Dignitaire du clan des Tei’i rencontré en 1804 par les membres de la première expédition russe (Krusenstern) autour du Monde. Cet homme porte les marques de son rang. Le motif en damier fait office de « bouclier protecteur » pour les guerriers les plus intrépides (Marie-Noëlle Ottino-Garanger).
Tahuata (îles Marquises) en 1774 : Huiles et gravures de William Hodges
Vue de la baie de la Résolution [Tahuata] dans les Marquises Peinture sur toile 495.3 x 635 mm © National Maritime Museum, Greenwich, Londres, Ministère de la Défense
Les peintures du Pacifique de William Hodges célèbrent l’exploration britannique. Ce peintre paysagiste a été nommé par l’Amirauté pour enregistrer les lieux découverts au cours du deuxième voyage de Cook entrepris avec la «Résolution» et l’ « Aventure », de 1772 à 1775. Il réalisa principalement des dessins et des croquis qui ont servis de base pour d’autres plus formels et convertis beaucoup plus tard en gravures dans le récit officiel du voyage de Cook. W. Hodges a également fait quelques peintures à l’huile sur le voyage mais la plupart, en particulier les tableaux les plus grands, ont été peints à Londres à son retour. Le National Maritime Museum détient 26 huiles relatives au voyage, dont 24 ont été peintes pour l’Amirauté ou acquises par elle.
L’objectif principal de Cook lors de cette expédition était de localiser, si possible, le fameux mais inconnu continent austral, et de développer les connaissances des îles du Pacifique central. Les enregistrements de Hodges des profils côtiers ont été en partie importants pour des raisons de navigation.
Cette toile « View of Resolution Bay in the Marquesas » a été peinte sur place. Ces peintures de Hodges montrent l’influence de la pratique de prendre à bord des navires des profils côtiers : une technique pour laquelle les officiers ont été régulièrement formés. D’ailleurs l’enseignement était l’une des tâches de William Hodges sur le navire. Toutefois, ces œuvres sont remarquablement peu conventionnelles de la tradition artistique de la peinture de paysage et elles montrent singulièrement la tentative d’un artiste occidental se frottant pour la première fois aux effets de la lumière dans l’hémisphère Sud.
Le traitement pittoresque de Hodges des terres exotiques et son habileté dans le rendu des effets de lumière sont particulièrement illustrées par les tableaux comme « Vue du Cap de bonne-espérance » , «Monuments sur le île de Pâques» et « Vue dans la province de Oparee, Tahiti ». Le premier a été peint in situ en 1772. Son travail pour l’Amirauté se termine à la fin de l’année 1778 et en 1779, il s’embarqua pour l’Inde.
The « Resolution » in the Marquesas, 1774
Le canot en arrière-plan est d’un type connu dans les Marquises, et suggère que Hodges fait ce dessin d’un bateau, alors que la «Résolution» était à l’ancre dans la baie de Tahuata. En théorie, cette oeuvre doit dériver de la collection de l’Amirauté, mais de cette collection bon nombre des dessins des voyages de Cook ont été par la suite dispersés et la provenance détaillée de celui-ci n’est pas connu. Il a été acheté pour le Musée de Colnaghi de Londres en juillet 1957 par l’Association pour la recherche marine (MacPherson Funds).
Woman of Santa Christina – Drawn from nature by W. Hodges – Engraved by J. Hall – Published Feb. 1st 1777 London
This finely engraved original antique print of a woman of Santa Christina Island was engraved by Robert Benard and was published in French edition of Cooks voyages in 1785
Lien : William Hodges (1744 – 1797) © National Maritime Museum, Greenwich, London
Lettre des Marquises de F. Caret miss.apost., Vaitahu le 1er mars 1839

En ce début d’année 1839, la voilure toute blanche d’une goélette glissait vers le nord. Mgr Rouchouze, premier évêque d’Océanie se dirigeait sur l’archipel des îles Marquises Il avait pris avec lui sept jeunes missionnaires. Leur Supérieur et Préfet apostolique était le P. Caret, un Breton à l’œil ardent. La « petite troupe » comptait deux autres Bretons : le P. Ernest Heurtel, de Saint-Brieuc ; le P. Mathias Gracia, des environs de Rennes ; un Normand de l’Orne, le P. Potentien Guilmard ; un Mayennais de Laval, le P. Saturnin Fournier ; un Tourangeau, le P. François de Paule Baudichon et le Frère coadjuteur Ladislas Ruault, de l’Ille-et-Vilaine. Les plus âgés n’avaient pas quarante ans ; le plus jeune en avait vingt-six à peine, tous animés de la même décision apostolique. De l’archipel qu’ils allaient conquérir à la foi, ils ne savaient que de peu de choses. La préoccupation de l’évêque et de ses compagnons s’en allait vers leurs trois confrères arrivés à Vaitahu six mois plus tôt… Le 3 février, dans la nuit, les missionnaires en robe blanche découvraient les masses sombres de la hautaine île Tahuata dévalant en gorges étranglées jusqu’aux rivages*.



