Incendie sur l’île de Ua Pou (Marquises ) : les vidéos de Christophe Combes

 

" Un violent incendie s'est déclaré lundi 28 février vers 14h00 sur les hauteurs de Hakatao (Ua Pou). Sous l'effet des vents forts et tourbillonnants, de nombreux nouveaux foyers se sont crées et, les flammes redoublent de puissance..." écrivait Christophe Combes sur son blog.

 

Voir les articles de Christophe : page 1 - page 2 - page 3

*

Le colloque du 14 décembre 2010 au Sénat : « L’OCEANIE, CONTINENT INVISIBLE ? »

 *

 

L’Océanie est-elle un continent invisible ? C’était le thème d’un colloque organisé le mardi 14 décembre au Sénat. A cette occasion les sénateurs Richard Tuheiava et Simon Loueckhote reviennent sur la perception de l’Océanie et de l’Outre-mer français.

Information sur le colloque

raga-continent-invisble.1297879301.jpg

« On dit de l’Afrique qu’elle est le continent oublié. L’Océanie c’est le continent invisible. Invisible, parce que les voyageurs qui s’y sont aventurés la première fois ne l’ont pas aperçue, et parce qu’aujourd’hui, elle reste un lieu sans reconnaissance internationale, un passage, une absence en quelque sorte. » J.M.G. Le Clézio

raga-approche-continent-invisible.1297879353.jpg

« Raga, Approche du continent invisible » de J.M.G Le Clézio, maintes fois évoqué au cours de ce colloque, à lire ou à relire  (Editions du Seuil, 11/2006, collection Points 10/2007)  

raga.1297879404.jpg

*

« Gangstérisme et colonisation », la critique de Serge Koulberg 

« Approche du continent invisible », le point de vue sur le livre par Emmanuelle Caminade

« Sur un confetti d’Océanie, Le Clézio a posé le regard du géographe, de l’anthropologue et du poète ». Télérama Nathalie Crom

MARQUISES : L’archéologue Michel Charleux veut inscrire Eiao au patrimoine mondial de l’UNESCO (copyright Michel Charleux & Tahitipresse)

eiao_map.1289653419.jpg

A peine revenu d’une première longue mission de 50 jours sur l’île déserte de Eiao (Marquises nord), l’archéologue Michel Charleux s’apprête à y retourner pour poursuivre ses recherches sur la vie des anciens Marquisiens de « l’île-carrière ». Par ailleurs , il envisage de demander l’inscription de cette île qui recèle un véritable trésor archéologique au patrimoine mondial de l’UNESCO.

1_eiao-archeo-m-charleux.1289653512.jpg

Placée sous l’égide du CIRAP (et financée via l’Université de Polynésie française dans le cadre d’un Contrat de Projet Etat-Pays), cette première expédition – car il s’agissait bien d’une expédition à laquelle les Forces Armées en Polynésie Française ont apporté une aide déterminante avec les bâtiments Le Prairial et La Railleuse – a été par conséquent particulièrement fructueuse.

 7-eiao-archeo-michel_charleux.1289653592.jpg

Cette expédition a permis de recueillir des données inédites et la découverte de 8 sites nouveaux dont certains avec des dalles de ke’etu rouge. Trois de ces sites couvrent entre 700 et 1000 m² et l’un d’entre eux est un paepae de plus de 70m de long, limité sur toute sa façade par de très gros blocs basaltiques soigneusement alignés.

3-photo-archeo-eiao-michel-charleux.1289653689.jpg

La véritable carrière était ailleurs

Cachés au fond d’une petite vallée par une végétation difficilement pénétrable, ces sites remarquables avaient échappé aux précédentes investigations. Plusieurs ont leur surface recouverte d’une couche d’éclats de basalte épaisse par endroit de plusieurs décimètres, témoin d’une activité ancienne importante.

Devant de tels sites, l’archéologue a décidé de modifier son programme initial pour concentrer ses recherches sur la grande vallée baptisée pour la circonstance Hanataaitoki du fait que la toponymie de l’île a été en grande partie oubliée.

5-eiao-archeo_michel_charleux.1289653756.jpg

Cette vallée est de toute première importance puisque c’est l’un des lieux probables, sinon le lieu principal, de l’extraction du basalte à grain fin qui a valu à Eiao de devenir un véritable centre de production d’herminettes et autres outils lithiques.

C’est dans cette vallée que Barry Rolett a découvert ce qu’il a pensé être la grande carrière de Eiao. Il semble pourtant que la véritable carrière soit ailleurs, à proximité, mais malgré de nouvelles recherches et des indices forts, elle reste à localiser avec précision.

6-eiao-archeo-michel_charleux.1289653808.jpg

Mais cette vallée n’est pas seulement un lieu d’extraction. C’est aussi un lieu de production d’outillage lithique comme l’attestent dans cette vallée et sur les crêtes qui la limitent, plusieurs dizaines d’ateliers, certains très vastes, et surtout, dans le thalweg, une incroyable accumulation d’éclats, absolument phénoménale, de plus de 2 m d’épaisseur, dont le volume pourrait avoisiner plusieurs centaines de mètres-cubes. Le témoin de la fabrication de plusieurs dizaines de milliers d’herminettes et autres outils!

9-eiao-archeo-michel_charleux.1289653861.jpg

Une nouvelle mission s’impose

Comment aurait-il été possible de poursuivre le programme initial et d’ignorer ces sites ? Après défrichage et un nettoyage fin, il a fallu en faire les relevés, tracer les plans, effectuer la couverture photographique.

