnèrent aussitôt, surgissant des fentes du roc avec des piaillements aigus ; mais un cri de terreur poussé en même temps, et cette fois par une poitrine humaine, domina le bruit. Le chasseur m’avait rejoint.

Inquiets tous deux et cherchant d’où pouvait venir cette clameur désespérée, nous aperçûmes enfin, à une hauteur de quatre-vingts ou cent mètres, un canaque dont la couleur se confondait avec celle de la pierre. Immobile, les bras ten­dus, le dos scellé au mur, le malheureux, croyant qu’on en voulait à ses jours, nous contemplait effaré. Sa pose étrange à cette hauteur et au milieu de ce tourbillon ailé nous fit songer à Prométhée enchaîné sur le Caucase. – Voilà un habile et intrépide dénicheur d’oiseaux, me dit mon compagnon. – Hè ! pi mai (viens ici). – Le canaque ne bougeait pas. – Pi mai, répéta l’autre, joignant le geste à la parole, et lui montrant l’oiseau mort pour le rassurer.

 hakaui_5.1212390804.jpg

Alors, comme si ses mains eussent été armées de griffes, nous vîmes le canaque se mouvoir, glisser collé contre le rempart vertical

Alors, comme si ses mains eussent été armées de griffes, nous vîmes le canaque se mouvoir, glisser collé contre le rempart vertical et à peine acci­denté, tantôt se suspendant à des saillies presque invisibles pour nous, tantôt enfonçant ses doigts et la pointe de ses orteils dans des fissures. C’était à faire frémir et à donner le vertige, si bien que deux ou trois fois je fermai les yeux. Enfin il sauta à terre, et nous respirâmes. – Tabaco, fit-il en nous abordant. – Oui, si tu veux retourner prendre un nid d’oiseau. – Nous désirions uniquement savoir s’il attachait de l’importance au périlleux exercice auquel il venait de se livrer. – Tapu ! nous dit-il. – Tapu ! mais alors que cherchais-tu donc là ? – Le kaha de ma femme, qui est malade. L’âme de notre petit enfant, continua-t-il, est venue lui dire qu’on avait caché le kaha dans son morai. – Où donc est le morai de ton enfant ? – Là-haut.

hakaui_4.1212390971.jpg

Deux cercueils (pahaa) sont encore visibles dans les creux de la falaise

Et suivant la direction qu’il nous indiquait, nous aperçûmes dans la partie supérieure de l’escarpement quel­ques trous sombres d’où sortaient de fines baguettes blanches ornées de lanières de tapa (3). – Et l’as-tu trouvé, le kaha ? – Non ; aussi faudra-t-il bien que ma femme meure ! Et d’ailleurs, ajouta-t-il sim­plement, puisque le pahaa (cercueil) est prêt, pourquoi le corps le ferait-il attendre?

hakaui_11.1212392698.jpg

A la ra­dieuse verdure qui réjouissait la vue succède la sombre et morne couleur bleuâtre de ces escarpements ignés.

(1) Hakaui

(2) Cette cascade se précipite de 650 mètres de haut. [Avec en réalité ses 350 m, la cascade de Vaipo est l’une des plus hautes du monde]

(3) C’est la qu’on dépose mystérieusement la nuit les enfants venu au monde avant terme. J’ignore comment on s’y prend pour accomplir la nuit ces périlleuses escalades, qui ne paraissent pas possibles, même le jour.

In Revue des deux mondes Sept-Oct 1859 – La Reine blanche aux Marquises. Souvenirs et paysages d’Océanie – II. Les moeurs des Insulaires et l’occupation de l’archipel, par Max Radiguet.

Photographies : Michel Musa

Réaménagements au cimetière du Calvaire, autour de la tombe de Jacques Brel

amenagement-cimetiere.1212474528.jpg

Hier entretenu et fleuri, le cimetière du Calvaire disposé en terrasses domine du haut de la colline, la baie d’Atuona.

Jacques Brel et Gauguin y reposent à quelques mètres l’un de l’autre.

