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Les Marquises » Festival des Marquises
Dumont-D’Urville aux Marquises
Baie du contrôleur, Taipivai, Hooumi
Le tapa & le timbre, oeuvre de Marere
Le tapa est une étoffe végétale obtenue par la technique de l’écorce battue. Cette technique encore utilisée aujourd’hui pour l’artisanat d’art en Océanie. L’écorce prélevée en bandes est pour l’assouplir, mise à tremper pendant deux ou trois jours ou mise tout simplement au congélateur (!), puis grattée de façon à ne conserver que le liber. Elle est ensuite battue sur un tronc d’arbre dur servant d’enclume à l’aide d’un battoir de section carrée aux faces gravées de rainures dont la finesse augmente. Durant l’opération, l’écorce est repliée plusieurs fois sur elle même afin d’obtenir l’épaisseur souhaitée. En Polynésie française, le tapa est surtout exploité dans l’archipel des Marquises pour la confection de chapeaux, sacs à main, porte-chéquier, etc. et surtout pour la réalisation de panneaux où sont peints des motifs de tatouage marquisiens. En Mélanésie, le tapa est fabriqué par les hommes, tandis qu’en Polynésie c’est l’ affaire des femmes. Traditionnellement les étoffes étaient surtout utilisées à l’ état naturel, certaines étaient teintes en jaune ou en rouge à l’ aide de teintures à base de plantes.
Le 22 avril 2005, est émis un timbre de 250 XPF illustré d’un tableau de André MARERE. Elle montre une femme battant une écorce pour fabriquer le tapa, une étoffe végétale.Conditionné en feuille de dix, le timbre de 2,7 × 4,8 cm est imprimé en Offset -I.T.V.F. Le timbre fut retiré de la vente le 21 juillet 2006.
Le concept de tapa renvoie aux notions de morceaux, de bordure, de frange, de début, de limite et par extension, de peau. Aujourd’hui encore, le terme « tapa-iru » désigne une belle peau reluisante. Mais l’histoire commence ainsi : « …Au début était la nudité… » Touchée par ce dénuement indigne d’une humanité que les Dieux voulaient prestigieuse, la déesse polynésienne Hina-tutu-ha’a, décida d’aider l’Homme à sortir des ténèbres, elle créa le ‘ahu, une étoffe qui s’appellera plus tard tapa, la première marque de civilisation, un symbole de prestige que n’avaient point les autres créatures de Ta’aroa le Dieu créateur. Elle développa ainsi un art inégalé dans la fabrication du ‘ahu ou tapa, étoffe décorée de motifs, de stries ou de teinte, ou laissée naturelle, obtenue à partir de l’écorce interne de certains arbres tels que le aute, un Hibiscus, le ‘ora et le mati, de la famille des Ficus et le maiore, le fameux arbre à pain. Outre la confection de vêtements, le tapa était très souvent présent dans les attaches d’accessoires, d’ornements ou d’objets de culte, sacralisant l’objet fini et rehaussant sa beauté. Chaque essence de bois donne un tapa de couleur différente allant du blanc le plus éclatant (le plus recherché) au brun le plus foncé (le plus commun mais aussi le plus religieux). Après préparation de cette écorce, celle-ci était battue sur une enclume de pierre ou de bois, le tutua, à l’aide d’un battoir, le i’e en bois dur de ‘aito, l’arbre de fer et les différentes textures et teintes d’étoffes obtenues résultaient à la fois de l’essence végétale choisie mais surtout du type de geste effectué selon le destinataire du tapa. Sa grande tâche civilisatrice accomplie, fascinée par l’astre lunaire dont la clarté lui rappelait la blancheur des étoffes prestigieuses, Hina-tutu-ha’a décida une nuit de s’y installer. Depuis la Lune, elle continua toutefois de battre du tapa en offrande aux Dieux grâce à l’écorce du banian ancestral que les rayons lunaires y avaient fait pousser. Elle légua alors son art et toute la diversité de ses pratiques aux humains. Et si les tapa d’aujourd’hui sont toujours aussi beaux, c’est que quelque part sur la lune, Hina veille encore sur le travail des artisans polynésiens qui les réalisent, c’est en tout cas ce qu’on raconte … ». En partenariat avec le Musée de Tahiti : http://www.tahitiphilatelie.com/details_timbres.php?annee=2005&id=127
Mgr René-Ildefonse Dordillon
Mgr Dordillon (René-Ildefonse) est né à Sainte-Maure (Indre-et-Loire) le 11 octobre 1808. Prêtre en 1832, il est entré dans la Congrégation des Sacrés-Coeurs de Picpus en 1836, et arriva aux Iles Marquises le 23 janvier 1845. Il fut nommé Vicaire apostolique de ces îles le 7 décembre 1856 et sacré évêque titulaire de Cambysopolis le 4 février 1857. Il mourut à Taiohae le 11 janvier 1888. — Nul plus que lui n’a connu la langue, les coutumes et les mœurs des Marquisiens. Il a publié une grammaire, ainsi qu’un certain nombre de livres et d’opuscules destinés à l’instruction religieuse de ses ouailles. Il a laissé un dictionnaire Marquisien Français et Français Marquisien qui a été publié en 1904.