Michel Charleux affiche une certaine satisfaction à son retour de la première mission. Une satisfaction toutefois teintée d’amertume avec le sentiment que son programme de recherches avait été partiellement amputé, il a décidé de monter une nouvelle mission.

La subvention du Ministère de la Culture obtenue par le biais du Service de la Culture et du Patrimoine qui, de nouveau a accepté d’apporter une aide très importante, est arrivée fort à propos, même si aujourd’hui elle se révèle finalement insuffisante par rapports aux frais qu’une telle expédition entraîne.

La seconde mission sera plus courte, puisqu’il ne séjournera que 30 jours sur Eiao du 24 septembre au 24 octobre, avec une petite équipe de Marquisiens de Nuku Hiva.

 eiao-archeo-m-charleux.1289654674.jpg

Comme à Koh-Lanta

Cette fois, il n’y aura pas l’hélicoptère de la Marine Nationale pour monter tout le matériel au camp qui sera installé dans le haut de la vallée à proximité immédiate des sites, donc encore plus éloigné du lieu de débarquement! Il faudra donc tout monter à dos d’homme depuis la baie de Vaituha jusqu’au camp situé vers 500m d’altitude : au moins cinq à six heures de marche avec de lourdes charges.

Même en limitant matériel et nourriture, même en sachant qu’un précieux stock d’eau avait été laissé à la fin de la première mission, ce deuxième séjour s’annonce beaucoup plus difficile…tenant plus de Koh lanta que d’un séjour à Bora Bora !

Ainsi, en l’absence de source en altitude, pas question de douche ! Un verre d’eau pour le lavage des dents et il faudra se contenter de lingettes durant 30 jours. Tous ces sacrifices sans même l’espoir de gagner un prix comme dans la célèbre émission télévisée !

Juste pour pénétrer davantage la vie des anciens Marquisiens et mieux connaître ce passé d’une exceptionnelle richesse. L’étude de plusieurs milliers d’éclats de taille est également programmée au retour. De quoi s’occuper durant de très longs mois….

8-eiao_michel_charleux.1289653935.jpg

Aujourd’hui inhabitée, l’île abritait autrefois une centaine de personnes

Si on savait depuis longtemps déjà que Eiao avait été un grand centre de fabrication d’outillage lithique, certains évoquaient une population résidant temporairement sur l’île, le temps de façonner quelques herminettes…

Quand il considère le nombre et l’importance des différents sites recensés dans la vallée Hanataaitoki et sur toute l’île, Michel Charleux est persuadé que cette petite île, aujourd’hui inhabitée a abrité autrefois une population de quelques centaines de personnes qui résidaient à demeure.

2-archeo-eiao-mcharleux.1289654274.jpg 

On ne construit pas un paepae de 1000m² pour rester deux ou trois semaines ! Et cette population, exploitait le basalte à grain fin dans un plusieurs endroits et en tirait, en particulier mais pas seulement, des herminettes de types variés.

Un outillage d’une qualité et d’une réputation telles qu’il était connu loin de Eiao et a été diffusé durant plusieurs siècles dans tout l’archipel des Marquises, mais aussi beaucoup plus loin (Mo’orea, Mangareva, Kiribati,…).

4-eiao-archeo-michel_charleux.1289654216.jpg

Alors, l’archéologue espère bien que la population de Nuku Hiva prendra conscience que cette petite île où elle va souvent chasser le mouton, est un lieu absolument unique dans le patrimoine de la Polynésie orientale, d’une valeur exceptionnelle et surtout d’importance régionale.

Des éléments qui, à son avis, justifient pleinement qu’elle soit retenue comme site à proposer au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Puisse-t-il être entendu.

michel-charleux.1289654134.jpg

Source : Tahitipresse

Voir : Eiao, une mission de 60 jours sur l’île déserte

Aux Marquises, le hic du réseau numérique c’est qu’il est en rideau

fpr.1284626004.jpg

  

Allô, allô, Mana, quelles nouvelles

sans adsl depuis quinze jours,

Au bout du fil je vous appelle

Que trouverai-je à mon retour ?

Tout va très bien, aux îles Marquises
 

Tout va très bien, tout va très bien
 

Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise
 

On déplore un tout petit rien

Un incident, une bêtise,

un sort, votre connexion s’éternise

Mais à part ça, aux îles Marquises

Tout va très bien, tout va très bien !

 

 

     Les  internautes des îles Hiva Oa et Ua Huka connaissent des perturbations importantes dans leur accès Internet depuis le 3 septembre 2010.  

     Depuis plus de deux mois ils se plaignent d’une connexion très mauvaise (coupures fréquentes, extrême  lenteur ou grande faiblesse du signal rendant les mises à jour impossibles et les téléchargement impraticables. Mais depuis une dizaine de jours, ces deux îles  sont parfois complètement coupées du signal ADSL . « Mana » – la filiale de l’OPT – a finalement opté pour la réactivation de  l’ancien système en attendant que la liaison haut débit soit fonctionnelle.

