Marquises : Le jour du débarquement à Eiao de l’expédition de l’archéologue Michel Charleux

Extrait du journal de TNTV du 09 mai 2010. Reportage de F. O’Kelly-Laurent & Axel Lichtle. La Marine Nationale (Le Prairial, la Railleuse, un hélicoptère Alouette 3) a acheminé tout le matériel et les membres de l’expédition de Michel Charleux de Papeete jusqu’à Eiao, île déserte, en passant par Nuku Hiva. La mission archéologique durera 50 jours.

Voir aussi : Tahitipresse

Marquises : 60 jours sur l’île déserte de Eiao pour remonter l’histoire des Polynésiens (copyright Tahitipresse)

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Doctorant en archéologie, Michel Charleux s’apprête à mener une mission de recherche sur l’île de Eiao ( Marquises) où, dès 1987, il avait confirmé l’importance d’un centre de production d’outillage datant de l’époque pré-européenne. Cette fois-ci, l’archéologue poursuivra ses investigations pendant deux mois. Il y emporte cinq tonnes de matériel.

Il aura fallu trois ans au doctorant en archéologie, Michel Charleux pour finaliser une nouvelle mission sur l’île de Eiao. Les précédentes remontaient à 1987, 2007 et 2008. Aujourd’hui, sous l’égide du Centre international pour la Recherche archéologique en Polynésie (CIRAP), l’appui de l’Université de Polynésie Française et du CRIOBE, une subvention accordée par le biais du Contrat de Projet Etat-Pays et des aides privées diverses (ATN, Brasserie de Tahiti, Vaimato, et autres), avec deux équipes de Marquisiens mis à disposition par la commune de Nuku Hiva, l’archéologue s’est fixé pour objectif de faire l’inventaire des sites et de récolter 150 échantillons minéralogiques. En résumé, tenter de mettre en évidence les relations inter archipels pré-européennes.

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Une mission pour la Marine nationale

Une nouvelle mission sur le terrain s’imposait pour Michel Charleux qui s’est pris de passion pour cette île sauvage dont certains paysages font plus penser à la planète Mars qu’à une île polynésienne… « Je pars avec la Frégate Le Prairial. L ‘Alouette déposera 1,5 tonne de matériel sur le plateau d’Eiao », explique l’archéologue qui poursuit « j’y resterai jusqu’au 20 juin avec mon collègue Christian Sospedra, topographe. Nous serons récupérés par le Patrouilleur P400 La Railleuse« .

Comme l’indique Michel Charleux, totalement déserte, avec ses 50km², l’île de Eiao est la plus septentrionale des îles du groupe Nord de l’archipel des Marquises. Érodé, cet ancien volcan effondré, limité par de vertigineuses falaises de 200 à 300m de haut, est une machine à remonter le temps pour le chercheur.

Effectivement, le plateau Tohuanui a été colonisé à l’époque pré-européenne. On y a retrouvé plusieurs dizaines d’ateliers de fabrication d’outillage lithique, preuve d’une production et d’une activité importante qui s’est étalée sur plusieurs siècles. De 1976 à 2008, de brèves missions sur Eiao, menées par des archéologues tels que Candelot, Rolett, Ottino, Charleux, ont permis de l’affirmer.

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Une signature physico-chimique

Eiao abrite l’un des deux gisements les plus importants de basalte à grain fin dans la région orientale du Pacifique Sud. L’autre étant situé sur Pitcairn. Du fait de la qualité exceptionnelle de la pierre, les anciens Polynésiens y avaient développé la fabrication de lames, d’outils sur éclat, d’herminettes et autres outillages, penu, etc.

L’abondant outillage produit sur Eiao était d’une qualité telle qu’il fut « exporté » à plusieurs centaines de kilomètres, sur une zone de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Il faut savoir que comme toute roche d’origine volcanique, le basalte de Eiao a une composition spécifique qui constitue une véritable signature physico-chimique.

Ainsi, on a retrouvé en fouille – donc pré-européennes – des herminettes provenant de Eiao sur les îles de Moorea et Mangareva, distantes respectivement de 1600 et 1800 km de Eiao. Ces herminettes mettent en évidence les relations entre ces îles bien avant l’arrivée des Européens. Ces longs déplacements des Polynésiens à bord de pirogues ont progressivement cessé à partir des XVe-XVIe siècles pour une raison qui reste encore inconnue.

L’analyse des échantillons minéralogiques rapportés par la mission sera confiée à un laboratoire de l’Université du Queensland qui s’est proposé de les réaliser à titre gracieux, un « cadeau » de près de 50 000 euros non désintéressé puisque les résultats permettront de constituer une base de données unique.

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Le tour des musées du Pacifique

« Je me propose ensuite de rechercher dans les collections des musées du Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande, Hawai’i, Chili…), des pièces qui pourraient avoir été façonnées sur Eiao« , explique Michel Charleux. « Cette recherche pourrait déboucher sur la découverte de relations pré-européennes entre archipels que je suspecte, mais qui restent jusqu’alors ignorées« , indique encore l’archéologue.

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Exposition aux Marquises

Les Marquises voient passer chaque année de nombreuses missions scientifiques aux objectifs variés. Cette mission fera l’objet d’une exposition culturelle et pédagogique à Nuku Hiva à l’intention des scolaires et de la population. Encore faudra-t-il qu’une modeste subvention soit accordée pour mettre en œuvre ce projet hautement important pour la population des Marquises.

