Les gousses, en fuseaux pendants, s’ouvrent à maturité et les fibres – le kapok – constituées des poils recouvrant les graines s’en échappent, blanches, très légères, fines et soyeuses, imperméables et imputrescibles.
MATAVAA TUHUKA / Festival des Marquises Ua Pou 2007
Construction d’un quai à Omoa
Alea, aller à Hiva Oa avec Auona I, bateau communal
MATAVAA TUHUKA : Festival des Marquises décembre 2007
L’illumination des tombes
Le « turamara’a » (littéralement « illumination », en tahitien) a éclairé le jour de la Toussaint, à la tombée de la nuit, les cimetières de Tahiti. Sur l’île de Ua Pou, c’est le 2 novembre, le jour de la fête des Trépassés. Dès le coucher de soleil, des milliers de bougies apportées par les familles se sont allumées progressivement sur les tombes
La Toussaint
Comme chaque année, la tradition religieuse a été respectée dans l’archipel des Marquises et la fête chrétienne de la Toussaint célébrée. Les familles ont, au cours des derniers jours d’octobre, soigneusement nettoyé et repeint les tombes de leurs défunts. Elles ont déposé de nombreuses potées de fleurs naturelles ou artificielles et accroché aux croix, toute sorte de couronnes de toutes les couleurs.
Tiki
WILLIAM PASCOE CROOK – “Récit aux îles Marquises – An account of the Marquesas Islands” 1797-1799
William Pascoe Crook, vers 1840
Le 7 juin 1797, lorsque William Pascoe Crook débarque du Duff à Tahuata, une des îles Marquises, il a tout juste 22 ans. C’est une société traditionnelle qui l’accueille pendant près de deux ans, à une époque où elle doit faire face à ces calamités naturelles que sont la sécheresse et la famine qui en découle, aux nouveaux produits qu’apportent et échangent les voyageurs occidentaux, les baleiniers et les beachcombers, en particulier l’alcool et les armes à feu.
Parce qu’il prend la peine d’apprendre et de parler leur langue, Crook devient le témoin privilégié de ces premiers contacts et de la nouvelle vie quotidienne des Marquisiens, de leurs coutumes et de leurs attentes – et aussi de leur résistance aux idées venues d’ailleurs.
Crook, dans son Récit, rapporte les paroles de Kiatonui, un des grands chefs de l’île de Nukuhiva, qui l’apostrophe ainsi : “Comment Mr Crook peut-il prétendre connaître Dieu, alors qu’il ne sait même pas distinguer un arbre d’un autre ?”
L’originalité et la perspicacité de ce Récit aux îles Marquises (publié pour la première fois, simultanément en anglais et en français) sont enrichies à la fois par des témoignages contemporains de l’aventure de Crook et par les préfaces d’aujourd’hui du professeur Greg Dening et de Mgr Le Cleac’h.
Ce choc culturel du XVIIIe siècle n’en finit pas de faire des vagues dans le Pacifique du XXIe…
S’étant reposés et ayant festoyé le lendemain, ils retournèrent à Vaitahu le jour suivant, en coupant directement à travers la montagne, l’extrême difficulté du trajet n’empêchant pas les visiteurs indigènes d’emporter avec eux les restes du cochon et du « pudding ». A l’un des à-pic qu’ils avaient à escalader, alors que Tainai précédait son frère et le serviteur d’une certaine distance, il fit passer M. Crook en premier au-dessus de lui, mais voyant que ce dernier ne parvenait pas à assurer sa prise, il lui cria avec véhémence de le laisser repasser devant, et le soutint par la main jusqu’à ce que Puaka les rejoigne et aide M. Crook à monter auprès du chef. Tainai, à l’évidence, se piquait d’avoir en charge le séjour d’un Européen et n’aurait, pour rien au monde, renoncé à une prérogative aussi flatteuse à ce moment-là.
Découvrant souvent M. Crook à l’écart et plongé dans la lecture de la Bible, les indigènes s’imaginèrent qu’il souffrait d’être séparé de tous ses amis, et que son livre était une sorte de mémorial de ses précédentes attaches qui ravivait en lui ses sentiments d’affection. Un groupe d’insulaires, des femmes surtout, s’étaient rassemblées près de sa maison, le lendemain du départ du Duff ; M. Crook ayant demandé à Tainai quelle était leur intention, celui-ci lui répondit que c’était certainement de se lamenter avec lui de sa séparation d’avec ses parents et ses amis. Leurs condoléances parurent toutefois être totalement affectées. M. Crook s’efforça de leur expliquer que son livre contenait la Parole de Dieu, mais ils ne purent concevoir rien de mieux que l’idée que c’était sa Bible qu’il adorait, et il lui fut bien difficile de les convaincre qu’il en était autrement.
Une certaine pénurie avait régné durant la présence du Duff dans l’île, et la dernière récolte de fruits de l’arbre à pain étant insuffisante, la famine se fit durement sentir. M. Crook espéra en vain échanger les objets de fer qu’on lui avait laissés contre n’importe quels vivres. Il ne put que rarement obtenir une pirogue pour aller pêcher en mer, et il lui est arrivé d’y aller à la nage, l’hameçon et la ligne dans une main, l’appât attaché autour du cou. Un jour même, il le fit au milieu de la tempête, sous les éclairs et le tonnerre.
Les horreurs de la guerre ne furent pas interrompues par celles de la famine. Il y avait, de longue date, de fréquentes incursions hostiles entre les Hema et les tribus habitant la région la plus proche de l’île de Hivaoa. Une de ces tribus, celle des Pikina, avait dévasté autrefois les terres de Vaitahu, probablement peu de temps avant l’arrivée du capitaine Cook, ce qui explique peut-être l’état de dénuement dans lequel M. Forster a trouvé cet endroit. Deux ou trois mois après l’établissement de M. Crook à Vaitahu, Tainai fit une incursion secrète sur la côte de Hivaoa qui, en l’occurrence, démontra le fait que les indigènes étaient cannibales. De cela, nous ne nous doutions nullement auparavant, car les Tahitiens, de même que les insulaires de l’archipel des Amis, abhorrent cette pratique de manger de la chair humaine, bien que des apparences laissent supposer qu’elle ait prédominé autrefois parmi eux. Que cette coutume ait été abrogée là où elle avait été établie une fois est surprenant, quand on considère avec quel fanatique attachement les indigènes tiennent à leurs superstitions. On peut craindre qu’elle existe dans toutes les îles du Pacifique, excepté dans les archipels mentionnés plus haut. [Extrait du texte de 1797, à Tahuata, course en montagne, la lecture comme exotisme, la pêche et le cannibalisme en temps de famine]
SOUSCRIPTION jusqu’au 15 NOVEMBRE 2007 en Polynésie française
Contact : haerepotahiti@mail.pf






