La scène se passe à Paris, à la Chambre des Députés le 5 avril 1850, loin, très loin, à des milliers de kilomètres de ce qu’elle est sensée montrer. Mais les acteurs s’emparent de la réalité géographique pour mieux faire triompher leur cause, et c’est Victor Hugo qui parle.
Au vrai, ce combat ne fait rien d’autre que concentrer en un jour et en un lieu, un débat qui court alors depuis trente ans au moins et qui n’est pas près d’être terminé. Mais ce jour-là, les cartes sont étalées et plusieurs histoires se nouent autour de la géographie océanienne. L‘histoire de la colonisation française dans le Pacifique Sud, d’abord, car il s’agit des îles Marquises, lointaine possession française depuis qu’en mai 1842 le Contre Amiral Dupetit Thouars y a hissé le pavillon national. L‘histoire de l’idée coloniale ou plutôt des idées coloniales car les acteurs sont nombreux, leurs jeux antagonistes et l’on se pose alors la question de savoir que faire de ces îles perdues. Mais aussi, ce jour-là, l’histoire de la colonisation pénale car il s’agit le 5 avril 1850 de faire des Marquises un lieu de déportation. C‘est ce que propose le ministre Rouher, c’est ce que combat Victor Hugo.
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Auteur : Emmanuel VIGNERON Géographe l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM) Papeete, 23-X-1985 in Bulletin de la société des études océaniennes No 10 / Decembre 1985
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