Festival des arts des Marquises : restauration du site archéologique de Mauia

Mise en valeur du site archéologique de Mauia, à Hoho’i, île de Ua Pou, dans l’optique du prochain festival des arts des îles Marquises, le Mata va’a no te Henua Enana, en décembre 2007.

L’île de Ua Pou est située à une cinquantaine de kilomètres au sud de Nuku Hiva, « capitale » administrative des Marquises et île principale du groupe nord de l’archipel, ainsi qu’à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Hiva Oa, île principale du groupe sud de l’archipel. Malgré ses dimensions réduites, de 105 km2, c’est la 3ème île la plus peuplée de l’archipel et elle a toujours fait preuve d’un dynamisme dans de nombreux domaines. Ainsi, le premier festival des arts des îles Marquises, qui traduisait un renouveau culturel, eut lieu sur l’île de Ua Pou en 1987. Pour la première fois, les Marquisiens se regroupaient pour célébrer ensemble leur culture, leur langue et leurs traditions. C’était une véritable renaissance après près de deux siècles d’Histoire mouvementée et tragique, qui vit sa population presque disparaître au début du siècle dernier. De 100 000 habitants à la veille de la période du Contact, la population marqui-sienne, avait chuté a à peine un peu plus de 2000 âmes en 1920. Depuis, la population s’est redressée progressivement et elle atteint aujourd’hui près de 9000 personnes sur les six îles habitées de l’archipel.

Le prochain festival des arts des îles Marquises à Ua Pou

Vingt ans plus tard, fin 2007, c’est sur cette même île de Ua Pou que se tiendra de nouveau, le festival des arts des Marquises. Pour cet anniversaire, trois sites ont été retenus par la commune et le comité d’organisation du festival : la vallée de Hakahau, chef-lieu de l’île, celle de Hakahetau, la seconde vallée la plus peuplée de l’île et la vallée de Hoho’i au sud-est de Ua Pou. Ces trois sites permettront de mieux impliquer la population tout en valorisant l’ensemble de l’île par trois lieux différents et complémentaires. Ainsi personne ne se sentira délaissé, au profit d’une vallée qui aurait été trop fortement privilégiée. Tous en tireront profit et la cohésion sociale ne pourra que mieux s’y exprimer, voire s’y renforcer. Hakahau recevra les délégations durant le premier et le dernier jour du festival. Des installations modernes et récentes assureront cet accueil. Hakahetau, par la valorisation d’un site archéologique et historique proche du village actuel et le village lui-même accueillera le festival durant deux jours ; les travaux y sont déjà bien entamés et nécessiteront surtout de la main-d’œuvre et des moyens pour préparer le site à l’accueil des festivaliers. Son accessibilité par la route, comme par la mer, en font un site très abordable. Hoho’i recevra également le festival durant deux jours. Actuellement accessible en moins de 40 mn par la route, le site choisi de Mauia est un grand ensemble archéologique datant probablement des XVIème et XVIIIème siècles. Couvrant plusieurs hectares, il nécessite la présence et le suivi d’un archéologue, ainsi que d’importants travaux de valorisation qui ne pourront se faire qu’avec l’apport de personnes extérieures. Celles-ci sont indispensables aux nombreux travaux de restaurations, nécessaires à la remise en état du site abandonné depuis la fin du XIXème siècle.Photo1 

La cour intérieure du tohua Mauia : à gauche, la plate-forme lithique, ou paepae, a été arasée lors d’une réutilisation du site au XXème siècle. Les paepae du fond sont très perturbés. Les gradins de droite nécessitent aussi une réfection.

