Marquises : Les pistes de l’ île de Tahuata

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Les pistes de l’île de Tahuata sont les plus mauvaises de l’archipel. Elles ont été tracées, puis n’ont plus jamais été entretenues. Par fortes précipitations, des cours d’eau  improvisés tracent un  fossé profond qui coupe en longueur la piste sur plusieurs centaines de mètre. Le 4X4 passe s’il le peut, en crabe, à la limite du renversement. Parfois on reste là, on ne peut plus aller plus loin, on abandonne le véhicule et on fait demi-tour à pied. Les engins de l’Equipement n’étant pas à chenilles, le passage ne sera ouvert que lorsque la pluie aura cessé,  dans plusieurs jours…, une semaine  plus tard, parfois plus.

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Aujourd’hui, surprise, notre véhicule doit attendre que les engins de l’entreprise de travaux publics laissent le passage. Aucun panneau de signalisation au départ du village n’annonce ces encombrements sur la voie. L’adjoint au maire ne semble pas lui-même au courant.

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Des travaux d' »élargissement se réalisent à trois endroits sur la piste qui mène de Vaitahu à Motopu. On attend un quart d’heure sans savoir qu’il nous faudra attendre plus loin, plusieurs fois et que sera la même chose pour le retour.

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Les hommes de la route percent, dynamitent, entassent, étalent, terrassent, nivellent et remuent des tonnes et des tonnes de cailloux et de terre. Dans un nuage de poussière, nous roulons au travers de la cocoteraie.

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Les travaux d’aménagement des routes de l’île de Tahuata se sont déroulés sur une période récente, d’une durée de 7 ans, de 1999 à 2006 et ont consisté à :

     – Elargir la route existante de Motopu à Vaitahu en grande partie à l’aide d’explosifs avec la mise en place de matériaux dits de ‘’carrière » servant de couche de roulement.

     – Mettre en place un assainissement de la route de Motopu à Vaitahu et des passages busés sur le tronçon Motopu / Vaitahu

     – Ouvrir une nouvelle route entre Hanatetena et Hapatoni puis ensuite l’élargir et renforcer ponctuellement sa chaussée.

Les quantités mises en œuvre ont été de l’ordre de 30 mille m3 de terrassement à l’explosif, 70 mille m3 de terrassement ordinaire et une trentaine d’ouvrages busés. 

Voir photographies de ce chantier, cliquez ici

La vie aux Marquises en 1978, il y a trente ans

Paradis des vacanciers, les îles sont dures à vivre pour leurs habitants : l‘envers des Marquises

Un paysage exceptionnel, un relief difficile, les îles dispersées des Marquises dorment au milieu du Pacifique, attendant on ne sait quel bouleversement pour s’épanouir à la consommation… L’isolement de ces « morceaux » de France est un attrait pour le voyageur qui s’émerveille du rythme du soleil, du pas des chevaux sauvages, de la lenteur de la nature. Mais il est difficile d’y vivre.

La vallée de Puamau est l’une des vallées privilégiées de l’île d’Hiva Oa puisqu’une piste récente et mouvementée y conduit (50 km = 4 heures). Marie-Antoinette Katouba, adjoint au maire de Puamau, explique « Avant la route, il fallait douze heures à cheval par les crêtes, je l’ai fait quand j’étais enceinte pour aller accoucher à Atuona. Ici, il n’y a qu’un infirmier. »

Marie-Antoinette a été pensionnaire chez les sœurs d’Atuona, elle parle bien français ; pas son mari. Comme dans la majorité des couples marquisiens, elle est plus instruite parce que, aux Marquises, l’enseignement des garçons s’arrête plus tôt que celui des filles, faute d’écoles.

On bavarde en se protégeant des moustiques propagateurs de l’éléphantiasis. En bas sur la plage, c’est le festival des nonos, minuscules bestioles invisibles, nocives au point de rendre certaines vallées inhabitables.

Marie-Antoinette s’occupe de la « phonie » (la radio), seul moyen de télécommunication à heure fixe. En cas de panne, il ne reste que la Land Rover, les quelques pirogues ou la très éventuelle goélette. Son mari, Vohi Heita chasse les animaux « divaguants » (bœufs, chevaux, cochons retournés à l’état sauvage), pêche et casse le coprah.

Impossible, à cause du relief, d’utiliser des machines pour la culture. Tout se fait à la main pour gagner, les mois fastes, environ 2 500 F Pacifique (137 F)1. Le riz, la bière sont un luxe. Bien sûr on mange des bananes, du poisson pour rien mais tout le superflu si nécessaire est hors de prix. Les trois commerces font crédit mais pas trop longtemps sous peine de faillite. Sur la cinquantaine de maisons éparpillées dans la vallée, beaucoup sont vides. Les Marquisiens partent vers Tahiti et ne reviennent plus.

