Cité administrative des îles Marquises, concours de dessin au collège de Taiohae

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Avec les étudiants de sculpture du CETAD, Damien Haturau a réalisé les panneaux représentant chacun une île de l’archipel. Les élèves du collège ont dû dessiner les motifs d’après la légende de la création des Marquises. Un travail de recherche qui les a passionnés.

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Concours de dessins pour la sculpture des panneaux décoratifs des 6 îles de l’archipel, à l’attention des élèves (de 13 à 17 ans), du Cetad et du Collège de Taiohae à Nuku Hiva.

Objet : réalisation de 6 panneaux de 2m sur 0,57m, destinés à être concrétisés par les sculpteurs du CETAD, représentant chacun une île actuellement habitée de l’archipel des Marquises. Ces panneaux feront l’objet d’une installation dans le hall de la Cité administrative des îles Marquises. Chaque panneau devra refléter l’identité, les caractéristiques d’une île.

Demande : à partir de la légende de le « Terre des Hommes », vous proposerez une interprétation personnelle pour les îles suivantes : – UA POU – HIVA OA – NUKU HIVA- FATU HIVA – UA HUKA – TAHUATA. Cette légende parle de la terre, des hommes, de la transmission des connaissances et des interprétations qui en ont été faites. Elle raconte la construction d’une case dans laquelle s’abriteront Atea et son épouse Atanua.

Consignes pour élaborer votre projet : 1- recherches individuelles. Choisir une île par élève. 2- les motifs culturels donnés (tatouages, pétroglyphes, sculptures, bambous…) serviront de support et d’inspiration pour la composition que vous réaliserez. 3- la composition s’organisera dans un rectangle de 32cm sur 9cm, sur du papier à dessin et recouvrira tout l’espace de ce format. 4- l’agencement des formes devra être très rigoureux, précis avec des détails bien choisi pour donner du sens à votre proposition de sorte que le spécificité de l’île choisie soit mise en valeur.

Composer : c’est disposer, dans les limites du cadre, des personnages, des objets, des formes, des couleurs afin d’exprimer le plus efficacement possible l’idée qu’on tente de traduire en image : cette opération complexe est appelée Composition.

Composer : c’est agencer selon un ordre plastique et visuel qui trouve sa raison dans le plaisir du regard.

Composer : c’est regrouper et non disperser des formes. Principes de compositions : – verticalité – horizontalité – oblique – formes rayonnantes – alternances – juxtaposition – symétrie/dissymétrie – formes concentriques

Techniques souhaitées : Au choix : crayon à papier ; crayon noir ; feutre noir ; crayons de couleurs.

Les recherches devaient être remises au professeur d’Arts Plastiques, Madame Oury le 31 mars 2006 de sorte que l’on puisse analyser, rectifier, reprendre, réajuster les réalisations. Puis toutes les réalisations ont été impérativement rendues, à Madame Oury, au plus tard le 18 avril. Le jury, composé de 7 adultes se réunissait au cours des premiers jours de juin 2006 et délibèrait pour octroyer le prix de la meilleure composition pour chacune des îles. L’audition des candidats s’est effectuée à la Circonscription administrative des îles Marquises, le mercredi 7 juin, de 8h à 12h, le jury était composé de : Chantal Oury, professeur de dessin au collège, Fanette Salmon, professeur de dessin au Cetad, Jean Huukena professeur de sculpture sur bois du Cetad,, Yves Buchart, principal du collège, Paul Tetahiotupa, administrateur du Pays pour les Marquises, Déborah Kimitete puis Colette Tihoni représentant la commune, Marie Noëlle Debergh Ottino, historienne et ethnologue, Pierre Ottino archéologue.

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Un premier prix, pour chacune des îles, a été attribué à 6 candidats et un second prix aux 20 autres candidats. 3 compositions n’ont pas été retenues à cause de la transcription du nom des îles dans le dessin lui-même. Pour consulter l’ensemble du réglement et tous les résultats cliquez sur