Le site archéologique de Mauia est un tohua, soit une grande place communautaire aménagée autour d’une esplanade rectangulaire bordée de gradins et de plates-formes lithiques, upe ou paepae, qui supportaient des cases destinées à abriter la population réunie. Ces tohua avaient été construits par les habitants des vallées sous l’égide des chefs et des maîtres-spécialistes. Ils étaient leur fierté et participaient à la cohésion du groupe par les nombreux échanges, cérémonies, festivités et distributions qui y avaient lieu. Leur seule construction avait nécessité des travaux gigantesques qui n’auraient pu s’effectuer sans la participation de tous : terrassement, apport et transport des matériaux de constructions, déplacement et agencement des blocs sous l’égide des maîtres-spécialistes en construction, organisation des travaux, collecte, cuisson et distribution de nourriture pour les participants, préparation des matériaux végétaux pour la construction des cases qui seront élevées sur les plates-formes de pierres… ces travaux avaient été décidés par les chefs et les prêtres, indispensables au choix du site, au bon déroulement des travaux, à l’accord et à la participation des populations, à la bienveillance et à l’implication des ancêtres et des divinités… Ces tohua n’étaient donc pas de simples lieux de festivités, ils traduisaient les relations sociales, les échanges et le travail, l’importance des chefs et des prêtres et leur position essentielle entre les vivants et les ancêtres, entre les hommes et les divinités ; ces tohua traduisaient les relations entre la tribu et son Henua, sa terre, son île, son pays… Au cœur de la tribu et des vallées, ils participaient à la cohésion du groupe et l’affichaient, la renforçaient aux yeux de tous et surtout lors des grandes cérémonies festives, qui regroupaient des délégations invitées provenant de tribus voisines et aussi d’autres îles de l’archipel… Renouer avec cette tradition, en redécouvrant, restaurant et valorisant des sites anciens, c’est renouer avec notre tradition, non pas pour revenir aux temps anciens mais pour connaître, affirmer et afficher notre histoire et notre culture, éléments indispensables à notre mémoire, à notre assise et à notre cohésion actuelles qui, seules, peuvent nous assurer une confiance dans l’avenir et le développement de notre population et de notre pays. Photo2 Vue sur la seconde aile du tohua Mauia. La cour est jonchée de pierres provenant des pavages supérieurs et de plus gros blocs qui étaient placés en bordure sommitale des paepae.

Le tohua de Mauia, à Hoho’iSite Legende Ainsi, dans l’optique du prochain festival et aussi d’une valorisation constante ultérieurement, le tohua de Mauia a été retenu comme lieu de festivité. Il est situé dans la vallée de Hoho’i, voisine et sans doute alliée de sa « petite sœur », Hakaohoka. Hoho’i était traditionnellement habitée par les tribus des Ka’avahope’oa et des Tavaka. Celles-ci se réunissaient lors des événements importants qui rythmaient la vie des vallées, sur deux places des fêtes ou tohua : celui de Tipekeaumi’o, situé dans la basse vallée de Hoho’i était sans doute destiné en priorité aux Ka’avahope’oa, celui de Mauia, entre la moyenne et la haute vallée de Hoho’i, à 2 km de la mer, avait sans doute été érigé par les Tavaka.Photo3

La façade de ce paepae, implanté dans la cour du tohua Mauia, est bien perturbée. Les blocs, en moyenne d’1m de longueur, avoisinent la tonne.

Mauia est un tohua très particulier car il se distingue de tous les autres de l’archipel par sa forme, non pas rectangulaire, mais en équerre, dont une des ailes est longue de 75 m et l’autre, la mieux conservée, approche les 90 m, la largeur des deux ailes est de 27 m. Ce tohua est implanté sur une pente, qui a facilité sa construction. Les anciens Marquisiens ont en effet creusé dans cette pente pour se procurer les matériaux de constructions, terre et pierres, ainsi que les très nombreux blocs rocheux nécessaires à l’élaboration des murs et des pavages. Si les gradins supérieurs s’appuient sur le pente du versant, les gradins du côté aval de la pente ont dû être montés sur des remblais retenus par de hauts murs. Ces murs, de deux mètres de hauteur aux endroits les moins élevés, atteignent 5 à 6 mètres de haut aux endroits les plus en déclive du terrain. L’abandon du site, les perturbations ultérieures et ses réutilisations comme cocoteraie et lieu d’habitat d’abord puis comme parc à bœufs ensuite (dans les années 1940 puis 1970), ont accéléré considérablement les dégradations. Les plus hauts murs, notamment, n’ont pas résisté à ces nouveaux usages, les plates-formes de pierres ont été modifiées, certains pavages ont été démontés, pour construire de nouveaux enclos et murs de séparations, etc. La remise en état du site nécessite des relevés, une description et une étude précise des structures… ainsi qu’une restauration importante afin de redonner au site sa beauté d’antan. La commune s’y emploie depuis la fin 2005, mais l’importance des travaux nécessiterait l’apport d’une main d’œuvre bien plus nombreuse que celle qui y travaille déjà. Lors des précédents festivals et notamment celui de Nuku Hiva, en 1999-2000, la venue, à plusieurs reprises, du Rimapp et du SMA basé à Atuona, sur l’île de Hiva Oa, avait permis la réalisation de travaux spectaculaires et la remise en état de deux grands sites, dans les vallées de Taiohae et de Hatiheu. À Ua Pou, l’aide de ces institutions dépendantes de l’État nous serait indispensable pour mener à bien de tels chantiers. Photo41_1 Photo42_1

Le grand mur du tohua Mauia, haut de 6 m par endroits, n’a pas résisté à l’abandon du site.