La tombe du grand Jacques est placée près des marches d’accès, dans la partie la plus basse du cimetière.

amenagement-cimetiere-brel.1212474616.jpg

Hier en partie dissimulée par la végétation, aujourd’hui totalement à découvert, les vieux frangipaniers qui bordaient  la route d’accès ont été  arrachés, la tombe de Jacques Brel   « attend de nouveaux aménagements pour la mettre en valeur pour les touristes» dixit le mutoi.

agrandissement.1212478468.jpg

Sur le côté droit, du côté de la tombe de Gauguin, de nouvelles terrasses viennent d’être aménagées pour agrandir le cimetière devenu au fil des ans trop petit.

 

Quand un véhicule à moteur devient l’attraction, à l’entracte on le tracte

4x4-repeche.1212637441.jpg C’est Christ, qui, toujours l’œil au Canon sied, a fait savoir au monde entier, qu’à Hakahau entre le repas de communion et la prière du soir, les voitures s’enfoncent sous la mer pour rejoindre le chemin qui mène à Hawaiki.

Hawaiki, dans la religion polynésienne traditionnelle représente la patrie d’origine des ancêtres, un monde souterrain d’esprits et d’âmes ainsi que la terre des dieux. Certains pensent que Hawaiki peut être identifié à l’île Savai’i mais l’étymologie du mot a été perdue.

C’est vers Hawaiki que l’esprit des morts retourne, en suivant la piste dorée que tracent sur l’océan les derniers rayons du soleil couchant…

4x4-repeche_.1212637739.jpg

Pour en savoir sur ce fait divers au ras de l’eau, cliquez ici.

Obsessions II dans la baie de Hakahau

obsessions-ii-marseille.1212471351.jpg 

Rares sont les grands voiliers qui s’aventurent à Ua Pou. Les plus beaux yatchts du monde mouillent dans les baies mythiques de Nuku Hiva, de Fatuiva et Hiva Oa. Quelques fois  de vieux et beaux gréements passent dans la magnifique et historique baie de Hakahetau. Mais aujourd’hui, Obsessions II Marseille fait honneur au petit quai de Hakahau. Il plaît  au vieil homme  qui reste, assis là sur la bite d’amarrage, en admiration.

obsessions-ii-en-mer.1212471611.jpg 

Les spécifications de ce voilier sont :

Length 34.2m / 112ft 2in   
Year Built 2002    
Builder C.I.M. (Rochefort, France)  

Designer
Berret-Racoupeau Yacht Design    
Beam 8.1m / 26ft 4in    
Draft 3.2m / 10ft 5in  

Engines
1 x 650hp MAN   
Cruising Speed 9 – 11 knots    
Fuel Consumption 55 L /Hr  

Crew 5    
No of Guests 6    
Cabins 3 Double cabins

peche.1212472463.jpg

Indifférents, deux jeunes plongeurs poursuivent la cherche de leur plat du soir.

Montez à bord en cliquant ici et embarquez pour un tour du monde ici

Les élèves du Centre Scolaire Primaire d’Atuona des Marquises visitent l’Assemblée de la Polynésie française

dsc_10012.1214455261.jpg

Les élèves siègent dans l’hémicycle

Accompagnés du Directeur du Centre Scolaire Primaire d’Atuona, Monsieur Patrick TERIIEROOITERAI, et de leur instituteur, Monsieur Yann LE BRONNEC, les élèves des Marquises se sont rendus auprès de la 3ème institution du pays. Le responsable de l’accueil, Monsieur Yannick BARBARISI, était présent pour les accueillir et leur proposer une visite guidée de l’Assemblée : du hall René Leboucher en passant par l’hémicycle jusqu’au bassin de la reine Pomare IV.

dsc_10013.1214455369.jpg

Séance « émotions » pour les élèves

Le voyage des élèves a été financé par la vente de repas et l’organisation de soirées cinéma. L’EPAP a également contribué au financement du projet avec l’aide de la mairie de Hiva Oa. Les élèves ont ainsi pu, et à moindre frais, effectuer ce déplacement à Tahiti pendant la période du 11 mai au 23 mai 2008.

dsc_10014.1214455513.jpg

A la découverte du bassin de la Reine Pomare IV

 Source : L’Assemblée de la Polynésie française