Six semaines de formation aux métiers de la bijouterie pour dix artisans de Ua Pou

formation-bijouterie-1.1225304258.jpg

Depuis 6 semaines, 10 artisans de Ua Pou (les frères Tereino Tony et Timona, Bruneau Mate, Kaiha Augustin, Mohuioho Tea, Kaiha Sylvie, Hapipi Eliane, Teikitutoua Roch,Teheitaeva Pacome, Bruneau Bénédicte) ont suivi une formation aux métiers de la bijouterie et au travail des métaux précieux : l’argent, le laiton, le bronze et le cuivre.

formation-bijouterie-2.1225304698.jpg 

Cette formation, mise en place par la CCISM Formation et financée par le SEFI, leur a permis en valorisant les matériaux de l’île : les caillaoux, l’os, le bois, les coquillages, de réaliser des bijoux, véritables créations alliant leur savoir faire et la bijouterie d’art. D’artisans, ils deviennent aujourd’hui créateurs et artisans bijoutiers. Ils contribueront ainsi au développement et à la promotion de la culture et de l’art marquisien au Henua Enana mais aussi à Tahiti.

formation-bijouterie-3.1225304791.jpg

Encadrés par Marie Andrée Pierrard bijoutière (3 jours de dessin, 4 semaines d’atelier) ; Marie-Noëlle Ottino, ethnologue (3 jours d’arts marquisiens) et Stéphanie Betz (une semaine de marketing), cette formation se terminera par une exposition le jeudi 30 Octobre 2008, à la Mairie de Hakahau.

formation-bijouterie-4.1225305215.jpg

Durant cette exposition, chaque créateur animera un stand pour promouvoir son art et ses produits auprès de la population de Ua Pou.

bijouterie-stage.1225306003.jpg

Ke’a tuki, le pilon marquisien

Pilon, ke’a tuki ,basalte,21X13.2 cm , Fonds Bouge, Musée des Beaux-Arts de Chartres, inv. 84.1.64

Outil efficace pour écraser et réduire en poudre ou en bouillie la pulpe des fruits et des tubercules comestibles, le pilon marquisien – ke’a tuki – est encore aujourd’hui quotidiennement utilisé, pour préparer popoi et ka’aku, en broyant  le fruit de l’arbre à pain, mei,  mais aussi pour la préparation d’autres aliments et les médicaments à base de plantes. Le pilon désormais reconnu comme l’un  des objets identitaires de la culture marquisienne est toujours très recherché par les collectionneurs et les touristes.

Pilon contemporain, Collection Tony Tereino, Sculpteur à Hakahetau (Ua Pou)

Le réveil culturel des Marquises, on en parle dans BeauxArts magazine « Spécial expositions de l’été » juillet 2008

reveil-des-marquises.1215145997.png

     Cette revue est disponible dans les kiosques -sous blister semble-t-il – alors comment savoir qu’on y parle du réveil culturel des Marquises ?

hortense-chez-jolisto.1215144317.jpg

Hortense Meltz en reportage chez Jolisto sculpteur à Hakamaii

 h_m.1215146126.png

     Extrait de l’article pages 94-96 : Après avoir travaillé sur l’atoll de Mururoa, comme maçon puis agent de police, Mate commence à sculpter à son retour à Ua Pou. Pendant cinq ans, il ne réalise que des répliques. «Il y a une dizaine d’années, j’ai rencontré un sculpteur venu de France qui m’a dit de sculpter selon mes envies. À l’époque, je réalisais des objets culturels, du marquisien type. La première fois que j’ai vraiment créé quelque chose, il m’a fallu du temps. Le problème était dans ma tête, j’avais peur que l’on m’accuse de renier ma culture. Maintenant, j’en suis convaincu, quand tu crées, c’est universel, tu es toi, tu fais partie de l’univers et des Marquises aussi.»

mate.1215143778.jpg 

Mate lors du festival des Marquises à Ua Pou en décembre 2007

L’art ancestral marquisien présenté à Chartres en présence de Joseph Kaiha, maire de Ua Pou et ministre polynésien de la Culture

 j-kaiha-declare.1214445854.jpg

     Répondant à l’invitation du Conservateur en Chef du Musée des Beaux-Arts de Chartres, Nadine Berthelier, le ministre de la Culture et de l’Artisanat de la Polynésie française, et maire de Ua Pou, Joseph Kaiha, a pris part vendredi soir (le 20/06/08) avec émotion, à l’inauguration de l’exposition consacrée à l’art ancestral des îles Marquises.

     « Après avoir assisté lundi à l’inauguration de l’exposition « Polynésie: arts et divinités » au musée du Quai Branly, je me réjouis à nouveau ce soir de partager notre culture polynésienne si diverse. Notre art, dont la richesse est aujourd’hui reconnue, est un formidable ambassadeur de la Polynésie française » a déclaré Joseph Kaiha, profondément touché.

     Accueilli dans un premier temps par le maire de Chartres, Jean-Pierre Gorges, soulignant dans son discours d’ouverture que « les objets n’ont pas de sens sans les hommes qui les ont fait », le ministre polynésien a ensuite parcouru avec un intérêt particulier les deux galeries abritant près de trois cents pièces et documents originaux.

 j-kaiha.1214445817.jpg

     Parmi elles, plusieurs ont été prêtées par le musée de Tahiti et des îles. « Nous voulons nous ouvrir à l’extérieur, et éviter l’isolement par le biais notamment d’échanges d’expositions, afin de valoriser le patrimoine polynésien » a indiqué le directeur du musée de Tahiti et des îles, Jean Marc Pambrun, précisant réaliser pour la première fois un prêt d’une telle importance à un musée national.