Le site archéologique de Mauia, ne se limite pas au tohua. Situé sur la terre Vaiohina, celui-ci est partie prenante d’un complexe architectural qui ajoute à sa valeur et permet de mieux se rendre compte de la vie des anciens Marquisiens. L’espace retenu par la commune est suffisamment étendu pour contenir différentes structures aux fonctions complémentaires. Ainsi au tohua proprement dit s’ajoutent, dans le proche voisinage, des paepae ou plates-formes de pierres qui supportaient des habitations, des murets retiennent la pente et permettaient un cheminement aisé sur ces versants marquisiens parfois très pentus. Des enclos abritaient des plantations fragiles ou quelques cochons, réservés aux événements majeurs de l’existence (fêtes, mariages, commémorations…). Le tohua est établi juste en hauteur de la rivière dont l’eau étaient indispensable à l’homme comme à ses cultures. La forte pente menant à la rivière est donc retenue par d’innombrables petits murets qui ménagent d’étroites parcelles et des accès jusqu’à la rivière.Photo5 Une habitation marquisienne typique : le ha’e, ou grande case, dressé sur son paepae, la plate-forme surélevée de gros blocs lithiques.

En contrebas, les berges de la rivière sont consolidées par des murs, destinés à protéger les rives, la précieuse terre et les plantations qui s’y tenaient (En effet, sur ces îles jeunes et volcaniques, la forte pente du relief favorise une érosion qui entraîne facilement un sol peu épais à la mer). Un chenal d’adduction d’eau y est encore conservé. Il permettait d’alimenter des terrasses de cultures destinées au taro, poussant dans un sol constamment inondé ou humide. Plus bas, un bain dont le nom de Vaitumu est encore conservé, permettait, selon la tradition orale, aux jeunes mamans d’y effectuer leur premier bain, juste après leur accouchement, qui s’effectuait sur un énorme rocher à la surface horizontale et concave, bordant ce large bassin. Un autre intérêt de cet ensemble et de présenter un affleurement rocheux qui a servi de carrière au débitage de large dalles de tuf volcanique, qui ont orné les plates-formes du tohua. Si ces dalles de tuf furent couramment utilisées dans l’architecture ancienne, actuellement, nous ne connaissons encore que très peu de ces carrières sur l’archipel, et aucune ne fut étudiée.

Intérêt du site et prospective

L’intérêt de ce site est donc multiple et dépasse largement sa mise en valeur pour les quelques jours du festival de décembre 2007. Si ce dernier est un moment important et attendu, ainsi qu’un stimulant appréciable qui permet d’accélérer les travaux, le site est destiné à lui survivre. Il permettra à la population de disposer d’un site d’une grande valeur patrimoniale, tant culturelle que naturelle. Les structures archéologiques seront non seulement restaurées mais aussi étudiées en profondeur afin de ne pas commettre d’erreur, préjudiciable à l’ensemble comme à la poursuite de recherches ultérieures. Outre les études archéologiques qui s’y dérouleront, dans différents domaines, tant prochainement que plus tard, il est prévu d’y reconstruire des habitations, des abris, des ateliers qui permettront « d’habiller » et d’animer ces plates-formes de pierres, comme l’ensemble de ce site. Des plantations y seront également effectuées, avec des espèces indigènes, voire endémiques, et qui offriront un échantillonnage aussi large que possible des espèces utilisées autrefois, pour l’alimentation, la construction, la pharmacopée, la décoration, la sculpture, etc. Un véritable parc botanique et patrimonial pourra y être entretenu et développé, tant dans un but de conservation d’espèces anciennes, aujourd’hui peu utilisées pour certaines, que dans un but pédagogique et touristique. Toute cette valorisation fournira également le moyen et les opportunités de former des personnes (permanents, stagiaires, guides, scolaires, étudiants…) aux différentes facettes de la culture et de la vie marquisienne traditionnelle. Un tel ensemble pourra ainsi évoluer et s’enrichir progressivement, selon les besoins, les moyens, l’intérêt, les attentes et les projets de la population. Il pourra ainsi s’orienter vers un parc patrimonial, un écomusée qui se prêtera à nombre d’activités accompagnant le développement de la population et de ces îles, tant culturel, qu’économique et touristique, et ce sur une longue durée. Loin d’être figé et valorisé pour un moment ponctuel, aussi important soit-il, ce site apparaît comme un gage pour l’avenir.