In Annales de la Propagation de la Foi Tome 12 Janvier 1840 pages 92-94
*Secrets, candeurs et ferocites de cannibales : Aux iles Marquises / R.P. Mouly Dalmas ; illustrations de P. Clouet – Paris : Editions de l’Arc, 1949
Marquises : Appel au secours auprès des responsables politiques de la Santé (voir Tahititoday.com)
Lettre ouverte du personnel de santé :
Un appel au secours auprès des responsables politiques de la Santé
Aux Marquises, il existe une structure que l’on appelle « hôpital de Taiohae » ou « hôpital des Marquises ». Personne n’est en mesure de nommer officiellement cette structure et encore moins de confirmer son statut d’hôpital. Cette structure de Santé publique regroupe notamment les services suivant : hospitalisation (médecine, chirurgie, réanimation), maternité, bloc opératoire, consultations, urgences, prévention. Cette structure est la seule à proposer tous ces services pour l’archipel des Marquises.
Aujourd’hui, les effectifs ne permettent plus à cette structure d’assurer ses missions de santé.
– poste de Directeur gelé ;
– sur un effectif minimum de 3 cadres : cadre d’hospitalisation non remplacé depuis juillet 2009, surveillante générale en fin de contrat le 15/02/2010 avec prise d’effet le 08/01/2010 (congés) en attente de renouvellement et surveillant du bloc opératoire en arrêt maladie, donc absence totale de cadres à compter du 08/01/2010 ;
– sur un effectif minimum pour un fonctionnement normal de 18 infirmiers, seuls 12 infirmiers peuvent exercer ( sur cet effectif de 12, deux sont absents pour congés) ;
– sur un effectif minimum de 3 médecins, seul 1 médecin en poste et 2 itinérants se relayant ;
– sur un effectif nécessaire de 3 sages-femmes, seules 2 en poste dont une en instance de mutation pour le premier février 2010 ;
– le manipulateur radio en arrêt longue maladie non remplacé depuis le 14 décembre 2009 : absence de manipulateur radio sur l’ensemble des Marquises ;
– sur un effectif de 4 aides soignantes minimum, 3 en poste dont 2 en partance pour l’école d’infirmière ;
– sur un effectif minimum de 7 agents d’entretien, seuls 5 sont en poste ;
– la cellule « gestion des évasan » : agent en congé maternité non remplacée : activité reportée sur les secrétariats médicaux ;
– sur un effectif nécessaire de 3 personnes à la cuisine, seule une personne en poste. Il faut noter que les structures périphériques des Marquises (centres médicaux et infirmeries) sont dans la même situation.
Rapatriement d’un marin coréen, victime d’un AVC au large des îles marquises – 2009
La conséquence directe de cette situation est dans un premier temps une diminution de l’offre de soins, plus de tournées médicales et d’obstétriques dans les vallées et autres îles des Marquises, plus de prévention, orientation des patients des autres îles vers Papeete (augmentation du nombre d’évasan, du coût et du risque pour les patients lors des transports), et dans un deuxième temps la qualité de la prise en charge des patients.
Pour les personnels en poste, la conséquence est une augmentation des tours de garde et d’astreintes, le report de congés programmés, le rappel sur réquisition pendant les congés, une charge de travail accrue et des patients qui attendent de plus en plus longtemps et qui finissent par s’en prendre aux personnels. Cette situation est aggravée par la non rémunération des indemnités de gardes, d’astreintes et autres depuis plus de six mois pour l’ensemble des personnels. Le tableau ne serait pas complet sans les problèmes budgétaires qui nuisent au fonctionnement matériel et technique de tous les jours.