Autrefois la vallée était prospère, bruissante de vie. Il faut lire Typee, un éden cannibale, d’Herman Melville, pour en avoir l’idée. Aujourd’hui tristesse et morosité, les jeunes surtout, s’ennuient et ne peuvent trouver d’emplois. La seule distraction est la prière dominicale chantée en commun dans la petite église qui depuis bien longtemps n’a plus de curé pour dire la messe. Cette vallée, ni la plus riche ni la plus pauvre, ressemble à toutes les autres. Un espoir pourtant : le nouvel aéroport en construction à Nuku Hiva qui permettra aux long-courriers d’atterrir (en 1980 ?) et qui insufflera peut-être aux îles une énergie nouvelle.

Avec l’aimable autorisation de l’auteur – Copyright : Catherine Domain – Article publié dans le journal « Le Matin de Paris » le 22 juin 1978

http://www.ulysse.fr/Ecrits/Marquises.html

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1 2500 FCP ~ 20 euros

Joline, a Hillyard Yacht 12 tonner aux Marquises

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« Dans l’après-midi du 9 mai 2002, nous quittons le sud de Tenerife, derrière « Joline », un bateau français en bois avec à bord Patrick, Viviane et leurs deux enfants, partis deux heures avant nous. Nous avions prévu de faire la traversée ensemble -c’est sympa d’avoir un voilier à proximité avec qui échanger impressions, infos diverses, voire poissons ! – mais après quelques échanges VHF, la nuit est tombée, et avant le matin nous nous sommes perdus de vue et de portée VHF définitivement, c’était réussi… (lu sur Bateaux autour du monde). »

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C’est un beau bateau très confortable mais moins rapide que les autres. Pas étonnant qu’ils se perdent de vue.

Le temps passe, la croisière continue…

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Un beau dimanche matin de février 2009, Patrick, Viviane et leurs trois enfants quittent Ua Pou (Marquises) pour tirer des bords sur le grand Océan et continuer ainsi leur tour du monde à bord de ce vieux et magnifique gréement en acajou et chêne.

Un 12 tonnes de 1960 construit en Angleterre construit par David Hillyard et acheté à Arcachon en 1968. Patrick charpentier de marine restaure le yacht et dès l’été 2001, le couple lève l’ancre de Belle île en mer pour une traversée de l’Atlantique avec un enfant à bord.

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Patrick, travaille aux escales plus ou moins longues selon le  temps qu’il faut  pour refaire la caisse de bord et  l’intérêt qu’offre le pays.

Canaries, Cap-Vert, Guyane, Venezuela, Trinidad et Tobago… puis la Colombie, traversée du canal de Panama retardée de quelques mois et les Marquises.

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En Guyane Patrick fabrique du mobilier moderne avec une nouvelle technologie.

A Trinidad, il remet à neuf  un bateau battant pavillon américain.

A Hiva Oa il fabrique avec une technique différente des savoir-faire locaux, un nouveau modèle de speed-boat dessiné par un architecte naval de Tahiti.

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L’équipage s’est consolidé en route avec l’arrivée d’un deuxième moussaillon né en 2002 au Cap-Vert et précédent le troisième  né quant à lui en 2006  au Vénézuela.

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 » PARLONS MARQUISIEN  » : le nouveau livre d’Edgar Tetahiotupa

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Ils se nomment Enata, ils habitent des îles, joliment nommées îles Marquises, qui font partie de la Polynésie française.

Le lecteur trouvera dans cet ouvrage d’initiation des éléments historiques, la description de la langue, quelques phrases de conversation courante, les principaux traits culturels ainsi que deux lexiques, français-marquisien et marquisien-français.

Le drapeau de l’archipel des Marquises ; Flag of the Marquesas

Le drapeau des Marquises, de ratio 2:3, est divisé horizontalement jaune-rouge (1:1) avec un triangle blanc placé sur le pont élévateur et s’étendant sur  la moitié de la longueur du pavillon. Un tiki noir est placé dans le triangle. Les couleurs prescrites sont le rouge Pantone 185C, le jaune Pantone 111C, le noir Pantone 8C.

Les trois couleurs et la tête d’un « tiki » représentent ce à quoi sont attachés les Marquisiens. Le blanc est le symbole de la paix et le tiki avec les yeux ouverts est caractéristique de la culture des Marquises. Le jaune fait référence directement à la teinte du « Eka », dont les hommes et les femmes de l’archipel s’enduisaient le corps, lors des cérémonies festives. Le rouge était réservé aux symboles de la royauté marquisienne

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Le drapeau  des îles Marquises a été soulevée pour la première fois le  14 Décembre 1980, à l’ouverture de l’aéroport de Nuku Hiva, et a été régulièrement utilisé depuis 1994. Une version simplifiée, sans le dessin du tiki, est parfois utilisé.

Le décret du 4 Décembre 1985 du gouvernement territorial, portant règlement de l’affichage du drapeau de la Polynésie française prévoit que les drapeaux des archipels et des îles de la Polynésie française peuvent flotter  avec le drapeau  territorial et le drapeau national.

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Flag of the Marquesas

The flag of the Marquesas Islands was first raised on December 14, 1980, upon the opening of the airport on Nuku Hiva, and has been regularly used since 1994. A simplified version, without the tiki design, is sometimes flown. The Territorial Government decree of 4 December 1985 governing the display of the flag of French Polynesia stipulates that the flags of the archipelagos and islands of French Polynesia may be flown next to the Territorial and National flags.