                                  Joseph Kaiha, maire de la commune de Ua Pou

                      Pierre Ottino, archéologue IRD Hakahau, le 31/03/2006

Travaux à effectuer sur le site de Mauia à Hohoi, Ua Pou

Les travaux sur le site de Mauia concernent plusieurs activités qui aboutiront à la remise en état de l’ensemble architectural et paysager, tout en favorisant le partage et la transmission des connaissances, ainsi que les échanges entre personnes et services concernés. Ainsi les personnes qui y travailleront viendront d’univers différents, avec les gens de la vallée de Hoho’i bien sûr, où des jeunes seront associées à des adultes et personnes plus âgés. Il y aura aussi des personnes venant d’autres vallées, voire d’autres îles. Nous espérons également obtenir la participation de militaires, du Rimapp et de SMA. Les travaux se dérouleront avec le suivi d’un archéologue qui apportera ses connaissances, ses observations, son étude, ses conseils et ses précautions à la restauration et à la mise en valeur du site. Ces travaux d’étude et de valorisation fourniront également le moyen et les opportunités de former les personnes (permanents, stagiaires, guides, scolaires, étudiants…) aux différentes facettes de la culture et de la vie marquisienne traditionnelle.

Les travaux à effectuer sont principalement de trois types, ils sont différents et complémentaires :

1 – Les restaurations lithiques.   

Il s’agit d’une restauration archéologique et non pas d’une construction moderne. Il s’agira donc de respecter les matériaux et les anciennes structures. Les matériaux utilisés seront donc ceux du site lui-même et leur manipulation se fera avec des moyens simples, rudimentaires mais efficaces. La mise en place des pierres se fera à la main, en s’aidant de sangles, de leviers, de baramines, de palans et de portiques métalliques pour les plus gros blocs, pesant plusieurs centaines de kilos. Des seaux, truelles, pelles, sacs… permettront de dégager les pavages, de retrouver les assises des murs et d’apporter les matériaux de remplissage des murs et des plates-formes. Si certains endroits le permettent et s’il n’y a aucun risque pour les structures archéologiques, une pelle mécanique pourra être utilisée mais sous la surveillance de l’archéologue.

Deux grands types de travaux seront menés sur le site : la restauration des pavages, avec la préparation des surfaces, le remplissage de cailloutis et la remise en place des anciens pavés. Ce travail se fera avec les blocs provenant des structures elles-mêmes et avec un nettoyage des proches alentours, qui permettra justement de récupérer les pierres éparses, de refaire ces pavages tout en dégageant et nettoyant les abords. S’il manque des blocs, ce qui sera sans doute le cas, car beaucoup ont été fragmentés ou éclatés par le feu depuis l’abandon du site, des pierres de même type pourront être utilisées mais elles ne seront pas prélevées sur d’autres structures archéologiques.

En dehors des pavages, il y aura un gros travail de restauration et de remontage des murs du tohua et des paepae. Le travail se fera de la même façon que celui des pavages, en réutilisant les pierres provenant de ces murs et, ici, grâce à des portiques métalliques, car les blocs sont habituellement plus grands que ceux des pavages et doivent être montés à une bonne hauteur. Aucun liant ne sera utilisé pour ces murs ; il s’agit, bien sûr, de constructions en pierres sèches et elles seront remontées en respectant cette particularité technique. Tous ces travaux s’effectueront avec prises de photos, notes et observations des structures, avant et au moment des restaurations.

Les pierres utilisées sont surtout des basaltes et des phonolithes, elles n’étaient pas taillées. Cependant, on trouve sur ce site des dalles taillées dans un tuf volcanique appelé ke’etu. Elles sont très altérées et certaines ne sont plus utilisables. Il faudra donc en tailler d’autres ; des affleurements rocheux ont déjà été repérés le long de la route menant de la vallée de Hoho’i à celle de Hakatao. Les techniques de découpe de ces nouvelles dalles, seront par contre modernes, même si les anciens procédés seront prospectés et exposés aux participants.