Encore aujourd’hui, la migration entamée voici 5000 ans depuis l’Asie du Sud-Est, véritable épopée d’île en île de ceux qui vont devenir les Polynésiens et peupleront le triangle polynésien, est encore loin d’avoir livré tous ses secrets. De nombreuses zones d’ombre subsistent, en particulier, les relations qui ont pu être maintenues au cours du temps entre les différents archipels, et à l’intérieur de ceux-ci entre leurs différentes îles. CD

Source : Tahitipresse

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Crédit photos : Axel Litchle

Marquises : Appel au secours auprès des responsables politiques de la Santé (voir Tahititoday.com)

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Lettre ouverte du personnel de santé :

Un appel au secours auprès des responsables politiques de la Santé

Aux Marquises, il existe une structure que l’on appelle « hôpital de Taiohae » ou « hôpital des Marquises ». Personne n’est en mesure de nommer officiellement cette structure et encore moins de confirmer son statut d’hôpital. Cette structure de Santé publique regroupe notamment les services suivant : hospitalisation (médecine, chirurgie, réanimation), maternité, bloc opératoire, consultations, urgences, prévention. Cette structure est la seule à proposer tous ces services pour l’archipel des Marquises.

Aujourd’hui, les effectifs ne permettent plus à cette structure d’assurer ses missions de santé.

– poste de Directeur gelé ;

– sur un effectif minimum de 3 cadres : cadre d’hospitalisation non remplacé depuis juillet 2009, surveillante générale en fin de contrat le 15/02/2010 avec prise d’effet le 08/01/2010 (congés) en attente de renouvellement et surveillant du bloc opératoire en arrêt maladie, donc absence totale de cadres à compter du 08/01/2010 ;

– sur un effectif minimum pour un fonctionnement normal de 18 infirmiers, seuls 12 infirmiers peuvent exercer ( sur cet effectif de 12, deux sont absents pour congés) ;

– sur un effectif minimum de 3 médecins, seul 1 médecin en poste et 2 itinérants se relayant ;

– sur un effectif nécessaire de 3 sages-femmes, seules 2 en poste dont une en instance de mutation pour le premier février 2010 ;

– le manipulateur radio en arrêt longue maladie non remplacé depuis le 14 décembre 2009 : absence de manipulateur radio sur l’ensemble des Marquises ;

– sur un effectif de 4 aides soignantes minimum, 3 en poste dont 2 en partance pour l’école d’infirmière ;

– sur un effectif minimum de 7 agents d’entretien, seuls 5 sont en poste ;

– la cellule « gestion des évasan » : agent en congé maternité non remplacée : activité reportée sur les secrétariats médicaux ;

– sur un effectif nécessaire de 3 personnes à la cuisine, seule une personne en poste. Il faut noter que les structures périphériques des Marquises (centres médicaux et infirmeries) sont dans la même situation.

nuku-hiva-evasan-06_2009.1263837681.jpg Rapatriement d’un marin coréen, victime d’un AVC au large des îles marquises – 2009

La conséquence directe de cette situation est dans un premier temps une diminution de l’offre de soins, plus de tournées médicales et d’obstétriques dans les vallées et autres îles des Marquises, plus de prévention, orientation des patients des autres îles vers Papeete (augmentation du nombre d’évasan, du coût et du risque pour les patients lors des transports), et dans un deuxième temps la qualité de la prise en charge des patients.

Pour les personnels en poste, la conséquence est une augmentation des tours de garde et d’astreintes, le report de congés programmés, le rappel sur réquisition pendant les congés, une charge de travail accrue et des patients qui attendent de plus en plus longtemps et qui finissent par s’en prendre aux personnels. Cette situation est aggravée par la non rémunération des indemnités de gardes, d’astreintes et autres depuis plus de six mois pour l’ensemble des personnels. Le tableau ne serait pas complet sans les problèmes budgétaires qui nuisent au fonctionnement matériel et technique de tous les jours.

Aujourd’hui les habitants des Marquises ne bénéficient plus d’une offre de soins acceptables de proximité. Certes une jolie structure doit ouvrir cette année à Tahiti, mais aussi performante soit elle, elle se trouve toujours à 1500 kilomètres et plusieurs heures d’avions voire de bateau. Ces conditions ne permettent pas une prise en charge des patients acceptable.

Le remède semble pas si difficile puisqu’il suffirait à l’administration de faire des contrats de travail dans les temps aux candidats qui attendent, et ils sont nombreux. Il faut au minimum deux mois pour faire un contrat !!! Ces délais sont inadéquats, d’autant plus que l’on réduit toujours les effectifs, ce qui empêche des redéploiements en cas de besoin.

Cette situation est trop grave et a trop duré. Pour ces raisons les personnels tirent la sonnette d’alarme, car nous sommes en dessous de l’acceptable. Ces personnels prennent beaucoup sur eux (les conflits avec les patients mécontents sont de plus en plus fréquents), mais aujourd’hui ils sont à bout de souffle. Ils sont inquiets de l’avenir, ils en ont ras le bol du provisoire et « du peut-être », et n’accepte plus d’être ignorés.