     

     La direction générale de l’OPT dans une communication adressée aux usagers :

     « Ces dysfonctionnements sont dus à une défaillance technique de la transmission par satellite haut débit, que nous appelons communément VSAT HD.  Après investigations, il est finalement nécessaire de remplacer la totalité de la chaîne de transmission de l’antenne satellitaire. Les cas de Hiva OA et Ua Huka sont isolés et nos techniciens sont à pied d’œuvre afin de rétablir un fonctionnement optimal de la liaison par satellite

     Nous souhaitons cependant préciser que la technologie VSAT est une technologie éprouvée qui fonctionne parfaitement dans 30 îles non desservies par le câble.

     Grâce au VSAT HD, tous les abonnés MANA des archipels des Tuamotu-Gambiers, Marquises et Australes sont sur les offres ADSL NO LIMIT lancées le 1er septembre dernier, et bénéficient d’un Internet plus rapide, illimitée et moins cher… »

    

 

    Sauf que, depuis, la connexion semble toujours des plus fantaisistes pour les internautes de Hiva Oa. « Mana a inventé le routeur clignotant, rouge, vert, rouge, très pratique pour les boîtes de nuit, mais inutile pour accéder à Internet », déplore Eric Olivier, webmestre du site web du comité de tourisme de Hiva Oa, qui se plaint que la société qui commercialise l’accès Internet en Polynésie française « se serve de notre ligne pour faire des essais ».

     « La ligne utilisée pour Hiva Oa n’a même pas été qualifiée et Hiva Oa sert de cobaye aux expériences de Mana », s’exaspère encore Eric Olivier, qui a souhaité contacter les médias pour exprimer le ras le bol des internautes de cette île des Marquises.

Source : http://tahitipresse.pf/2010/09/connexion-internet-des-problemes-sur-le-reseau-a-hiva-oa/

communique-sur-transmission-marquises-14092010-vmt.1284626592.pdf

En septembre, Sébastien Lebègue expose à Sapporo (Japon) ses photographies et carnets de voyage « au cœur des Marquises ».

au-coeur-des-marquises_sept2010.1283546066.jpg 

     L’Alliance Française de Sapporo – Japon – présente, du 4 au 25 septembre 2010, l’exposition « AU CŒUR DES MARQUISES » : carnets de voyage et installations photographiques de Sébastien Lebègue. Le jeudi 9 septembre de 14h à 16h, l’artiste proposera un cours de cuisine polynésienne suivi d’une dégustation. Le vendredi 10 septembre de 18h30 à 20h30, il tiendra une conférence sur la vie polynésienne et marquisienne, en première partie d’une grande soirée polynésienne avec buffet, danses, et projection de photos et dessins. 

mini-affichesemainepolynesienne.1283546107.jpg

     Sur son site web, Sébastien Lebègue écrit :

     « Lors mon séjour aux Marquises en octobre et novembre 2007, parallèlement aux écrits et aux dessins, je photographie le quotidien. »

 

b09b1-expo-marquises-03.1283546138.jpg

     « Les photographies ci-dessous se présentent sous la forme d’un carnet de voyage. Chacune des compositions illustre un moment, un environnement qui souvent s’ouvre à 360°, et bien entendu des rencontres avec les Marquisiens de tout âges qui m’ont fait partager leurs moments de vie, leur nature, et fait vivre à mon tour, les Marquises. »

 

 b09b1-expo-marquises-09.1283546163.jpg

     « Je propose une lecture de ces histoires comme je les ai moi-même vécu. J’ai essayé de recréer l’atmosphère ambiante générale du moment. Il est lié à la géométrie, à la lumière, et à la couleur des lieux ; les acteurs se placent selon l’intensité des échanges et des ancrages dans ma mémoire ; le temps est fixe, bref ou prolongé, et est ponctué d’instants. »

 

 b09b1-expo-marquises-12.1283546186.jpg

     « Les moments que l’on peut vivre dans le quotidien sont marqués par ces instants plus fort, plus beau. On peut parler alors d’instant photographique unique. Mais pour moi, l’événement d’une rencontre est une suite de ces instants. De chacun émerge une expression, un regard, une lumière ou une action particulière, qui juxtaposés, traduisent l’atmosphère générale du vécu. »

 

b09b1-expo-marquises-18.1283546204.jpg

Vous pouvez consulter le site de Sébastien Lebègue  ici

Source :

http://www.sebastienlebegue.com/B09b-Carnet-de-voyage-MARQUISES.htm

Copyright  : http://www.sebastienlebegue.com – Copyright © 1998/2010 – tous droits réservés. Publié avec l’aimable autorisation de l’artiste

Marquises : 60 jours sur l’île déserte de Eiao pour remonter l’histoire des Polynésiens (copyright Tahitipresse)

6-eiao-copyright-axel-litchle.1289685098.jpg 

Doctorant en archéologie, Michel Charleux s’apprête à mener une mission de recherche sur l’île de Eiao ( Marquises) où, dès 1987, il avait confirmé l’importance d’un centre de production d’outillage datant de l’époque pré-européenne. Cette fois-ci, l’archéologue poursuivra ses investigations pendant deux mois. Il y emporte cinq tonnes de matériel.

Il aura fallu trois ans au doctorant en archéologie, Michel Charleux pour finaliser une nouvelle mission sur l’île de Eiao. Les précédentes remontaient à 1987, 2007 et 2008. Aujourd’hui, sous l’égide du Centre international pour la Recherche archéologique en Polynésie (CIRAP), l’appui de l’Université de Polynésie Française et du CRIOBE, une subvention accordée par le biais du Contrat de Projet Etat-Pays et des aides privées diverses (ATN, Brasserie de Tahiti, Vaimato, et autres), avec deux équipes de Marquisiens mis à disposition par la commune de Nuku Hiva, l’archéologue s’est fixé pour objectif de faire l’inventaire des sites et de récolter 150 échantillons minéralogiques. En résumé, tenter de mettre en évidence les relations inter archipels pré-européennes.