Histoire des Terres

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En 1868, le Gouverneur de la Roncière paya 10.000 francs aux chefs 4.000 hectares de la vallée des Taïpi et les vendit 30.000 francs à Steward, directeur de la plantation tahitienne d’Atimaono … Steward envoya, à Nuku Hiva, un nommé Nichols avec 31 Chinois. Ceux-ci se mirent au travail et, en 1873, avaient mis trente hectares en valeur lorsque la faillite de la société d’Atimaono et la mort de Steward les obligèrent à se disperser. L’année suivante, les terrains concédés firent retour à l’Administration des Domaines qui les mit en vente : la rive gauche de Taïpiai fut recédée contre 15.000 francs aux Indigènes et la rive droite vendue à Goupil, de Papeete… En 1889, l’Administrateur créa des « Commissions indigènes » qui délivrèrent des titres de propriété. Il y eut des abus : les titres n’étaient soumis à aucune publicité et souvent les anciens de la vallée n’étaient même pas consultés. C’est pourquoi, le 20 novembre 1900, une commission fut chargée par le Gouverneur Gallet de préparer un projet de réglementation foncière aux Marquises… En 1925, les héritiers de la cheffesse Marianne (Moanatini) ont, avec l’assentiment de l’Administrateur en fonction, expulsé les habitants de la vallée… malgré la promesse solennelle faite en 1897 devant le représentant de la France. Les malheureux, dépossédés et ruinés, ne trouvèrent, pour la plupart, un abri qu’auprès de la Mission. Rollin (1929)

Paul-Emile MIOT, l’Astrée et les Marquises

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Le 30 juin 2006, à l’hôtel Drouot, 45 tirages albumi­nés de Paul-Emile Miot de 1869-1870 ont été vendus 12, 5 mil­lions FCFP,  soit 2300 euros la photo ! Les 45 vues de l’album de Paul-Emile Miot sont d’un grand intérêt pour l’histoire des îles Marquises et de Tahiti avec ces images anciennes de paysages, de Marquisiens  et de person­nages importants des dysnasties régnantes.

Paul-Emile réalise tous ces cli­chés durant la campagne de l’Astrée dans le Pacifique Sud en 1869-1870. Les vues des Marquises sont poi­gnantes de vérité.  Elles nous mon­trent des portraits d’une grande qualité. Le photographe a laissé s’expri­mer la personnalité et les sentiments d’un peuple digne en pleine épreuve de survie culturelle et hu­maine. Ci-dessus une lithographie de Jean André Rixens (1846-1924) d’après un cliché de P-E MIOT .

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Paul-Emile Miot vers 1865. Portrait de Nadar, issu de l’album de Georges-Charles Cloué.
Collection Paul Chagnoux

On présente aujourd’hui P.-E. Miot comme un hydrographe et photographe ; ce fut aussi et surtout un officier de Marine, né le 11 février 1827, à la Trinidad (colonie anglaise des Antilles où son père possédait d’importantes plantations de cannes à sucre ).

Extrait de Nos marins d’Étienne Tréfeu (1888) : Il fut mis, très jeune encore, dans une pension en Irlande et y apprit la langue anglaise,  qu’il parle aussi bien que sa langue maternelle. Il vint ensuite à Paris pour se préparer à l’école navale, où il fut reçu en 1843.  Aspirant : 1er août 1845 ; Enseigne de vaisseau : 1er septembre 1849 ; Lieutenant de vaisseau : 30 juillet 1857 ; Capitaine de frégate : 9 mars 1867 ; Capitaine de vaisseau : 3 août 1875 ; Contre-amiral : 25 août 1881.  Légion d’honneur. Chevalier : 31 décembre 1853 ; Officier : 15 août 1865 ; Commandeur : 2 mai 1881.  Officier de l’lnstruction publique : 1881.  Médaille de la Baltique : 1855 ; Médaille de Crimée : 1856. Médaille du Mexique : 1866. Médaille de Madagascar : 1886.  Sa première campagne eut lieu sur la Sibylle, à bord de laquelle il prit part au blocus du Rio de la Plata; puis il passe aux Antilles, où le contre-amiral Vaillant, gouverneur de la Martinique, le prit comme officier d’ordonnance.  Plus tard, étant embarqué sur la Proserpine, il reçut l’ordre de prendre le commandement d’un navire de commerce français, appelé la Cérès et de le ramener à Bordeaux. Ce bâtiment avait eu son équipage décimé par la fièvre jaune et n’avait plus, au moment où M. Miot monta à bord, que le maître d’équipage et quelques hommes qui fussent valides.  Cette traversée, exécutée dans des conditions vraiment extraordinaires, valut à M. Miot la croix de chevalier de la Légion d’honneur.  L’année suivante, celui-ci partit pour la mer Baltique à bord de l’Asmodée; il vit prendre Bomarsund et bombarder Sweaborg, puis il passa sur l’Uranie, gagna la mer Noire et fut embarqué, par ordre de l’amiral commandant en chef, sur la corvette le Laplace. 