Aujourd’hui les habitants des Marquises ne bénéficient plus d’une offre de soins acceptables de proximité. Certes une jolie structure doit ouvrir cette année à Tahiti, mais aussi performante soit elle, elle se trouve toujours à 1500 kilomètres et plusieurs heures d’avions voire de bateau. Ces conditions ne permettent pas une prise en charge des patients acceptable.
Le remède semble pas si difficile puisqu’il suffirait à l’administration de faire des contrats de travail dans les temps aux candidats qui attendent, et ils sont nombreux. Il faut au minimum deux mois pour faire un contrat !!! Ces délais sont inadéquats, d’autant plus que l’on réduit toujours les effectifs, ce qui empêche des redéploiements en cas de besoin.
Cette situation est trop grave et a trop duré. Pour ces raisons les personnels tirent la sonnette d’alarme, car nous sommes en dessous de l’acceptable. Ces personnels prennent beaucoup sur eux (les conflits avec les patients mécontents sont de plus en plus fréquents), mais aujourd’hui ils sont à bout de souffle. Ils sont inquiets de l’avenir, ils en ont ras le bol du provisoire et « du peut-être », et n’accepte plus d’être ignorés.
Habitants des Marquises, la fermeture de l’hôpital n’est pas une utopie. Habitants des Marquises, nous méritons beaucoup mieux que cela, alors, réagissez, réagissons, dans peu de temps, il sera trop tard et nous ne pourrons que pleurer.
Les personnels de « l’hôpital de Taiohae » et de « l’hôpital des Marquises » (lettre transmise par un médecin) Voir l’article de la Dépêche de Tahiti.
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Epilogue : Grève à l’Hôpital de Taiohae
Rosita
Marquises : Portrait de Pakoko par René Gillotin, portrait d’une opportunité tragique…
Source : « De Constantinople à Tahiti, seize ans d’aquarelles autour du monde, 1840-1856, en suivant René Gillotin » de François Jacquin – Editions KARTHALA, 1997 (réédition, 2007).
Comme le titre l’indique, ce livre de format et de composition élégante, convie à un périple autour du monde, sur les traces d’un officier de marine doué d’un réel talent d’observation, René Gillotin. L’auteur, son arrière petit-neveu, souligne qu’« il dessinait pour son seul plaisir ».
Agrémenté d’archives de l’époque : journal de bord, notes de collègues ou d’amis proches, réflexions d’écrivains ou d’artistes, le texte restitue l’atmosphère et l’histoire des lieux arpentés par le navigateur dont la carrière fut brillante mais courte, car très peu de temps après avoir été promu capitaine de vaisseau, il est mort paralytique et dément, en 1861, à l’âge de 46 ans.
René Gillotin s’inscrit dans la lignée de ces marins qui s’improvisaient dessinateurs, et rapportaient de leur longues traversées des croquis ou des peintures comme autant de souvenirs de voyage.
Tour à tour, le lecteur aborde en sa compagnie de multiples rivages en Amérique, en Orient, dans le Pacifique et en Afrique.
Le musée du quai Branly a acquis récemment 236 de ses dessins, soit la majeure partie de son travail. Cet ensemble d’aquarelles, mines de plomb, pastels, sépias, oubliés dans un grenier pendant cent trente années, constitue un inestimable témoignage sur le plan documentaire et ethnographique.
Ce sont dans ses aquarelles que la sensibilité picturale de René Gillotin se manifeste avec le plus d’évidence. La précision de son trait, son sens de la perspective, la fraîcheur de ses coloris, les nuances et les dégradés de ses bleus, de ses gris, de ses ocres, laissent entrevoir un tempérament d’artiste qui se plaît à jouer sur les vibrations, particulièrement belles dans les pays du Levant. Les œuvres semblent prendre vie au gré de la lumière.
Ses portraits, essentiellement ceux qui ont été brossés à Tahiti ou dans les Marquises, sont délicats, souvent expressifs, et ses scènes de marché animées par un sens indéniable du pittoresque. Cet ouvrage invite à la rêverie et à la redécouverte d’un siècle où les missions scientifiques n’étaient jamais dénuées de romantisme. Marine Degli
Voir aussi :
http://tahitinui.blog.lemonde.fr/2008/06/18/la-mort-de-pakoko/
http://www.oceanien.fr/article-la-mort-de-pakoko-41310016.html




