1-eiao-copyright-axel-litchle.1289685212.jpg

Une mission pour la Marine nationale

Une nouvelle mission sur le terrain s’imposait pour Michel Charleux qui s’est pris de passion pour cette île sauvage dont certains paysages font plus penser à la planète Mars qu’à une île polynésienne… « Je pars avec la Frégate Le Prairial. L ‘Alouette déposera 1,5 tonne de matériel sur le plateau d’Eiao », explique l’archéologue qui poursuit « j’y resterai jusqu’au 20 juin avec mon collègue Christian Sospedra, topographe. Nous serons récupérés par le Patrouilleur P400 La Railleuse« .

Comme l’indique Michel Charleux, totalement déserte, avec ses 50km², l’île de Eiao est la plus septentrionale des îles du groupe Nord de l’archipel des Marquises. Érodé, cet ancien volcan effondré, limité par de vertigineuses falaises de 200 à 300m de haut, est une machine à remonter le temps pour le chercheur.

Effectivement, le plateau Tohuanui a été colonisé à l’époque pré-européenne. On y a retrouvé plusieurs dizaines d’ateliers de fabrication d’outillage lithique, preuve d’une production et d’une activité importante qui s’est étalée sur plusieurs siècles. De 1976 à 2008, de brèves missions sur Eiao, menées par des archéologues tels que Candelot, Rolett, Ottino, Charleux, ont permis de l’affirmer.

 2-eiao-copyright-axel-litchle.1289685266.jpg

Une signature physico-chimique

Eiao abrite l’un des deux gisements les plus importants de basalte à grain fin dans la région orientale du Pacifique Sud. L’autre étant situé sur Pitcairn. Du fait de la qualité exceptionnelle de la pierre, les anciens Polynésiens y avaient développé la fabrication de lames, d’outils sur éclat, d’herminettes et autres outillages, penu, etc.

L’abondant outillage produit sur Eiao était d’une qualité telle qu’il fut « exporté » à plusieurs centaines de kilomètres, sur une zone de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Il faut savoir que comme toute roche d’origine volcanique, le basalte de Eiao a une composition spécifique qui constitue une véritable signature physico-chimique.

Ainsi, on a retrouvé en fouille – donc pré-européennes – des herminettes provenant de Eiao sur les îles de Moorea et Mangareva, distantes respectivement de 1600 et 1800 km de Eiao. Ces herminettes mettent en évidence les relations entre ces îles bien avant l’arrivée des Européens. Ces longs déplacements des Polynésiens à bord de pirogues ont progressivement cessé à partir des XVe-XVIe siècles pour une raison qui reste encore inconnue.

L’analyse des échantillons minéralogiques rapportés par la mission sera confiée à un laboratoire de l’Université du Queensland qui s’est proposé de les réaliser à titre gracieux, un « cadeau » de près de 50 000 euros non désintéressé puisque les résultats permettront de constituer une base de données unique.

4-eiao-copyright-axel-litchle.1289685352.jpg

Le tour des musées du Pacifique

« Je me propose ensuite de rechercher dans les collections des musées du Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande, Hawai’i, Chili…), des pièces qui pourraient avoir été façonnées sur Eiao« , explique Michel Charleux. « Cette recherche pourrait déboucher sur la découverte de relations pré-européennes entre archipels que je suspecte, mais qui restent jusqu’alors ignorées« , indique encore l’archéologue.

 5-eiao-copyright-axel-litchle.1289685415.jpg

Exposition aux Marquises

Les Marquises voient passer chaque année de nombreuses missions scientifiques aux objectifs variés. Cette mission fera l’objet d’une exposition culturelle et pédagogique à Nuku Hiva à l’intention des scolaires et de la population. Encore faudra-t-il qu’une modeste subvention soit accordée pour mettre en œuvre ce projet hautement important pour la population des Marquises.

Encore aujourd’hui, la migration entamée voici 5000 ans depuis l’Asie du Sud-Est, véritable épopée d’île en île de ceux qui vont devenir les Polynésiens et peupleront le triangle polynésien, est encore loin d’avoir livré tous ses secrets. De nombreuses zones d’ombre subsistent, en particulier, les relations qui ont pu être maintenues au cours du temps entre les différents archipels, et à l’intérieur de ceux-ci entre leurs différentes îles. CD

Source : Tahitipresse

3-eiao-copyright-axel-litchle.1289685465.jpg

Crédit photos : Axel Litchle

Marquises : Appel au secours auprès des responsables politiques de la Santé (voir Tahititoday.com)

evasan-nuku-hiva-06_2009.1263837648.jpg

Lettre ouverte du personnel de santé :

Un appel au secours auprès des responsables politiques de la Santé

Aux Marquises, il existe une structure que l’on appelle « hôpital de Taiohae » ou « hôpital des Marquises ». Personne n’est en mesure de nommer officiellement cette structure et encore moins de confirmer son statut d’hôpital. Cette structure de Santé publique regroupe notamment les services suivant : hospitalisation (médecine, chirurgie, réanimation), maternité, bloc opératoire, consultations, urgences, prévention. Cette structure est la seule à proposer tous ces services pour l’archipel des Marquises.