The flag of the Marquesas, of ratio 2:3, is horizontally divided yellow-red (1:1) with a white triangle placed along the hoist and stretching over the half of the flag length. A black tiki is placed in the triangle. The colours are prescribed as red Pantone 185c and yellow Pantone 111c.

White represents peace and the tiki with open eyes is characteristic of the culture of the Marquesas. Yellow recalls the eka dye used by the inhabitants of the archipelago to coat their body during traditional festivals. Red was the symbol of the kings of the Marquesas.

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« Tahitipresse » : Fouilles fructueuses sur le site mythique de la préhistoire polynésienne à Hane (Marquises).

(Tahitipresse – 24/12/2009) – Des centaines d’objets ont été trouvés à Hane sur l’île de Ua Huka aux Marquises par l’équipe du professeur Éric Conte, directeur du CIRAP (Centre International de Recherche archéologique sur la Polynésie). Outre dix-sept squelettes humains, des hameçons, une tête de harpon, des poids de pêche, des grattoirs en os et en coquillage, ou encore trois peignes à tatouer en nacre, ont été également mis a jour. Après analyse, ces objets enrichiront le musée de la mer à Hane.

« Depuis le début des années soixante, les techniques de fouille ont beaucoup évolué, entre autres, les analyses et les datations. Il était important de faire bénéficier ce site de ces nouvelles avancées », indique Éric Conte responsable « du projet Hane » parrainé par Air Tahiti Nui et Air Tahiti. Le site archéologique de Hane avait été fouillé en 1964 et 1965 par Y. Sinoto et M. Kellum et bien des questions se posaient déjà, notamment sur l’ancienneté du site et la chronologie de ses différentes occupations.
De plus, ce site ayant fait l’objet d’une publication très partielle, il restait encore beaucoup à connaître sur la vie des hommes qui, il y a peut-être 1000 ans, vivaient sur la dune de Hane.

Silence on tourne !

Le projet de Hane a revêtu plusieurs aspects. Outre la fouille du site lui-même, un tournage d’un documentaire pédagogique a été réalisé, expliquant les méthodes des archéologues, mais aussi les réponses que cette discipline peut apporter sur le passé. Sur place, plusieurs écoles de l’île ont suivi le chantier et ont été sensibilisées sur l’archéologie.

Les anciens se souviennent

« Les travaux de Sinoto et Kellum, sous forme de très nombreux sondages et de tranchées, avaient touché la plus grande partie de la dune et l’on ne disposait pas d’une cartographie précise des zones concernées par ces premières recherches », commente Éric Conte qui poursuit : « Lors des cyclones de 1983, une partie de la dune avait été emportée par la rivière. Aussi, la question se posait : restait-il encore une partie de la dune non touchée par les travaux anciens ? »

Avec l’aide de témoignages de personnes âgées ayant, à l’époque, travaillé avec Sinoto, et en s’aidant de photographies de l’époque, il a été possible de repérer une zone non encore fouillée du site.

Les anciens de l’île racontent qu’au moment de la fouille de Sinoto, s’élevaient sur la dune, un séchoir à coprah et une petite maison sous lesquels l’archéologue hawaïen n’avait pas pu fouiller. C’est à cet endroit que l’équipe d’Éric Conte a ouvert sa fouille, sur une surface modeste (20m2) mais qui, étudiée avec grand soin, devrait être riche d’informations.

Comprendre les mécanismes de peuplement

Lors de la fouille, dix-sept squelettes humains ont été retrouvés et étudiés par le Pr. Pascal Murail (Université de Bordeaux 1). Cela permettra de mieux connaître les caractères physiques et la situation sanitaire des anciens Marquisiens.
Les analyses ADN qui seront faites contribueront à l’étude des origines des Polynésiens et des mécanismes de peuplement des îles par l’homme.

Il est également possible de comprendre les pratiques funéraires (traitement des corps, etc.) et, à travers elles, d’atteindre les conceptions que les anciens Marquisiens avaient de l’au-delà. Ces squelettes humains seront à nouveau inhumés dans le cimetière de Hane.

Les 120 vestiges vont-ils parler ?

« Durant la fouille, on a aussi retrouvé une quantité très importante de vestiges d’ossements d’animaux (notamment de poissons et d’oiseaux) et de coquillages », informe le professeur Eric Conte qui constate que « grâce à ces restes, il sera possible mieux connaître la biodiversité terrestre et marine au moment de l’occupation du site ».

Les 120 vestiges (hameçons, une tête de harpon, des poids de pêche, etc…) retrouvés sur le site vont compléter cette approche de l’exploitation des ressources marines. Ils vont également permettre une meilleure information sur la technologie des instruments de pêche des Marquisiens.

« Des instruments particuliers, comme des grattoirs en os et en coquillage, ou trois peignes à tatouer en nacre, nous permettent d’aborder d’autres aspects de la vie des anciens habitants du site », remarque le professeur dont les fouilles ont été filmées par Axel Lichtlé de la chaîne de télévision polynésienne TNTV.

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