2 – Le travail du bois et des végétaux.

En dehors de ces gros travaux de restaurations lithiques avec manipulation des blocs, il est également prévu de reconstruire des abris et habitations sur les sites restaurés. Ceci permettra de redonner visage au tohua et de ne pas se contenter des structures lithiques, aussi importantes soient-elles. Elles permettront d’animer et « d’habiller » le site et, pour les intervenants et visiteurs, de mieux se rendre compte de l’aspect qu’avaient autrefois ces constructions et, ainsi, de mieux visualiser et « toucher » la vie d’autrefois. Ces constructions fourniront également des abris aux visiteurs et pourront accueillir certaines activités traditionnelles.

Après le travail de la pierre, il s’agira donc de se familiariser, ou de redécouvrir pour certains, le travail du bois et des matières végétales. Avec la construction de ha’e (fa’e, fare) il faudra prévoir et choisir les espèces appropriées, pour les poteaux par exemple, puis pour la charpente, avec les poutres notamment et les éléments plus légers, tels les nombreux chevrons. En dehors des bois préférentiellement utilisés, on devra aussi se servir de ceux disponibles sur le site, ou d’autres facilement accessibles. En effet, si les poteaux principaux étaient traditionnellement en tumu mei ou arbre à pain, l’obligation de couper certains cocotiers sur le site, nous en fera utiliser les troncs. Ceci afin de ne pas couper inutilement d’autres arbres et aussi rentabiliser ceux qui doivent être abattus ; cela économisera du bois et, en même temps, du travail. Quant aux chevrons, plusieurs bois pourront être retenus, de jeunes poussent de toa (arbre de fer) ou de mi’o (bois de rose), ou encore des hau he’e (hibiscus stérile) et toujours selon leur accessibilité. L’écorçage, le redressement des perches, leur séchage… donneront également lieu à des techniques traditionnelles, encore détenues par certaines personnes ou quelques anciens, mais peu ou plus pratiquées de nos jours. Les ligatures seront assurées au moyen d’écorce de ha’u, écorce interne ou externe selon le genre de liens nécessaires… Le tressage des palmes de cocotiers sera également l’affaire des jeunes et des plus âgés, des femmes et des hommes, plusieurs vallées seront sont doute mises à contribution.

Les poteaux, ou du moins certains, seront également sculptés, ce qui donnera lieu à une activité complémentaire, avec des techniques, des outils, des échanges et des connaissances également différentes. Le sens artistique pourra s’y exprimer et des documents ethnographiques seront diffusés, même si les sculpteurs conserveront leur liberté créative.

On le voit, tous ces travaux, rapidement évoqués, permettront de mettre en œuvre et de re-découvrir des techniques traditionnelles, de réactiver des liens entre les générations, entre hommes et femmes, entre différentes vallées et îles. Les militaires, pour beaucoup originaires d’autres archipels ou d’autres pays, acquerront également ces techniques par un travail en collaboration avec les gens de l’île et pourront apporter leurs façons de faire. Ces travaux techniques seront également le meilleur moyen de découvrir, ou redécouvrir, une culture, un environnement, de s’initier à l’histoire, l’ethnologie et l’archéologie, sur le terrain et avec des exemples concrets.

3 – Les plantations et aménagements paysagers

En complément de ces travaux sur les constructions elles-mêmes. Le site est un lieu de vie, un ensemble paysager où l’environnement a été utilisé et adapté par les gens qui y vivaient. Le relief, l’écologie, les sols, les roches, les ruissellements et la rivière furent mis à profit pour satisfaire admirablement les besoins quotidiens.

Il s’agira donc d’aménager, de re-aménager le site avec des plantations judicieuses. Non pas par simple et unique plaisir paysager ou esthétique mais pour redonner son utilité, sa fonction au site, en montrant comment les anciens vivaient, comment ils tiraient partie des sols, des fortes pentes et des plantes elles-mêmes. A la valeur alimentaire des arbres et des plantes, s’ajoutaient leur intérêt pour les constructions, la cuisson, le stockage, la pêche, la pharmacopée, la sculpture, la décoration, l’habillement… et aussi leur valeur symbolique… Il faudra donc choisir les essences et le type de plantations, remettre en valeur les pentes, maintenues par de simples alignements de pierres ou des murets plus élaborés, remettre en état des jardins, une tarodière, avec son canal d’adduction d’eau, la digue dans la rivière qui permettait de guider et d’obtenir suffisamment d’eau pour alimenter les terrasses en aval. Ces travaux se feront avec les conseils des anciens et aussi ceux du service de l’agriculture, qui pourra également fournir certains plants. D’autres sont déjà en pépinière chez des particuliers et il reste d’autres plantes à préparer et collecter, toutes seront indigènes et représentatives des anciennes plantations et paysages. Elles offriront un échantillonnage aussi large que possible des espèces utilisées autrefois.