Habitants des Marquises, la fermeture de l’hôpital n’est pas une utopie. Habitants des Marquises, nous méritons beaucoup mieux que cela, alors, réagissez, réagissons, dans peu de temps, il sera trop tard et nous ne pourrons que pleurer.

Les personnels de « l’hôpital de Taiohae » et de « l’hôpital des Marquises »  (lettre transmise par un médecin) Voir l’article de la Dépêche de Tahiti.

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Epilogue : Grève à l’Hôpital de Taiohae

Pour le Maréchal des logis chef, ça se corse, il part en beauté !

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Après quatre années passées à la Gendarmerie de Ua Pou, le Maréchal des Logis Chef Stéphane Marcos a été honoré, à l’occasion de son pot de départ, de la présence des Autorités  de l’Etat et du Pays :   à savoir Monsieur le Haut-Commissaire et Madame L’administrateur d’Etat en résidence aux Marquises, le Commandant de gendarmerie Ameye, Monsieur le Ministre de l’Artisanat et du patrimoine culturel et Maire de Ua Pou, Monsieur l’Administrateur supérieur des Iles Marquises,  Monsieur le Premier adjoint au Maire.

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Le Maréchal des Logis chef, actuellement Commandant de la Brigade de Ua Pou, connaît sa nouvelle affectation, une fois encore au soleil, en Corse , l’île de Beauté.

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Marquises : Mystérieux naufrage du voilier américain « Emily Pearl » sur la côte ouest de Nuku Hiva – le skipper Billy Landers porté disparu.

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     Est-il possible aujourd’hui 8 mai, cinq jours après le naufrage, que le skipper soit en mer à bord d’un canot Pudgy Portland vert comme celui-ci ?

     Dans la nuit du 03 au 04 mai, le voilier américain « Emily Pearl » a fait mystérieusement naufrage sur la côte ouest de Nuku Hiva. Le skipper Billy Landers 63 ans, est porté disparu.

     Le 3 mai, le dernier contact radio du skipper avec un autre navigateur, en début de soirée, ne laissait apparaître aucune situation alarmante. Selon nos informations, il devait rejoindre dimanche des amis américains à Ua Pou. C’est un pêcheur marquisien qui a donné l’alerte après avoir vu des objets flottant à la surface de l’eau : une bassine, une guitare, un petit ventilateur vissé sur un morceau de bois verni, des bouteilles de gaz sanglées sur une grande planche.

     L’épave est posée par plusieurs mètres de fond entre Matateteiko et la Baie marquisienne, la quille et le gouvernail arrachés, la coque déchirée des deux côtés, irrécupérable, sans de radeau de survie.

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Cliquez pour agrandir

     Les recherches à terre et en mer et aux abords d’une côte très difficile d’accès ont été menées par la gendarmerie, les sapeurs pompiers, les pêcheurs et plongeurs bénévoles, par le patrouilleur « Jasmin » de la gendarmerie maritime, par le Gardian qui a effectué des vols de recherche mardi et mercredi. Ces recherches n’ont pas permis de retrouver le skipper, ni de l’annexe du voilier.

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     Radio Marquises diffuse heure par heure des messages d’information auprès de la population (pêcheurs, chasseurs, guides…et Radio Mahina (Tahiti) en direction de navigateurs actuellement dans les eaux de l’archipel … au cas où quelqu’un verrait quelque chose.

     Billy Landers, militaire de l’armée américaine, navigue en solitaire depuis de nombreuses années. Il avait quitté le Mexique il y a quelques mois dans le cadre du rallye « Pacific Puddle Jump ».

     Les recherches sur le terrain et en mer se poursuivent à la recherche du canot de sauvetage ou d’autres indices, dans le sillage des vents et des courants.

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Le bateau de Bill Landers  de Port Angeles était un Islander 36

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Tahitipresse – Naufrage aux Marquises : le skipper porté disparu

Recherches activées pour retrouver Billy 

Où est le skipper du voilier coulé ?

Search Underway for Shipwrecked Puddle Jumper

Singlehander Still Missing

Cruisers Hopeful About Landers’ Survival

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Iles Marquises :  » dossier Unesco, le fiasco  » un article de Marc Tarrats

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     L’archipel des Marquises classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, on en parle beaucoup depuis 2006, mais ce qui semblait un projet prometteur se transforme chaque jour un peu plus en un fiasco magnifique. Ou comment les responsables politiques sabotent leur propre demande…

     A force d’entendre dans les médias que l’archipel des Marquises sera bientôt classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, on finit par y croire. Et pourtant, c’est sans compter sur le pouvoir destructeur des politiciens à se tirer une balle dans le pied.

     En janvier 2006, le ministre Louis Frébault, de passage à Paris au siège de l’UNESCO, apprend que son archipel natal est déjà inscrit sur la liste indicative de la France, celle qui recense les biens de valeur universelle exceptionnelle susceptibles d’être proposés au classement du patrimoine mondial au cours des cinq à dix années à venir… Et que cette inscription date de… septembre 1996, notamment à l’initiative de Lucien Kimitete, le maire de Nuku Hiva disparu en avion au-dessus des Tuamotu, et de Dominique Cadilhac, administrateur d’Etat de l’archipel à l’époque.

     Treize ans plus tard, le dossier marquisien est toujours en lice pour une entrée future sur la liste du patrimoine mondial, mais les embûches sont nombreuses et les élus et responsables marquisiens aiment à s’en rajouter.

