Victor HUGO et les îles MARQUISES ou le poète, le géographe et la politique

La scène se passe à Paris, à la Chambre des Députés le 5 avril 1850, loin, très loin, à des milliers de kilomètres de ce qu’elle est sensée montrer. Mais les acteurs s’emparent de la réalité géographique pour mieux faire triompher leur cause, et c’est Victor Hugo qui parle.

Au vrai, ce combat ne fait rien d’autre que concentrer en un jour et en un lieu, un débat qui court alors depuis trente ans au moins et qui n’est pas près d’être terminé. Mais ce jour-là, les cartes sont étalées et plusieurs histoires se nouent autour de la géographie océanienne. L‘histoire de la colonisation française dans le Pacifique Sud, d’abord, car il s’agit des îles Marquises, lointaine possession française depuis qu’en mai 1842 le Contre Amiral Dupetit Thouars y a hissé le pavillon national. L‘histoire de l’idée coloniale ou plutôt des idées coloniales car les acteurs sont nombreux, leurs jeux antagonistes et l’on se pose alors la question de savoir que faire de ces îles perdues. Mais aussi, ce jour-là, l’histoire de la colonisation pénale car il s’agit le 5 avril 1850 de faire des Marquises un lieu de déportation. C‘est ce que propose le ministre Rouher, c’est ce que combat Victor Hugo.

Pour lire la suite : v-hugo-les-marquises.1202804315.pdf

Auteur : Emmanuel VIGNERON Géographe l’Institut Français de Recherche Scientifique pour le Développement en Coopération (ORSTOM) Papeete, 23-X-1985 in Bulletin de la société des études océaniennes No 10 / Decembre 1985

Lire aussi : La loi de déportation politique du 8 juin 1850 : des débats parlementaires aux Marquises

Festival des Marquises Ua Pou 2007 : Parures de tête, coiffes et diadèmes

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Les ornements anciens les mieux connus sont des parures de tête. Le ta’avaha est une coiffe constituée des plumes caudales de très nombreux coqs.

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Chaque coq n’ayant que deux de ces longues plumes majestueuses, et chaque coiffure en comptant plus de cent, on peut imaginer l’aspect que pouvaient avoir ces fiers volatiles.

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Le uhikana est composé d’un disque de nacre ou de coquillage, monté sur un bandeau de fibres tressées, sur lequel se détache une plaque d’écaille très finement travaillée et ajourée, de même forme et légèrement plus petite.

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Le paekaha, formé lui aussi de plaques d’écaille cette fois rectangulaires et courbées, ressemble fort à un diadème ; il aurait cependant été porté à la façon d’une visière bien que la position des motifs indique plutôt une position inverse. L’écaille se détachait en alternance sur des plaques blanches tirées habituellement d’un triton -Charonia tritonis-. La tradition veut que les plus prestigieux paekaha soient originaires de Fatu Hiva dont ils étaient la spécialité. A ces coiffures étaient parfois ajoutées des touffes de plumes caudales de phaëton -Phaeton aethereus, toake, ou de barbe blanche, pavahina.

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Les femmes, pour leur part, portaient d’élégants agencements de bandeaux de tapa.

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Les parures qui ont été conservées sont principalement les peue ei constitués d’innombrables dents de dauphins agencées en épais bandeaux et portés sur le front. Ces couronnes étaient une spécialité de Ua Pou.

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Il y avait aussi les hieku’a, ou peue ku’a, faits de plumes dorées rouges de coq. Ce type d’ornement relativement courant fut également réalisé en divers autres matériaux légers : plumes noires, ou de couleurs mêlées, bois orné de graines rouges et noires. In « Images dune mémoire océanienne » P. et M-N. OTTINO 2003. Photographies Michel Musa

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Benoit Kautai préfère que les Marquises soient directement rattachées à la France

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« TE HENUA ENATA A TU – ENSEMBLE LEVONS-NOUS POUR LES MARQUISES» est la seule liste qui lors de l’élection des représentants à l’Assemblée de Polynésie Française, a obtenu la majorité absolue au premier tour.

Benoit Kautai, maire de Nuku Hiva souhaite faire usage de son nouveau statut de représentant, et des deux sièges obtenus à l’Assemblée par sa liste, pour demander « l’autonomie des Marquises dans la République avec la Polynésie française ».

Ce projet marquisien avait rencontré à Tahiti une vive opposition de la part des principaux leaders politiques et plus particulièrement celle plus violente du Président Oscar TEMARU qui avait organisé une marche dans les rues de Papeete.

Benoît Kautai avait constaté une forte mobilisation de la population lors de ses tournées politiques dans les vallées dans l’archipel. Les Marquisiens ont soutenu sa liste, car elle poursuit une politique prônée par ses prédécesseurs : « rattacher les Marquises à la France ». Les Marquisiens se sont sentis trop longtemps abandonnés par les gouvernements siégeant à Papeete, les grands oubliés du développement. La manne de l’Etat français, versée d’abord par le Centre d’expérimentations du Pacifique, puis par divers mécanismes de substitution, a largement été attribuée Tahiti et à ses îles proches, n’ayant eu que peu de retombées dans un archipel où la vie demeure difficile.

« Pour moi le résultat est synonyme du nombre d’électeurs qui adhérent à cette idée de mettre en place un statut spécifique pour l’archipel », précise Benoît Kautai, avant de tempérer « mais il faut bien comprendre qu’il ne s’agit pas de détacher complètement les Marquises de la Polynésie ». Tahitipresse

« Cette victoire nous la devons à ceux qui nous ont précédé dans l’histoire et qui ont semé ces graines qui ont germé, Edwin Pahuatini et notre regretté Lucien Kimitete. Il serait tellement heureux aujourd’hui de voir que nous avons obtenu 2 sièges sur trois. J’ai naturellement eu une grande pensée pour lui et beaucoup d’émotion, mais aussi pour Joseph Kaiha qui aurait mérité d’être à l’Assemblée car il s’est tellement battu lui aussi… Il faut espérer que ceux qui sortiront des urnes le 10 février prochain à Tahiti, prennent en considération les Marquises et respectent leur demande d’autonomie de gestion avec la Polynésie dans la République… » C’est le message de Debora.

Pour l’heure, « rien » n’est arrêté, mais le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Christian Estrosi, devrait revenir au mois d’avril pour proposer « sa version » d’un nouveau statut. « En attendant, on maintient notre position », souligne Benoît Kautai.