Pêche illégale aux Marquises

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Le mardi 17 avril, le patrouilleur de la marine La Railleuse, en mission de police des pêches dans les parages des îles Marquises, effectuait un contrôle du thonier senneur vénézuélien « DANIEL F », alors en escale technique en baie de Taiohae (île de Nuku Hiva). Le « DANIEL F » mesure 107,5 mètres de long et 16,6 mètres de large pour un tonnage de 3722 tonnes. Son équipage est composé de 27 personnes. Il détient dans ses cales 658 tonnes de poissons. L’examen des documents de bord et de la cargaison montrait que le navire avait, dans les semaines précédentes, effectué des captures significatives de thonidés (de l’ordre de 80 tonnes, d’après les premiers éléments), à l’intérieur de la zone économique de Polynésie française. Au vu des faits rapportés, le service d’Etat des Affaires maritimes décidait d’envoyer sur place un contrôleur des Affaires maritimes, au moyen d’un Gardian de la marine mis à disposition par le COMSUP. Cet agent devrait procéder dans la journée aux constatations et effectuer la procédure d’immobilisation et de déroutement du navire. Le Haut commissariat rappelle que la gestion de la ressource de la zone économique exclusive (ZEE) relève de la responsabilité du gouvernement de la Polynésie française (service de la pêche). La police des pêches est une responsabilité de l’État, exercée par le service des Affaires maritimes (SAM), qui fait appel à l’ensemble des moyens de l’Etat intervenant en mer dont l’action est coordonnée par le Haut-Commissaire de la République assisté du commandant de la zone maritime en Polynésie française (COMAR PF). La convention maritime signée entre l’Etat et la Polynésie française, le 4 avril dernier, institue une commission maritime chargée de coordonner l’action en mer des services de l’Etat et de la collectivité. Cette commission comprend une sous-commission « police des pêches », chargée notamment d’orienter l’action des services de police. Christine Bourne in tahititoday.com/confidences/ 18 avril

Le Certificat d’Etudes Primaires réservé aux adultes – SESSION 2007 – aux Marquises

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Six candidats, 5 femmes et un homme âgés de 16 à 46 ans, tous domiciliés dans la vallée de Haakuti à Ua Pou, ont été admis le 13 avril 2007 au certificat d’études primaires session adultes. « Maintenant on pourra aller sur les routes de la commune ramasser les feuilles » ont-ils déclaré à la fin de l’examen, très heureux de leur succès. Il y a encore aujourd’hui en poste aux Marquises quelques instituteurs qui furent au début de leur carrière recrutés avec le certificat d’études. Félicitons Roti, Josiane, Moitini, Uutini, Keany et Jules pour leur bonne volonté

L’île Mohotani (Motane) pourrait être prochainement dotée d’un comité et d’un plan de gestion.

L’ île Motane, objet d’un classement depuis juillet 1971 sans suite depuis, pourrait être très prochainement dotée d’un comité et d’un plan de gestion. « Mohotani (Motane) a fait l’objet d’une mesure de classement sur proposition de la Commission des sites de la Polynésie française (arrêté n° 2559 du 28 juillet 1971). La valeur scientifique inestimable de son avifaune et de sa végétation justifie pleinement cette action, néanmoins, la mesure de classement est contrecarrée par la présence de moutons qui détruisent le couvert végétal et menacent ainsi l’avenir de toute la biocénose ». C’est ce qu’écrivaient il y a trente ans déjà, trois scientifiques (Sachet, Schafer et Thibault). Aujourd’hui, on doit saluer l’attention que portent à cette île et aux autres îles – Ei’ao, Hatutu et Motu One – la Direction de l’Environnement lorsqu’une équipe pluridisciplinaire est envoyée en mars 2007, du 5 au 9 mars, faire un état des lieux avec pour objectif de créer un plan de gestion de ces espaces naturels protégés.

 arrivee-des-membres-de-la-mission.1175853936.jpg Eliane Garganta – chef de cette mission composée de botanistes, d’ornithologues, d’archéologues (Jean-Louis Candelot, Michel Charleux, Pierre Ottino) mais aussi de deux spécialistes la faune ensauvagée (CIRAD) et des anthropologues du Service de la Culture & du Patrimoine (Belona Mou…) et de Carole Martinez, Chargée des questions du patrimoine mondial (UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature ; la section française de l’UICN est dénommée Union Mondiale pour la Nature) – est également accompagnée des chasseurs de Hiva Oa. La présence des chasseurs est motivée pour l’aide qu’ils apportent dans l’inventaire de la faune et la capture de quelques animaux à des fins de prélèvements biologiques. « Pour les chasseurs, il était convenu qu’ils pourraient chasser. Mais ils ont également apporté une collaboration importante au travail des deux scientifiques spécialisés dans la faune ensauvagée, en permettant à ces chercheurs d’étudier le contenu de la panse pour déterminer leur alimentation, mais aussi pour dresser un état sanitaire du cheptel en fonction des animaux abattus » précise Michel Charleux.