R-I Dordillon était le cousin de Mgr Baudichon, premier évêque des Marquises. Voici un extrait de son témoignage au cours de ses missions d’évangélisation avec l’évêque en 1848 à Tahuata, lorsqu’il relate la fête du catéchuménat. « L’église est pleine. La foule compacte. Monseigneur préside en habits pontificaux. Les aspirants s’avancent deux à deux, solennellement. Le 19 avril, la même cérémonie se renouvelle dans la vallée de Hanatetena, au delà de la montagne. Au lieu de gravir les pentes abruptes, cette fois on a décidé de contourner l’île. Le commandant français a mis à la disposition de l’évêque une canonnière armée que manœuvrent des officiers. Après quelques péripéties de navigation, on arrive en face de la vallée à 3 heures du matin. Les indigènes venus avec les Pères se jettent à la nage pour annoncer la nouvelle, tandis que deux coups de canon, tirés du bord, réveillent les tribus endormies. Quelques tirs de mousqueterie répondent à ce signal et indiquent qu’il a été compris. Des torches s’allument partout sur la montagne et descendent lentement vers la plage qui paraît bientôt embrasée. On débarque à l’aube, parmi les détonations des canons et des fusils et les longs appels de conques marines. A 10 heures, bénédiction de la chapelle sur l’emplacement du pavé sacré. A haute voix devant une assistance compacte quatre-vingt-trois catéchumènes prennent de solennels engagements. Et le journal continue l’énumération de ces cérémonies. 21 mai, baptême solennel de vingt-cinq catéchumènes ; 24 mai, nouvelle fête dans une vallée du sud de l’île ; 31 mai, confirmation de trente-sept personnes ; 15 juin, réception de quatre-vingts catéchumènes dans la baie d’Hapatoni. Ce « magnifique mouvement » était selon R-I Dordillon, de toute évidence dû à la nouveauté, à l’exemple du roi de Tahuata, au prestige de l’évêque. La foi chrétienne était d’ailleurs loin d’avoir pénétré tous les cœurs et les cannibales même convertis « devaient conserver dans les dents le goût difficilement oublié de la chair humaine » écrit-il. Mgr Baudichon en eut quelques démonstrations. En arrivant dans la baie de Motopou, au nord de l’île de Tahuata, il trouva chrétiens et idolâtres assemblés sur la plage. Il y avait là un arbre creux et tout auprès une pierre qui servait de siège. Mystérieusement, une petite fille s’approcha de l’évêque et lui dit à l’oreille : « Monte sur cette pierre, plonge ton bras dans le creux de l’arbre, tu y trouveras quelque chose. » Tout en conversant avec les indigènes, l’évêque s’avança lentement vers l’arbre. Puis, tout naturellement, il demanda : « Y a-t-il quelque chose là-dedans ? Sans attendre la réponse, il plongea la main dans le tronc et en retira des ossements : bras, jambes, côtes et un crâne. — Qu’est-ce que tout cela ? demanda-t-il. — Ah ! répondirent quelques indigènes, ce sont des victimes d’autrefois. — Comment ! d’autrefois ? mais ces ossements ne sont pas vieux ! Alors, un chrétien se décida à raconter « l’affreuse histoire ». Deux habitants de l’île Hiva-Oa avaient débarqué dans la vallée. On les avait accueillis à merveille. Pendant qu’ils goûtaient au repas préparé à leur intention, « des païens » les avaient assommés. Dépecés aussitôt, mis au four, leur chair avait été distribuée au loin jusque dans la vallée du roi. Les redoutables guerriers accoutumés à ces festins « atroces » cachaient leurs pratiques sous des dehors parfaitement amènes. Une dénégation sans appel était la plupart du temps la réponse qu’ils faisaient aux étrangers. In « Aux îles Marquises – Secrets, candeurs et férocités de cannibales » R.P. Mouly Ss Cc Editions de l’Arc Octobre 1949
Bonne & Heureuse Année 2007, Happy new year, A koakoa nui i te ehua hou
Messe de Noël en la Cathédrale de Taiohae île de Nuku Hiva
Carpophage des Marquises sur la branche d’un ilang-ilang à Hatiheu