Aujourd’hui, les effectifs ne permettent plus à cette structure d’assurer ses missions de santé.

– poste de Directeur gelé ;

– sur un effectif minimum de 3 cadres : cadre d’hospitalisation non remplacé depuis juillet 2009, surveillante générale en fin de contrat le 15/02/2010 avec prise d’effet le 08/01/2010 (congés) en attente de renouvellement et surveillant du bloc opératoire en arrêt maladie, donc absence totale de cadres à compter du 08/01/2010 ;

– sur un effectif minimum pour un fonctionnement normal de 18 infirmiers, seuls 12 infirmiers peuvent exercer ( sur cet effectif de 12, deux sont absents pour congés) ;

– sur un effectif minimum de 3 médecins, seul 1 médecin en poste et 2 itinérants se relayant ;

– sur un effectif nécessaire de 3 sages-femmes, seules 2 en poste dont une en instance de mutation pour le premier février 2010 ;

– le manipulateur radio en arrêt longue maladie non remplacé depuis le 14 décembre 2009 : absence de manipulateur radio sur l’ensemble des Marquises ;

– sur un effectif de 4 aides soignantes minimum, 3 en poste dont 2 en partance pour l’école d’infirmière ;

– sur un effectif minimum de 7 agents d’entretien, seuls 5 sont en poste ;

– la cellule « gestion des évasan » : agent en congé maternité non remplacée : activité reportée sur les secrétariats médicaux ;

– sur un effectif nécessaire de 3 personnes à la cuisine, seule une personne en poste. Il faut noter que les structures périphériques des Marquises (centres médicaux et infirmeries) sont dans la même situation.

nuku-hiva-evasan-06_2009.1263837681.jpg Rapatriement d’un marin coréen, victime d’un AVC au large des îles marquises – 2009

La conséquence directe de cette situation est dans un premier temps une diminution de l’offre de soins, plus de tournées médicales et d’obstétriques dans les vallées et autres îles des Marquises, plus de prévention, orientation des patients des autres îles vers Papeete (augmentation du nombre d’évasan, du coût et du risque pour les patients lors des transports), et dans un deuxième temps la qualité de la prise en charge des patients.

Pour les personnels en poste, la conséquence est une augmentation des tours de garde et d’astreintes, le report de congés programmés, le rappel sur réquisition pendant les congés, une charge de travail accrue et des patients qui attendent de plus en plus longtemps et qui finissent par s’en prendre aux personnels. Cette situation est aggravée par la non rémunération des indemnités de gardes, d’astreintes et autres depuis plus de six mois pour l’ensemble des personnels. Le tableau ne serait pas complet sans les problèmes budgétaires qui nuisent au fonctionnement matériel et technique de tous les jours.

Aujourd’hui les habitants des Marquises ne bénéficient plus d’une offre de soins acceptables de proximité. Certes une jolie structure doit ouvrir cette année à Tahiti, mais aussi performante soit elle, elle se trouve toujours à 1500 kilomètres et plusieurs heures d’avions voire de bateau. Ces conditions ne permettent pas une prise en charge des patients acceptable.

Le remède semble pas si difficile puisqu’il suffirait à l’administration de faire des contrats de travail dans les temps aux candidats qui attendent, et ils sont nombreux. Il faut au minimum deux mois pour faire un contrat !!! Ces délais sont inadéquats, d’autant plus que l’on réduit toujours les effectifs, ce qui empêche des redéploiements en cas de besoin.

Cette situation est trop grave et a trop duré. Pour ces raisons les personnels tirent la sonnette d’alarme, car nous sommes en dessous de l’acceptable. Ces personnels prennent beaucoup sur eux (les conflits avec les patients mécontents sont de plus en plus fréquents), mais aujourd’hui ils sont à bout de souffle. Ils sont inquiets de l’avenir, ils en ont ras le bol du provisoire et « du peut-être », et n’accepte plus d’être ignorés.

Habitants des Marquises, la fermeture de l’hôpital n’est pas une utopie. Habitants des Marquises, nous méritons beaucoup mieux que cela, alors, réagissez, réagissons, dans peu de temps, il sera trop tard et nous ne pourrons que pleurer.

Les personnels de « l’hôpital de Taiohae » et de « l’hôpital des Marquises »  (lettre transmise par un médecin) Voir l’article de la Dépêche de Tahiti.

_________________________________________

Epilogue : Grève à l’Hôpital de Taiohae

La face cachée des états généraux ultramarins (in Marianne2.fr)

Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit, dénonce le règne de la démagogie qui s’instaure avec les états généraux ultramarins à venir

porter-traditionnel.1239139347.jpg

Extraits :

…/…

Que va-t-on encore observer, dire et prescrire dans les ateliers de cette grand-messe tropicale ? Nous le savons à vrai dire déjà car les bibliothèques de l’Assemblée nationale, du Sénat, de la rue Oudinot et de Bercy croulent sous le poids des innombrables rapports remis depuis des décennies sur l’Outre-mer en général ou chaque collectivité en particulier. Tous ont parfaitement diagnostiqué les problèmes en présence. Localement et à Paris on ne compte plus les incessants colloques où se produisent de doctes experts qui viennent exposer savamment les pathologies du grand malade ultramarin.