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Maison marquisienne sur son paepae, plate-forme de pierre, et cuisine en bord de grève à Tahauku, Hiva Oa. Photographie d’une aquarelle de S.O. Fierich légendée par A. Testard de Marans : « Case marquisienne – Tahuku », in : Souvenirs des îles Marquises. Groupe sud-est, 1887-1888. Par Alfred Testard de Marans. Publication de la Société des Océanistes, n° 45, Paris, 2004.

Estimations des travaux à effectuer sur le site de Mauia

1 – Les restaurations lithiques concernent la réfection de 1300 m2 de pavage, le remontage de 120 mètres de mur sur environ 2 mètres de hauteur et la taille de 100 mètres de dalles de tuf volcanique (dalles longues de 50 à 180 cm, épaisses de 15 à 20 cm et hautes de 40 à 60 cm).

2 – Le travail du bois concerne la construction de 7 ha’e : soit la taille d’une soixantaine de poteaux, avec la sculpture des trois quarts, la collecte et la préparation de près de 300 chevrons, le tressage d’environ 5000 palmes de cocotiers.

3 – Les plantations concernent l’aménagement de 5 hectares de terrain, dont la remise en état d’une tarodière de 900 m2 et de parcelles étagées sur 1000 m2.

Pour ces différents chantiers, la commune a déjà entamé les travaux depuis la fin de l’année précédente. Elle les poursuit cette année et les poursuivra l’année prochaine, jusqu’au festival qui se tiendra du 17 au 20 décembre 2007. Ces travaux se font et se feront avec ses propres moyens, ceux du Comité organisateur du festival et avec l’intervention de personnes du village de Hoho’i, recrutées par des chantiers de développement de l’État et par un dispositif du Pays récemment mis en place : les CPIA (convention pour l’insertion par l’activité). Des bénévoles et des visites scolaires seront également accueillis.

Cependant, l’ampleur des travaux rend nécessaire une aide extérieure. Aussi la commune apprécierait sincèrement l’intervention des militaires, notamment ceux du Rimapp et du SMA. Si possible, leur intervention pourrait se faire en deux temps. Une première fois dans la seconde moitié de cette année, avec l’intervention de deux sections du Rimapp durant une semaine et celle d’une vingtaine de personne du SMA durant 3 semaines. En 2007, une seconde intervention est également souhaitée avec, de nouveau, la venue de deux sections du Rimapp durant une semaine et celle d’une vingtaine de personne du SMA durant 3 à 4 semaines.

Un véritable parc botanique et patrimonial pourra y être entretenu et développé, tant dans un but de conservation d’espèces anciennes, aujourd’hui peu utilisées pour certaines, que dans un but pédagogique et touristique. Toute cette valorisation fournira également le moyen et les opportunités de former des personnes (permanents, stagiaires, guides, scolaires, étudiants…) aux différentes facettes de la culture et de la vie marquisienne traditionnelle. Un tel ensemble pourra ainsi évoluer et s’enrichir progressivement, selon les besoins, les moyens, l’intérêt, les attentes et les projets de la population. Il pourra ainsi s’orienter vers un parc patrimonial, un écomusée qui se prêtera à nombre d’activités accompagnant le développement de la population et de ces îles, tant culturel, qu’économique et touristique, et ce sur une longue durée. Loin d’être figé et valorisé pour un moment ponctuel, aussi important soit-il, ce site apparaît comme un gage pour l’avenir.

Joseph Kaiha, maire de la commune de Ua Pou & Pierre Ottino, archéologue IRD

Hakahau, le 31 mars 2006

Site archéologique de Mauia : restauration des murs

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La façade de ce paepae est intacte, seul le bloc sommital de l’angle droit a besoin d’être réajusté.

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La partie arrière de celui-ci doit être remontée.

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La façade de ce pae-pae a besoin d’être restaurée, une part de ses blocs a été réutilisée pour un muret, construit au 20ème siècle.