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     Le premier nœud de l’affaire était de savoir qui devait se prévaloir d’être le maître d’œuvre du projet. En effet, seuls les États-parties de l’UNESCO peuvent présenter une candidature au classement du patrimoine mondial. La France est un Etat-partie de l’UNESCO. La Polynésie française ne l’est pas. C’est donc bien la France, et en son nom, qui proposera le dossier marquisien, soutenu par différents partenaires comme les autorités locales (les communes) et régionales (le Territoire), des associations, des gestionnaires de sites, etc.

     Dès 2006, plusieurs personnes éminentes des comités UNESCO créés aux Marquises avaient suggéré à ce que ce soient les six maires de l’archipel, dans le cadre d’une association mise en place à cette fin, qui soient les porteurs du projet. Il s’agissait là de ne pas fragiliser la concrétisation de ce dernier par les soubresauts politiques du Territoire. L’État, le Pays et tout autre partenaire privé auraient accompagné le dossier en fonction des besoins.

     Mais voilà, la vanité du pouvoir et le sentiment d’éternité des ministres ont conduit les responsables marquisiens à confier le « bébé » au Pays. C’est Louis Frébault, « découvreur » de l’inscription de l’archipel sur la liste française, qui ouvrira le bal en prenant la direction du projet, profitant de son statut de ministre du gouvernement de la Polynésie française. En bon courtisan, il proposera à Oscar Temaru de devenir « naturellement » président du projet et se fera nommer très officiellement chef de projet.

     La stratégie était claire : flatter l’ego du président, récupérer des subventions territoriales et être sous les feux des projecteurs des médias sur un dossier à l’image plus que positive.

     Louis Frébault aura toutefois le mérite de mettre en place rapidement une équipe de travail qui, en sept mois, réalisera la première pierre du dossier : la rédaction des mémoires de Nuku Hiva et de Hiva Oa, ceux des autres îles devant suivre dans le courant de l’année 2007. Louis Frébault est d’ailleurs le seul à avoir amené le dossier aussi loin.

     Malheureusement, le projet ne pouvait s’accommoder de l’assaisonnement politique du ministre marquisien. Le mélange des compétences et des objectifs était flagrant : d’un côté, une association (pour recevoir des fonds territoriaux) sera constituée depuis Papeete avec des prête-noms à Hiva Oa pour composer le bureau ; d’un autre côté, l’expert-consultant, ancien directeur d’un service important de l’UNESCO, rétribué sur un contrat présidence, mais travaillant au ministère des PME ; enfin, un secrétaire général du projet, ancien colonel en retraite de l’armée de l’air, rémunéré, quant à lui, par le ministère des PME dans un premier temps, avant que l’association ne prenne la relève.

     Cette dernière nomination n’était pas le fruit du hasard. Elle coïncidait à l’époque avec la volonté de Louis Frébault de « voler », au profit de Hiva Oa, le projet d’aéroport international des Marquises à Nuku Hiva. Ainsi, le ministre des PME tenait de grandes réunions publiques aux Marquises où l’ex-colonel de l’armée de l’air, sous couvert de son implication à la candidature UNESCO, devenait la caution technique de la faisabilité d’un aéroport international à Hiva Oa.

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     C’est notamment ce mélange des genres qui conduisit l’équipe de travail aux Marquises à démissionner petit à petit. Dès lors, le projet s’en trouvera stoppé une première fois. Paradoxalement, lors des élections territoriales et municipales de 2008, nombre de candidats des Marquises se servirent du projet comme d’un thème de campagne.

     Par exemple, le nouveau maire de Hiva Oa, Etienne Tehaamoana, s’était engagé dans sa profession de foi à « œuvrer pour que l’élaboration de ce dossier soit placée sous la totale responsabilité des maires marquisiens ». Un mois plus tard, une partie de l’ancienne équipe de travail du dossier le prend aux mots et lui propose d’organiser une table ronde avec les cinq autres maires des Marquises. Non seulement le conseil municipal freina des deux pieds l’idée d’une candidature à l’UNESCO, mais en plus le premier magistrat de Hiva Oa préféra s’en remettre au Pays… contrairement à sa promesse !

     Le dossier avait cependant une seconde chance avec la nomination du maire de Ua Pou, Joseph Kaiha, au poste de ministre de la Culture du gouvernement Tong Sang. C’est malheureusement un second enterre­ment auquel il eut droit. Comme le dit le proverbe, on n’est jamais trahi que par les siens…

     Après de long mois à n’en rien faire, le ministre de la Culture échafauda une nouvelle structure de travail digne d’une usine à gaz. Là encore, courtisanerie et sentiment d’éternité le conduisirent à faire du président du Pays le réfèrent du dossier à l’échelon national. Joseph Kaiha, lui, devenait coordonateur du projet, avec sous son aile un comité de pilotage comprenant le président du Pays, 5 ministres, les six maires des Marquises, le président d’une fédération culturelle marquisienne, un représentant de l’Etat, un représentant de l’Assemblée et « des experts et des techniciens ». Pas moins de 17 personnes pour plus de simplicité et… d’efficacité ! Ce comité de pilotage chapeautant la fédération culturelle qui chapeaute elle-même un comité scientifique et un comité technique (à chaque fois une quinzaine de personnes).