…/…

Dénoncer la « profitation » de certains serait crédible si celle-ci n’était pas la valeur la mieux partagée des sociétés d’outre-mer où chacun, du plus humble RMIste au Béké, en passant par les fonctionnaires, les syndicalistes et les élus locaux, fonctionne au passe-droit et au clientélisme. L’Etat de droit comme les principes républicains sont mal assimilés et l’Etat tout court n’accomplit pas ses missions régaliennes de contrôle du respect des lois de crainte de se faire accuser de mener une « politique d’oppression colonialiste ». On a ainsi pu lire des  rapports préfectoraux reconnaissant avoir négligé le contrôle des actes des collectivités territoriales au prétexte des « troubles à l’ordre public » que pourrait déclencher la sanction des illégalités.

porter-moderne_.1239149587.jpg 

…/…

Quand la « préférence autochtone » devient la règle dans un territoire, la médiocratie s’installe au préjudice dramatique des générations futures. Ajoutons-y la sur-rémunération des fonctionnaires avec son injustice criante et ses effets inflationnistes bien connus et la faillite est assurée.

…/…

L’Outre-mer français marche sur la tête et vit au dessus de ses moyens. Si les états généraux prévus ne servent qu’à entendre ressasser les sempiternels constats et que l’Etat recule de nouveau devant les mesures drastiques à proposer gageons qu’on aura encore palabré pour rien et qu’il ne restera plus aux contribuables qu’à payer la facture. Comme d’habitude.

Pour accéder à l’article en entier cliquez ici :

Source : http://www.marianne2.fr/La-face-cachee-des-etats-generaux-ultramarins_a177774.html

PS – Les Marquises aussi marchent sur la  tête  et ça ne date pas d’aujourd’hui.

autographe-renee-hamon_1200891607.1239139649.jpg

Autographe de Renée Hamon, extrait d’un cahier de Thor Heyerdahl

*

«  C’est  qui paye   qui paye »

Cette chanson du groupe Gurejele (de la tribu de Mébuet) écrite  par Dick Buama (musique Kaneka ) a fait pas mal de bruit quand elle est sortie en Nouvelle Calédonie en 2001.

Pour l’écouter cliquez ici

*

Nos politiques qui s’en vont à Paris
Pour préparer avec la mère patrie
Les accords qui feront le bien du pays
D’accords en accords et ce n’est pas fini

C’est qui qui paye, qui paye ?
C’est la France qui paye
C’est qui qui paye, qui paye ?
C’est la France qui paye
Ah oui
C’est ça aussi !

Si t’es fauché il suffit d’demander
A une condition celle d’adhérer
Dans le parti on est subventionné
Les chiens peuvent aboyer on est légalisé

C’est qui qui paye, qui paye ?
C’est la France qui paye
C’est qui qui paye, qui paye ?
C’est la France qui paye
Ah oui
C’est ça aussi !

Nous ne sommes plus fanatiques
Des meetings politiques
Ici sous les tropiques on préfère la musique
Celle de la Jamaïque des états d’Amérique
Dans la fonction publique on travaille pour le fric

C’est qui qui paye, qui paye ?
C’est la France qui paye
C’est qui qui paye, qui paye ?
C’est la France qui paye
Ah oui
C’est ça aussi !

Toutes les subventions de tous les partis politiques
C’est la France qui paye
La consommation de tous les réfugiés politiques
C’est la France qui paye
Le salaire des fonctionnaires qui travaillent pour le fric
C’est la France qui paye
L’écolo plastiqué en plein pays kiwi
C’est la France qui paye

C’est qui qui paye, qui paye ?
C’est la France qui paye
C’est qui qui paye, qui paye ?
C’est la France qui paye
Ah oui

C’est ça aussi !

C’est ça aussi !

Marquises : l’église catholique au début du XXIème siècle

 taiohae.1239046196.jpg

 Père Simeon Delmas’ church at Taiohae

 *

L’Église de Te Fenua Enata (Diocèse Taihoae – Iles Marquises)

Les Marquisiens viennent de vivre le siècle de leur renaissance. Ils ont échappé à la mort et à l’oubli. Les familles ont refleuri avec de nombreux enfants. Pendant quelques décades, les six îles ont formé une grande famille, à travers les mamans qui étaient presque toutes passées par l’internat des sœurs. Un nouveau peuple marquisien a grandi dans la foi chrétienne, il a cheminé durement jusqu’à découvrir ses racines, ses richesses, son identité. Il est devenu Marquisien et retrouve sa fierté. L’Église a été présente et active tout au long de cette renaissance.

À l’aube d’un nouveau siècle, notre Église est portée par une grande espérance.

  • Alors que des jeunes de plus en plus nombreux prennent leurs distances avec l’Église, un grand nombre de chrétiens redécouvrent leur foi et prennent une place active dans l’Église.

  • Alors que le « développement » nous arrive comme une déferlante, l’Église invite à la réflexion et à la vigilance pour que l’argent et le profit n’engloutissent pas les vraies valeurs de l’homme et de la communauté.

  • Alors que la famille souffre et s’inquiète de la séparation précoce de ses enfants et de ses jeunes en raison de la scolarité, l’Église continue de la soutenir dans sa mission éducatrice. Le départ à Tahiti (1 500 km) de tous les jeunes, à la fin du 1er cycle du secondaire, nous stimule à porter une attention privilégiée à la formation religieuse de ces jeunes.