De 1857 à 1862, M. Miot fit cinq campagnes à Terre-Neuve, avec l’Ardent, le Sésostris ou le Milan (il fut second de ce dernier) et exécuta, sous la direction du capitaine de vaisseau Cloué, commandant la division navale, une série de travaux hydrographiques qui lui valurent des éloges. Paul-Emile Miot se­ra son fidèle et in­dispensable collabo­rateur pendant quator­ze ans. Dessinateur-hydro­graphe (il envoie depuis 1851 des dessins de reportage à “L’Illustra­tion”) mais également photo­graphe, Miot est le premier à se servir de cette technique pour la description des approches des côtes, méthode qu’il expérimente àTerre-Neuve en 1857. A ces photos de topographie, s’ajoutent celles de repor­tage sur les pêcheries réalisées au cours des étés 1857 et 1858.  

Il reçut ensuite le commandement de l’aviso l’Adonis, désigné pour faire partie de la station navale du golfe du Mexique et se retrouva ainsi sous les ordres de M. Cloué.  Sa conduite pendant la campagne le fit remarquer du commandant en chef, qui lui envoyait, le 15 août 1865, la rosette de la Légion d’honneur, en l’accompagnant de cette mention : « A pris part, de la manière la plus brillante et la plus utile, à toutes les opérations de la division navale du Mexique. »  Il passa, au mois de janvier suivant, sur la frégate le Magellan, où il se signala encore par deux ou trois faits de guerre, à la suite desquels il reçut le grade de capitaine de frégate.  Au lieu de rentrer en France, lorsque l’expédition fut terminée, le commandant Miot suivit l’amiral Cloué sur l’Astrée, comme chef  d’état-major de la division navale de l’Océan Pacifique.  Il revint à Paris au moment où la Commune allait éclater, suivit le ministre à Versailles et fut adjoint au directeur du personnel de la marine jusqu’au 1er octobre 1873, époque à laquelle on lui donna le commandement du Renard, cet aviso qui se perdit au mois de juin 1885, pendant la traversée d’Aden à Obock.  Le Renard faisait partie de l’escadre d’évolutions et l’amiral Touchard, qui la commandait en chef, réclama à plusieurs reprises le grade de capitaine de vaisseau pour M. Miot.  M. Touchard obtint gain de cause l’année suivante et le commandant Miot, quelque temps après sa promotion au grade supérieur, fut envoyé à la Réunion comme commissaire du Gouvernement, chargé de faire, conjointement avec un officier de la marine anglaise, M. Goldschmitt, une enquête sur la condition des travailleurs indous envoyés dans la colonie.  Ce fut en arrivant à Paris, où il venait rendre compte de la mission qui lui avait été confiée, que M. Miot reçut le commandement de la corvette le Sané, de la division du Levant, commandement qu’il échangea, au bout de quelques mois, contre celui du cuirassé l’Alma.  Avec ce dernier bâtiment il prit part à la guerre de Tunisie. L’occupation de Bizerte, dont il fut gouverneur pendant quelques semaines, lui fit donner la croix de commandeur et sa conduite à la prise de Sfax, où il conduisait une partie des colonnes d’assaut, détermina sa promotion au grade de contre-amiral.  On l’envoya alors à Cherbourg, pour y remplir les fonctions de major général et, lorsque l’amiral Galiber fut rappelé en France, l’amiral Miot lui succéda au commandement en chef de la division navale de la mer des Indes.  La campagne fut dure pendant les deux ans qu’il passe à Madagascar et il lui fallut faire des prodiges pour garder, avec un nombre d’hommes aussi restreint que celui dont il disposait, tous les points que nous possédions alors sur la côte et conserver en même temps assez de forces disponibles pour pouvoir prendre l’offensive.  A l’exception de la reconnaissance de Farafatte, qui ne fut pas très heureuse et dont on  peut attribuer l’insuccès à différentes causes indépendantes de la volonté du commandant en chef, il n’eut pas lieu de se signaler par un fait de guerre un peu important et préféra avec raison rester sur la défensive, plutôt que de bombarder un peu partout sans résultat, comme on l’avait fait avant lui.  L’amiral Miot a eu au moins la satisfaction de terminer une guerre qui menaçait de s’éterniser, sans profit bien net pour la France, et avec le grade de vice-amiral qui lui fut donné en 1888,  il rejoint Cloué au faîte des honneurs comme membre titulaire du Conseil de l’Amirauté. Paul-Emile Miot prend sa retraite en 1891, deux ans après la mort de Cloué. Dans les der­nières années de sa vie, il devint en 1893 Conservateur du musée de la Marine, jusqu’à sa mort à Paris le 6 octobre 1900. Biographie extraite de « Nos marins » Étienne Tréfeu (Paris: Berger-Levrault, 1888, 375-80).