     Il fallait faire plaisir à beaucoup de monde, et c’était chose faite. Il ne manque que ceux qui travailleront concrètement à la rédaction des projets et à la coordination des décisions à prendre au niveau local et régional (le Pays). Ces personnes n’apparaissent pas dans l’organigramme, mais elles sont dans le budget prévisionnel : 14 millions de francs (117 320 €) en 2009 pour les prestataires de services. Qui seront-ils ? A ce jour, ni les deux coordonnateurs initiaux du projet (à Nuku Hiva et à Hiva Oa) ni les comités de bénévoles (1) sur ces mêmes îles n’ont été recontactés… A moins que le Comité de pilotage ne souhaite faire appel à des cabinets d’études extérieurs à l’archipel. Mais attention à ne pas sauter une marche indispensable à la réussite du projet. Les recommandations de l’UNESCO sont explicites : « Les propositions d’inscriptions doivent être le fruit d’une participation d’une large gamme d’acteurs des sites, y compris les gestionnaires et les communautés locales ». Car préalablement au classement, des enquêteurs internationaux, mandatés par le Comité du Patrimoine mondial en charge d’évaluer les candidatures en dernier ressort, seront appelés à se rendre dans l’archipel pour ensuite témoigner. Que risquent-ils de voir alors ? Une population totalement indifférente à ce classement…

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     En effet, la seconde faiblesse de ce dossier, à ce jour, est d’avoir mis la charrue avant les bœufs. La population locale et les élus locaux ne sont pas préparés à assumer leur patrimoine selon l’idée de l’UNESCO. Hiva Oa est ainsi le porte-drapeau de l’oriflamme du désintérêt populaire pour la sauvegarde du patrimoine.

     Fin 2008, le maire de Hiva Oa avait demandé aux fonctionnaires de la direction de l’Environnement en mission de présenter à la population les plantes classées pestes végétales. Ils avaient alors souligné au premier élu que sa mairie et d’autres bâtiments communaux étaient fleuris de lantana (lantana camara), classées envahissantes (arrêtés n° 244 CM du 12 février 1998 et n°65 CM du 23 janvier 2006)… Quatre mois plus tard, la mairie est toujours fleurie de ces « bombes à retardement qu’il conviendrait d’éliminer rapidement avant leur possible expansion » selon les termes mêmes de la direction de l’Environnement. Les exemples du peu de considération pour le patrimoine naturel ou culturel ne manquent pas à Hiva Oa. Ainsi, le maire, encore lui, n’a toujours pas mis en place de représentants locaux au comité de gestion des îlots Mohotani et Fatu Uku où subsistent des plantes et des animaux endémiques, alors que la Direction de l’environnement l’a invité à le faire depuis plusieurs mois. Et que dire d’une conseillère municipale qui découvre un tiki en tuf rouge (2) de belle taille sur un de ses terrains et qui le ramène incognito chez elle pour en faire un nain de jardin ? Ou encore du service de l’Equipement qui verse des tonnes de terre sur un site archéologique situé sur un terrain communal sans que le maire s’en émeuve…

     Dans le même temps, le seul expert archéologique des sites marquisiens, Pierre Ottino, chercheur à l’IRD stationné à Nuku Hiva, est expédié dans d’autres contrées car le Territoire n’a même pas demandé à le maintenir à disposition dans l’archipel. C’est là une perte incommensurable pour la mise en valeur du patrimoine lithique de la Terre des Hommes, au regard de l’expérience accumulée par ce profession­nel éclairé (il a notamment un savoir-faire unique pour reconstituer pierre après pierre un paepae (3) tombé en ruine)…

     Seules les écoles semblent aujourd’hui se battre localement pour la défense du patrimoine. Citons le collège de Nuku Hiva, devenu en 2007 école associée au réseau UNESCO ou encore le collège Sainte Anne, qui a monté des « ateliers UNES­CO » à la rentrée 2008.

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     Ironie de l’histoire, la vanité des ministres et la passivité des maires de la « Terre des Hommes » va à l’encontre de leurs ambitions politiques. Durant toute la campagne des territoriales, les candidats de Te Henua Enana A Tu (Benoît Kautai, Joëlle Frébault et Joseph Kaiha), liste gagnante au premier tour avec presque 54% des suffrages, revendiquaient principalement une collectivité d’Outre-mer à part entière pour l’archipel. Ils ont donc réussi l’exploit de plomber ce qui pouvait être un atout dans leurs revendications séparatistes (à l’égard de « Tahiti Nui »). Que les six maires des Marquises aient été porteurs du projet d’inscription pouvait donner des ailes à leur justification identitaire, de l’espace sur la scène internationale pour convaincre de leurs différences avec Tahiti Nui et de leur capacité à se gérer.

     D’autre part, les élus marquisiens ont également péché par orgueil, convaincus que leur candidature s’imposait à la Polynésie française. Du jour où le dossier marquisien est sorti des cartons, les appétits d’autres archipels se sont ouverts.

     Ce fut un temps la volonté gouvernementale de mettre en place une grande candidature qui pourrait rassembler plusieurs sites : ceux des Marquises, Makatea (site historique industriel), Rangiroa (sa passe), etc. Puis ce fut au tour du site de Taputapuatea (Raiatea) de sortir du chapeau. Soutenu par la Jeune Chambre économique, ce dossier était lancé notamment par un certain Richard Tuheiava… aujourd’hui devenu sénateur. Et c’est là où l’orgueil marquisien risque bien de jouer des tours au dossier de la « Terre des Hommes ».