Pour que notre Église soit vraiment marquisienne, il y a deux grands chantiers à réussir, qui ne peuvent être programmés dans le temps :

  1. La traduction complète de la Bible. Nous avons en main le Nouveau Testament et les Psaumes, très utilisés dans les familles, et aussi tous les lectionnaires liturgiques, fruit du long de parents qui en parlent volontiers à leurs enfants (travail de Mgr Le Cleac’h, ancien évêque de Te fenuaenata).

  2. Des prêtres marquisiens pour le diocèse et l’Église universelle, ainsi que des religieux et religieuses. C’est le désir de beaucoup de parents qui en parlent volontiers à leurs enfants.

Aux îles Marquises, nous bénéficions des satellites de communication et d’internet mais, pour la vie de chaque jour, nous avons davantage besoin de pirogues, de barques de pêche et de goélettes. Nous avançons et nous vivons encore au rythme de la goélette.

Auteur : Monseigneur Guy Chevalier Évêque de Tefenuaenata (Assemblée plénière,
Conférence des Évêques de France – Lourdes, 4-10 novembre 2000)

eglise-atuona.1239046559.jpg

Catholic Church at Atuona – Described by Stevenson in The South Seas

 *

Situation

Un des archipels de la Polynésie Française, situé à 1 500 km au nord de Tahiti, bien différencié par son histoire, sa culture, ses traditions, sa langue, son identité.

Les 8 500 habitants répartis sur six îles habitées, correspondent a moins de 4 % de la population de la Polynésie française, pour une superficie dépassant 25 %. Il y a plus de 10 000 Marquisiens résidant à Tahiti.

Archipel catholique à 90 %, c’est une exception dans le Pacifique avec Wallis et Futuna et Guam. 4 % de non-Polynésiens (fonctionnaires et enseignants). L’âge moyen est de 20 ans environ. L’émigration vers Tahiti est constante.

 

 Culture

Après la disparition et l’oubli des traditions qui ne pouvaient se transmettre en raison d’une population éparse et moribonde, depuis plus de vingt ans les Marquisiens, sous l’impulsion de leur évêque, Mgr Le Cleac’h, ont repris goût à leur langue, à leur culture et retrouvent leur fierté. La langue marquisienne est habituellement parlée en famille et dans les réunions. C’est la langue liturgique.

Le Marquisien est un sculpteur réputé qui a fait de la cathédrale de Taiohae le chef-d’œuvre de l’époque moderne. La sculpture, la fabrication de tapas et l’artisanat offrent un revenu à beaucoup de familles. Les danses, les chants et tatouages marquisiens sont à la mode à Tahiti.

Des femmes ont toujours eu un rôle public dans les temps anciens, comme chef de vallée, reine, prêtresse célibataire. Elles ont accès aux postes de responsabilité. C’est un cas exceptionnel dans le Pacifique.

 

Une Église qui se construit

Personnel de la mission

Un prêtre diocésain et 4 prêtres religieux (Picpus), 4 sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny, 3 frères (Ploërmel).
Le synode diocésain de 1979 a libéré la parole et donné l’initiative aux fidèles. L’Église est entre leurs mains, elle doit devenir marquisienne, dans l’expression de sa foi, dans ses orientations, dans ses ministres et ses animateurs. Le premier prêtre marquisien a été ordonné en décembre 1995 et deux jeunes de 23 et 26 ans viennent d’entrer au grand séminaire de Tahiti.

 

Le Tumu Pure

Chaque vallée a son Tumu Pure (chef de prière). Il est le collaborateur privilégié du prêtre qu’il représente d’une façon habituelle dans toute la pastorale. Il est aidé par des auxiliaires dont le nombre varie selon l’importance de la vallée (paroisse). Homme ou femme, indistinctement, père ou mère de famille, vivant modestement de son travail, le Tumu Pure est regardé comme le « chef » de la paroisse. Son rôle est d’autant plus important que le clergé est étranger, les îles Marquises n’ayant qu’un prêtre marquisien (1).

Le Tumu Pure est choisi par sa paroisse et mandaté par l’évêque pour quatre années renouvelables. Pendant longtemps, le rôle du Tumu Pure était limité au culte et aux sacrements. Son rôle réel est une mission de communion entre les groupes et les activités diverses de la paroisse.
Les Tumu Pure et leurs auxiliaires forment un corps à l’instar du presbyterium : une soixantaine de chrétiens qui se connaissent bien, s’apprécient et s’entraident volontiers. Chaque année, une session de formation est organisée pour eux, d’autant plus nécessaire que l’isolement est très grand.

 

La liturgie

La liturgie du dimanche est le grand moment de la semaine dans chaque vallée, même si le prêtre est habituellement absent. Elle est le lieu privilégié de l’expression de la foi d’un peuple, mettant en œuvre des composantes de sa culture comme le sens de la fête, le respect du sacré, le désir de participer, la joie du rassemblement, le chant… Elle figure au programme des touristes qui sont heureux de baigner dans une ambiance de prière joyeuse et populaire. Les grandes fêtes de l’année sont marquées par une soirée biblique où les mélodies et rythmes traditionnels revivent et se transmettent. Foi et tradition s’embrassent.