     Outre les objets issus entre autres du musée du Quai Branly, une grande part d’entre eux proviennent du « fond Bouge » légué par la veuve de l’ancien gouverneur des territoires d’Outre-mer, Louis-Joseph Bouge, qui constitua au début du dix neuvième siècle, une large collection consacrée à l’histoire, la vie, et la culture de ses populations.

j-kaiha-visite.1214445889.jpg

     « Un fond intelligent et non colonial » a insisté Nadine Berthelier. « Les objets marquisiens représentent la majeure partie du « fond Bouge » et c’est celle que nous avons souhaité présenter car cet art n’a été que très rarement mis à l’honneur » a-t-elle expliqué.

     Proposée jusqu’en septembre 2008 par le musée des Beaux-Arts de Chartres, l’exposition « Te haa tupuna kakiu no te henua enana » offre un panorama de l’art et de la culture ancestrale des îles Marquises, avant mais aussi après l’arrivée des premiers explorateurs à la fin du dix huitième et au début du dix neuvième siècle.

     Elle aborde cinq thèmes : les tatouages, les rituels, les ornements corporels, les objets utilitaires, et la navigation. Voir la présentation de l’exposition en cliquant sur le : dossier-de-presse_lart-ancestral-des-iles-marquises.1214447612.pdf

     Source : le Ministère de la Culture

Joseph Kaiha, maire de Ua Pou et ministre polynésien de la Culture, à l’inauguration de la magnifique exposition « Polynésie Arts et divinités 1760 –1860 »

j-kahia-1.1213863825.jpg

Le président Gaston Tong Sang s’est rendu, lundi (16 juin 2008), au Musée du Quai Branly, où il a inauguré en compagnie de Yves Jégo, Secrétaire d’Etat à l’outre-mer et Joseph Kaiha, ministre polynésien de la Culture, la magnifique exposition « Polynésie Arts et divinités 1760 -1860 ».

Cette visite émouvante, entre images divines imposantes, parures de plumes et étoffes végétales, provenant des plus grands musées européens, a été ressentie comme un vibrant hommage rendu aux ancêtres polynésiens aujourd’hui disparus.

« Je déborde d’émotions après avoir traversé un siècle de 1760 à 1860 grâce à cette collection d’objets polynésiens, témoins de temps forts de notre histoire» a déclaré Gaston Tong Sang au terme de la visite de l’exposition. Le président Tong Sang a été frappé par le « raffinement de ces objets » créés pourtant en un temps où les Polynésiens disposaient de peu d’outils.

Selon Gaston Tong Sang cette exposition montre, de surcroît, que malgré l’arrivée des missionnaires, la fin du paganisme, l’arrivée de la chrétienté, qui furent autant de bouleversements, « les valeurs sont restées, l’accueil, la gentillesse et la vie en société ».
Le musée du quai Branly « fait honneur à la Polynésie française » au moment le Pays a besoin de l’Etat, de Paris, « pour pouvoir à nouveau attirer le regard sur ce petit coin de France dans le Pacifique » a souligné le président de la Polynésie française.

Cette exposition est aussi une bonne nouvelle pour le tourisme polynésien « quand on sait le nombre importants de visiteurs du Quai Branly. Je suis certain qu’une bonne partie viendra nous rendre visite » a-t-il déclaré.

« Partager sa propre culture avec le reste du monde »

j-kaiha-2.1213864115.jpg

Interrogé sur le fait de savoir s’il était contrarié que ces objets polynésiens demeurent loin du fenua, le président Tong Sang a indiqué que «l’on peut effectivement, de manière égoïste, garder tout pour nous mais je pense qu’au contraire il est bon que ces pièces fassent le tour des plus grands musées du monde. Il faut partager sa propre culture avec le reste du monde ».

Pour sa part Joseph Kaiha, enthousiaste, a déclaré n’avoir vu que « des merveilles qui me rappellent nos anciens, représentés ici par ces différents objets de l’Océanie ». Dans son esprit cette exposition au Musée du Quai Branly est tout simplement «une reconnaissance et une réconciliation avec d’autres cultures et notamment une réconciliation avec la culture européenne».

Le ministre polynésien a rappelé que ces objets embellissaient un des plus grands musées de notre humanité : « des objets qui pourtant ont servi dans le quotidien, des objets de la vie de tous les jours et des objets qui traduisent également le tapu au travers des cérémonies. J’ai vu des éventails, j’ai vu également des tiki, des ornements, des tapas, autant d’objets qui sont des objets du vécu de nos anciens ».

Et Joseph Kaiha de préciser que pour lui cette visite de l’exposition a été « un voyage et une rencontre avec mes anciens ici en France ».

En remerciements, le président du Musée du quai Branly a reçu des cadeaux de la part du président Gaston Tong Sang et de Joseph Kaiha.

Une attention qui a touché Stéphane Martin qui, de son côté, n’a pas caché qu’il avait pour la Polynésie française « un attachement émotionnel très fort. J’y ai laissé mon cœur quand j’étais plus jeune. Il y a une âme polynésienne qui ne vous lâche pas quand vous l’avez rencontrée. Nous essayons de faire découvrir la Polynésie au sens large au musée du quai Branly. Toutes les occasions de faire connaître cette partie du monde est une joie pour nous ».

j_kahia-3.1213864607.jpg

L’exposition « Polynésie Arts et Divinités 1760-1860 se tiendra au musée du quai Branly du 17 juin au 14 septembre 2008. Il s’agit de l’exposition la plus complète jamais réalisée sur l’art polynésien. Exceptionnelle, elle rassemble pour la première fois 250 pièces rares du XVIIIè et XIXè siècles provenant des collections de grands musées anglais et français.

Source : http://www.culture.gov.pf/4663-ARTS-ET-DIVINITES-Le-musee-du-quai-Branly-rassemble-250-pieces-rares-de-Polynesie.html