     Aussi bien ficelé soit-il, le dossier de Taputapuatea n’a aucune chance de gagner sa place sur la liste indicative de la France tant que le dossier marquisien y est. Richard Tuheiava le sait bien et n’a eu de cesse depuis trois ans de tenter un rapprochement des deux candidatures.

     En effet, vu la (mauvaise) avancée du dossier marquisien, le renommer en candidature de Polynésie française au titre des biens en série (c’est-à-dire de sites dispersés) pourrait être de moins en moins compliqué. La Commission nationale à Paris n’apprécie pas beaucoup les dossiers qui traînent en longueur (13 années pour les Marquises…) et qui privent d’autres sites d’une place enviée. Déjà, en début d’année, la Commission avait évoqué l’éventualité de supprimer les Marquises de la liste, sauvées de justesse par la représentante française de l’UICN (4)  qui insista pour son maintien.

     Alors débaptiser la candidature « Marquises » pour la renommer « Tahiti Nui » pourrait faire plaisir à de nombreuses personnes, localement mais aussi à Paris pour punir l’incompétence marquisienne. Et quand on est jeune sénateur, adoubé par le nouveau président de la Polynésie française et porteur du projet Taputapuatea, le pas à franchir pour ce changement d’étiquette semble désormais moins compliqué à obtenir…

     Les maires des îles Marquises seront-ils capables d’un dernier sursaut d’orgueil salutaire ? Si le dossier marquisien venait à couler en partie, l’indifférence serait assez grande dans l’archipel. Mais s’il survivait à ces turbulences, les élus locaux devront véritablement apprendre à gérer leur patrimoine naturel et culturel, particulièrement à Hiva Oa.

Marc Tarrats

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(1) Des comités UNESCO composés de bénévoles ont travaillé de mai 2006 à juin 2007 à recenser le patrimoine exceptionnel des Marquises. Plusieurs commissions les composaient : histoire, géographie, traditions et culture, faune, flore et archéologie.

 (2) Roche volcanique meuble, formée par accumulation  des cendres de lapilli et de blocs lors d’une éruption.  Une exposition à l’eau de pluie favorise l’installation d’agents biologiques qui conduisent à la dégradation, souvent rapide, des matériaux.

(3) Plate-forme de pierre rectangulaire surélevée.

(4) Union internationale pour la conservation de la nature

Article publié la première fois Version originale in TAHITI-PACIFIQUE MAGAZINE – Mars 2009 n° 215

Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur

« Tahitipresse » : Fouilles fructueuses sur le site mythique de la préhistoire polynésienne à Hane (Marquises).

(Tahitipresse – 24/12/2009) – Des centaines d’objets ont été trouvés à Hane sur l’île de Ua Huka aux Marquises par l’équipe du professeur Éric Conte, directeur du CIRAP (Centre International de Recherche archéologique sur la Polynésie). Outre dix-sept squelettes humains, des hameçons, une tête de harpon, des poids de pêche, des grattoirs en os et en coquillage, ou encore trois peignes à tatouer en nacre, ont été également mis a jour. Après analyse, ces objets enrichiront le musée de la mer à Hane.

« Depuis le début des années soixante, les techniques de fouille ont beaucoup évolué, entre autres, les analyses et les datations. Il était important de faire bénéficier ce site de ces nouvelles avancées », indique Éric Conte responsable « du projet Hane » parrainé par Air Tahiti Nui et Air Tahiti. Le site archéologique de Hane avait été fouillé en 1964 et 1965 par Y. Sinoto et M. Kellum et bien des questions se posaient déjà, notamment sur l’ancienneté du site et la chronologie de ses différentes occupations.
De plus, ce site ayant fait l’objet d’une publication très partielle, il restait encore beaucoup à connaître sur la vie des hommes qui, il y a peut-être 1000 ans, vivaient sur la dune de Hane.

Silence on tourne !

Le projet de Hane a revêtu plusieurs aspects. Outre la fouille du site lui-même, un tournage d’un documentaire pédagogique a été réalisé, expliquant les méthodes des archéologues, mais aussi les réponses que cette discipline peut apporter sur le passé. Sur place, plusieurs écoles de l’île ont suivi le chantier et ont été sensibilisées sur l’archéologie.

Les anciens se souviennent

« Les travaux de Sinoto et Kellum, sous forme de très nombreux sondages et de tranchées, avaient touché la plus grande partie de la dune et l’on ne disposait pas d’une cartographie précise des zones concernées par ces premières recherches », commente Éric Conte qui poursuit : « Lors des cyclones de 1983, une partie de la dune avait été emportée par la rivière. Aussi, la question se posait : restait-il encore une partie de la dune non touchée par les travaux anciens ? »

Avec l’aide de témoignages de personnes âgées ayant, à l’époque, travaillé avec Sinoto, et en s’aidant de photographies de l’époque, il a été possible de repérer une zone non encore fouillée du site.