Fara (Pandanus tectorius), Ha’a aux Marquises Nord, Fa’a au sud

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Le Fara est répandu naturellement en Australie, Micronésie, Mélanésie et Polynésie. Il s’agit du Pandanus indigène le plus commun de Polynésie française car plusieurs autres variétés ou espèces endémiques existent dans des habitats particuliers et plusieurs ont été introduites à des fins utilitaires. Le Fara est présent dans l’intégralité des îles de Polynésie française. Dans les atolls, il est très commun même sur les sols pauvres. Dans les îles hautes, il peut être trouvé dans des conditions très sèches à très humides, jusqu’à 1 000 m d’altitude, sur des sols rocheux ou de l’argile (mâmû). Différentes formes ont été reconnues en Polynésie française et sont distinguées par la forme et la couleur des fruits. Monocotylédone arbustive ou arborescente de la famille des Pandanacées, pouvant atteindre 12 m de hauteur, possédant des racines échasses et un tronc épineux de diamètre constant voisin de 20 cm. Feuilles étroites disposées en spirale, pouvant atteindre 2 mètres de longueur, dotées d’épines sur les marges ainsi que sur la nervure médiane. Nombreuses fleurs mâles de couleur blanche réunies en inflorescences pendantes enveloppées dans des bractées odorantes blanches (Hinano). Fleurs femelles regroupées dans un organe sphérique spécifique. Fruit mesurant jusqu’à 30 cm de long et 25 cm de diamètre composée de plusieurs dizaines de drupes de couleurs blanche à la base, jaune à orange au milieu et vert au sommet. Drupes de tailles très variables (de 1,5 à 12 cm de longueur) et contenant 1 à 3 graines blanches ovoïdes de 1 cm de long. En fleurs et en fruits toute l’année.

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Le Fara était utilisé dans l’alimentation, principalement en temps de disette : – la pulpe est mangée après que le fruit ait été bouilli dans l’eau ou cuit dans le four tahitien, – la pulpe peut être mélangée avec de la noix de coco râpée pour former des galettes séchées au soleil puis cuites le moment venu, – les amandes, une fois extraites de la graine, peuvent être mangées crues, – la pulpe servait à préparer une boisson fermentée aux Marquises et aux Tuamotu, – les jeunes racines échasses, encore tendre, peuvent être mangées après cuisson (saveur de l’igname). Les drupes colorées et odorantes sont utilisées dans les couronnes et colliers de fleurs. Celles de certaines variétés étaient sacrées (tapu) et réservées à la confection de colliers pour les seuls tiki aux Iles Marquises. Les bractées de l’inflorescence mâle sont utilisées pour parfumer les colliers de fleur et également le mono’i. Les feuilles de la variété type ou plus fréquemment celles de variétés introduites cultivées sans épines sont utilisées pour la confection de revêtement de toiture (aujourd’hui principalement pour les hôtels) mais aussi pour celle de nombreux objets tressés tels les chapeaux, corbeilles, éventails, nattes (pe’ue), paniers et voiles de pirogue. Le papier enveloppant le tabac à fumer était autrefois fait des feuilles de pandanus dédoublées. La fibre des racines aériennes était utilisée en tant que lien ou cordage. La partie externe du tronc (creux par ailleurs) était utilisée pour la confection de manches de harpons, tiki, tambour ou encore pirogue. Elle est aujourd’hui encore utilisée en tant que poteaux plus ou moins décoratifx pour les maisons mais aussi en objet artisanal sculpté. Les applications médicinales utilisent le bourgeon terminal, les racines aériennes, le suc des fruits, la sève des troncs et racines et permettent de traiter les orchites, le tétanos, les rhumatismes, la blennorragie et la lymphangite filarienne. Lors de la création de nouveaux dieux, le cordon ombilical de Ro’o devint le pandanus sur lequel pend la fougère Maire. La grand-mère de Rata, ‘Ui’ura, lui dit qu’avant d’inaugurer une pirogue, il faut prendre des graines de Fara, et de nuit, les jeter en poignée dans la direction supposée de la pirogue, puis l’immerger dans la mer, la dédier au Dieu de l’intérieur des terres To’a hiti, afin de présager une longue vie à la pirogue.

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