L’île Motane, classée depuis juillet 1971 sans suite jusqu’à présent est cependant quelque peu protégée par un accès réglementé. Les chasseurs doivent solliciter une autorisation au Service du Développement Rural d’Atuona. Le S.D.R. est habituellement chargé de l’attribution des quota et des vérifications. Or, cette île assez proche de Hiva Oa (26km) est assez fréquentée – il existe une tradition de chasse – mais hélas sans réel contrôle.

motane-traces-d-un-campement.1175859722.jpg Des traces de campement sauvage ont été relevées : des chasseurs ont laissé du sel à même le sol, des boîtes de conserves qu’ils ont tenté vaguement de détruire par le feu. Des artisans viennent chercher du bois et des touristes (en voiliers ou en speed-boat ) sans autorisation peuvent s’y arrêter malgré les difficultés de l’accostage quand la houle cingle les récifs.

intention-de-debarquer-sans-autorisation.1175854176.jpg Mohotani a reçu la visite de plusieurs naturalistes : Expédition P. H. Whitney (nov 1922) Pacific Entomological Survey (1929) Missions Museum-Dircen (fév. 1972 et mars 1973). Enfin, on ne peut omettre de mentionner Guillaume LE BRONNEC, pendant de nombreuses années première moitié du XXième… Les scientifiques de cette mission 2007 ont continué le travail de leurs prédécesseurs : l’inventaire et la cartographie de la diversité de la flore (richesse botanique de l’importante forêt) et de la faune. Mais également d’évaluer les menaces envers ce patrimoine biologique.

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Le mouton a été lâché dans la seconde moitié du 19ème siècle par les résidents français. Son introduction est fâcheuse dans un milieu si peu adapté aux herbivores où les prédateurs sont absents. Déjà, les expéditions scientifiques des années 1920-1930 mentionnent son influence sur la végétation. Si ADAMSON (1936) remarque que les moutons ont commencé à détruire le sous-bois dans certaines parties de la forêt, « nous sommes actuellement (de février à août 1975), écrivent Sachet, Schafer et Thibault) devant le fait accompli : ni la forêt de Pisonia grandis, ni la brousse basse ne possèdent de sous-bois ou de tapis herbacé et, de plus, l’érosion est très active sur toute l’étendue de l’île. Même si la voûte forestière paraît encore considérable vue du large, les “trous” sont déjà nombreux. Parmi les arbres, Cordia subcordata est le plus vulnérable mais les Pisonia grandis et les petits arbres de la zone inférieure sont également attaqués. En fait, le mouton a une double action : – d’une part, il mange tout ce qui lui est comestible sur le sol et sur les arbres jusqu’à une hauteur de 1,50 mètre (feuilles, jeunes rameaux, plantules, fruits, graines, racines aériennes descendant des Pandanus tectorius et des Ficus marquesensis) et même les écorces en cas de sécheresse prolongée, gênant donc la croissance et empêchant le renouvellement de la forêt. Seul, Thespesia populnea, Lebronnecia kokioides et quelques herbes toxiques, sont délaissées par les moutons. – d’autre part, en détruisant la végétation basse, le mouton provoque une érosion intense qui déchausse même les grands arbres ; cette érosion visible sur toute la surface de l’île est très accentuée dans la région des plateaux. Si l’action du mouton continue avec la même intensité, on doit prévoir la disparition de la végétation naturelle au profit de quelques plantes toxiques. »

 motane-erosion.1175855206.jpg Une précédente mission menée en novembre 2005 avait commencé à déterminer des mesures concrètes à mettre en oeuvre pour la gestion de Mohotani (Motane). Cette île inhabitée ne bénéficie pas encore d’un comité de gestion, ni d’une charte de gestion. Celle-ci sera élaborée avec le concours de la commune de Hiva Oa, des Administrateurs du Territoire et de l’Etat, des associations de protection de la nature, ainsi qu’avec les chasseurs et les artisans (Mohotani est une ressource en bois pour les sculpteurs), la Direction de l’Environnement et les autres services du pays. Contrôler dans le futur les populations animales (les moutons), protéger les espèces d’intérêt écologique et proposer des mesures concrètes assurant leur conservation est primordial et urgent car de tous les Territoires d’Outre-Mer, c’est hélas en Polynésie française que les espèces sont le plus en danger et disparaissent. Rappelons que dans le cadre de la demande d’inscription mixte au Patrimoine mondial de l’UNESCO, les sites naturels sont évalués par l’UICN et la communauté marquisienne et ses élus doivent énoncer les modalités de leur engagement à gérer leur patrimoine d’une manière heuristique et durable dans le respect de son authenticité.