Les anciens de l’île racontent qu’au moment de la fouille de Sinoto, s’élevaient sur la dune, un séchoir à coprah et une petite maison sous lesquels l’archéologue hawaïen n’avait pas pu fouiller. C’est à cet endroit que l’équipe d’Éric Conte a ouvert sa fouille, sur une surface modeste (20m2) mais qui, étudiée avec grand soin, devrait être riche d’informations.

Comprendre les mécanismes de peuplement

Lors de la fouille, dix-sept squelettes humains ont été retrouvés et étudiés par le Pr. Pascal Murail (Université de Bordeaux 1). Cela permettra de mieux connaître les caractères physiques et la situation sanitaire des anciens Marquisiens.
Les analyses ADN qui seront faites contribueront à l’étude des origines des Polynésiens et des mécanismes de peuplement des îles par l’homme.

Il est également possible de comprendre les pratiques funéraires (traitement des corps, etc.) et, à travers elles, d’atteindre les conceptions que les anciens Marquisiens avaient de l’au-delà. Ces squelettes humains seront à nouveau inhumés dans le cimetière de Hane.

Les 120 vestiges vont-ils parler ?

« Durant la fouille, on a aussi retrouvé une quantité très importante de vestiges d’ossements d’animaux (notamment de poissons et d’oiseaux) et de coquillages », informe le professeur Eric Conte qui constate que « grâce à ces restes, il sera possible mieux connaître la biodiversité terrestre et marine au moment de l’occupation du site ».

Les 120 vestiges (hameçons, une tête de harpon, des poids de pêche, etc…) retrouvés sur le site vont compléter cette approche de l’exploitation des ressources marines. Ils vont également permettre une meilleure information sur la technologie des instruments de pêche des Marquisiens.

« Des instruments particuliers, comme des grattoirs en os et en coquillage, ou trois peignes à tatouer en nacre, nous permettent d’aborder d’autres aspects de la vie des anciens habitants du site », remarque le professeur dont les fouilles ont été filmées par Axel Lichtlé de la chaîne de télévision polynésienne TNTV.

Pour voir l’article original et les photographies ; cliquez ici

Marquises : un référendum pour un statut de collectivité territoriale ?

Les élus Marquisiens veulent un retour aux urnes et un référendum pour un statut de collectivité territoriale

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Benoît Kautai danse devant la délégation de l’île de Pâques lors du festival de Ua Pou

(Tahitipresse 06/02/2009) – Dans le contexte politique actuel, Benoît Kautai, président du mouvement autonomiste marquisien « Te Henua Enata a Tu », et élu à l’assemblée dans le groupe To tatou Ai’a, rappelle qu’il a été élu, avec Joëlle Frébault, sur cette liste car il prônait l’évolution statutaire des Marquises vers une collectivité territoriale. Et de réclamer « un retour aux urnes car nous ne nous reconnaissons plus en aucune entité politique tant les couleurs se sont mélangées ».

« Te Henua Enata a Tu », mouvement autonomiste marquisien présidé par Benoît Kautai, tient à rappeler, dans un communiqué, ses motivations lors des dernières élections territoriales du 27 janvier 2008. « Nous avions évoqué en particulier l’évolution statutaire des Marquises vers une collectivité territoriale, à l’instar de Saint Martin ou Saint Barthélémy. Nous avions recueilli plus de 60% des suffrages exprimés et donc, par conséquent, l’adhésion d’une majorité de la population marquisienne à ce projet de statut de collectivité territoriale », écrit-il.

« Aujourd’hui, lorsque nous voyons les élus des Iles du Vent réclamer dans son ensemble une circonscription unique dans un futur mode de scrutin, nous sommes inquiets, et c’est faire peu cas de la représentativité des archipels. C’est de nouveau exercer une centralisation que nous avons toujours combattu au Te Henua Enata a Tu », dénonce Benoît Kautai.

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Et de rappeler qu’avec Joëlle Frébault, ils ont été élus sur la liste Te Henua Enata a Tu. « Nous avons apporté à To Tatou Ai’a deux élus supplémentaires, car nous voulions travailler avec la majorité et changer de mode de gouvernance. Force est de constater que nous avons assisté impuissants aux chantages des uns et des autres. Nous aurions pu en faire autant, nous positionner comme certains en tant que non inscrits, est-ce que nous aurions fait avancer la pirogue ? Nous en doutons, néanmoins nous avons cru en ce changement », regrette l’élu marquisien.

« Nous avons également souhaité au sein de nos communes plus de partenariat, en mettant en place une communauté des communes des Marquises en vue de mutualiser nos moyens financiers et humains. Nous attendons les accords du Pays, de l’Etat ainsi que de toutes les communes des Marquises depuis presque un an. ‘Gémir n’est pas de mise aux Marquises’, mais cette fois-ci, nous refusons d’attendre plus longtemps le bon vouloir des dirigeants quels qu’ils soient », prévient-il.

Et de conclure, pour résumer : « Nous disons non à la circonscription unique. Nous réclamons plus d’autonomie et de décentralisation pour les Archipels. Nous sommes également pour un retour aux urnes, car nous ne nous reconnaissons plus en aucune entité politique tant les couleurs se sont mélangées. Enfin nous demandons un référendum pour un statut de collectivité territoriale ».