UPE (à Nuku Hiva) Ducula Galeata Taille : Longueur 50 à 55 cm ; envergure 70 à 75 cm. Couleur : Oiseau au plumage sombre vert métallique (ailes, dos et queue) ; tête et dessous du corps gris ; plumes rouilles au niveau du ventre ; bec long surmonté d’un cire blanc ; pattes et doigts gris et puissants. Répartition : Présent uniquement aux Marquises, sur l’île de Nuku Hiva et restreint à quelques vallées du nord et de l’ouest. La population est estimée entre 150 et 200 individus en 1995, 250 en 1998. Autrefois présent dans tout l’archipel des Marquises avant l’arrivée de l’homme. Habitat : On le trouve de 250 m à 1300 m dans les petites vallées et de part et d’autre des crêtes centrales. Il fréquente essentiellement les milieux boisés où il trouve sa nourriture. Allure en vol : Grand oiseau assez bon planeur, vu en vol au dessus des crêtes dans les ascendances. Il vole de branche en branche, en battant des ailes pour trouver son équilibre si celles-ci plient. Chant : Trois types de cris sont lancés : un cri de corvidé « Kraak-Kraak » ; un son guttural profond et presque roucoulé « Neah-ah-ah-ah » ou « No-o-o » ; enfin un cri bref assez fort « Yarr ». Nourriture : Il est exclusivement arboricole et se nourrit de fruits trouvés dans les arbustes et les arbres. Il saisit les fruits avec son bec, les détache avec une légère torsion et les avale tels quels. Il peut ingérer des fruits dont le diamètre atteint 50 à 70 mm (Fagrea berteriana, Terminalia cattapa, Goyaves et Fei) mais aussi de plus petits fruits (Ficus marquesense, Cordia lutea, Eugenia spp…). Reproduction : Le nid observé dans les arbres entre 5 et 20m est une structure plate constituée de brindilles. La ponte, en général constituée d’un seul oeuf de 49x36mm, s’étend de mars-avril à sept-octobre. In « Te Manu » n°10, 1995, Journal de la Société d’Ornithologie de Polynésie BP 21 098 Papeete![]()
Jolt EVVA, a présenté son mémoire DESS Productions Animales en Régions Chaudes relatif à l’étude du Carpophage des Marquises (Ducula galeata) qu’il a réalisé au cours d’un stage de 4 mois (3 mai au 5 septembre 1998) organisé par le CIRAD. Extrait : Des enquêtes informelles ont permis de mieux cerner le point de vue des Marquisiens sur la situation du Upe et de déterminer l’importance des différents facteurs de risque. Il apparaît que la population locale a une grande considération pour le Upe, traditionnellement inscrit dans le patrimoine culturel des Marquisiens, comme en témoignent des légendes ou d’anciennes pratiques. La chasse de cet oiseau respecté, bien qu’interdite de longue date, continue à être pratiquée, constituant la première cause de disparition de l’espèce. Si la modification du milieu par des végétaux et du gibier introduit a probablement eu des conséquences sur l’habitat du Upe, cela s’est stabilisé à l’heure actuelle. En revanche, les prédateurs tels les Rats noirs semblent être en augmentation et pourraient constituer en facteur de diminution non négligeable de la population de Upe. Face à ces menaces et compte tenu de la grande fragilité de la population résiduelle de Ducula galeata à Nuku Hiva, deux types de mesures de protection doivent être menées de front : des actions de sauvegarde à court terme pour assurer la survie de l’espèce, pour cela la réintroduction d’un certain nombre d’individus sur l’île de Ua Huka paraît prometteuse si cette action est menée avec rigueur, l’élevage d’individus ex-situ étant également à envisager ; d’autre part, des actions à long terme visant à faire disparaître les facteurs de risque actuels doivent être entreprises, telles la sensibilisation de la population et une meilleure surveillance du statut sanitaire de la faune de l’île (introduction de rats, de pestes végétales…). In « Te Manu » n°27,1999 Journal de la Société d’Ornithologie de Polynésie BP 21098 Papeete http://www.manu.pf . ![]()