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La façade de ce premier gradin est conservée intacte, sous une assise placée « récemment » au-dessus et dont les blocs proviennent de la façade du second gradin.

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Le long mur qui retient le tohua côté pente est en grande partie éboulée.

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Ce mur mesure près de 80 mètres de long ; sa partie la plus haute atteint plus de 5 mètres.

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Plusieurs vues montrant le type de montage de ce mur, au fruit plus ou moins prononcé et, parfois, en paliers successifs mauia_8.1193720347.jpg

[Photos et commentaires de Pierre Ottino]

Site archéologique de Mauia : Réfection des pavages

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Les gradins du tohua sont perturbés

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Sur ces vues, la cour est sur l’extrême gauche, viennent ensuite les premiers gradins, puis les seconds sur la droite.

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Après le dégagement du site de la grosse végétation, Marie effectue un premier nettoyage des structures pavées.

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La cour est jonchée de pierres dont la plupart sont des pavés provenant des gradins supérieurs.

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Si les premiers gradins sont relativement conservés, l’alignement des seconds et leurs pavages sont très dégradés.

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Vue sur un premier gradin partiellement décapé des colluvions

[photos et commentaires de Pierre Ottino]

Site archéologique de Mauia : Plantations et aménagement paysager

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Vue Générale sur le tohua en contrebas 

C’est cette partie haute, dominant le tohua, qui sera plantée d’essences indigènes et caractéristiques de ces sites communautaires (arbres à pain, temanu, pommiers cythères, badamiers, tou et mi’o,… plantes ornementales, plantes médicinales…).

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Vue, à partir du tohua, sur la partie haute qui sera revégétalisée

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Plantation d’un jeune temanu -Calophyllum inophyllum-, par Filipo

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En contrebas du tohua, la pente menant à la rivière recevra également des plantations.

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Outre les arbres associés aux milieux humides, comme le barringtonia et le châtaignier de Polynésie…

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Le choix des plantes se portera sur les espèces alimentaires telles les aracées et les bananiers.

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Des plantations de canne à sucre et de kava seront également effectuées.

[photos et commentaires de Pierre Ottino]

Hanapaaoa ; chiton, oscabrion, mama

A Hanapaaoa, des femmes de la vallée préparent les mama qu’elles vendront à Atuona, pour le compte de la paroisse.

Les chitons ou oscabrions sont des mollusques marins à coquille aplatie formée de huit plaques calcaires articulées, vivant fixés sur les rochers littoraux.

De mai 1853 à juillet 1854 Henri Jouan, officier de marine, est détaché aux îles Marquises, puis nommé commandant particulier de ces îles à Taiohae (Nuku Hiva) où il séjourne dix-neuf mois de janvier 1855 à novembre 1856.

À son retour en France, Henri Jouan, membre de plusieurs sociétés savantes, publie en 1858 une note sur les îles Marquises qui traite des mœurs marquisiennes, de la flore et de la faune.

On y trouve une liste de mollusques, récoltés dans ces îles, dans laquelle ceux-ci sont mentionnés en langue marquisienne. Parmi une cinquantaine d’espèces citées, il a été possible d’en reconnaître un certain nombre : Chiton marquesanus (mama), Turbo setosus (potea), Cyrtulus serotinus (pukava kekeo), Cypraeacassis rufa (pu tupe), Tutufa bubo (pu teuteu henua), Cypraea tigris (putoto eheke) …

A Atuona, la gendarmerie vous informe…

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GENDARMERIE  NATIONALE

Les gendarmes ont remarqué un relâchement dans le port de la ceinture de sécurité et le transport des enfants à

l’avant des véhicules.

L’amende est de 4150 FCP.

Une campagne de verbalisation aura lieu sous peu.

                                                                                                                             MERCI

UA ITE IA E TE TAU MUTOI FARANI I TITAHI HAAPA’OKO’E O TE ENANA E HAKA KOI NEI I TE PEREO’O, TE KO’E OKA NEI TO ATOU TAKA. ATII TE TAU TOIKI I MUA, KAOKAO O TE ENANA HAAKOI PEREO’O. (TAPU TE TOIKI MA ‘A’O O TE ONOHU’U EHUA.)

TE UTUA O TE PO’I KO’E E OKA I TE TAKA :

4150 FRANCS

I TENEI MAU AVA E TUPU TITAHI HAKAUTU’A ‘IA NO TE PO’I E KO’E E PAKAIHI ITE TURE.

KOUTAU NUI.

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