Source : http://www.tahitipresse.pf/index.cfm?snav=see&presse=26684

Les musées de Metz Métropole présentent du 16 janvier au 30 mars 2009 une exposition intitulée : « La massue des Marquises »

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La massue des Marquises

    Premier opus du nouveau cycle « Inventaire à la Prévert », cette exposition est organisée autour d’une très belle et énigmatique massue en bois provenant des îles Marquises en Polynésie. À la fois arme véritable et symbole de pouvoir, l’objet comporte d’étonnants motifs sculptés caractéristiques de l’art marquisien. Conservée dans les réserves des musées de Metz Métropole, cette arme est présentée pour la première fois.                                                      

la-massue-des-marquises-musee-metz.1232957652.jpgDes dessins, des gravures, des livres et des cartes anciennes, datant essentiellement des 18ème et 19ème siècles, expliquent la provenance, la fonction et le contexte de cet objet très éloigné de nos propres références culturelles et esthétiques. Complétant la présentation, deux exceptionnelles statuettes en bois d’une divinité marquisienne sont mises en relation avec la massue. Quelques textes introductifs permettent de faire le lien entre les documents présentés et la massue placée au centre de l’exposition.

    Cette exposition a aussi pour objectif d’évoquer les « terres lointaines » et les grands voyages qui ont mis aux Européens en contact avec ces territoires et ces populations aux traditions si différentes.

    Cette exposition bénéficie des prêts consentis par quatre institutions détenant des œuvres majeures permettant d’éclairer l’histoire et le parcours de la massue de Metz. Il s’agit de cartes anciennes et d’ouvrages de James Cook conservés à la médiathèque du Pontiffroy, à Metz ; de statuettes prêtées par le musée de la Castre, à Cannes ; de dessins originaux et de gravures provenant du musée des Beaux-Arts de Chartres ; de photographies anciennes et de dessins originaux prêtés par le département Marine du service historique de la Défense, à Vincennes.

    Ainsi inauguré, le cycle de petites expositions intitulé «Inventaire à la Prévert» sera prioritairement consacré à la présentation d’œuvres conservées dans les réserves du musée. Il s’agit d’objets méconnus, souvent singuliers et rares. Ces objets n’ont jamais été montrés ou ne l’ont pas été depuis très longtemps. Le choix des œuvres sera volontairement éclectique et, essentiellement, hors des grands domaines patrimoniaux pour lequel le musée est principalement connu. Ainsi les collections ne faisant pas l’objet de présentations permanentes seront-elles privilégiées : ethnologie, histoire naturelle, souvenirs historiques …

    Cette manifestation est accompagnée d’un petit journal présentant l’objet en détail et fournissant des éléments d’explication, textes et images, sur son contexte culturel, historique et les circonstances de son arrivée à Metz.  

    L’iconographie contenue dans ce petit journal, pour partie différente de celle de l’exposition, est un complément et un prolongement de la visite.

    Deux Visites Passion sous la conduite du commissaire de l’exposition auront lieu le dimanche 25 janvier à 15h00 et à 16h00 (réservation obligatoire).

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Source http://musees.ca2m.fr/site/medias/Ressources_presse/DP-marquises.pdf  & http://musees.ca2m.fr/site/element_111.php

Quand les arguments de la compagnie aérienne volent bas, on ne peut pas dire que ça plane pour moi…

Comme partout ailleurs, aux Marquises les avions volent, se posent, et font même quelquefois du hors piste… Parfois aussi ils restent au sol faute d’une météo favorable ou de tout autre alea si peu amène.

Sol fa la si do…

Fatigué d’être mené en bateau, un usagé (usager lassé) a interrogé publiquement  la compagnie aérienne assurant la gestion du twin-otter pour la desserte de l’archipel depuis 2003.

Si fa si  la si do ré…

Vous pouvez lire sur le site web du journal « La dépêche de Tahiti »  deux articles sur ce sujet et les commentaires des lecteurs.

      bande-h.1232934756.jpgdes_frustrations.1232933271.jpg

Cliquez sur ce lien Frustration, inquiétude, colère

bande-b.1232934779.jpgles_explications.1232933356.jpg

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 et pour les réponses ici Les explications d’Air Moorea

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Mais qu’est ce qu’on chante là ?

Taratata.

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Sortie de piste du Twin Otter à Ua Pou en juillet 2004

Le Twin Otter immatriculé F-OIQF basé aux Marquises est sorti de la piste de l’aérodrome de Ua Pou après son atterrissage le lundi 26 juillet 2004. Sur les neufs passagers et deux membres d’équipages à bord de l’avion, seul un passager a été légèrement blessé. Le service d’Etat de l’aviation civile a nommé un enquêteur de première information, chargé de recueillir les éléments techniques qui per­mettront de comprendre les causes de cet accident. Deux agents du bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) se sont rendus à Ua Pou du 5 au 8 août afin de compléter ce travail de recueil d’informations. Le Twin Otter des Marquises est exploité par la compagnie Air Moorea pour le compte d’Air Tahiti. Il réalise des rotations hebdomadaires entre les aérodromes de Nuku Huva, Ua Pou, Hiva Oa et Ua Huka depuis le 2 novembre 2003. Pour remplacer le Twin Otter accidenté, Air Moorea a mis à dis­position un autre appareil de même type, normalement affecté à la ligne Tahiti-Moorea. L’appareil accidenté sera réparé à Tahiti avant de retrouver les Marquises.

Source : http://www.seac.pf/Manureva/magazines/Magazine_105.pdf