 

La formation des adultes

Devant la soif et la demande pressante des chrétiens, une formation en marquisien est proposée aux adultes, à travers les groupes « Croissance » où l’on s’engage à participer aux huit week-end et à la session de l’année. Plus de 200 laïcs sur cinq îles différentes sont assidus à cette formation dont un résultat est l’engagement renouvelé dans la vie de l’Église et la société.

mgr-martin_eveque-des-marquises.1239046788.jpg

Mgr Martin 3ième Vicaire apostolique

 *

Historique

22 juillet 1595 Découverte des îles Marquises par Alvaro de Mendana

1797 William Crook, missionnaire évangéliste, séjourne 2 années sans succès

04 août 1838 Trois missionnaires catholiques (Picpus) débarquent à Vaitahu, (île de Tahuata) après les Hawaïi (1827), les îles Gambier (1834) et Tahiti (1836) Mai 1842 Prise de possession de l’archipel par la France1904 Les lois laïques françaises, sont appliquées, entraînant la confiscation de tous les biens de la mission et la fermeture de toutes les écoles catholiques

24 mai 1924 Réouverture de l’école-internat des Sœurs de saint-Joseph-de-Cluny à Atuona

1930 La population marquisienne, estimée à 60 000 ou 80 000 habitants à l’arrivée des Européens, a failli disparaître : 2 200 habitants en 1930. L’ouverture de cette école demandée par le gouvernement a enrayé la dépopulation, par la protection et l’éducation.

1960 L’évêque change son siège épiscopal pour venir établir une école-internat de garçons à Taiohae

24 juin 1977 Bénédiction de la cathédrale de Taiohae1979 Synode diocésain

15 août 1988 Le cardinal Pio Taofinuu de Samoa, un Polynésien, légat du Pape pour le Jubilé des 150 ans de la mission, célèbre la messe solennelle en langue marquisienne

28 juillet 1995 À l’occasion des 400 ans de la découverte des îles Marquises, sur les lieux mêmes, à Vaitahu, remise solennelle par l’évêque à chaque paroisse du livre du Nouveau Testament et des Psaumes édité en langue marquisienne

30 décembre 1995 Ordination à Taiohae de Joseph Taupotini, premier prêtre marquisien

27 janvier 2000 Création de l’Académie marquisienne par le gouvernement de la Polynésie française

eglise-hanavave.1239047101.jpg

Catholic Church at Hanavave – Frère Fesal on left, Père Olivier on right

*

Petites communautés chrétiennes sans prêtres (Synode de l’Océanie en 1998)

J’ai le devoir de dire tout d’abord l’immense reconnaissance du peuple marquisien envers l’Église. S’il existe encore un peuple marquisien et une langue marquisienne, les Marquisiens savent qu’ils le doivent en grande partie à l’Église catholique. Cela est vrai aussi pour d’autres régions de l’Océanie.

Évêque aux îles Marquises, à 1 500 km de mon frère évêque le plus proche, je suis habitué a un certain isolement. C’est un autre isolement bien plus sérieux que je veux évoquer : celui de petites communautés catholiques (îles, villages ou régions) qui, en raison de leur situation géographique et du petit nombre de personnes, sont habituées à vivre sans prêtre. Elles peuvent espérer, tout au plus, un bref séjour du prêtre tous les trois ou quatre mois ou peut-être une seule fois dans l’année. Pas de prêtre, pas de sacrifice eucharistique « source et sommet de tout le culte et de toute la vie chrétienne » (CIC 897). Pour ces communautés, cette situation semble normale, il en a toujours été ainsi. Elles pensent, et leurs pasteurs avec elles, qu’on n’y peut rien ou que c’est une particularité de l’Église locale.

Malgré l’absence de prêtre, nombre de ces communautés sont exemplaires par leur foi chrétienne vivante et bien visible, par leur attachement à l’Église et à l’évêque. Des laïcs prennent au sérieux leur mission de baptisés appelés à construire l’Église, Corps du Christ. On reconnaît là l’action du Seigneur qui comble les petits et les démunis. Mais, ces chrétiens se sont habitués à vivre sans prêtre, sans l’Eucharistie. Habitués à s’en passer, ils risquent de ne plus en voir l’importance et le besoin.

Si la vie de foi de ces chrétiens est un exemple sur bien des aspects, surtout n’allons pas faire de ces communautés un modèle pour les régions du monde qui manquent de prêtres. L’anormalité d’une communauté sans prêtre et sans l’Eucharistie ne saurait devenir un modèle. Jamais l’ardeur de la foi des chrétiens et leur dévouement ne pourront compenser l’absence de prêtre dans une communauté. De plus, au lieu d’être un stimulant pour des vocations sacerdotales, l’absence habituelle du prêtre risque fort d’en éteindre le désir et le besoin.

Cette situation, fréquente dans notre région du Pacifique, n’est-elle pas un appel du bout du monde lancé à notre Église ? Appel à notre sollicitude pastorale à l’égard de ces communautés défavorisées ; appel à intensifier nos efforts pour procurer à toutes nos communautés les prêtres dont elles ont besoin ; appel à ne pas nous résigner à une situation de fait, mais à chercher, dans la vérité et l’unité, des chemins de solution ; appel à une plus grande fidélité et à une prière plus pressante au Christ prêtre et pasteur qui veut que tous les hommes soient sauvés.

Auteur :  Monseigneur Guy Chevalier Évêque de Tefenuaenata

Source : http://www.relpac.org.fj/taiohae.htm

_______________________________________________________________________

(1) Le père Buchin a été ordonné prêtre en 2006 ce qui porte à deux le nombre de prêtres Marquisiens depuis le début de l’évangélisation ; la première messe fut dite en 1595 !